VÉRITÉ éternelle absolue versus mensonges et lâcheté des élites du XXIe siècle [Première partie]

Publié le par Sylvain Saint-Martory

     VÉRITÉ éternelle absolue versus mensonges et lâcheté des élites du XXIe siècle

Le texte de présentation et les documents associés sont mis à la disposition de nos lecteurs, à titre de démystification des principaux acteurs des « média-mensonges », intellectuels serviles, collaborateurs zélés de la parole manipulée, « chiens de garde » d'une intelligentsia qui a choisi son camp : celui où l'on peut avoir le ventre plein, à condition de savoir lécher les bottes !

 

[Présentation de ma correspondance par l'administrateur du site Épicure (années 2002-2003)]

 

Le monde ment et  Le Monde, comme au temps des Jean-Marie Colombani, ancien directeur général, Edwy Plenel, ex-directeur de rédaction, Bernard Cassen et Ignacio Ramonet du Monde diplomatiquecolporte les mensonges et les « croyances au miracle » du monde sans jamais avoir l’honnêteté et le courage intellectuels d’en débattre, ainsi qu’en témoigne sa fin de non-recevoir officielle du 26 janvier 2004.

 

Jusque-là, Le Monde n'avait pas toutefois établi pour autant la fausseté de mon argumentation sur quelque point de désaccord que ce soit, malgré ma dénonciation sans aucune ambiguïté de la Superstition sous toutes ses formes, telle qu’elle résulte du penser superstitieux humain, dont le critère fondamental est d’ « absolutiser fictivement le relatif », comme l’a établi l’œuvre du philosophe juif allemand Constantin Brunner (1862-1937), et notamment son ouvrage fondateur, La Doctrine des gens de l’Esprit et ceux de la multitude.

L’absolutisation fictive du relatif est un procédé intellectuellement malhonnête, conséquence de la confusion des facultés de notre entendement humain, qui consiste à faire passer mensongèrement pour absolu, pour la réalité ou Vérité absolue, le contenu seulement relatif pensé dans et sur (à propos de) notre monde par notre « entendement pratique », première faculté de la pensée humaine avec son imaginatio et sa ratio, selon la terminologie de Spinoza, dont l’une correspond à notre penser en images et l’autre au penser des concepts.

 

L’analyse des facultés par Brunner complète et développe celle de Spinoza dans Éthique II, proposition XL, scolie II. Brunner distingue trois facultés, ou genres de connaissance :
 

- l’entendement pratique, regroupant imaginatio et ratio,

- le penser spirituel, ou penser de l’Esprit véritable, appelé intuitio chez Spinoza,

- le penser superstitieux, ou penser de l’analogon de l'Esprit

 

 A ces trois facultés de l'entendement humain correspondent trois sortes de « vérités », ou réalités pensées spécifiquement par chacune d’elles. Ce sont respectivement :

 

 -  la vérité relative de l'entendement pratique

-  la Vérité absolue du penser spirituel

- la vérité « superstitieuse » de l'Analogon de l'Esprit, ou vérité relative fictivement « absolutisée », c’est-à-dire artificiellement présentée comme absolue.

 

Notre entendement pratique a pour but premier de nous orienter dans notre monde des choses et de mieux le connaître, en distinguant les images des concepts, notamment scientifiques. Il comprend en effet le penser en images représentatives de l'expérience des sens, ou imaginatio spinoziste, à l’origine des concepts génériques (Homme, femme, cheval, maison, égalité, justice, etc.), et le penser des Abstractions (langage, causalité, mathématiques et autres constructions auxiliaires (théorie atomique, par exemple), appelé ratio par Spinoza. 

 

Ce premier penser, assurément indispensable à la pratique de notre vie, ne nous est d’aucune utilité pour « philosopher », c’est-à-dire pour parvenir à l’absolu, à LA Vérité absolue, puisque toutes ses vérités sans exception sont toujours et seulement à jamais relatives, y compris les théories et les hypothèses scientifiques censées connaître et expliquer « absolument » notre monde.

 

Il s’exprime dans la religion, toutes les religions sans exception (monothéistes ou non), dans la métaphysique matérialiste, ou scientisme (depuis Aristote jusqu’au positivisme contemporain), dans la métaphysique idéaliste, ou pseudo-philosophie spiritualiste des « philosopheurs » Descartes, Kant et consorts, dans l’idéologie, toutes idéologies confondues, et dans le moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des Autres au nom de LA Morale - LAQUELLE ? !], tous catéchismes réunis, y compris le catéchisme soi-disant universel contemporain, ou Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948, dont seule l’inobservation est réellement universelle – sauf à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire, à l’aune du devenir du monde depuis sa promulgation, soit plus de six décennies après !

