Primaire socialiste : « François Hollande disqualifié ! » [FIN]

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 27 septembre 2011

 

Objet :

Primaire socialiste : « François Hollande disqualifié ! » [FIN]

 

Monsieur François Hollande                                        

Parti socialiste

10, rue de Solferino

75007 Paris

Fax n° 01 47 05 15 78

            01 45 56 78 74

                                                                                         

[A l’attention d’Arnaud Montebourg, Annick Lepetit, Benoît Hamon, Bertrand Delanoë, Bruno Julliard, Claude Dilain, Dominique Strauss-Kahn, Elisabeth Guigou, François Patriat, François Rebsamen, Harlem Désir, Henri Emmanuelli, Karim Zéribi, Jack Lang, Jean Glavany, Jean-Marc Ayrault, Jean-Marie Le Guen, Jean-Pierre Chevènement, Julien Dray, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Malek Boutih, Manuel Valls, Martine Aubry, Michel Rocard, Michel Sapin, Olivier Duhamel, Pierre Moscovici, Robert Badinter, Ségolène Royal, Stéphane Le Foll et Vincent Peillon]

 

Monsieur,

 

 

Pour s’en convaincre, il suffit de se référer aux communautés arabo-musulmanes, juives et originaires d’Afrique sub-saharienne, grandes donneuses de leçons de morale aux Autres sur seul fondement d’époques révolues de plusieurs décennies, voire de plusieurs siècles, et de les juger à l’aune de leurs réels comportements sur les continents et dans les pays d’origine respectifs, sans développer davantage ici, puisque vous avez déjà été abondamment informé des mensonges et des « croyances au miracle du penser superstitieux en matière de moralisme par ma lettre du 22 novembre 2004, dont je reproduis ci-dessous un extrait à ce sujet.

 

Auparavant, je rappelle brièvement qu’il n’y a pas les bons et les méchants par nature, mais seulement des humains égoïstes, tous sans une seule exception, dès lors qu’il s’agit de leurs intérêts individuels et collectifs en matière d’amour, quel qu’en soit l’objet (biens ou personnes), de possession, donc de monnaie en tant qu’instrument d’échange, et de gloire ou honneur-vanité, d’ego tout simplement, ainsi que suffit à l’établir votre aspiration à présider la France - premier secrétaire, député et président de Conseil général étant insuffisant, à vos yeux, pour votre gloriole !

 

En vérité, sauf à vous-même, évidemment, d’établir le contraire, il n’y a pas et il n’y aura jamais d’individus ni de groupes d’individus, TOUS critères d’appartenance confondus, réellement irréprochables - face à l’Idéal, en effet, CHACUN est forcément coupable, coupable de « lèse-Idéal » !

 

Aussi, comme annoncé plus haut, en matière de moralisme, je vous invite à me faire part  de vos éventuelles objections à ce long passage extrait de ma lettre du 13 octobre 2003 à Lionel Jospin, demeurée sans réponse, et dont vous avez eu connaissance par ma lettre du 22 novembre 2004, également toujours sans réponse : courage, fuyons !

 

J’y avais écrit :

 

« Et donc, en matière de "mystification", comme je l'écrivais à Lionel Jospin, suite à son article paru le 13 octobre 2003 dans Libération, sous l’intitulé, "Le temps des mystificateurs", l’idéologie progressiste superstitieuse de gauche et d’extrême gauche qui se fonde sur l’illusoire "progrès moral" de l’homme, devant permettre DEMAIN – car c'est toujours DEMAIN et seulement DEMAIN avec la superstition – l'avènement d'un monde "parfait" avec des humains "imparfaits", est vraiment mal placée pour venir nous donner des leçons de morale.

 

D'autant moins, qu'il n’y a ni Bien ni Mal absolus, hormis pour ceux qui le décrètent au nom de leurs intérêts égoïstes partisans ou d’une quelconque transcendance fictive, à savoir le Dieu de la superstition religieuse et de la scolastique idéaliste, ou la société humaine universelle dans sa prétendue unanimité consensuelle à définir des valeurs soi-disant universelles qui ne résistent pas à l'examen des faits..!

