« Journée de solidarité » [Annexe II]

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 23 mai 2007

 

Objet :

« Journée de solidarité »                                                                           

 

Monsieur Nicolas Sarkozy

Palais de l'Elysée

55, rue du Faubourg Saint-Honoré

75008 Paris

 

[A l’attention de Xavier Bertrand, ministre de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement]

 

 

Monsieur,

 

La polémique soulevée encore aujourd’hui par les centrales syndicales contre la Journée de solidarité, instaurée en 2005 par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, au prétexte qu’elle oblige des salariés à travailler gratuitement, fut-ce une seule journée dans l’année, m’incite à vous faire part d’une proposition alternative transmise sans résultat, le 5 mai 2005, au Cabinet du Premier ministre d’alors.

 

Cette mesure avait pour principaux avantages, entre autres, de réparer une injustice en n’obligeant personne à travailler un jour férié, de faire porter l’effort de solidarité sur la quasi-totalité des citoyens de la République, non pas sur les seuls salariés, et de mettre fin à une « journée de pagaille » annoncée et constatée.

 

Outre le Premier ministre, cette proposition, dont les détails sont sommairement exposés ci-après, avait été transmise également aux principales organisations syndicales, à de grands médias nationaux (Télévision, radio, presse) ainsi qu’à divers responsables politiques, dont les noms sont à votre disposition, mais avec aussi peu de résultat. Leur silence permet encore aujourd’hui aux leaders syndicaux de continuer leurs jérémiades devenues pourtant sans objet, dès lors que le principal grief envers la mesure gouvernementale, celui d’iniquité, disparaissait ipso facto avec ma proposition.

 

La mesure proposée ne toucherait pas les seuls salariés, mais elle s’étendrait, à due contribution, aux retraités, aux chômeurs, aux entreprises et autres professions libérales, à tous ceux qui perçoivent un revenu aussi minime soit-il. Ainsi, quasiment tout le monde ferait preuve de solidarité à juste proportion de ses moyens, puisque même un Rmiste contribuerait pour 0,28% de son allocation annuelle sur la base d’une personne seule.

 

A ce jour, force est de constater, selon le mot de feu Edouard Zarifian, psychiatre, que « chacun veut être bon et généreux, à condition que cela ne lui coûte pas trop ». Ainsi assiste-t-on aux solutions égoïstes les plus ingénieuses pour échapper à cette contribution de solidarité, allant de la mesure « ridicule » adoptée à la SNCF, au recours aux RTT, à la prise en charge par les entreprises, etc. Dans ma solution, non seulement les salariés ne travailleraient pas sans rémunération, mais de surcroît ils pourraient utiliser cette journée de RTT à leur guise, et non de façon contrainte. 

 

Sur le plan pratique, cette proposition consisterait à retenir selon les cas, soit 1/30ème du salaire du mois choisi au titre de la journée de solidarité pour les allocations et revenus mensuels, soit 1/360ème des bénéfices annuels pour les entreprises et autres revenus estimés annuellement. Il reste aux services du Ministère de l ‘emploi, de la cohésion sociale et du logement à jauger cette mesure par comparaison aux deux milliards d’euros rapportés par la solution actuelle, selon le chiffre récent communiqué par Xavier Bertrand. Toutefois, ces services ne devraient pas manquer de prendre en compte la réparation d’une immense injustice et la suppression d’une journée de pagaille, ce qui contribueraitt à améliorer  la cohésion sociale, bien malmenée de nos jours.

 

Je vous remercie de votre attention et vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

 

A R :

Merci de votre message

Celui-ci a bien été envoyé à la Présidence de la République.

Le 23 mai 2007

 

 

 

 

 

 

Publié dans COURRIER "Politiques"

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