Harlem Désir : « J'ACCUSE !»

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 15 mars 2010

Objet :

 

J’ACCUSE : « Arrêtez de mentir et de manipuler l’opinion ! »


Monsieur Harlem Désir

Parti socialiste

10, rue de Solferino

75007 PARIS

Fax : 01 47 05 15 78


[A l’attention d’Arnaud Montebourg, Bertrand Delanoë, Dominique Strauss-Kahn, Elisabeth Guigou, François Hollande, Henri Emmanuelli, Jack Lang, Jean Glavany, Jean-Marc Ayrault, Jean-Pierre Chevènement, Julien Dray, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Malek Boutih, Manuel Valls, Michel Sapin, Olivier Duhamel, Robert Badinter, Ségolène Royal et Vincent Peillon]

 

Monsieur,

 

Votre réaction partisane, mais seulement moralement «relative», dénonçant publiquement la déclaration de Gérard Longuet sur l’éventuelle désignation de Malek Boutih à la tête de la HALDE, au prétexte de propos racistes, me donne l’occasion de rappeler le courrier adressé en son temps au président de SOS Racisme entre le 7 décembre 2000 et le 4 avril 2002, ainsi que ma lettre du 15 novembre 2005 faxée au Parti socialiste à son intention, sans oublier celles des 12 janvier et 19 novembre 2004 et des 6 juin et 6 août 2005 envoyées à Dominique Sopo, son actuel président.

 

Ce courrier reste néanmoins toujours sans réponse à ce jour, hormis une lettre mensongère de Sarah Bénichou déformant totalement mes propos, mais refusant ensuite d’accepter ma réponse rectificative du 12 septembre 2001 pourtant adressée en envoi recommandé avec accusé de réception, ce qui m’a conduit à la faire signifier par huissier à SOS Racisme, sans entraîner de réponse pour autant – et pour cause !

 

En effet, dans l’abondant courrier mentionné, toujours à votre disposition, je n’ai eu de cesse de dénoncer les mensonges et les « croyances au miracle » du penser superstitieux, tant dans son expression religieuse qu’idéologique et moraliste, que colportent, à longueur de temps, d’antenne et de colonnes, les faiseurs d’opinion de l’époque, tous milieux confondus [Médias, « politiques » de tous bords, intelligentsia (prétendus intellectuels ou pseudo-philosophes) et associations moralisatrices à sens unique, dont SOS Racisme] sur lequel vos semblables et vous-même se fondent pour lancer vos anathèmes et donner des leçons de morale aux Autres, sans jamais avoir, toutefois, l’honnêteté et le courage intellectuels de débattre sur le fond en soulevant d’éventuelles objections accompagnées d’arguments contraires, intellectuellement et philosophiquement étayés, sur des points très précis de désaccord - mais votre licence de philosophie devrait enfin vous permettre de le faire, même si le silence de Vincent Peillon, autre « philosopheur », m’autorise à en douter !

 

Je n’entends pas reprendre ici l’intégralité des arguments exposés dans des centaines de lettres adressées, depuis plus de dix ans, à des dizaines de soi-disant « élites » d’aujourd’hui dénoncées dans le texte annexé, Mensonges et lâcheté des élites, mais seulement établir l’usage frauduleux des mensonges et des « croyances au miracle » de la religion, toutes les religions sans exception (monothéistes ou non), de l’idéologie, toutes idéologies confondues, et du moralisme, tous catéchismes réunis, y compris le « catéchisme » soi-disant universel contemporain, ou Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, sans oublier la tromperie du scientisme contemporain dans sa prétention insensée d’établir sur la planète - à terme ! – un « climat sur mesure » pour l’éternité, ce qui fait les choux gras des associations écologistes et de leurs leaders, pas plus courageux que les autres pour débattre, à l’exemple de Nicolas Hulot, de Daniel Cohn-Bendit, de Corinne Lepage et de Cécile Duflot que j’accuse également de mentir et de manipuler l’opinion.

 

Au préalable, je vous informe que l’objet de ma première lettre, adressée à SOS Racisme le 7 décembre 2000, avait pour objet, « SOS Discriminations ? », précisément pour établir que la discrimination est loin de concerner seulement  la couleur de peau des individus, ainsi que les décisions de la HALDE en témoignent aujourd’hui, et qu’il n’était donc pas légitime que les subsides de l’État profite « grassement » à une seule association, dont, de surcroît, les donneurs de leçons de morale aux Autres sont tout sauf de véritables chevaliers blancs - sans mauvais jeu de mots ! -, comme la suite le montrera. D’ici-là, il me suffit déjà de rappeler l’emploi du mot « racaille » par Malek Boutih lui-même, déclarant, le13 juin 2002,  dans un article publié par le quotidien Le Monde :

 

