Martine Aubry : «J’ACCUSE ! »

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 9 mars 2010


Objet :

« J’ACCUSE : "Arrêtez de mentir et de tromper l’opinion" ! »

 

Madame Martine Aubry

Parti socialiste

10, rue de Solferino

75007 PARIS

Fax : 01 45 56 78 74

 

[A l’attention d’Arnaud Montebourg, Bertrand Delanoë, Dominique Strauss-Kahn, Elisabeth Guigou, François Hollande, Henri Emmanuelli, Jack Lang, Jean Glavany, Jean-Marc Ayrault, Jean-Pierre Chevènement, Julien Dray, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Malek Boutih, Manuel Valls, Michel Sapin, Olivier Duhamel, Robert Badinter, Ségolène Royal et Vincent Peillon]


Madame,

Je vous remercie de votre lettre du 15 décembre dernier répondant à mon courrier du 30 novembre, lequel avait sans ambiguïté pour objet, « Une honte pour la France ? ! Et pour LA Vérité, alors ! ! ! »


Toutefois, malgré une longue démonstration en faveur de LA Vérité - une de plus ! - pour dénoncer le penser superstitieux dans ses divers modes d'expression [Religion, métaphysique matérialiste ou idéaliste, idéologie et moralisme], je suis bien obligé de constater que votre réponse langue de bois politicienne, ou celle d'un quelconque plumitif du Parti socialiste, se garde bien d’argumenter sur le fond en soulevant d’éventuelles objections légitimes, intellectuellement et philosophiquement étayées, sur des points très précis de désaccord.


Au contraire, votre discours politicien témoigne que vous avez peur de LA Vérité, dans la mesure où elle contrarie vos intérêts égoïstes de toutes sortes, individuels et collectifs, à commencer par vos ambitions politiques personnelles - et toutes les autres ! -, qui ont précisément besoin de mentir et de tromper l'opinion, ainsi que je l'ai maintes fois dénoncé sur un plan général auprès des caciques socialistes mis en exergue ici – mais pas seulement socialistes, et pas seulement des « politiques » ! ! !


Et après votre refus éhonté de débattre sur le fond, vous osez me reprocher le « ton polémique utilisé dans ce courrier » ! Certes, si l’on ne peut plus mentir à sa guise, que reste-t-il donc aux « politiques », toutes tendances confondues, et pas seulement aux politiques, mais aussi aux médias, aux soi-disant intellectuels et pseudo-philosophes, sans oublier les associations moralisatrices à sens unique, donneuses de leçons de morale aux Autres, pour conforter leur égoïsme naturel, commun aux six milliards et quelques humains d’aujourd’hui, à commencer par moi ? !


Pour justifier le ton polémique que vous me reprochez, je ne peux mieux faire que rappeler ce propos du philosophe juif allemand Constantin Brunner (1862-1937), héritier spirituel de Spinoza et grand pourfendeur de la Superstition sous toutes ses formes. En faveur de tous les diseurs universels de LA Vérité (mystiques authentiques et « vrais » philosophes du UN absolu), conscients des mensonges et des « croyances au miracle » du monde, Brunner proclame, en effet :


« Un homme de la vérité, qui se conduise, dans l’expression et la défense d’idées primordiales, selon les règles de la politesse, cela n’existe pas, cela n’existera jamais et ne pourra jamais exister, car tout homme de la vérité s’emporte contre la stupidité et la superstition.


Comme Moïse et le Christ, Spinoza est un homme de colère à l’égard de toute fausseté maligne. Seuls les coquins exigent politesse et civilité dans les confrontations d’idées, car la perversion générale leur importe peu à côté de leur souci personnel pour leur honneur-vanité dans la société.


Celui qui a commencé de quelque façon que ce soit avec le penser et qui a pu avec son aide s’opposer à l’opinion ordinaire (et à la mentalité générale), celui-là ressent le penser comme un bonheur et comme une force qui lui donne une force morale tout à fait imprévue, même en face de la vie courante. » (Brunner, Die Lehre, p.525)


Assurément, mon courrier avait pour origine votre farouche « anti-sarkosysme » primaire obsessionnel – seul véritable lien unitaire de toutes les formations de gauche ! -, tel que vous l’aviez exprimé à Grenoble devant un parterre de jeunes socialistes. Aussi, loin de répondre à ma lettre sur le fond, vous avez d’emblée embrayé sur ce thème très porteur, car, comme dit l’autre : « Dénoncez, dénoncez, il en restera toujours quelque chose » - sous-entendu quelque chose de « juteux » pour nous, mais de LA Vérité, on s’en tape, jusqu’à preuve du contraire, tout au moins !