 

Ce penser superstitieux est la source même de tous les mensonges et de toutes les « croyances au miracle » de notre monde, encore colportés aujourd’hui grâce à l’incessante collaboration  active de nombreux et puissants complices de tous les milieux sans exception : médias de toutes tendances, politiciens de tous bords, intelligentsia (prétendus intellectuels ou pseudo-philosophes) et associations moralisatrices à sens unique.

En ce début du XXIe siècle, ces suppôts de la Superstition multiforme s’élèvent pour moi à quelques deux cents soi-disant « élites » médiatisées, tant nationales qu’internationales, nommément dénoncées en quelques cinq cent lettres, du seul fait de leur commune obstination à refuser de débattre pour justifier leurs mensonges. Et ce silence perdure parfois depuis plus de dix ans, à l’exemple de François Hollande, candidat socialiste élu président de la République en mai 2012, en dépit de ses sempiternels mensonges et autres « croyances au miracle », prometteuses de lendemains qui chantent, mais toujours reportés à DEMAIN et seulement DEMAIN, à la saint Glinglin, comme les siècles à venir ne manqueront pas de l’établir avec un recul suffisant !

 

Or, si ces mensonges éternels, dénoncés inlassablement, ne sont jamais remis en question par les faiseurs d’opinion de notre époque obscurantiste, c’est précisément parce que ces derniers tirent profit de leur refus d’affronter LA VÉRITÉ avec pour seule intention de satisfaire leurs intérêts égoïstes (individuels et collectifs) de toutes sortes, quitte à tromper et à manipuler sciemment l’opinion.

Et les avantages escomptés de leur silence se manifestent dans leurs affaires d’amour et de possession, quel qu’en soit l’objet (individus ou choses), d’où l’extrême importance de l’argent, dont ils sont insatiables, et dans leur appétit de gloire ou honneur-vanité, d’ego tout simplement, comme l’exprime leur quête incessante de titres, d’honneurs, de distinctions et de médailles de toutes sortes (civils, militaires, professionnels, artistiques, culturels, académiques, sportifs, etc.). Rien d’étonnant à cela, puisqu’il en va ainsi pour chacun des sept milliards d’êtres humains d’aujourd’hui, en raison de notre nature égoïste innée, à laquelle personne n’échappe - y compris les hypocrites et les inconscients !

 

 

Or le tour de passe-passe mensonger du penser superstitieux dans son absolutisation fictive du relatif termine dans une impasse, aboutit à une réelle impossibilité absolue, philosophiquement parlant, puisqu’il finit dans la prétendue coexistence possible de deux absolus, autrement dit dans un dualisme des absolus totalementirrationnel et antiphilosophique, car ce qui est absolu est également infini, éternel, immuable et parfait.

 

Par conséquent, comment deux absolus coexistant pourraient-ils être infinis sans se limiter, tous deux absolument parfaits sans être identiques au point de n’en faire qu’UN - sauf à admettre une entité plus parfaite que l’autre -, et comment expliquer que l’un de ces deux absolus, en l’occurrence notre monde humain, loin d’être immuable, est perpétuellement en mouvement, ce qui suffit à lui retirer sa prétendue « absoluité », son existence absolue ?

Ainsi, sauf à quiconque de démontrer le contraire, ces seules objections suffisent pour établir que la coexistence supposée de deux  absolus est une impossibilité absolue par définition, tout comme deux vérités opposées ne sauraient être absolues, l’une et l’autre, à moins de démontrer qu’elles sont absolument vraies sans recourir à un artifice ou à un mensonge.

 

Néanmoins, cette impossible coexistence de deux absolus est à la source de la religion, toutes religions monothéistes confondues, ce qui n’empêche pas chacune des trois grandes religions planétaires de prétendre exprimer pareillement LA Vérité absolue, alors que c’est une offense manifeste à l’Idéal du « Vrai », puisque celui-ci ne peut être qu’Unique  - sauf, précisément, à ne plus être l’Idéal !

Certes, lorsque l’on accepte sans rechigner l’existence possible de « deux absolus », pourquoi ne pas admettre aussi celle d’un « Idéal jumeau » de LA Vérité ? ! En l’occurrence, il est même triple pour notre époque obscurantiste qui s’accommode apparemment très bien des trois religions monothéistes dans leur prétention à dire pareillement l‘absolu, puisque, malgré des dogmes spécifiques différents, leurs pasteurs et leurs fidèles sont unanimes pour affirmer qu’il s’agit de LA VÉRITÉ absolue dans les trois cultes - vous avez dit « obscurantisme » ? !

 

OUI, car « absolutiser fictivement ce qui n’est que relatif », c’est précisément le signe indéniable de la Superstition dans ses divers modes d’expression ! Et en l’occurrence, peu importe à tous ces fidèles, chrétiens, juifs et musulmans, de s’entretuer au nom de leur religion spécifique, pourtant porteuse, paraît-il, d’une Vérité identique à celle des victimes.