 

Bien et Mal sont seulement relatifs. L’Histoire des hommes et l’actualité la plus brûlante confirment que le soi-disant Bien absolu des uns n'est que le prétendu Mal absolu des autres, voire d'une autre époque, comme l’illustrent aujourd'hui les positions respectives de George W. Bush et de Ben Laden. La non-réalité d’un Bien et d’un Mal absolus, impliquant le dualisme superstitieux, Dieu et le Diable, invalide la réalité d’un prétendu "universalisme absolu" de valeurs absolument absolues. Tous les catéchismes du monde ne concordent pas, et de ce fait, même le catéchisme universel contemporain ou "Déclaration universelle des droits de l’homme" se caractérise avant tout par son inobservation universelle, puisque ses règles et ses interdits ne sont ni absolus ni réellement universels.

 

De même, toute vision du monde et de la France n’est que relative et n’autorise personne [individus et groupements (partis politiques et associations "droit-de-l’hommiste", notamment)] à s’approprier la morale et à diaboliser ses adversaires au nom d'opinions et de valeurs morales relatives, mais fictivement absolutisées pour en tirer profit ! Critiquer des idées sur la base d'arguments rationnels, et pas au nom de sornettes morales superstitieuses, est assurément légitime en démocratie, mais en retirer une quelconque supériorité morale, personnelle ou collective, pour en tirer profit, c'est tromper purement et simplement ceux qui croient toujours aussi naïvement, deux mille ans après les propos du Christ, qu'il y a réellement les "bons" et les "méchants" - ce dont les hypocrites s'accommodent par ailleurs fort bien, puisqu'ils sont les "bons", évidemment..!

 

J'ajoute à l'intention de tous ceux qui croient au miracle d'un quelconque "progrès moral" de l’homme, que l’être humain d’aujourd’hui reste, moralement, en tout point semblable à celui d’hier - et de demain ! -, à savoir : querelleur, cupide, porté à la division, à mentir, à tricher, à frauder, à "magouiller", à calomnier, à médire, à dénigrer – comme votre charge partisane d'hier contre Nicolas Sarkozy l'a si bien illustré -, à trahir, à se venger, à se renier, à l’intolérance, à la mauvaise foi, à l’ingratitude, à la jalousie, à l’envie, etc. ; et ce, toujours dans le seul souci de ses intérêts égoïstes, qu'ils soient personnels ou ceux de ses divers groupes d’appartenance (race, nationalité, sexe, comportement sexuel, âge, statut social, situation de fortune, opinions religieuses, politiques et autres, handicap, apparence, etc.).

 

La zizanie observée au cours de la manifestation du 8 courant contre le racisme et l'antisémitisme a d'ailleurs montré sans ambiguïté que les divers intérêts collectifs partisans multiples et contradictoires pouvaient conduire même les "vertueux" antiracistes à la discrimination en raison de divergence d'opinions entre "vertueux" par exemple ; de même que le 20ème siècle avait aussi montré que des millions, voire des dizaines de millions de personnes, pouvaient être exterminées à cause de différences d'opinion, en URSS et en Chine notamment, et pas uniquement en raison de leur race.

 

Au sens le plus large du terme, la discrimination entre humains et groupes humains est un  phénomène universel explicable par les infinis conflits d'intérêts et d'aspirations égoïstes "contrariés", qu'ils soient individuels ou collectifs, dont le Moyen-Orient  (Irak compris) donne aujourd'hui une excellente illustration. Elle est donc loin de se limiter à la seule forme exclusivement dénoncée aujourd'hui, à savoir l'antisémitisme et autre "racisme" à l'adresse de certaines communautés en fonction du seul critère ethnique.

 

Curieusement, d’ailleurs, la communauté asiatique, dont la différence de couleur de peau et de religion n’échappe à personne, ne semble pas être victime de racisme en France. Il faut donc aller chercher l'explication de cette discrimination, dont certains sont indiscutablement victimes, non sur la seule et unique différence ethnique mais sur les comportements réellement observés et toujours observables d’un communautarisme nouveau, silencieux avant 1981, comme tant d’exemples en témoignent.

 

En réalité, personne n'aime véritablement tout le monde, personne n'est le véritable chevalier blanc, ni vous ni moi et pas davantage tous les autres humains ! Laisser supposer que les uns sont les "vertueux" et que les autres sont les "salauds" est une immense escroquerie intellectuelle qui devrait suffire à discréditer tous les porte-parole de cette manipulation de l'opinion..!