"Les jeunes de banlieue sont des "barbares des cités" avec lesquels "il n’y a plus à tergiverser, il faut leur rentrer dedans, taper fort, les vaincre, reprendre le contrôle des territoires qui leur ont été abandonnés par des élus en mal de tranquillité." Il résume la vie dans les cités à un reportage de TF1 où "cinq mille gangsters [qui] terrorisent les quartiers, violent les filles en tournantes, cament leurs petits frères jusqu’à l’os, s’équipent en armes de guerre et tiennent chambres de torture dans les caves. Pour lui, "aujourd’hui, soit on reprend le contrôle des cités, soit on bascule dans la grande délinquance. Il faut remettre au boulot" la police : "Le plus grand nombre de bavures n’est plus son fait, c’est la racaille qui tue le plus dans les cités". [Fin de citation]

 

Ceci ne manque pas de saveur, quand on connaît l’usage partisan fait de ce même mot utilisé ensuite par Nicolas Sarkozy - mais il est vrai que les vertueux « faux-culs » se distinguent surtout, à toutes les époques, en reprochant aux Autres ce qu’eux-mêmes ont fait hier et referont demain, à la première occasion où leurs intérêts égoïstes de toutes sortes, individuels et collectifs, l’exigeront !

 

Quant à l’usage frauduleux des mensonges et des « croyances au miracle » du penser superstitieux, il se manifeste déjà dans votre accusation commune bien-pensante d’ « islamophobie », très juteuse aujourd’hui - électoralement et donc financièrement parlant ! -, mais sans jamais accepter de confronter le dogme religieux, musulman ou non, à LA Vérité éternelle absolue qui suffit à l’invalider, ainsi que Spinoza l’a démontré more geometrico. Toutefois, il n’est interdit à personne ni à vous-même de démontrer le contraire en faisant de l’ombre à Spinoza et à son héritier spirituel Constantin Brunner, grand pourfendeur de la Superstition dans tous ses modes d’expression !

 

C’est seulement en vertu de la censure d’État et du pouvoir usurpé par les nouveaux censeurs, voire de la menace des bombes, qu’il est devenu quasi impossible de dénoncer la superstition musulmane et ses pratiques d’un autre âge (charia, fatwa, djihad, etc.), car il est aisé sur le fond d’établir l’absurdité des religions monothéistes avec leur Dieu revisitant sa copie, au fil des siècles et des millénaires, pour délivrer au monde un message différent selon les époques – sauf à quiconque ou à vous-même, évidemment, de trouver une parfaite cohérence du dogme fondateur entre trois religions divergentes !

 

A défaut, votre condamnation moralisatrice partisane sur fondement religieux est seulement établie sur des mensonges et  des « croyances au miracle », au point que j’ai vainement lancé le défi au quotidien Le Monde et à l’hebdomadaire Marianne de refaire publiquement le procès de Spinoza sur le fond, à savoir sur sa pensée « véritablement » philosophique totalement incompatible avec la religion, tel qu’amplement établi dans le texte annexé – votre refus de débattre ne ferait donc que confirmer votre intention délibérée de continuer à mentir et à manipuler l’opinion !

 

Cet usage frauduleux est également à l’œuvre dans la superstition idéologique avec sa prétention de changer le monde, autrement dit de transposer l’Idéal dans le quotidien : DEMAIN, toujours DEMAIN, mais seulement DEMAIN, comme son attente toujours actuelle, après les millénaires passés, en témoigne, et comme les périodes les plus éloignées à venir l’établiront jusqu’à la fin des temps pour nos plus lointains descendants.

 

Jusqu’ici, toutefois, j’attends toujours qu’une seule des prétendus élites dénoncées relève le défi que je leur lance, depuis plus de dix ans, de m’indiquer concrètement comment éradiquer, de manière définitive et universelle, les sempiternels maux de l’humanité, dont la liste non exhaustive est à votre disposition, et comment instaurer, tout aussi universellement et définitivement : liberté idéale, égalité absolue, démocratie parfaite et paix éternelle – sur ce point aussi, votre refus de débattre et a fortiori l’incapacité d’apporter la réponse concrète demandée témoigneraient seulement de votre intention délibérée de continuer à mentir et à manipuler l’opinion !

 

Pourquoi vous gêner, d’ailleurs, puisque les humains, dans leur quasi-totalité, sont davantage portés par nature à « croire », à imiter et à répéter, qu’à penser « vraiment » ? Une preuve : notre monde change sans cesse - « sans nous » ! -, et ainsi la configuration des choses qui le constituent se modifie-t-elle en permanence en raison du mouvement perpétuel de notre univers, unique cause de la transformation permanente de TOUT, de sorte que tous les rêves, celui d’ « ordre juste » notamment, ne pourraient y durer que l’espace d’un très court laps de temps, à supposer qu’ils se réaliseraient…

 

Enfin, le pompon de l’usage frauduleux des mensonges et des « croyances au miracle » du monde revient à la superstition moraliste, puisqu’ils se fondent essentiellement sur trois fictions que je me borne à résumer ici, à savoir la prétendue réalité d’un Bien et d’un Mal  soi-disant absolus, la division artificielle des humains en deux catégories bien distinctes : les bons, les « vertueux », les antiracistes, toujours nous, et les mauvais, les « salauds », les racistes, eux, sans oublier la non-réalité d’un illusoire « libre arbitre », en vertu duquel il suffirait de vouloir pour pouvoir, comme l’infirme planétairement la non-observation universelle du catéchisme contemporain et l’incapacité de régler, à la satisfaction générale, les problèmes financiers, économiques, sociaux et sociétaux du monde, entre autre.

