CGT, J'ACCUSE ! [FIN]

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 31 octobre 2010

                                                            

Objet :

CGT, J’ACCUSE : « Réforme des retraites, justice, liberté, démocratie et intérêt général versus égoïsme,  dévoiement du droit de grève, escroquerie et débilité intellectuelles ! »

 

Monsieur Bernard Thibault

Secrétaire général

CGT
263, rue de Paris
93 516 Montreuil cedex
Fax : 01 48 18 84 60

 

[A l’attention de vos utopistes compères populistes et « démagos » de la CFDT, FO, FSU, SUD, UNSA, etc.] 

 

Monsieur,

 

Même si j’attends en vain, depuis des années, votre éventuelle réponse contradictoire, intellectuellement et philosophiquement étayée, à mes lettres des 12 juin 2003 et 20 juillet 2007 faisant suite respectivement à vos entretiens accordés à L’Humanité et à Libération, ainsi que l’argumentation contraire de Maryse Dumas à celle du 11 septembre 2007, je ne peux laisser passer sans réagir, encore aujourd’hui, votre intention manifeste commune de continuer à colporter des contre-vérités, faute d’avoir l’honnêteté et le courage intellectuels de débattre sur le fond.

 

Forcément, quand on monologue sur la seule base de ses arguments partisans intéressés, on a toujours raison, ce qui est très pratique pour continuer à orienter et à tromper une opinion plus prompte à « croire » - aux miracles ! - qu’à penser vraiment, comme je l’avais déjà amplement établi dans le courrier mentionné. Toutefois, compte tenu de l’abondante correspondance antérieure toujours sans réponse, mais encore à votre disposition, j’espère qu’il ne vous viendra pas à l’esprit l’idée saugrenue de m’accuser de « monologuer » - en revanche, il ne vous est pas interdit de démontrer la justesse de vos éventuels arguments face aux miens ! ! !

 

Pour mémoire, dans la correspondance évoquée, je dénonçais déjà vos mensonges et vos « croyances au miracle », notamment idéologiques, ainsi que vos condamnations moralisatrices partisanes sur lesquels vous vous fondez pour manipuler l’opinion - sans toutefois polémiquer ici sur des décomptes statistiques farfelus, contredits par des comptages d’agences indépendantes les ramenant à de plus exactes proportions, qui ne font pas défiler le quart de la population d’une ville comme Toulouse, par exemple. De toute façon, en la matière, ni les uns ni les autres ne peuvent prouver l’exactitude absolue de leurs chiffres, et la moindre honnêteté intellectuelle voudrait de ne pas baser vos actions sur des données contestables, qui abusent l’opinion, tout en favorisant vos propres intérêts !  

 

Pour argumenter sur le fond en matière de justice et de liberté, vos chevaux de bataille favoris, j’aurais pu me contenter de faire un copier-coller de mes lettres précédentes, sans changer une virgule, car tout  y était déjà exposé, hormis peut-être votre antisarkozysme de façade qui a largement suffi à regonfler vos troupes bien au-delà de la réforme des retraites - fut-ce sur un repas au Fouquet’s : vous avez dit mesquin ou « mauvais perdant » ! Il vous reste donc toujours à avancer vos arguments contraires, sauf à vouloir continuer à prospérer sur les mensonges éternels du monde, puisque tout aussi réels aujourd’hui qu’hier - et demain ! -, du seul fait de se fonder sur l’Idéa,l avec l’absurde prétention de transposer l’Idéal dans le quotidien : DEMAIN, toujours DEMAIN et seulement DEMAIN - comme les siècles et les millénaires passés et futurs n’auront de cesse de le confirmer !

 

Et cette absurdité d’ « ordre juste » idéal évidemment, entre autres formules mensongères, est la source de fallacieuses promesses de réformes idéales, les vôtres, en invoquant l’injustice de celles proposées par d’autres, en l’occurrence un pouvoir démocratiquement sorti des urnes. Pour en donner la preuve, il me suffit de rappeler les mesures prises en la matière par d’autres États de l’Union européenne relevant aussi l’âge du départ en retraite, parmi lesquels celui du socialiste José-Luis Zapatero – vous avez dit « contradiction » ? !

