Nicolas Sarkozy, J’ACCUSE: « Euthanasie et réaffirmation publique d’un mensonge avéré ! » [FIN]

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Patong Beach, le 14 février 2012

 

Courriel :xxxxxx

 

Objet :

Nicolas Sarkozy, J’ACCUSE: « Euthanasie et réaffirmation publique d’un mensonge  avéré ! » [FIN]

 

Monsieur Nicolas Sarkozy 

Palais de l'Elysée

55, rue du Faubourg Saint-Honoré

75008 Paris

 

« Si je sais la vérité et ne gueule pas la vérité, je suis le complice des escrocs et des faussaires ! »  [Charles Péguy]

 

Monsieur,

 

Comme aucun humain, en vérité, n’est en mesure de connaître l’Idéal « en soi », il s’agit donc toujours uniquement de nos conceptions seulement relatives, individuelles ou collectives, assurément inspirées par l’Idéal,  mais jamais de l'Idéal en soi, comme l’exprime lucidement et sobrement ce mot sublime du Christ : « Mon royaume (Absolu ou Idéal en soi) n’est pas de ce monde. ». Et les humains se devraient de le méditer sans cesse, au lieu de continuer à se servir de l’Idéal, à charge contre les Autres - et ce, près de deux mille ans après cette parole de Vérité du Christ, dénonçant par ailleurs la fable des bons et des mauvais, des gentils et des méchants, toujours d’actualité deux millénaires plus tard ! 

 

Sauf à vous-même, évidemment, de démontrer la fausseté de ce bref exposé philosophique permettant de distinguer « radicalement » le relatif de l’absolu en raison de l’abîme à jamais infranchissable qui les sépare, comme vous avez précisément évoqué des raisons philosophiques pour justifier la décision signifiée à Rémy Salvat, l’opinion serait très certainement curieuse de les connaître.

 

Il ne tient donc qu’à vous-même de les exposer publiquement, sauf à contrevenir délibérément au « principe de transparence » sans cesse exigé des Autres, mais plus rarement de soi-même ! Ainsi, hormis le seul fait du prince, l’opinion pourrait-elle juger de la pertinence de votre refus d’euthanasie active, car même le pouvoir suprême ne confère aucune légitimité à dire absolument le Bien et le Mal !

 

QUI vous a donné, en effet, les pleins pouvoirs pour décider seul du droit de vivre ou de mourir de vos concitoyens, alors que vous avez tout loisir d’inclure la question de l’euthanasie active dans votre programme référendaire, ce qui aurait pour avantage de ne pas vous faire supporter, seul, le poids d’une éventuelle responsabilité morale personnelle ? !

 

J’en viens pour terminer à la raison donnée pour justifier votre opposition à l’euthanasie active, à savoir le soi-disant « respect de la vie », dont chacun peut juger, au quotidien, ce qu’il en est dans notre monde. Ce principe fixé, dites-vous, par Jean Leonetti, censé incarner ainsi la Parole divine, mais tellement peu sûr de lui-même qu’il n’a toujours pas eu jusqu’ici l’honnêteté et le courage intellectuels de répondre à ma lettre du 26 mars 2008, déjà évoquée, dans laquelle je pouvais pourtant lui écrire vertement, sans susciter la moindre réaction :

 

« Il semble, hélas, que ma démarche d’aujourd’hui sur l’euthanasie - ou suicide assisté, pour ceux qui ont peur des mots ! -, aura tout aussi peu de succès auprès de tous les « bienpensants » qui s’arrogent le droit, dans ce domaine comme sur tant d’autres questions sociétales, de décréter du Bien et du Mal prétendument absolus sur Terre. Certes, c’est tellement « juteux » de faire culpabiliser les Autres, après avoir fixé soi-même les règles du jeu, tout en se faisant passer pour de « vertueux » donneurs de leçons de morale, que les uns et les autres, en raison de leurs intérêts forcément contrariés par la reconnaissance de LA Vérité absolue, ne sont pas disposés de sitôt à en débattre - a fortiori à renoncer aux avantages escomptés de leur silence, y compris dans les urnes !