 

Dans votre généralisation partisane du racisme et de l'antisémitisme, vous négligez le fait élémentaire qu'aucun groupe humain, qu'aucun peuple, même prétendument élu de Dieu, n'est composé exclusivement de "vertueux", et ce, pour la simple raison qu'il n'y a pas de "bons" et de "méchants" par nature, puisque même l'éducation ou quoi que ce soit d'autre ne supprime jamais totalement notre égoïsme inné. Donc, non seulement votre présentation partisane du racisme et de l'antisémitisme est moralement mensongère.  

 

C’est une imposture intellectuelle qui, de surcroît, porte atteinte à la liberté d'expression, puisque vous décidez unilatéralement ce qu'il est bien de dire, ce qu'il est permis de dire, en vertu de croyances moralistes superstitieuses, fondées sur le mensonge d’un Bien et un Mal absolus, ainsi que sur celui des "vertueux" et des "salauds" - un peu simpliste votre Morale, non ?!

 

Et ce, d'autant plus qu'elle conduit les vertueux censeurs de l'époque à condamner moralement des millions de personnes en raison de leur vision du monde et de la France, et à tomber ainsi dans le travers qu’ils dénoncent par ailleurs, à savoir la discrimination en vertu d’opinions, puisque les "vertueux" croient être le baromètre du Bien absolu, dont je crois avoir démontré l'inexistence. » [Fin de citation]

 

Pour terminer, je ne peux manquer d’évoquer la troisième fiction du moralisme sur laquelle vous fonctionnez, à savoir notre soi-disant « libre arbitre », cette prétendue libre volonté en vertu de laquelle il suffirait de vouloir pour pouvoir, comme il en va de toutes les promesses en général et les vôtres en particulier.

 

C’est seulement la bonne vieille méthode Coué, mensongèrement traduite par la formule, Yes we can, de Barack Obama, bien forcé par la réalité du monde à « faire ce qu’il peut, et non ce qu’il veut ! » - sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer la fausseté de la « nécessité » spinoziste, en vertu de laquelle « Tout ce qui se produit dans notre monde (phénomènes climatiques, évènements historiques, actions collectives et actes individuels) ne dépend pas de notre libre volonté, mais de l’enchaînement infini des mouvements du monde, que nous percevons sous forme de causes et d’effets.

 

C’est donc un immense mensonge de promettre ce qui ne dépend d’aucune personne uniquement, ainsi que vous l’avez d’ailleurs relevé, à juste titre, le 7 courant sur TF1, où vous avez déclaré : « Il faut dire la vérité aux Français, il faut promettre ce que l’on est capable de tenir. »

 

Certes, mais qu’en savez-vous réellement, que pouvez- vous savoir véritablement de tout ce qui peut faire obstacle à vos promesses ? Comment savez-vous, par exemple, comment sera la future Assemblée nationale, susceptible de faire votre jeu, ou de contrecarrer vos intentions ? En conséquence tout programme préétabli, sans rentrer ici dans des détails financiers, économiques ou autres, ne sera jamais forcément réalisé au niveau des engagements pris et des espérances attendues, même en augmentant massivement les impôts pour y parvenir, car d’autres contraintes inattendues vous guettent, au niveau mondial par exemple.

 

Vous avez dit « promesses » ? ! Forcément, puisque les citoyens n’en attendent pas moins la réalisation de leurs vœux, lors des choix électoraux, et ils seront donc obligatoirement déçus de leurs vaines attentes, la « perfection » n’étant pas de ce monde, tandis que, selon l’expression du manifeste Aubry, « il n’est pas question de faire miroiter la lune !

 

Dur, dur la politique avec ses infinies contradictions, auxquelles vous n’échapperez pas, quitte à faire des citoyens déçus dénonçant alors vos « mensonges », qu’il s’agisse d’école, d’emploi, de sécurité, etc., etc. – ce n’est sans doute pas sans raison que Lionel Jospin a été battu en 2002 ! ! !