 

Pour ce qui est de la soi-disant justice, ou égalité, sans cesse évoquée, vous êtes particulièrement malvenus pour en parler, quand certains profitent largement des injustices des régimes spéciaux de retraite et de celui des fonctionnaires, voire la situation privilégiée des « bloqueurs » du jour quant à la durée de travail hebdomadaire, le nombre de jours de congé annuels et le montant des rémunérations mensuelles (primes comprises) - sauf à venir pleurer sur le sort des conducteurs de TGV, et des grutiers du port de Marseille manifestant, entre autre, pour ramener leur durée hebdomadaire de travail de 18 à 12 heures – vous avez dit « égalité » ? !

 

Quant à la liberté en la circonstance, elle ressemble à celle qui régnait dans l’ex-URSS, avec son interdiction de circuler librement, et pourtant combien d’entre vous ont soutenu et perçu de subsides de ce régime dictatorial d’un parti communiste, dont vous êtes toujours une courroie de transmission, du seul fait de confondre action syndicale et action politique, comme le manifeste, par exemple, la récente déclaration de Nadine Prigent de la CGT, appelant à la « non-promulgation » de la loi sur la réforme des retraites – vous avez dit « démocratie » ? ! Avec vous, ce serait plutôt le coup d’État permanent jusqu’à ce que l’Idéal, celui de vos intérêts égoïstes et partisans, daigne descendre sur Terre – à la saint Glinglin assurément ! ! !

 

Et là-dessus vous venez nous parler de l’ « intérêt général », cette fumisterie qui voudrait que les riches et les pauvres, entre autre, aient des intérêts communs, lesquels, de surcroît, relèveraient de l’égalité absolue - tant qu’à y être ! ! ! A ce compte-là, vous auriez pu avoir au moins la décence, au vu de la réforme proposée pour les uns, à savoir l’immense majorité, d’accepter aussi un allongement de deux ans pour les « privilégiés » de la retraite à 50 ans, avec assurance de ne pas perdre son emploi entre-temps !

 

Bien au contraire, vous avez prouvé, lors du dernier combat pour maintenir vos privilèges acquis, que, s’il y a assurément des « conservateurs » de droite accrochés à leurs biens, il y a tout aussi sûrement des conservateurs de gauche arc-boutés sur leurs « droits acquis » - et ce, dans un monde où tout est en perpétuel mouvement, donc où tout change sans cesse, y compris sur le plan économique et financier. Et c’est pourquoi, comme disait l’autre : « Vous n’y voyez pas plus loin que le bout de votre nez » - alors dans cinquante ans (cf. les lycéens), vous pensez ! ! !

 

De tout ce qui précède, vous ne pourrez pas nier la réalité de votre « égoïsme » inné, auquel personne n’échappe, ni vous, ni « moi », et pas davantage les six milliards et quelques humains d’aujourd’hui, mais aussi, par nature, les neuf milliards de demain et tous ceux qui viendront par la suite – fut-ce dans des millénaires ! Il ne vous est pas interdit toutefois  d’établir, voire de démontrer, le contraire de mon affirmation ! ! !

 

Pou vous y aider, je fais un copier-coller du passage de ma lettre du 20 juillet 2007 sur l’égoïsme humain, dans lequel j’avais écrit :

 

« Pour le rappeler brièvement, il faut entendre par « égoïsme », dans son acception correcte débarrassée de la connotation moralisatrice de bien ou mal, seulement le désir premier, inné, de tout individu de vivre le plus longtemps et le mieux possible en se gratifiant autant que faire se peut - chacun à sa manière dans sa sphère spatio-temporelle d’existence - par la recherche constante de ce qui favorise ses intérêts de toutes sortes dans ses affaires d’amour, de possession de biens et de personnes (d’où l’importance de l’argent comme moyen d’échange) et de gloire ou honneur-vanité, notoriété, célébrité, etc.