 

Au vu de la déjà longue histoire de l’humanité et des condamnations moralisatrices des siècles et des millénaires passés [Cf. Socrate, le Christ, Giordano Bruno, Galilée et Spinoza, entre autres hérétiques], je n’ai pas grand mérite à prédire qu’il en sera ainsi jusqu’à la fin des temps, pour la seule et unique raison que la nature égoïste humaine est « inchangeable » - sauf, évidemment, pour les vendeurs de rêve et les marchands d’illusion, au nombre desquels se comptent les « politiques » en général avec leurs fallacieuses promesses de changer le monde (cf. François Hollande), d’établir un « ordre juste » (cf. Ségolène Royal), ou d’instaurer un « monde nouveau » (cf. Nicolas Sarkozy) !  

Pour en venir à la question de l’euthanasie, ses adversaires se retranchent, qui, derrière l’éthique médicale à l’exemple de Patrice Pelloux, qui, derrière des abus éventuels, d’autres, derrière le Dieu des religions, lequel, ayant donné la vie, serait  seul légitimé à la reprendre, paraît-il. Toutefois, ses opposants ne sont jamais à court d’arguments pour justifier qu’ils auraient (eux, si humains !) laissé Vincent Humbert vivre comme un légume pendant quarante ans ou plus, sans bouger ses membres, sans voir (imaginez l’angoisse !), sans parler, sans pouvoir effectuer seul les actions intimes les plus élémentaires, tout en assistant quotidiennement à sa déchéance progressive, et pour résumer : 100% dépendant pour tout, 24 heures sur 24, ad vitam aeternam !

 

Est-ce donc vraiment la fin de vie, dont vous rêvez pour vous en pareil cas, afin de la poursuivre jusqu’au bout pour rester conforme, en bonne logique, à vos convictions d’aujourd’hui ? Au vu du calvaire que vous auriez fait endurer à Vincent Humbert, pendant des décennies peut-être, n’allez plus dire aux citoyens-électeurs que « vous aimez les gens », pas plus que Patrice Pelloux, d’ailleurs ! Qui êtes-vous donc, vous les soi-disant bienpensants hypocrites, pour vous autoproclamer porte-parole de l’Idéal, alors que vous exprimez seulement votre conception personnelle, subjective, « relative » d’un Idéal qui, certes, inspire le moindre de nos concepts (liberté et égalité, par exemple), mais à jamais un « royaume, qui n’est pas de ce monde », comme l’enseignement du Christ aurait dû suffire à vous le faire comprendre et accepter ? ! ! !

 

En réalité, vous fonctionnez à l’encontre de sa Parole de vérité, car, si vous n’aimez pas réellement les gens, vous aimez la gloriole, les hochets du pouvoir, le confort matériel de la situation et autres joujoux, dont vous êtes mieux à même de juger que moi ! Toutefois, en égoïste qui assume, je ne vais pas reprocher aux Autres un égoïsme en tout point semblable au mien, mais je suis en droit de dénoncer la lâcheté et la malhonnêteté intellectuelles de tous ceux qui font, hypocritement et mensongèrement, l’opinion, sans avoir le courage de débattre ! ! !

 

Par chance pour lui, si je puis dire, Vincent Humbert a eu une mère « vraiment » aimante et combattive, au point d’accepter de se séparer d’un fils de vingt ans, car elle avait compris son désir et son véritable intérêt. Grand merci également au docteur Frédéric Chaussoy d’avoir montré que des hommes de l’ombre pouvaient être mille fois plus humains que nos décideurs professionnels de la politique, du monde médical, et certains médias, à commencer par le nouvel Observateur et son directeur-fondateur, Jean Daniel !

 

Quant à Chantal Sébire, encore si jeune, elle aurait eu, par la grâce de « vertueux », tels que Patrice Pelloux et vous-même, le « plaisir », voire le bonheur, de vivre pour contempler dans son miroir pendant des années encore, voire des décennies, son visage de plus en plus déformé – peut-être un des supplices, le plus difficile à supporter pour une femme, sans oublier l’atroce douleur que rien ne semblait calmer totalement, sauf mauvaise information de ma part, bien entendu.