Ainsi vous « diabolisez » Nicolas Sarkozy de façon sectaire, c’est-à-dire intellectuellement malhonnête comme suffit à l’attester votre propos lui reprochant de ne pas aller au Salon de l’agriculture – le jour de l’ouverture ! -, en oubliant, si j’en crois l’information publiée dans le numéro 3823 de Valeurs actuelles du 4 courant, que François Mitterrand, lui, ne s’y est rendu qu’une fois, ce qui ne serait que péché véniel, comparé à son passé pétainiste, photos à l’appui, à sa déclaration sur l’Algérie française, aux écoutes de l’Élysée et à la famille secrète logée dans un palais de la République aux frais du contribuable pendant de années – vous avez dit « deux poids, deux mesures » ? ! OUI, et c’est une preuve de votre malhonnêteté intellectuelle ! ! !


Mais vous mentez et trompez également l’opinion en colportant les mensonges et les « croyances au miracle » de la Superstition sous toutes ses formes (cf. ci-dessus), sans jamais oser confronter vos opinions relatives partisanes à LA Vérité éternelle absolue, celle qui suffit à les invalider dans leur prétention à exprimer l’Absolu, la réalité absolue ! C’est ensuite d’autant plus facile de condamner les Autres sur la base des croyances superstitieuses de la religion, toutes les religions sans exception, de l’idéologie, toutes idéologies confondues, et du moralisme, tous catéchismes réunis, fut-ce le catéchisme soi-disant universel contemporain, ou Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948, sans oublier les condamnations moralisatrices d’aujourd’hui fondées sur les pseudo-certitudes scientistes prétendant pouvoir établir sur la planète, à terme - c’est-à-dire toujours et seulement DEMAIN ! -, un « climat sur mesure » pour l’éternité ; mais il n’est interdit ni à vous-même ni à quiconque, évidemment, de démontrer la véracité de cette croyance superstitieuse.


Jusqu’ici, toutefois, je suis bien obligé de constater que les pseudo-élites nationales contactées sur ce sujet, voire internationales (le GIEC, Barack Obama, Ban Ki-moon et José-Manuel Barroso), se sont bien gardés comme vous de répondre - et a fortiori, sur le fond, à la question posée qui suffit à réduire à néant la chimère climatique contemporaine – sauf encore à vous-même ou à quiconque - scientifiques du GIEC inclus ! - de démontrer le contraire !


Ainsi, en faisant la sourde oreille, vous volez même aussi au secours de la superstition musulmane, tout aussi porteuse de mensonges et de « croyances au miracle » que n’importe quelle religion monothéiste ou polythéiste, comme plus qu’amplement démontré dans ma correspondance adressée à nombre de soi-disant « élites » dénoncées dans le texte, Mensonges et lâcheté des élites – sauf encore, évidemment, à vous-même ou à quiconque d’établir le contraire !


La conséquence juteuse pour vous est de vous rallier une part non négligeable de l’électorat musulman, quitte à taxer d’ « islamophobie », voire de fascisme, ceux qui dénoncent cette religion dans ses pratiques obscurantistes (charia, fatwa, djihad, burqa, etc., etc.) – vous avez dit « amalgame » ? Oui, je persiste et je signe, car la critique des idées fausses n’a rien à voir avec des attaques personnelles, et c’est pourquoi l’accusation de « racisme » stricto sensu envers les musulmans, en tant que tels, est d’autant plus malvenue qu’il n’y a pas de « race musulmane », et quant à l’amalgame « musulman = arabe », i est contredit par les centaines de millions de musulmans à travers le monde, qui ne sont pas arabes !


Par ailleurs, vous trompez également votre électorat potentiel avec vos croyances idéologiques superstitieuses qui se résument en la fallacieuse promesse de pouvoir transposer l’Idéal dans le quotidien : DEMAIN certes, toujours DEMAIN, et seulement DEMAIN - à la saint Glinglin ! En effet, les siècles passés, leurs révolutions et leurs idéologies totalitaires ne vous ont toujours rien appris réellement en matière de justice, d’égalité, de liberté et de démocratie, entre autres valeurs républicaines illusoires sur lesquelles se fondent pourtant toutes les réclamations et autres mécontentements tenant à des intérêts égoïstes individuels et collectifs, que vos discours électoralistes et vos textes de lois sont à jamais bien loin de faire parvenir à l’Idéal, sachant que TOUT, dans notre monde humain, comporte à la fois du pour et du contre, du positif et du négatif, des avantages et des inconvénients, entre lesquels tranchent seulement les intérêts égoïstes, individuels et collectifs, des uns et des autres – ce seul dualisme suffit à invalider toute idée de « vérité absolue » en la matière !


