Éric Naulleau :« J’ACCUSE ! »

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 2 avril 2010

 

Objet :

J’ACCUSE :

« Arrêtez de "faire" LA morale et de manipuler l’opinion ! »

 

Monsieur Éric Naulleau

 France 2

7, Esplanade Henri de France

75907 PARIS CEDEX 15

Fax : 01 56 22 45 04

 

[A l’attention de la Direction de France 2, d’Arlette Chabot, de Benoît Duquesne, de Christophe Hondelatte, d'Élise Lucet, de Gérard Miller, de Laurent Ruquier et d'Yves Calvi]

 

Monsieur,

 

Votre sempiternelle posture, forcément affectée, de diseur bien-pensant de vérité et de « censeur autoproclamé », tant sur le plateau de France 2 dans l’émission hebdomadaire de Laurent Ruquier que dans la dernière diffusion de « Cactus » sur Paris Première, me donne l’occasion de dénoncer vos mensonges et vos « croyances au miracle » fondés uniquement sur le penser superstitieux en général, tel qu’il s’exprime à travers les croyances religieuses, métaphysiques (celles du matérialisme, ou scientisme, et de l’idéalisme, ou spiritualisme), idéologiques et moralistes sur lesquelles la collectivité humaine universelle, et donc la société française, continue de fonctionner comme aux pires époques obscurantistes de l’humanité.

 

Pour résumer d’une phrase en quoi consiste le penser superstitieux humain, j’emprunte l’expression « absolutisation du relatif » au philosophe juif allemand Constantin Brunner (1862-1937), héritier spirituel des grands diseurs universels de LA Vérité éternelle absolue, à savoir des mystiques authentiques, tels le Lao-Tseu, le Bouddha et le Christ dans leur Parole non pervertie par la foule superstitieuse, qui en a fait les fondateurs d’une religion dont ils n’ont pas voulu, et aussi de « vrais » philosophes du UN absolu, à l’exemple de Socrate, Platon, Giordano Bruno, Spinoza et Brunner, entre autres véritables penseurs pour l’éternité.

 

En effet, absolutiser fictivement – donc, mensongèrement ! - le « relatif » est un procédé intellectuellement malhonnête qui consiste à faire passer pour absolu, pour réalité ou Vérité absolue, tout le contenu pensé dans et sur (à propos de) notre monde, dont même l’existence n’est pas absolue, car elle est seulement « relative » à notre entendement spécifique humain, ainsi que vous le trouverez amplement développé dans le texte annexé, Mensonges et lâcheté des élites.

 

Et donc vos condamnations moralisatrices partisanes tombent précisément sous le coup de la manipulation de l’opinion, puisque vous « faites » - autrement dit, vous « fabriquez » ! - LA Morale, tout comme il en fut pour la création du catéchisme soi-disant universel contemporain, ou Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, entièrement « fabriqué » sur les mensonges et les « croyances au miracle » du penser superstitieux dans son absolutisation fictive du « relatif », en l’occurrence sur la base de prétendus Bien et Mal absolus. Or ils n’ont aucune réalité absolue dans notre monde humain, où TOUT est relatif, d’autant plus que la coexistence de « deux » absolus est une impossibilité absolue par définition, et c’est néanmoins sur quoi vous jugez et condamnez moralement les Autres, les mal-pensants : ceux qui ne pensent pas comme vous – sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire sur le fond !

 

De ce péché originel du penser superstitieux, vous en venez à distinguer deux catégories d’humains par nature : les bons, les « vertueux », les prétendus antiracistes aujourd’hui, ceux qui agissent toujours bien par élection divine ou un miracle de la Nature en leur faveur, nous, et les mauvais, les « salauds », les soi-disant racistes exclusifs, ceux qui sont condamnés à faire le mal de toute éternité, eux, les Autres. Or cette division artificielle des humains ne colle pas à la réalité de notre égoïsme inné, auquel personne n’échappe dans ses affaires d’amour, quel qu’en soit l’objet, de possession de biens et de personnes – d’où l’extrême importance de l’argent comme instrument d’échange ! - et de gloire ou honneur vanité, au point que cette fable a été dénoncée sans ambiguïté, voici bientôt deux mille ans, par l’un des grands diseurs de LA Vérité éternelle.

