« Journée de solidarité » [Annexe I]

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 5 mai 2005

 

Objet :

"Journée de solidarité"

 

 

Monsieur le Premier ministre 
Hôtel de Matignon 
57, rue de Varenne 

75700 Paris

 

Monsieur,

 

L'avis rendu par le Conseil d'État, considérant comme légitime la suppression d'un jour férié et son remplacement par un journée de travail obligatoire, m'incite à vous communiquer la lettre suivante, transmise à Jean-Louis Debré, dans l'espoir que, à l'exemple de Gerhardt Schröder qui a annulé sa mesure en vingt-quatre heurs, vous saurez revenir à temps sur une décision qui paraît comporter autant d'inconvénients, sinon plus, que d'avantages.

 

Là, comme ailleurs, la raison est souvent préférable à l'obstination; et ce, d'autant plus en période électorale.

 

Je vous remercie de votre attention et vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

 

P J : Lettre du 2 mai 2005 à Jean-Louis Debré

 

 Le 2 mai 2005

 

 

Monsieur Jean-Louis Debré

Président de l'Assemblée nationale

Courriel :

jldebre@assemblee-nationale.fr

 

                                                                                  

Monsieur,

 

La grogne des salariés et le mécontentement d'un grand nombre de nos concitoyens face à la suppression d'un jour férié annuel, au titre de la solidarité envers certaines catégories de personnes, m'incite à vous faire parvenir une copie du courrier adressé ce jour à la C.F.T.C, un des syndicats les plus hostiles à cette mesure.

 

Je ne prétends pas que la solution proposée soit "parfaite" (cf. lettre ci-dessous), mais elle présente à mes yeux certains avantages, et notamment la suppression de l'obligation de travailler une journée "sans rémunération", ce qui, sur le plan psychologique – par les temps qui courent ! –, n'est pas négligeable.

 

J'attire aussi votre attention sur la suppression de la "pagaille" généralisée, qui résulterait de l'adoption de cette mesure - dont les modalités précises resteraient à déterminer -, si j'en juge à l'aune de ce qui s'est passé dans le Gard et ailleurs, le lundi de Pâques dernier. Elle ferait d'autre part le bonheur d'un grand nombre de personnes, à commencer par les organisateurs des fêtes prévues à cette date, et sûrement de bien d'autres.

 

Certes, comme il n'y a pas, dans notre monde humain, d'avantages pour les uns sans inconvénients pour les autres, cela ne donnerait pas satisfaction au MEDEF en général et aux chefs d'entreprise en particulier, et n'augmenterait pas le Produit intérieur brut national, mais les années précédentes, il n'en allait pas autrement, que je sache.

 

J'ignore si le gouvernement et les parlementaires avaient l'intention de travailler ce jour-là pour montrer l'exemple, mais je ne pense pas qu'une telle mesure soit de nature à les mécontenter, même si elle les contraint aussi à  contribuer directement au financement de la solidarité.

 

Je n'ai sûrement pas examiné l'ensemble de tous les raisons du mécontentement actuel, et je ne mesure pas réellement la portée des inconvénients entraînés par cette proposition : d'un côté, travailler sans rémunération, et d'autre part ne pas travailler, mais financer la solidarité par l'amputation de 1/30ème du revenu mensuel, chaque année.

 

Je laisse néanmoins l'examen de cette proposition à votre sagacité, et en vous remerciant de votre attention, je vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

 

P J : Lettre du 2 mai 2005 à la C.F.T.C

 

Le 2 mai 2005

 

Objet : Égoïsme et fraternité

 

C. F. T. C

 13, rue des Ecluses Saint Martin

75010 PARIS

Fax: 01 44 52 49 28

 

 

Mesdames, Messieurs,

 

 

Votre campagne actuelle de protestation contre la Journée de solidarité du 16 mai prochain m'incite à vous faire part de mes réflexions, qui se veulent au-delà de toute prise de position égoïste "partisane".

 

Je ne méconnais pas l'injustice de la mesure, dès lors que vous mettez en avant le fait d'obliger quelqu'un à travailler une journée sans être rémunéré, ce qui amène à considérer sur un plan plus large le problème de la "Justice" dans notre monde. Sauf mauvaise foi, vous devrez convenir qu'elle ne se trouve nulle part, et n'en déplaise aux rêveurs et autres "croyants au miracle", elle ne s'y trouvera jamais, sauf à vous de m'expliquer comment.

 

Liberté, égalité et fraternité "absolues" relèvent d'un monde idéal, de l'Absolu, or notre monde est relatif à notre entendement humain, et tout y est seulement "relatif": voilà pourquoi tous ceux qui parlent d'un monde "parfait" avec des humains "imparfaits" sont des "menteurs", puisque cette chimère est non seulement une "aberration intellectuelle", mais surtout une "impossibilité absolue", philosophiquement parlant, comme je peux le démontrer.