En matière de superstition, la métaphysique idéaliste de Descartes et de Kant, entre autres, n’est pas en reste avec ses deux prétendus absolus censés aussi coexister, à savoir le Dieu idéaliste, en tout point semblable au Dieu religieux, et notre monde tenu pour une réalité absolue, ainsi qu’il en va d’ailleurs pour la métaphysique matérialiste avec son soi-disant principe créateur prétendument à l’origine de notre monde humain, également toujours  tenu pour une réalité absolue, donc supposé exister absolument.

 

La religion et l’idéalisme se trouvent pourtant en opposition irréductible avec la métaphysique matérialiste, ce qui ne saurait exprimer LA Vérité car contradiction et vérité ne font pas bon ménage. Ainsi les religions monothéistes et la métaphysique idéaliste de Descartes et de Kant croient en la création de notre monde par un Dieu extra-mondain, tandis que la métaphysique matérialiste d’Aristote et du scientisme positiviste contemporain explique sa prétendue origine par un principe créateur tout aussi mystérieux, qu’il s’agisse d’un primus motor, d’un big bang, voire de toute autre hypothèse scientiste d’un commencement du monde, fut-ce dans l’avenir le plus reculé.

 

Néanmoins, si la question de la réalité effective d’un commencement et d’un Premier agent (cf. Avicenne et Averroès) reste toujours d’actualité, il est légitime de se demander : « Quelle est donc LA Vérité, en fin de compte ? Notre monde est-il l’œuvre de Dieu ou celle du big bang ? ! »

 

Ce n’est ni l’un ni l’autre ! Dieu ou le big bang, c’est précisément la rencontre au sommet de menteurs et de faussaires dénoncés par Péguy en ces termes :

 

« Qui ne gueule pas la vérité dans un langage brutal, quand il sait la vérité, se fait le complice des menteurs et des faussaires. » [Charles Péguy, Tempête sur l’Église de Robert Senon]

 

En vérité, notre monde n’a pas « commencé », puisque notre monde est éternel, quoi qu’en disent nos scientistes contemporains fixant même son terme ultime à des milliards d’années sans aucun risque d’être démenti. Or l’éternité ne connaît ni commencement ni fin, comme chacun pourra s’en persuader par la lecture de la première partie de l’Éthique, intitulée de Deo, où Spinoza établit more geometrico une relation d’immanence entre Dieu, ou la substance, ET notre monde, hors de tout lien de cause à effet, tel qu’il en va dans la relation de transcendance des religions et de la métaphysique.

 

Dans cette dernière, toutefois, si la coexistence de deux absolus est réellement une impossibilité absolue par définition, sauf à récuser à Dieu lui-même son existence absolue et éternelle, il reste à admettre que notre monde n’a pas véritablement d’existence absolue, qu’il n’existe pas absolument – sauf à tomber précisément dans un dualisme superstitieux !

Et, en vérité, notre monde n’existe donc que « relativement », c’est-à-dire seulement « en relation » à notre entendement spécifique humain, et ce aussi longtemps qu’il y aura des êtres humains pour le penser. Le vécu de chacun témoigne, d’ailleurs, que son monde, qu’il appelle LE monde, commence à exister seulement dès sa naissance, voire in utero, et cesse d’être à notre disparition.

 

Cette évidente constatation suffit à invalider la superstitieuse croyance de Kant en une prétendue « chose en soi », dont l’existence serait indépendante d’un quelconque entendement qui la pense. Faute d’être une  « chose en soi », ce monde pensé seulement par notre entendement spécifique humain n’a pas de réalité absolue, il n’existe pas en dehors de notre penser spécifique humain qui le pense – sauf à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire !

Ainsi notre monde humain, en apparence ô combien absolument réel pour nous, et que nous croyons être le même pour tous les autres infinis entendements, n’a aucune réalité perceptible identique pour l’infinité des autres « modes de penser », puisque ceux-ci pensent différemment de nous avec leur entendement spécifique. Ils pensent donc un autre monde, mais ils n’en pensent pas moins relativement leur propre monde dans sa relation à leur penser particulier, puisque, en vertu du omnia animata de Spinoza, TOUT pense, mais pas selon notre manière humaine de penser !

 

Aussi tous ces autres infinis entendements sont-ils totalement incapables de percevoir notre monde, tel qu’il est représenté à notre penser spécifique humain. Le méconnaître est la source de notre « anthropomorphisme » consistant à juger des espèces, plus ou moins proches de nous, selon notre façon humaine de penser. Aucune d’entre elles, pourtant, pas plus le chat que le chien, etc. etc., ne pense notre monde à notre manière humaine, ne serait-ce que dans sa représentation, et le « croire » relève donc seulement du superstitieux scientisme pur et dur, dans son « absolutisation fictive du relatif ».  

A SUIVRE...

 

 

 

 

 

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