Je ne peux manquer de rappeler encore une fois vos comportements personnels malhonnêtes au service de vos ambitions, ainsi que l’atteste l’élection qui vous a conduite au poste de Premier secrétaire – sauf à vous-même, évidemment, d’établir le contraire, comme l’attend toujours, certainement, votre concurrente lésée d‘alors ! Et que dire de l’embrouillamini avec Georges Frêche et ses colistiers exclus le samedi pour être réintégrés le lundi et afficher un succès socialiste aux élections régionales du Languedoc-Roussillon - une vraie pantalonnade, qui devrait suffire à vous discréditer à jamais ainsi que le Parti socialiste sur le plan de la morale, que la gauche revendique, ainsi que l’exprimait ce propos de Jacques Vergès : « La gauche est moralisatrice, et c’est au nom de la morale qu’elle lance ses anathèmes » !


Vous êtes donc particulièrement malvenue pour donner des leçons de morale aux Autres, d’autant plus que les « vertueux censeurs » de gauche prospèrent seulement sur leurs mensonges et leurs « croyances au miracle », tandis que le peuple attend toujours la concrétisation de leurs fallacieuses promesses - celle d’ « ordre juste », par exemple ! Parce qu’ils sont inspirés par l’Idéal, tout comme n’importe quel individu, fut-il de droite, ils se réclament sans cesse de la justice idéale, de l’égalité absolue, de la paix éternelle et de la démocratie parfaite au nom de l’Idéal : LEQUEL, d’ailleurs, puisque l’Idéal « en soi » est à jamais inconnaissable pour nous, et vous n’en présentez donc que ses pâles reflets au service de vos intérêts égoïstes partisans, comme il en va de toutes les « conceptions idéalisées », à géométrie variable, dans leur relativité intéressée ou non ? Et c’est ainsi que vous donnez la preuve irréfutable, en « absolutisant fictivement le relatif », que vous mentez et trompez l’opinion ! ! !


QUI vous a faite juge du Bien et du Mal absolus sur Terre, sachant que TOUT est relatif dans notre monde, et QUI êtes-vous donc pour distinguer les bons et les méchants ? Outre que cette fable a été dénoncée voici bientôt deux mille ans, face à l’Idéal, en effet, chacun est forcément coupable, coupable de « crime de lèse-Idéal » - et notamment en matière de Vérité, comme vous-même et tous ceux qui colportent les mensonges et les « croyances au miracle » du monde en donnent la preuve, sans jamais avoir l’honnêteté ni le courage intellectuel de remettre en question leurs points de vue sectaires. Certes, c’est très juteux pour le plus grand profit individuel et collectif de ceux qui sont toujours « contre tout » ce qui contrarie leur égoïsme, contre toute réforme touchant à leurs avantages acquis notamment - mais pas forcément pour la collectivité nationale ! ! !


Compte-tenu de ce qui précède, à l’exemple de tous ceux qui colportent mensonges et « croyances au miracle », vous n’avez raison que, parce que vous refusez le véritable débat d’idées : celui qui ne consiste pas à opposer « à l‘infini » des points de vue relatifs partisans à d’autres, tout aussi relatifs et partisans, mais à les confronter, TOUS sans exception, à LA Vérité éternelle absolue qui suffit à tous les invalider dans leur prétention à exprimer l’Absolu, la réalité ou vérité absolue.


En conséquence, aussi longtemps que vous refuserez ce véritable débat d’idées, JE VOUS ACCUSE de mentir et de tromper l’opinion - que vous ne soyez pas la seule, comme le texte annexé en fournit la preuve, ne change rien à l’affaire !


Pour terminer, je voudrais réagir à votre remarque finale en forme de mise en garde, mais vous n’avez pas tort au vu de l’Histoire de l’humanité, lorsque vous écrivez : « Il est toujours dangereux de chercher à avoir raison tout seul », puisque les exemples de Socrate, du Christ, de Giordano Bruno et de Spinoza sont là pour en témoigner.


Il est donc indéniablement dangereux de se faire le chantre de LA Vérité, face aux hordes éternelles de tous les superstitieux du monde, mais la question primordiale est de savoir si l’on peut avoir raison tout seul, et ces diseurs de Vérité vous apportent précisément leur réponse positive, même si elle a été pervertie par la foule superstitieuse. Si vous en doutez, il ne tient qu’à vous d’en débattre sur le fond, voire de refaire publiquement le procès de Spinoza sur sa « vraie » pensée philosophique, incompatible avec le penser superstitieux des religions, comme j’en ai vainement lancé le défi au quotidien Le Monde et à l’hebdomadaire Marianne, suite à des articles mensongers – forcément ! – dénonçant la « stigmatisation » de l’islam.

Dans l’attente de vos éventuelles objections et de vos opinions contraires, intellectuellement et philosophiquement étayées, sur des points très précis de désaccord, je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Madame, mes salutations distinguées.

 

Publié dans COURRIER "Politiques"

Commenter cet article