 

Il y a déjà longtemps que j'ai lancé le défi suivant aux "élites" figurant dans le texte annexé, sans avoir encore reçu à ce jour d'autre réponse que leur silence – et pour cause ! :

 

"Si vous contestez ces propos sur l'égoïsme universel humain, tel que précisé ci-dessus, je vous mets au défi ainsi que quiconque, penseurs, "politiques", et autres, du monde entier de m’indiquer concrètement comment éradiquer, de manière universelle et définitive : violence, conflits et rivalités, individuels et collectifs, privilèges, injustices, inégalités, loi du plus fort, exploitation d’êtres humains, corruption, favoritisme, et discrimination sous toutes ses formes [race, nationalité, sexe, comportement sexuel, âge, statut social, situation de fortune, opinions religieuses, politiques et autres, handicap, maladie, apparence physique ou vestimentaire, etc.], sans parler de la délinquance ordinaire dans ses multiples aspects, et de me dire comment instaurer tout aussi universellement et définitivement : paix, justice, liberté, égalité et fraternité."  mais je laisse aussi à la C.F.T.C le soin de relever ce défi.

 

Pour revenir à l'objet de votre contestation, tout en reconnaissant le bien-fondé de votre action eu égard à la notion de justice "idéale", je suis aussi obligé de constater que chacun, et notamment les "vertueux", parle à tout propos de fraternité, mais fait des "comptes d'épicier", lorsqu'il est mis au pied du mur, et donc pris en flagrant délit d' « égoïsme ». Que devraient dire les élèves et les étudiants censés aller en cours le 16 mai prochain..? En résumé, chacun veut être bon et généreux à condition que cela ne le gêne pas ou ne lui coûte pas trop…

 

Pour rester positif contre cette mesure obligeant à faire travailler les salariés "un" jour sans être rémunéré, et sans parler de la mesure "ridicule" adoptée à la SNCF, je vous suggère une solution, qui, de toute façon, sera également injuste quelque part – cf. ci-dessus -, puisqu'elle ne touchera pas "absolument" tout le monde: en connaissez-vous des lois, des règlements, des textes quels qu'ils soient, qui concernent tout le monde sans provoquer d'injustice, dans un monde où "tout est relatif et rien n'est absolu"..?

 

Puisque la mesure envisagée ne touche que les seuls salariés, pourquoi ne pas l'étendre aussi à due contribution aux retraités, aux chômeurs, aux entreprises et autres professions libérales, à tous ceux qui perçoivent un revenu, aussi minime soit-il ? "Presque" tout le monde ferait ainsi preuve de solidarité à proportion de ses moyens, car si vous attendez des résultats tangibles, en dehors des tsunamis et autres catastrophes "émotionnelles", de la formule "A votre bon cœur, Messieurs, Mesdames"...! ! ! Que l'État fasse seulement appel au bon cœur des contribuables pour faire face à ses dépenses d'investissement et de fonctionnement..!

 

Je vous suggère "seulement" que soit décrété une "Journée de la Solidarité nationale", après concertation sur la date, qui aurait l'immense avantage de n'obliger personne à travailler, ne serait-ce qu'un jour, sans être rémunéré, ce qui serait déjà une amélioration notable, bien que, "tout étant relatif", cette mesure ne fera pas plus l'unanimité que tout autre mesure tout aussi "relative".

 

Certes, la mesure ne serait pas aisée à mettre en pratique dans tous les cas, et on y retrouverait les problèmes de fraude habituels (travailleurs au noir par exemple). Pour les titulaires d'un revenu quelconque (salaires et assimilés, pensions, allocations de chômage, RMI, bénéfices des entreprises et des professions libérales, etc.), 1/30ème du revenu du mois choisi pour la Journée de la Solidarité serait reversé à l'État, et ainsi  beaucoup plus de personnes contribueraient sans être obligées d'aller travailler.

 

J'ai suffisamment dit et redit ici que "tout est relatif dans notre monde", pour que vous ne chicaniez pas sur les détails et les injustices inévitables [Que les rêveurs" se réveillent de leurs "croyances au miracle" !] De toute façon, ce n'était qu'une "proposition" dont je suis le premier à reconnaître la "relativité"; même dans notre monde relatif, il existe néanmoins des solutions "relativement" meilleures que d'autres pour le plus grand nombre, bien qu'il y demeure que les avantages pour les uns sont en même temps des inconvénients pour les autres; et ce jusqu'à la fin des temps, puisqu'il n'y aura jamais de monde humain "parfait"..!

 

J'aurais au moins résolu le problème de l'injustice consistant à faire travailler un jour sans rémunération correspondante, mais je ne doute pas que certains me resserviront le "coup de la vignette", et dans ce cas, je les invite à relever le défi ci-dessus.

 

Je vous remercie de votre attention et vous prie d'agréer, Mesdames, Messieurs, mes salutations distinguées.

 

Annexe : "La lâcheté des élites"

Publié dans COURRIER "Politiques"

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