 

Vous n’y échappez pas plus que quiconque, même pas dans votre prétention de passer pour un altruiste et d’agir – certes, en parole seulement ! - pour un soi-disant « intérêt général » dont j’attends que quelqu’un me démontre qu’il correspondrait à l’intérêt de tous, en faisant disparaître ipso facto et « miraculeusement » tous les conflits d’intérêts, comme vos prises en otage de millions d’usagers suffisent à le confirmer - mais il y a tant d’autres exemples concrets montrant le décalage entres vos paroles et vos actes, tout comme il en va pour les « vertueux » et autres censeurs autoproclamés de la planète de gauche !

 

Compte tenu de notre égoïsme humain - cause essentielle de l’échec de ta théorie marxiste dans son application communiste -, vos croyances superstitieuses de parvenir à l’avènement d’un monde « parfait » avec des humains « imparfaits » - DEMAIN, toujours DEMAIN, seulement DEMAIN, hélas ! – s’avèrent être une « aberration intellectuelle et philosophique » mensongère, comme cela peut être démontré. Cette fallacieuse promesse ne consiste ni plus ni moins, en effet, qu’à se croire en mesure de transposer l’Idéal dans le quotidien : vous avez dit « RAISON »..? !

RIEN n’est en mesure, en effet, de faire de l’homme, tel qu’il est, l’homme tel qu’il devrait être pour concrétiser ses chimères : aucune idéologie, aucun moralisme, aucune pédagogie, aucune révolution, aucune Église, aucun devoir de mémoire (Shoah comprise), aucun homme providentiel, aucun Messie nouveau, aucun type d’organisation sociale (sinon, pourquoi attendre ?), aucune Culture même mondialisée, pas plus que l’addition de lois à des lois, de textes internationaux à des textes internationaux, la réforme de l’ONU, de l’OMC ou tout autre changement institutionnel, une Europe fédérale ou non, dotée ou non d'un Traité constitutionnel, ni une hypothétique gouvernance mondiale, ni la 6ème République des uns et des autres – quelle incidence, d’ailleurs, sur la marche du monde..? ! -, ni la soi-disant capacité des femmes à « faire bouger les choses » – en leur faveur, certes ! -, pas plus la prévention que la répression, ni quoi que ce soit d’autre, ne feront du rêve d’aujourd’hui la réalité de demain. La Culture sous toutes ses formes est à jamais impuissante contre notre nature, sans un « miracle » de la Nature contredit d’avance par ce propos de Camus : « La souffrance et la révolte s’éteindront avec le dernier homme »

A se demander pourquoi l’être humain se complait tellement à être, et surtout à vouloir demeurer, « naïf, cocu et frustré » jusqu’à son dernier jour ? Outre que cela ne témoigne pas d’une grande profondeur de réflexion, la seule explication est que les humains sont davantage portés par nature à « croire » qu’à penser vraiment jusqu’au terme ultime de notre penser. L’être humain préfère – par paresse intellectuelle, ignorance, déraison, intérêt ou autre ? ! - imiter les faux prophètes et ressasser leurs paroles plutôt que réfléchir vraiment sur l’exacte réalité du monde ! C’est pourquoi ils sont encore des milliards d’humains à croire aux propos mensongers des « charlatans » qui exploitent une crédulité confinant au mieux à la naïveté, au pire à l’insuffisance intellectuelle..! [Fin de citation]

 

Je pense avoir ainsi établi la débilité et l’escroquerie intellectuelles, dénoncées dans l’objet de ce courrier, d’une époque qui n’est pas moins obscurantiste que toutes celles qui l’ont précédée, du seul fait de continuer à fonctionner sur les mensonges et les « croyances au miracle » du penser superstitieux, lequel prend, et fait passer, pour Vérité absolue le contenu seulement relatif de notre entendement pratique – celui qui nous sert à vivre et à nous orienter dans notre monde des choses. Et c’est ainsi que l’humanité du XXIème siècle en est même arrivée à son absurde prétention de croire pouvoir réguler le climat de la planète, à sa convenance, pour l’éternité – vous avez dit « obscurantiste » ? ! Que le GIEC, Barack Obama, Ban Ki-Moon, José-Manuel Barroso, Nicolas Sarkozy, Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit, entre autres soi-élites dénoncées, démontrent la fausseté de mon ample argumentation et répondent à ma question fondamentale ! ! !