 

En conclusion, je profite de l’occasion pour rappeler votre comportement irresponsable durant les émeutes de novembre 2005, au cours desquelles vous avez jeté de l’huile sur le feu, ainsi que je vous l’ai fait savoir par ma lettre du 6 novembre, dont je rappelle ci-après le début :

 

« Malgré votre malhonnêteté et votre lâcheté intellectuelles avérées par tout le courrier adressé entre le 6 octobre 2000 et le 29 juin dernier, toujours sans réponse à ce jour sur le fond, mais que je tiens à la disposition de quiconque - y compris de la Justice, si vous le jugez utile -, je ne peux laisser passer sans réagir très vivement votre attitude actuelle dans cette période d'insurrection, pas plus que vos propos antirépublicains faisant de Nicolas Sarkozy LE "bouc émissaire" de la situation ; une pratique, que vous ne cessez de dénoncer pour d'autres, et qui devrait même vous mettre dans une position embarrassante à son égard - sauf mauvaise information de ma part !

 

Certes, votre lourde responsabilité est largement partagée par les soi-disant "élites" du monde de l'information, de la politique, de l'intelligentsia et des associations "droit-de-l’hommiste" moralisatrices à sens unique et adeptes du deux poids-deux mesures, figurant dans le texte ci-après "La lâcheté des élites", du fait qu'elles colportent les mensonges du monde sur la seule base de leurs "croyances au miracle" idéologiques et moralistes superstitieuses, sans avoir toutefois l'honnêteté et le courage intellectuels de débattre sur le fond, comme mon courrier suffit à le confirmer, et je les accuse donc d'escroquerie intellectuelle et de tromperie de l'opinion.

 

Elles ont peur, comme vous, du "véritable" débat d'idées, à savoir celui qui ne consiste pas à opposer, "à l'infini", des points de vue "relatifs partisans" à d'autres, tout aussi relatifs et partisans, mais à les confronter, tous sans exception, à LA Vérité éternelle absolue : celle qui se situe au-dessus de toutes les opinions relatives partisanes de la religion, toutes religions confondues – monothéistes ou non -, de la métaphysique (doctrine matérialiste des Aristote, Epicure, Avicenne, Averroès, etc., et du scientisme contemporain, positivistes inclus, ainsi que scolastique idéaliste des Descartes, Pascal, Kant et autres "philosopheurs" médiatisés de l'époque), de l'idéologie, toutes les idéologies - altermondialisme inclus -, et du moralisme [morale et critique morale des autres au nom de LA morale], tous catéchismes réunis, y compris le catéchisme soi-disant universel contemporain ou Déclaration universelle des droits de l'homme, dont seule l' « inobservation » est réellement universelle.

 

Aussi longtemps que vous refuserez ce "véritable" débat d'idées, vous continuerez à tromper l’opinion pour vos seuls intérêts de toutes sortes, en vendant du rêve, du vent, de la fumée, au lieu d'éclairer l'opinion, qui a su néanmoins vous montrer, un jour d'avril 2002, qu'elle n'était pas complètement dupe des fallacieuses promesses - et vous parlez de réhabiliter le "politique" en perpétuant des mensonges ! » [Fin de citation]

 

Ainsi vous avez préféré « jouer perso », au profit de vos intérêts égoïstes partisans, alors que la situation – la même réglée en trois jours par David Cameron – exigeait l’union sacrée de tous les responsables politiques, des médias et de l’intelligentsia, de droite et de gauche – évidemment, la lettre en question est toujours sans réponse à ce jour : « courage, fuyons !

 

Si la Primaire socialiste vous est favorable, j’ose espérer que vous ferez preuve de plus d’honnêteté et de courage intellectuels pour débattre, ne serait-ce que pour changer votre image - faute de changer le monde !

 

Sans attendre l’échéance présidentielle, il ne vous est pas interdit de débattre véritablement sur le fond, et il vous suffit pour cela de démontrer la fausseté de mes affirmations sur des points très précis de désaccord, sans oublier toutefois de prendre en compte l’intégralité de la correspondance antérieure, toujours disponible.

 

Dans cette éventualité, à défaut de quoi vous manifesteriez, une fois de plus, votre intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde, donc à manipuler et à tromper sciemment l’opinion, je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations philosophiques, laïques et républicaines – sauf à vous-même, évidemment, de démontrer le contraire !

 

Annexe : Texte, Mensonges et lâcheté des élites

 

[La différence de taille des caractères  est totalement indépendante de ma volonté et sera corigée dès que possible]

 

 

 

 

Publié dans COURRIER "Politiques"

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