 

Mais il est vrai qu’en matière de prévention de la douleur, quand on a entendu un ancien ministre de la Santé, très médiatisé par ailleurs, déclarer sans sourciller sur une chaîne télévisée : « On ne savait pas que les enfants souffraient. » (Sic !), on a tout compris de nos soi-disant « élites », qui décident de ce qui est bien ou mal pour nous - y compris à propos de notre mort et de notre souffrance !

 

Et le fait d’être à la place où elles sont, fut-ce par la volonté populaire, ne leur a jamais donné le droit de dire le Bien ou le Mal absolus, puisque l’Absolu ou Idéal n’est définitivement pas de ce monde ! Alors, qu’elles cessent leur discours bienpensant et moralisateur, elles n’expriment que leur point de vue « relatif », pas l’Idéal en soi !  ! !

 

Face à tous les arguments et autres arguties proposant la solution unique des soins palliatifs, par ailleurs très insuffisamment développés  en France, je me borne à vous renvoyer à la question : « Comment font donc les Belges, les Luxembourgeois et les Suisses, citoyens de pays tout aussi démocratiques que le nôtre, avec leur autorisation légale d’aider une personne à mourir dans la dignité, c’est-à-dire en abrégeant des souffrances intolérables, et en lui évitant le triste spectacle de sa dégradation annoncée ? »

 

Ils ont dû sûrement aussi avoir conscience des dérives et des abus éventuels, des réserves présentées par la superstition religieuse, et soulever également l’objection de l’éthique médicale. A propos de cette dernière, le problème est que, non seulement la réponse est fournie par le corps médical, dont les membres sont majoritaires au sein du Comité consultatif national d’éthique, mais elle est surtout  l’émanation du penser superstitieux.

 

Et ce n’est pas le Comité consultatif national d’éthique qui sera légitimé à me contredire, car j’attends toujours sa réponse à mes lettres des 7 octobre 2007 et 13 janvier 2008, dans lesquelles je dénonçais la superstition moraliste fondée seulement sur trois fictions, ainsi que je l’avais démontré – sauf au CCNE d’établir le contraire, évidemment ! » [Fin de citation]

 

Après ce très long exposé dénonçant les mensonges de la superstition religieuse et moraliste décrétant par votre entremise ce qui serait absolument bien ou mal, je vous renvoie à la lecture du texte annexé, Mensonges et lâcheté des élites, dans lequel vous trouverez amplement exposée mon argumentation intellectuellement et philosophiquement étayée, à laquelle il ne vous sera pas interdit d’opposer vos propres arguments contraires basés sur la Raison et non sur la Foi, c’est-à-dire fondés sur la démonstration, et pas sur la croyance aveugle des divers modes d’expression du penser superstitieux humain, religion et moralisme en l’occurrence.

 

Á défaut de réponse argumentée, voire d’absence de réponse tout court, vous manifesteriez encore une fois votre intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde, donc à tromper et à manipuler sciemment l’opinion, à l’exemple des responsables politiques de tous bords, à commencer par le candidat Hollande, des médias de toutes tendances, notamment le quotidien Le Monde et France Culture, ainsi que les soi-disant intellectuels ou pseudo-philosophes de l’époque, parmi lesquels Bernard-Henri Lévy au premier chef, sans oublier nombre d’associations moralisatrices à sens unique, dont le MRAP et SOS Racisme en particulier.

 

Néanmoins, dans l’éventualité de votre réponse argumentée sur des points très précis de désaccord, en vous remerciant de votre attention, je vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations philosophiques, laïques et républicaines, sauf à vous-même, évidemment, de démontrer le contraire.

 

Annexe : Texte, Mensonges et lâcheté des élites

 

               

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Annexe : Texte, Mensonges et lâcheté des élites

 

               

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans COURRIER "Politiques"

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