 

Toutefois, vos propos moralisateurs envers les Autres témoignent que cette fable est toujours aussi vivace à notre époque, et il en ira toujours ainsi, aussi longtemps qu’il y aura des menteurs pour colporter cette imposture, cette véritable escroquerie intellectuelle planétaire – sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire en établissant sans conteste l’ « absoluité », le caractère absolu, des valeurs morales de bien et mal !

 

QUI êtes-vous, d’ailleurs, vous les « vertueux », pour décréter le Bien et le Mal absolus sur Terre ? ! QUI vous a fait juge des bons et des mauvais, des gentils et des méchants, des « vertueux » et des « salauds », hormis votre ignorance, votre partialité, votre hypocrisie et votre refus généralisé de débattre, ainsi que l’atteste le document joint ? !

 

Dans l’attente de toute démonstration contraire depuis plus de dix ans, après des centaines de lettres adressées à une centaine de soi-disant « élites » dénoncées ci-après, et ce tous milieux confondus [Médias, personnel politique de tous bords, représentants de l’intelligentsia (prétendus intellectuels ou pseudo-philosophes), et associations moralisatrices à sens unique, adeptes du « deux poids, deux mesures »], j’affirme et réaffirme que, non seulement il n’y a pas de Morale universelle, hors l’inobservation réellement universelle de son catéchisme prétendument planétaire, mais qu’il n’y a pas davantage de morale « absolue », c’est-à-dire fondée véritablement sur l’ « Idéal en soi », puisque celui-ci nous demeure à jamais inconnaissable jusqu’à la fin des temps.

 

Assurément, l’Esprit véritable, qui n’est pas à confondre avec le Saint-Esprit religieux superstitieux, à la fois absolu, éternel, parfait, infini et immuable nous inspire notre monde ainsi que l’infinité de nos concepts pensés. Cependant, si nous les élevons fictivement au rang d’Idéal, ils n’en sont pas moins seulement les pâles reflets de l’ « Idéal en soi » dans nos conceptions idéalisées de toutes sortes : liberté idéale, démocratie parfaite, égalité absolue, paix éternelle, entre autres – autant de chimères, de mensonges et de « croyances au miracle » que les vertueux « faux-culs » n’ont de cesse de colporter pour leur plus grand profit, comme le récent scrutin régional vient de le confirmer, tant il est vrai que promettre la lune, ou l’ « ordre juste », voire un « climat sur mesure » pour l’éternité, est toujours très « juteux », ainsi que l’a aussi illustré la dernière élection présidentielle avec sa promesse de « justice idéale » sur Terre ! Quelle chance ils ont, tous ces faiseurs d’opinion d’aujourd’hui, d’hier et de demain, que les humains, y compris eux-mêmes, soient davantage portés par nature à « croire » aux miracles qu’à penser « véritablement » ! ! !

 

J’ajoute à ces arguments que la superstition moraliste ou moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des Autres au nom de LA Morale : LAQUELLE ? !] se fonde également sur la fiction d’un soi-disant « libre arbitre », sur une prétendue libre volonté échappant par miracle au déterminisme infini du mouvement perpétuel de notre monde et de l’incessante transformation des choses qui le constituent. Ainsi cet illusoire libre arbitre est-il censé permettre, non seulement de pouvoir - à notre discrétion ! -, à condition seulement de le vouloir, mais il nous rendrait également libre de choisir - à coup sûr ! - entre le Bien et le Mal en toutes circonstances évidemment, fut-ce en cas d’impérieuse nécessité (danger de mort, par exemple). Or ce prétendu libre choix entre bien et mal est d’autant plus « absurde » qu’il n’y a ni Bien ni Mal absolument absolus, et il reste donc fictif - mais il n’est interdit ni à vous-même ni à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire !

 

En matière de « moralisme à deux balles » », votre division artificielle des humains en bons et en mauvais ne résiste pas à l’examen de la réalité, puisque, en raison même de notre égoïsme inné, il n’y a pas, et il n’y aura jamais, d’individus ni de groupes d’individus, « TOUS » critères d’appartenance confondus, réellement irréprochables. Face à l’Idéal, en effet, chacun (groupes et individus) est forcément coupable, coupable de crime de lèse-Idéal, notamment en matière de Vérité, mais aussi de « discrimination », votre cheval de bataille - sauf à regarder la marche du monde avec des œillères comme vous !

 

Forcément, en réduisant la discrimination, par un tour de passe-passe, au seul critère ethnique, vous oubliez sciemment les multiples autres formes de discrimination tenant à nombre d’autres critères discriminants (sexe, âge, pratiques sexuelles, opinions politiques, religieuses, etc., maladie, fonction, statut social, etc., etc.), bien qu’ils n’en soient pas moindres pour ceux qui en sont victimes. Vous faut-il, de surcroît, que je passe en revue la discrimination sexiste, et  même carrément raciste, à l’œuvre sur le continent africain et en terre d’islam en général, d’où provient précisément une large fraction des donneurs de leçons d’aujourd’hui, ainsi que l’illustrent la charia dans des pratiques sexistes, la pendaison d’homosexuels témoignage flagrant d’homophobie, ainsi que le massacre d’albinos encore aujourd’hui, sans oublier le génocide rwandais et les derniers massacres tribaux au Kenya, qui suffisent à témoigner d’un racisme stricto sensu à l’état pur, sans oublier la survivance de l’esclavage au XXIe siècle, dont les « vertueux » d’ici se servent pourtant afin de faire culpabiliser la France et les Français au nom d’un passé révolu. Mais c’est tellement « juteux » de jouer les victimes innocentes, à titre individuel ou collectif, puisque toutes les bonnes âmes bienpensantes du jour volent à leur secours en parlant de « stigmatisation » d’individus et de groupes d’individus, pourtant en rien moins irréprochables que les six milliards et quelques humains d’aujourd’hui !

 

Alors, arrêtez de mentir et de manipuler l’opinion sur fondement d’absolutisation fictive du relatif », à savoir votre moralisme « à géométrie variable » au prétexte de stigmatisation ! C’est pourtant ce que vous n’avez de cesse de faire en la matière, puisque vous croyez, ou faites croire - stupidement ! - que les uns seraient racistes, et d’autres non – or, par quel miracle de la Nature en leur faveur échapperaient-ils à leur égoïsme naturel, précisément ? ! Ainsi, ne serait-ce qu’en matière de moralisme, notre époque prouve abondamment sa « débilité intellectuelle », du seul fait que des individus ou des groupes d’individus, en rien moins irréprochables que les Autres, viennent pourtant leur donner des leçons de morale, et c’est pourquoi elle n’en demeurera pas moins tout aussi obscurantiste que toutes celles qui l’ont précédée – le « deux poids, deux mesures » n’est, en effet, et ne sera jamais l’étalon de LA Vérité !

 

Et si vous croyez mieux vous en tirer avec vos croyances idéologiques superstitieuses promettant aux naïfs de transposer l’Idéal dans le quotidien - DEMAIN, toujours DEMAIN et seulement DEMAIN ! -, vous leur mentez tout autant, en les laissant de surcroît « cocus et frustrés » jusqu’à leur dernier jour - sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire ! J’ai dit « démontrer », pas « croire » ! ! !

 

Pour en finir avec le penser superstitieux, il en va de même de vos accusations d’ « islamophobie », où vous confondez la légitime critique d’idées avec des attaques personnelles, et ainsi vos condamnations moralisatrices en la matière sont-elles uniquement fondées sur les mensonges et les « croyances au miracle » de la superstition religieuse, toutes religions confondues – donc, y compris la superstition musulmane dénoncée par Spinoza en son temps, et au nôtre par Claude Lévi-Strauss sans aucune ambiguïté !

