Bush, Chirac et Saddam...

Publié le par Sylvain Saint-Martory

                                                                       
Le 20 mai 2007
 
Objet :
J’ACCUSE :
 « Assez de mensonges et de manipulation »
 
 
Monsieur Rony Brauman
Médecins Sans Frontières
8, rue Saint Sabin
75011 Paris
Fax : 01 48 06 68 68
 
 
Monsieur,
 
 
Je ne peux laisser passer sans réagir très vivement vos récents propos tenus sur BFM, car je les considère pour le moins comme une contre-vérité et une manipulation de l’opinion.
 
En effet, au cours de cette intervention, vous avez repris le point de vue mensonger, colporté lors du déclenchement du conflit irakien et jusqu’à aujourd’hui encore, faisant supporter au seul George W. Bush l’entière responsabilité de la guerre en Irak sur la base du mensonge de la présence d’armes de destruction massive.
 
Si ce prétexte s’est avéré effectivement mensonger, il n’en est pas moins vrai que George W. Bush ne peut être tenu pour seul responsable du déclenchement du conflit en Irak, sauf précisément à dissimuler, intentionnellement ou non, l’autre face de la vérité relative des uns et des autres.
 
Avant d’en venir au fait, je tiens à souligner que tout est relatif dans notre monde humain, à savoir tout ce qui est pensé dans et sur (à propos de) notre monde. En conséquence, toute présentation partisane occultant la face de la vérité relative, qui dérange des intérêts de toutes sortes, équivaut à un mensonge au sens où cela se trouve explicité dans le document en annexe, Mensonges et lâcheté des élites.
 
Par mensonge du monde, j’entends ici celui qui consiste précisément à « absolutiser » le contenu relatif pensé, c’est-à-dire à faire passer pour « vérité absolue » toutes les vérités seulement relatives de notre monde ; et ce, afin de servir les intérêts égoïstes des uns et des autres sur la base de condamnations moralisatrices partisanes, dont les vertueux « censeurs autoproclamés » sont si friands, tout en étant ni plus ni moins irréprochables que les Autres ; toutefois, je ne développe pas ici mon argumentation contre la superstition moraliste.
 
Par « Superstition », le philosophe juif allemand Constantin Brunner (1862-1937), héritier spirituel du Bouddha et du Christ - dans leur Parole non pervertie par la superstition religieuse qui a usurpé leur nom - ainsi que de vrais philosophes du UN absolu (Platon, Giordano Bruno et Spinoza, entre autres) entend le procédé intellectuellement malhonnête « absolutisant le relatif ».
 
Celui-ci se manifeste dans la religion, toutes religions confondues – monothéistes ou non -, dans la métaphysique [Doctrine matérialiste depuis Aristote notamment, jusqu’au scientisme contemporain, positivistes inclus, et scolastique idéaliste ou spiritualisme des Descartes, Kant et consorts], dans l’idéologie, toutes les idéologies sans exception – altermondialisme inclus –, et dans le moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des « Autres », tous catéchismes réunis, et en particulier le catéchisme soi-disant universel contemporain ou Déclaration universelle des droits de l’homme, dont seule l’ « inobservation » est réellement universelle – sauf à vous d’établir le contraire à l’aune de l’actualité internationale et nationale !
 
Ainsi, à propos du déclenchement du conflit irakien, la vérité officielle partisane colportée dans le monde contre George W. Bush a omis de relayer ce que nul n’aurait dû ignorer, à savoir la « loi de libération de l’Irak » votée en 1998 sous l’ère Clinton, ainsi que les propos de leaders démocrates américains ne désavouant pas la perspective d’apporter un peu de démocratie en Irak.
 
