« Censeur un jour, censeur toujours… »

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 12 octobre 2009

Objet :

« Censeur un jour, censeur toujours… »

 

Monsieur Benoît Hamon

Parti socialiste

10, rue de Solferino

75007 PARIS

Fax : 01 45 56 78 74

 

[A l’attention de Martine Aubry, Annick Lepetit, Arnaud Montebourg, Bertrand Delanoë, Dominique Strauss-Kahn, Elisabeth Guigou, Francis Rebsamen, François Hollande, François Patriat, Georges Frêche, Henri Emmanuelli, Jack Lang, Jean Glavany, Jean-Marc Ayrault, Jean-Marie Le Guen, Jean-Pierre Chevènement, Julien Dray, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Malek Boutih, Manuel Valls, Michel Sapin, Olivier Duhamel, Pierre Moscovici, Robert Badinter, Ségolène Royal et Vincent Peillon]

Monsieur,

 

Votre condamnation moralisatrice de Frédéric Mitterrand me donne l’occasion de vous rappeler mes lettres des 2 septembre 2007 et 19 septembre 2009 toujours sans réponse à ce jour, mais encore à votre disposition.

 

Dans ce courrier accompagné du texte, Mensonges et lâcheté des élites, j’avais notamment dénoncé votre « collaboration » active partisane à la superstition idéologique ainsi qu’à la superstition moraliste, dont vous êtes devenu le porte-parole officiel pour le compte du Parti socialiste sans avoir pour autant le courage intellectuel de débattre sur le fond, en apportant vos éventuels arguments contraires à ma condamnation sans ambiguïté des mensonges et des « croyances au miracle » du penser superstitieux, tels que déjà amplement établis.

 

Ils sont également colportés par les caciques socialistes mis en exergue ici, mais il n’est interdit ni à vous-même ni à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire, comme je l’attends, depuis des lustres, pour l’idéologie, toutes les idéologies sans exception, pour le moralisme, tous catéchismes confondus, voire pour la religion, toutes religions réunies (monothéistes ou polythéistes) et pour la métaphysique (matérialisme, ou scientisme, et idéalisme, ou spiritualisme).

 

Ces responsables socialistes ne sont d’ailleurs guère plus courageux que vous pour affronter le seul et unique véritable débat d’idées, tel que précisé antérieurement, et donc pour avancer leurs éventuelles objections, voire leurs arguments intellectuellement et philosophiquement étayés au profit de leur penser superstitieux consistant à « absolutiser le relatif », c’est-à-dire entendant introduire fictivement l’Absolu dans le relatif, ou parvenir à transposer l’Idéal dans le quotidien.

 

Toute ma correspondance passée en témoigne, au point même que l’un d’entre eux m’a contraint, en son temps, à faire signifier par huissier une lettre pourtant adressée en envoi recommandé avec accusé de réception - mais refusée à l’arrivée ! -, alors qu’il présidait SOS Racisme, un merveilleux tremplin politique, par ailleurs, pour nombre d’anciens dirigeants de cette association moralisatrice à sens unique et adepte du « deux poids, deux mesures » - et ce, quels que soient les mensonges colportés ou les « magouilles » avérées, y compris celle de subornation de témoins dans une affaire criminelle !

 

Et ce sont ces mêmes « vertueux », qui viennent ensuite donner impunément des leçons de morale aux Autres sans autre argument que le catéchisme soi-disant universel contemporain, qu’ils bafouent pourtant ici comme ailleurs. Une preuve, s’il en est, de la « débilité intellectuelle » d’une époque, où les pécheurs, à l’exemple de l’ancienne candidate socialiste à Dakar, vont faire repentance devant un continent et des peuples loin d’être réellement plus « irréprochables » que ceux qu’ils condamnent, moralement parlant – sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, d’établir le contraire ! Sinon je tiens à votre disposition un abondant catalogue d’observations à leur égard, dont Ségolène Royal peut vous parler savamment pour en avoir eu connaissance – même si j’attends toujours sa réponse à ce jour ! ! !

  

Aussi, avec un tel passif partagé assurément avec la totalité des humains égoïstes, à commencer par moi, la gauche en général et les socialistes en particulier sont-ils spécialement malvenus pour donner des leçons de morale aux Autres, mais je n’entends pas reprendre ici l’abondante argumentation déjà exposée il y a à peine plus d’un mois, laquelle n’était qu’un rappel du long courrier antérieur. Ceci en dit long néanmoins sur l’attitude des dirigeants socialistes français, tant sur le plan intellectuel et philosophique que comportemental, uniquement fondée sur les fictions du penser superstitieux, déjà précisées, qui se résument en réalité par la devise préférée de tous les hypocrites de la planète : « Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais ! »

 

Certes, au lieu de balayer devant sa porte, c’est plus « juteux », électoralement et financièrement parlant, de jeter l’opprobre sur l’Autre en choisissant, de surcroît, le moment opportun, quitte à emboîter le pas du Front national pourtant honni. Sinon, pourquoi ne pas l’avoir fait en 2005, lors de la sortie du livre de Frédéric Mitterrand vantant déjà les délices du tourisme sexuel ? ! Ceci me dispense de toute autre remarque sur une polémique, où des intérêts de toutes sortes ont prévalu sur LA Morale – comme dab ! Mais LAQUELLE, d’ailleurs, dans un monde où TOUT est relatif et RIEN n’est absolu, morale ou pas ? Et fut-ce même celle du catéchisme soi-disant universel contemporain, qui « absolutise » mensongèrement le Bien et le Mal au nom d’un Idéal « inconnaissable en soi » - sauf pour les « vertueux », évidemment !