 

Sans entrer ici dans l’analyse de la diversité des dogmes religieux, dont la multiplicité suffit à établir qu’aucun d’eux ne saurait exprimer LA Vérité absolue, puisque, si deux soi-disant vérités coexistent, aucune d’elles ne saurait être absolument vraie, il n’a pas dû vous échapper qu’un Dieu revisitant sa copie, au fil des siècles et des millénaires, pour apporter aux uns, un jour, son message de vérité, puis un message différent le lendemain aux autres, et enfin un tout autre le surlendemain, témoigne que ce « Dieu trois en un », changeant sans cesse son discours, n’a aucune réalité absolue, mais ceci ne vous empêche pas de condamner moralement sur cette fiction, ce « non-être » - il ne vous est pas interdit, toutefois, de démontrer le contraire !

 

Ainsi, consciemment ou non, à travers vos accusations d’ « islamophobie », vous en venez même à cautionner implicitement des pratiques d’un autre âge (charia, fatwa et djihad, entre autres) pourtant en totale opposition avec le catéchisme prétendument universel en matière de liberté et d’égalité notamment. Or, jusqu’à preuve du contraire, les contradictions ne sont pas pour la Raison le meilleur gage de Vérité éternelle absolue, et ce, même si l’islam, destinataire à ce jour de la toute dernière mouture d’un message divin peaufiné au fil des siècles et des millénaires, soit tenté d’affirmer à ce titre son hégémonie sur les autres modes d’expression de la superstition religieuse en matière de vérité – d’où ma question : à quand le retour du message new look d’un Dieu qui change souvent d’avis ? !

 

En conclusion, comme je pense avoir établi, dans l’ensemble de ce courrier, les incohérences du penser superstitieux dans ses divers modes d’expression, il ne vous reste plus qu’à réfuter les points très précis de désaccord, en soulevant vos éventuelles objections de fond et surtout en avançant vos arguments contraires intellectuellement et philosophiquement étayés.

 

Ainsi, en matière de scientisme, vous pourrez peut-être essayer de répondre à la question ci-après posée au GIEC par courrier recommandé avec accusé de réception, mais toujours sans réponse à ce jour, et dont ont été informés en leur temps Barack Obama, Ban Ki-moon, José-Manuel Barroso et Nicolas Sarkozy, sans oublier les leaders des grandes associations écologistes qui manipulent l’opinion, à savoir Nicolas Hulot, Daniel Cohn-Bendit, Corinne Lepage et Cécile Duflot, notamment :

 

« In an universe, which is perpetually in movement, and where EVERYTHING is in a constant movement, that is the UNIQUE cause of the unceasing transformation of all the things of our world, human beings included, HOW would-it be possible to definitively stabilize anything, and thus to establish on the planet a custom-made climate for the eternity, excepted by stopping this movement itself, precisely ? »

 

Pour dénoncer le penser superstitieux des religions, il suffirait de refaire publiquement le procès de Spinoza sur le fond, à savoir sur sa pensée véritablement philosophique, et vous êtes suffisamment introduit dans le milieu télévisuel pour y parvenir, même si cette proposition soumise au quotidien Le Monde et à l’hebdomadaire Marianne reste à ce jour lettre morte – à défaut de réponse contraire argumentée sur le fond, j’affirme que vous continuerez à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde, tout en faisant croire en vos paroles de soi-disant « vérité » permettant de juger et de condamner moralement les Autres – mais il ne vous est pas interdit de démontrer le contraire !

 

Dans cette éventualité sur laquelle je ne me fais aucune illusion, au vu du silence et du refus de débattre de tous les « menteurs » dénoncés jusqu’ici, je vous remercie de votre attention et vous prie d’agrée, Monsieur, mes salutations distinguées.

                                                 

Annexe : Texte, Mensonges et lâcheté des élites

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                               

Publié dans COURRIER "Médias"

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