Éric Zemmour : « POUR MÉMOIRE ! »

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 26 mars 2010

Objet :

« POUR MÉMOIRE ! »

 

Monsieur Éric Zemmour

LE FIGARO

14, boulevard Haussmann

75009 PARIS

Fax : 01 56 52 23 57

         01 42 21 22 99

 
[A l’attention de la Direction du Figaro et de Jean Sévillia]

 

Monsieur,

 

Vos démêlés actuels avec la direction du Figaro ainsi que les mauvais procès faits par les « censeurs autoproclamés » d’aujourd’hui m’incitent à vous rappeler ma lettre du 12 février 2008, qui avait pour but d’apporter de l’eau à votre moulin en dénonçant les mensonges et les « croyances au miracle » du penser superstitieux humain sur lesquels continue de fonctionner, comme aux pires époques obscurantistes, la collectivité universelle, dont la société française évidemment.

 

Même si vous n’aviez pas jugé utile, à l’époque, de soulever d’éventuelles objections très légitimes et d’avancer des arguments contraires, intellectuellement et philosophiquement étayés, sur des points très précis de désaccord, il me semble particulièrement important de le faire aujourd’hui, car notre société va de mal en pis, en matière de liberté d’expression par exemple, sans qu’aucune des soi-disant « élites » de l’époque n’ait l’honnêteté et le courage intellectuels de débattre sur le fond, comme l’illustre le texte annexé, Mensonges et lâcheté des élites, dans lequel figurent notamment votre quotidien, son collaborateur Jean Sévillia et vous-même en raison de votre silence et de votre refus de débattre sur le fond.

 

Vous y trouverez mon argumentation intellectuellement et philosophiquement étayée contre la Superstition dans ses divers modes d’expression : religion, toutes religions confondues  (monothéistes ou non), métaphysique [Matérialisme, ou scientisme, et idéalisme, ou spiritualisme], idéologie, toutes les idéologies sans exception, et moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des Autres au nom de LA Morale : LAQUELLE ?], tous catéchismes réunis, y compris le catéchisme soi-disant universel contemporain, ou Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, dont seule l’inobservation est réellement universelle – sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment d’établir le contraire, à l’aune du devenir du monde depuis sa proclamation !

 

Ma dénonciation du penser superstitieux se fonde sur le procédé intellectuellement malhonnête consistant, ainsi que l’a établi dans son œuvre le philosophe juif allemand Constantin Brunner (1862-1937), héritier spirituel de Spinoza notamment, à « absolutiser le relatif », c’est-à-dire à présenter fictivement comme Vérité absolue les vérités à jamais seulement relatives de notre monde humain, et en premier lieu aujourd’hui celles du scientisme contemporain dans sa prétention insensée d’établir à terme sur la planète un « climat sur mesure » pour l’éternité.

 

Mais le but visé est aussi, et surtout, de tordre le cou aux condamnations moralisatrices, telles qu’elles s’expriment aujourd’hui à travers les accusations d’ « islamophobie » et de discrimination, laissant croire ainsi en la pseudo-réalité de la fable dénoncée, voici bientôt deux mille ans, selon laquelle il y aurait « réellement » deux catégories d’humains : les bons, les « vertueux », les antiracistes aujourd’hui, et les mauvais, les « salauds », les racistes, alors que TOUS les êtres humains sans exception fonctionnent seulement d’après leur égoïsme inné, tel qu’il se manifeste dans nos affaires d’amour, quel qu’en soit l’objet, tant des objets que des individus, de possession de biens et de personnes, d’où l’importance de l’argent comme instrument d’échange, et de gloire ou honneur-vanité dans la recherche de titres, de distinctions et de médailles de toutes sortes – sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, d’établir le contraire !

 

Je m’en tiens là sur le fond et vous renvoie aux documents annexés, en espérant que vous aurez cette fois l’envie de débattre sur le fond, c’est-à-dire de soulever d’éventuelles objections portant sur l’intégralité de ce courrier et d’avancer vos arguments contraires, intellectuellement et philosophiquement étayés, à défaut de quoi vous manifesteriez votre intention de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde, donc à tromper et à manipuler l’opinion, en usant et abusant ainsi de votre fonction.

 

Toutefois, dans l’éventualité de votre participation au seul et unique véritable débat d’idées, à savoir celui qui ne consiste pas à opposer « à l’infini » des points de vue relatifs partisans à d’autres, tout aussi relatifs et partisans, mais à les confronter, TOUS sans exception, à LA Vérité éternelle absolue, celle qui suffit à tous les invalider dans leur prétention à exprimer l’Absolu, je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

 

Annexe : I -  Lettre du 12 février 2008

                      

              II - Texte, Mensonges et lâcheté des élites (actualisé au 26 mars 2010)

           

 

 

Publié dans COURRIER "Médias"

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