 

Ce n’est donc sûrement pas sans raison que Jean-Luc Mélenchon vous a rangé publiquement dans le camp des « jeteurs de pierres » d’un parti qu’il a quitté sans ménagement avec des propos peu amènes sur la soi-disant « solidarité » de ses dirigeants – comme chacun peut le constater au seul vu de leurs incessantes querelles intestines pour être le chef, montrant ainsi qu’ils se soucient d’abord, entre autre, de leurs intérêts égoïstes de gloire ou honneur-vanité, nature humaine oblige ! Aussi, dans la polémique actuelle, chaque égoïste, qui se reconnaît comme tel, ne pourrait qu’absoudre le ministre de la Culture. Pour les « vertueux » censeurs autoproclamés, assurément, c’est beaucoup plus difficile de confesser son égoïsme inné, tel que déjà précisé en matière d’amour, d’argent et de gloriole ! ! !

 

Un égoïsme patent accréditant les mensonges et les « croyances au miracle » de la superstition idéologique et moraliste, si j’en juge seulement par la déclaration de Martine Aubry parlant déjà, en 2002, dans le n°1977 du nouvel Observateur, de « retrouver la gauche », mais dont chacun peut mesurer le résultat depuis lors, et bientôt trois ans après la dernière élection présidentielle, voire quelques mois après le calamiteux Congrès de Reims et la magouille électorale de la « vertueuse » Première secrétaire du Parti socialiste : loin de se retrouver, de se refonder, etc., etc., le Parti socialiste court toujours après son unité, voire celle de la gauche, où le « droitier » MoDem est venu troubler le jeu – à suivre !

 

Par chance pour les « vendeurs d’espoir », l’être humain, quoi qu’on puisse lui raconter, est davantage porté par nature, comme le dit Brunner, à « croire » (aux miracles !), à imiter et à répéter qu’à penser « vraiment », à réfléchir tout simplement. Et c’est ainsi que, depuis 1789 et nombre d’autres révolutions dans le monde, les humains attendent toujours comme sœur Anne l’avènement de l’Idéal sur Terre, bien qu’il soit définitivement renvoyé à DEMAIN, toujours DEMAIN et seulement DEMAIN – sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment d’établir le contraire !

 

Les « marchands d’illusion », toutefois, profitent même de leurs fallacieuses promesses - celle d’ordre juste planétaire, par exemple ! - pour s’arroger en même temps le « monopole de la vertu », voire l’amour du prochain, quitte à reprendre à leur compte la célèbre parole du Christ : « Aimez-vous les uns, les autres ! », alors que leurs condamnations moralisatrices se fondent seulement sur le mensonge d’une liberté et d’une égalité soi-disant absolues, ou idéales, qui peuplent leurs rêves éveillés – vous avez dit « débilité intellectuelle » ? !

 

OUI, je persiste et je signe : c’est le cas lorsque la Foi prime sur la Raison, la démonstration, et c’est pourquoi notre époque est tout aussi obscurantiste, sinon plus, que toutes celles qui l’ont précédée. Nos plus ou moins lointains descendants des siècles et des millénaires à venir ne manqueront pas d’en juger, ne serait ce que sur le plan climatique, sans oublier évidemment les promesses de liberté et d’égalité sans cesse renvoyées sine die. Ils constateront, en effet, qu’il continue à faire tantôt plus chaud, tantôt plus froid, sur la planète, mais sur cette question aussi, bien entendu, médias, politiques, intelligentsia et associations écologistes préfèrent esquiver le débat pour imposer le discours de la pensée unique dominante – certes, quand on refuse de débattre, on a au moins l’illusion d’avoir toujours raison !

 

Pour preuve de votre silence et de votre refus du débat, je vous renvoie à ma lettre du 16 dernier, intitulée « Pour information », mais toujours sans réponse à ce jour, bien que votre parti, entre autres destinataires, ne puisse nier l’avoir reçue, car mon journal des fax témoigne de son envoi. Décidément, le Parti socialiste n’échappe à aucune forme du penser superstitieux, fut-il même scientiste, mais il préfère continuer à croire, et surtout à faire croire, aux « miracles » plutôt que débattre sur le fond, et être ainsi contraint de reconnaître ses mensonges !

 

En conclusion, sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer la fausseté de mes affirmations sur des points très précis de l’ensemble du courrier récemment adressé, vous manifesteriez votre intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du penser superstitieux dans ses divers modes d’expression (idéologie, moralisme et scientisme, notamment, mais aussi religion), donc à tromper et à manipuler l’opinion.

 

Dans l’attente de vos éventuelles objections intellectuellement et philosophiquement étayées, je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

 

                                                        

Publié dans COURRIER "Politiques"

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