 

Toutefois, le comble pour la superstition moraliste que vous illustrez à merveille, comme la suite le montrera, consiste dans les condamnations moralisatrices des Autres, uniquement fondées sur la fable des bons et des mauvais, par des individus ou des groupes d’individus, « censeurs autoproclamés » d’aujourd’hui, en rien moins irréprochables que ceux qu’ils condamnent moralement pour en tirer profit. Il n’y a pas, en effet, il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais, d’individus ni de groupes d’individus, « TOUS » critères d’appartenance confondus, réellement « irréprochables » : face à l’Idéal, chacun est forcément coupable, coupable de crime de lèse-Idéal !

 

Ceci devrait dispenser chacun de donner des leçons de morale aux Autres en raison de comportements résultant de notre égoïsme inné, auquel personne (hypocrites et inconscients inclus) - et moi pas davantage ! - n’échappe dans son désir de vivre le plus longtemps et le mieux possible, en se gratifiant autant que faire se peut dans ses affaires d’amour, d’argent et de gloriole ou honneur-vanité.

 

Je ne peux mieux illustrer mon propos sur les donneurs de leçons de morale aux Autres qu’à partir de votre propre exemple et de celui de SOS Racisme, qui devraient vous dispenser à jamais de condamner moralement quiconque – sauf, évidemment, à ses dirigeants de démontrer le contraire, et à vous-même de me démentir, à titre personnel et en votre qualité d’ancien président de cette association !

 

D’ici-là, sans oublier des magouilles financières avérées en leur temps, je me dois de rappeler la « subornation de témoins » dont s’est rendue coupable SOS Racisme suite au crime commis par un habitant de Vauvert le 16 mai 1999, pendant une période de graves émeutes, et qui avait servi à des condamnations moralisatrices sans fondement, au prétexte de racisme, comme l’atteste l’article de Brigitte Vital-Durand publié dans le quotidien Libération du 6 décembre 2000 sous l’intitulé, « Procès de Vauvert : le zèle de SOS Racisme »


Au-delà de vos sempiternelles condamnations moralisatrices partisanes, une telle malhonnêteté avérée, sous la présidence de Malek Boutih, devrait être suffisante pour lui interdire de présider une HALDE  déjà suffisamment empêtrée dans ses propres magouilles - sans qu’il soit besoin de chercher des poux à Gérard Longuet ! Mais nous examinerons en détail la question des discriminations, quand vous y serez disposé, de façon à établir que les donneurs de leçons ne se comportent pas, ici ou ailleurs (en Afrique, en terre d’islam et au Proche-Orient notamment),  autrement que ceux qu’ils condamnent moralement !


Je termine par votre cas personnel de « vertueux » donneur de leçons de morale aux Autres, mais je prends la précaution de recopier un extrait de la page de Wikipédia vous concernant, car je suppose que, depuis le temps, vous auriez pris la peine de faire rectifier ce passage, en cas de fausse information de ce dictionnaire en ligne,  où chacun peut encore lire ce qui suit :

Condamnation [modifier]


Le
17 décembre 1998, Harlem Désir est condamné à 18 mois de prison avec sursis et 30 000 francs d'amende pour recel d'abus de biens sociaux. En effet, de novembre 1986 à octobre 1987, alors qu'il était président de SOS Racisme, Harlem Désir était également salarié par l'Association régionale pour la formation et l'éducation des migrants, basée à Lille. Embauché en tant que « formateur permanent », il percevait pour cet emploi fictif, un salaire mensuel brut de 10 500 francs. Pour le procureur de la République, « ces salaires ne correspondaient à aucune activité réelle » [Fin de citation]


Ceci devrait donc vous dispenser plus que quiconque de donner des leçons de morale aux Autre, même si, je le répète, personne n’est réellement irréprochable - moi le premier ! Et si tout  le monde n’a pas été condamné en justice, c’est avant tout une question de chance !

En conséquence, je suis néanmoins obligé de constater que vous vous servez de la morale comme d’une arme contre les Autres, ceux qui contrarient vos intérêts égoïstes à l’exemple de vos adversaires politiques, au lieu de l’utiliser à votre propre usage pour tenter de modifier tant soit peu votre égoïsme, même s’il ne disparaît jamais totalement ! Cependant, si chacun parvenait au moins à modifier tant soit peu son égoïsme inné, et donc à se juger en tout point semblable à ceux qu’il condamne moralement, le monde ne s’en porterait que mieux !


D’ici-là, il ne vous est pas interdit de soulever vos éventuelles objections, intellectuellement et philosophiquement étayées, à défaut de quoi votre silence et votre refus de débattre sur le fond manifesteraient votre intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde -  donc à manipuler l’opinion !

Dans l’éventualité de votre réponse argumentée, y compris sur le texte annexé, je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

Annexe : Texte, Mensonges et lâcheté des élites


[Les éventuels défauts de présentation sont indépendants de ma volonté]

Publié dans COURRIER "Politiques"

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