A l’époque, en effet, dans le n°2001 du 13 mars 2003, le nouvel Observateur publiait un article de son correspondant aux Etats-Unis, intitulé « Zulu time pour George Bush », dans lequel Philippe Boulet-Gercourt écrivait :
 
 « Derrière le danger Saddam se cache une volonté de changer le régime, d'abord niée, aujourd'hui avouée. Pour être juste avec Bush, ce projet remonte à l'ère Clinton. Dès 1998, le Congrès avait voté une loi de libération de l'Irak sans ambiguïté: La politique des Etats-Unis devrait consister à soutenir les efforts visant à chasser du pouvoir le régime conduit par Saddam Hussein, et à promouvoir l'émergence d'un gouvernement démocratique pour remplacer ce régime. La loi avait été adoptée par 360 voix (dont 157 démocrates) contre 38 à la Chambre de Représentants, avant d'être votée à l'unanimité des sénateurs. » [Fin de citation]
 
Par ailleurs, dans ce même numéro de l’hebdomadaire, Norman Mailer, peu suspect d’être favorable à George W. Bush, puisque son article s’intitulait, « Bush, le cauchemar de l’Amérique », tenait les propos suivants :
 
« Certains médias libéraux, le New Yorker, le Washington Post, et une partie du New York Times sont d'accord avec Hillary Clinton, Diane Feinstein, le sénateur Joe Liebermann et le sénateur Kerry pour accepter l'idée qu'après tout nous pouvons peut-être apporter la démocratie en Irak. » [Fin de citation]
 
Pas une voix médiatisée ne s’est élevée, alors, « pour être tout à fait juste avec George W. Bush » (selon les termes de Philippe Boulet-Gercourt), et encore aujourd’hui le même mensonge - celui qui a fait descendre des millions de personnes dans d’innombrables villes du monde - perdure à travers vos propos.
 
Sans relation directe avec vos propos, je tiens à rappeler néanmoins que des centaines de milliers de personnes ont également processionné dans les rues de nos villes, entre les deux tours de l’élection présidentielle du printemps 2002, pour « faire halte au fascisme », dans le même temps où le candidat éliminé, Lionel Jospin en l’occurrence, avait l’honnêteté intellectuelle de dire : « Arrêtons de nous raconter des histoires. Nous ne sommes pas dans une situation préfasciste » [Cf. le nouvel Observateur, mai 2002, Laurent Bazin]
 
Des propos d’ailleurs confirmés après coup par Jean-François Kahn déclarant sur le plateau de « Ripostes », en juin 2002 : «  Si le Pen a été confiné, et il fallait le faire, c’est avec des procédés plus staliniens que démocratiques ».
 
Pour en terminer avec la question irakienne et les vérités relatives partisanes à ce sujet, je ne peux m’empêcher de rappeler le bombardement de la centrale nucléaire Ozirak par l’aviation israélienne pour éviter que ce cadeau du gouvernement Chirac à son « pote » Saddam Hussein ne termine en arsenal nucléaire.
 
Dire que certains « vertueux » continuent à louer le comportement de Jacques Chirac pour la non-participation de la France au conflit irakien, alors que son refus n’est qu’une nouvelle illustration du propos de François Mitterrand concernant son ami Bousquet : « Un ami reste un ami en toutes circonstances, et quoi qu’il ait fait » ! Jacques Chirac n’a donc pas lâché son « pote » Saddam, en souvenir de la visite grandiose de 1975 organisée en son honneur dans les rues de la capitale, et d’une soirée dansante au château de Bitty, propriété des Chirac.
 
En conclusion, retenez de mes propos que l’infinité des vérités relatives du monde se transforme en une infinité de mensonges, dès lors qu’est refusée la participation au seul et unique véritable débat d’idées : celui qui ne consiste pas à opposer « à l’infini » des points de vue « relatifs partisans » à d’autres, tout aussi relatifs et partisans, mais à les confronter, tous sans exception, à LA vérité éternelle absolue, telle que sommairement présentée dans le document annexé.
 
Seule LA Vérité éternelle absolue permet de mettre un terme définitif, un arrêt indépassable, à notre penser relatif ou penser du « relatif », en supprimant toute contradiction ou incohérence : le « VRAI », en effet, ne peut être « absolument » vrai, dès lors qu’il n’en est pas exempt.
 
Je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.
 
Annexe : Mensonges et lâcheté des élites
P S : Les éventuels défauts de présentation sont totalement indépendants de ma volonté !
 
 
 
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