« Copenhague : chronique d’un "échec" annoncé »

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 18 janvier 2010


Objet :

« Copenhague : chronique d’un "échec" annoncé »


Monsieur Nicolas Sarkozy

Palais de l'Elysée

55, rue du Faubourg Saint-Honoré

75008 Paris


[A l'attention de François Fillon, Jean-Louis Borloo, Nathalie Kosciusko-Morizet, Henri Guaino et Claude Guéant]


Monsieur,


L’échec unanimement reconnu du récent sommet de Copenhague, sauf à trouver un seul accord enthousiaste parmi les dirigeants présents, les commentateurs et les associations écologistes nationales concernées (Fondation Nicolas Hulot, les Verts et Europe écologie, notamment), me donne l’occasion de vous rappeler mon courrier antérieur, toujours sans réponse sur le fond à ce jour.


Dans mes lettres des 18 septembre 2008 et 12 novembre dernier adressées à l’Élysée en envoi recommandé avec accusé de réception, mais dont seuls les récépissés postaux tiennent lieu à ce jour d’argumentation contraire étayée, j’avais pourtant dénoncé, entre autre, la prétention de la superstition scientiste contemporaine d’établir « à terme » sur la planète un climat sur mesure pour l’éternité, faisant ainsi de notre époque une période tout aussi obscurantiste, sinon plus, que toutes celles qui l’ont précédée dans leurs croyances superstitieuses religieuses, métaphysiques (matérialistes et idéalistes), idéologiques et moralistes, car nos aïeux, au moins, ne se faisaient pas fort de maîtriser « à leur guise » les forces de la Nature - pour l’éternité, de surcroît !


A cet effet, j’avais évoqué deux catégories d’arguments. La première tenait à la réalité indiscutable de notre nature humaine caractérisée par son égoïsme inné, auquel personne n’échappe, ni vous ni moi et pas davantage un seul des milliards, voire dizaines de milliards, d’êtres humains d’aujourd’hui et de demain, dès que leurs intérêts individuels ou collectifs sont en jeu dans leurs affaires d’amour, d’argent et de gloire ou honneur-vanité, ainsi que très amplement précisé par ailleurs La deuxième se fondait sur la réalité également incontestable de notre monde humain, notre univers, dans lequel TOUT est en perpétuel mouvement, ce qui suffit à invalider à jamais la prétention scientiste d’aujourd’hui de pouvoir y stabiliser quoi que ce soit, à commencer par le climat et ses incessantes variations.


En conséquence, aussi longtemps que personne n’aura soulevé d’objections contraires, et a fortiori exposé des arguments intellectuellement et philosophiquement étayés pour établir la fausseté de mon argumentation sur des points très précis de désaccord, J’ACCUSE l’époque et ses faiseurs d’opinion médiatisés de continuer à colporter sciemment mensonges et « croyances au miracle » sur fondement superstitieux - sauf à eux-mêmes ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire !

 

Et si je m’estime légitimé à parler de « chronique » d’un échec annoncé, c’est précisément parce que j’avais fait part, preuves matérielles à l’appui, de ma prédiction argumentée, non seulement à vous-même, mais à quasiment toutes les soi-disant « élites » nationales, tous milieux confondus [Médias, responsables politiques de tous bords, intelligentsia (prétendus intellectuels ou pseudo-philosophes) et associations écologistes], ainsi qu’à des élites internationales reconnues, parmi lesquelles le GIEC, Barack Obama, Ban Ki-moon et José-Manuel Barroso. Aucune d’elles n’a pourtant eu à ce jour le courage intellectuel d’avancer ses arguments contraires en réponse à mon affirmation sur l’impossibilité de stabiliser quoi que ce soit dans notre univers en perpétuel mouvement, alors que ce dernier est précisément la cause fondamentale de l’incessant changement de toutes les choses constituant notre monde, à commencer par nous les êtres humains.


En tout cas, ce n’est pas la réponse « langue de bois » du porte-parole du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui apporte un quelconque démenti à mes deux catégories d’arguments. Et pour ce qui est de la première, le sommet de Copenhague a fourni, au-delà de mes espérances, la preuve que les humains, Etats, groupes et individus, sont à jamais incapables d’agir unanimement, tant leurs intérêts égoïstes s’opposent, fut-ce même lorsqu’il s’agit prétendument de sauver la planète d’un cataclysme suprême qui la menacerait, comme le confirme votre propos alarmiste : « Nous sommes la dernière génération à pouvoir faire quelque chose avant la catastrophe. », tandis que Yan-Arthus Bertrand déclarait, en juillet 2008, dans le magazine féminin Femme actuelle : « Il nous reste dix ans pour sauver la planète. » - au train où vont les choses, nous ne tarderons pas à être fixés une fois pour toute sur l’incapacité définitive des humains à réaliser le miracle espéré !