 

Certes, il en va de même du catéchisme soi-disant universel, ou Déclaration des droits de l’homme de1948, qui sert davantage aux « vertueux bien-pensants » à utiliser la morale comme une arme contre ceux qui contrarient leurs intérêts égoïstes qu’à parvenir à sa réelle observation universelle, bafouée partout et sans cesse – sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire au vu du devenir du monde depuis sa promulgation !

 

J’en viens au dévoiement du droit de grève, devenu tout à fait légitime, mais sorti abusivement de son contexte initial. Dans ce cadre, si sa légitimation antérieure visait à gêner, à contrecarrer, l‘action omnipotente du chef d’entreprise, il ne causait du tort qu’aux patrons et autres chefs d’entreprise. Il n’entendait pas porter atteinte à la liberté de travailler, de circuler, etc. de tous ceux qui n’en peuvent mais, et qui sont ainsi pris en otage par des irresponsables – aussi longtemps, du moins, que ceux-ci refuseront le débat de fond proposé, et a fortiori n’auront pas démontré la fausseté de mes affirmations sur des points précis de désaccord, qui ne sauraient être des détails mineurs !

 

En conclusion, au vu de la pagaille - c’est un euphémisme ! -, que vous avez créée, et des centaines de millions, voire des milliards, d’euros perdus par l’économie française en période de crise, ayez au moins la décence de ne pas vous faire passer pour des altruistes qui œuvrent pour le bien de tous. Vous êtes simplement des égoïstes comme tous les autres humains, et le seul détail suivant suffit à l’établir, à savoir « l’accès au carré » lors des manifestations, ainsi que l’a fait savoir l’émission « Quartier général » diffusée par la chaîne Direct 8 le 25 courant. Si le grand public ignore de quoi il s’agit, tous les leaders syndicaux savent très bien ce que je veux dire, et aucun d’entre eux n’est en mesure de démentir cette preuve irréfutable de votre égoïsme avéré.

 

Vous aimez les gens, paraît-il, alors que vous « pourrissez » leur vie quotidienne, vous les obligez à « galérer », en véritables dictateurs vous leur imposez toutes sortes de désagréments, voire des sacrifices financiers et autres sources journalières d’inquiétude pratique et matérielle. Nombre d’entre eux sont pauvres, les Rmistes et les smicards tout au moins, ils connaissent des difficultés constantes, et vous en rajoutez, car, au bout du compte, qu’auront-ils gagné dans vos prises en otage de la population ? Et ce, tout en vous refusant obstinément à débattre des mensonges du monde sur lesquels vous prospérez grassement au même titre que les journalistes, intellectuels et politiciens de gauche - sauf à vous-mêmes, évidemment, de prouver le contraire par votre feuille de paie !

 

Sans ne me faire aucune illusion sur votre intention future de confronter vos croyances superstitieuses à LA Vérité absolue, à savoir un Idéal qui n’est pas de ce monde, votre silence et votre refus de débattre sur le fond n’en témoigneraient pas moins de votre intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde, donc à manipuler et à tromper l’opinion. C’est d’ailleurs ainsi que vous avez contribué à faire, en trente ans, de la France un « pays de merde » dans un monde de TARÉS », ainsi que je l’ai fait savoir au Parti socialiste et à l’essentiel de ses caciques, en envoi recommandé avec accusé de réception dont seul le récépissé postal du 19 tient lieu d’argumentation contraire à ma lettre du 15 juillet dernier, ajoutant ainsi la lâcheté à la malhonnêteté intellectuelle.

 

Toutefois, dans l’illusoire éventualité de vos objections argumentées, ce qui serait un moindre mal, je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations.

 

P J : I – Lettre du 15 juillet 2010 au Parti socialiste

         II - Mensonges et lâcheté des élites

 

[Les défauts de présentation constatés à l'arrivée, à savoir une police d’écriture différente de celle du document original, sont totalement indépendants de ma volonté]

 

 

Publié dans COURRIER "Divers"

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