C’est pourquoi je dénonce notamment, au premier chef, Nicolas Hulot, Daniel Cohn-Bendit, Cécile Duflot et Corinne Lepage, porte-parole officiels des mensonges et des « croyances au miracle » de l’écologisme contemporain, puisque j’attends toujours leur moindre argumentation contraire à mes divers courriers établissant leurs propos chimériques superstitieux, mais également Jean-Louis Borloo pour son silence et son refus de débattre suite à ma lettre recommandée avec accusé de réception du 20 janvier dernier, dont le récépissé postal fait également office d’argument contraire, sans oublier sa récente affirmation gratuite selon laquelle « Copenhague ne serait que la première étape ». Il oublie sûrement les précédentes, Johannesburg et Kyoto en l’occurrence, qui n’avaient guère fait avancer le « schmilblick » climatique, tout comme il en ira des futurs sommets tout aussi voués à l’échec « jusqu’à la fin des temps » - l’avantage de LA Vérité éternelle est précisément d’avoir l’éternité devant elle pour établir les mensonges et les « croyances au miracle » de toutes les époques passées, présentes et à venir !


La chance des « politiques », toutefois, c’est que les humains, dans leur quasi-totalité, sont davantage portés par nature à « croire au miracle » qu’à penser vraiment, à réfléchir tout simplement, mais elle réside aussi dans leur grande facilité d’oubli, comme il en allait déjà du scepticisme exprimé par Françoise Giroud, constatant, après le sommet de Johannesburg, que les scientifiques d’alors, qui disposaient pourtant des mêmes connaissances, en tiraient néanmoins des conclusions diamétralement opposées. C’est pourquoi les fallacieuses promesses de toutes sortes continuent à faire florès, tant est grande chez les humains la « croyance au miracle » de parvenir à transposer l’Idéal dans le quotidien : DEMAIN, toujours DEMAIN, et seulement DEMAIN, à la saint Glinglin, qu’il s’agisse de la société idéale à venir, ou de la maîtrise du climat !


Pour ce qui est de mon argument fondamental, qui faisait l’objet de ma question sans réponse à ma lettre du 22 octobre dernier adressée au GIEC en envoi recommandé avec accusé de réception, et intitulée, « I ACCUSE : Enough lies and manipulation of the world’s opinion ! », il ne vous est pas interdit de le réfuter, en répondant de façon argumentée contraire à cette seule question précise :


« In a universe, which is perpetually in movement, and where EVERYTHING is in a constant movement, which is the SOLE cause of the unceasing transformations of all the things of our world, human beings included, HOW would-it be possible to definitively stabilize anything whatsoever, and thus establish on the planet a custom-made climate for all eternity, except, precisely, by stopping all this movement itself ? »


De surcroît, il ne vous est pas interdit de faire appel à toutes les têtes pensantes de l’hexagone, mais jusqu’à preuve du contraire, même Claude Allègre, opposant notoire à la chimère climatique, n’a pas daigné, ou osé, affronter LA Vérité : celle qui suffit à invalider toutes les opinions relatives de notre monde, notamment scientistes, dans leur prétention à exprimer l’absolu, réalité ou Vérité absolue, même si je lui reconnais la justesse de son propos : « La vérité officielle scientifique, ça n’existe pas». Et ce à juste titre, puisque les théories et les hypothèses de la science sont à jamais relatives, autrement dit sans cesse sujettes à des remises en question au fil des siècles et des millénaires à venir - sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, d’établir le contraire au vu de l’évolution du savoir scientifique des époques antérieures !


La constance de la « relativité » de notre pensé humain, à savoir le contenu pensé dans et sur (à propos de) notre monde, me conduit à vous rappeler que j’avais également dénoncé les autres modes d’expression du penser superstitieux dans ma lettre du 18 septembre 2008, et en particulier la superstition religieuse en un temps où les « censeurs autoproclamés » de l’époque volent à son secours sans avoir le courage intellectuel de relever le défi que je leur lance, à savoir refaire publiquement le procès de Spinoza sur le fond, à savoir sur sa pensée véritablement philosophique, puisque établie, contrairement à la religion - toutes les religions sans exception (monothéistes ou non), donc aussi l’islam ! - sur l’absolu UN, Unique.


« Deux » absolus qui coexisteraient, en effet, c’est une impossibilité absolue par définition, comme je suis tout disposé à le démontrer à quiconque, et en particulier aux « philosopheurs » de l’époque, Bernard-Henri Lévy au premier rang. Non seulement ils cumulent toutes les croyances superstitieuses de notre monde, mais ils en tirent profit pour donner des leçons de morale aux Autres, fut-ce en matière de catéchisme religieux ou droit-de-l’hommiste censé exprimer l’absolu, LA Vérité absolue - mais fictivement, seulement mensongèrement, sauf à Bernard-Henri Lévy, évidemment, de démontrer le contraire en répondant à mes accusations sans ambiguïté exposées dans une vingtaine de lettres toujours sans réponse à ce jour !


Et c’est ainsi que notre époque obscurantiste, qui colporte sciemment mensonges et « croyances au miracle », se permet pourtant de parler de stigmatisation de la superstition musulmane dénoncée en son temps par Spinoza, et au nôtre par Claude-Lévi Strauss, sans oublier les propos de Charles de Gaulle récusant la place de l’islam en France pour une cohabitation sans problèmes. Tous les censeurs autoproclamé oublient qu’au XXIe siècle, en France, dans une république laïque, certains se sont autorisés, au nom de l’islam, à lancer une fatwa contre un intellectuel, professeur de philosophie de surcroît, donc théoriquement légitimé à dénoncer la religion, islam compris, en tant que mode d’expression du penser superstitieux, puisque religion et véritable philosophie sont totalement incompatibles – sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire !

A SUIVRE...

Publié dans COURRIER "Politiques"

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