Génétique, pédophilie et "mesquinerie"...

Publié le par Sylvain Saint-Martory

                       
La campagne présidentielle terminée - sauf pour quelques milliers de révolutionnaires attardés -, il ne me semble pas inutile d’examiner au fond la controverse qui a opposé Nicolas Sarkozy à Michel Onfray, dans la revue Philosophie Magazine.
 
Pour ceux qui n’auraient pas suivi, je rappelle que Nicolas Sarkozy a établi, dans ce bimensuel, la relation entre pédophilie et génétique en semblant faire porter la responsabilité de ce désir sexuel particulier envers les enfants sur l’inné seulement, au point qu’il serait possible de détecter à l’avance les pédophiles potentiels.
 
C’est peut-être là son unique tort, car, qui peut nier que le désir en général dans ses multiples manifestations, à savoir amour – et / ou sexe -, possession, gloire ou honneur-vanité (recherche de titres et médailles, notamment) ne relève pas d’abord de notre nature humaine avec son désir fondamental de vivre le plus longtemps et le mieux possible, en se gratifiant précisément dans ces trois expressions de notre égoïsme ?
 
Alors, le désir sexuel, quel qu’en soit l’objet (personne de sexe différent, de même sexe, envers des enfants ou des animaux, etc.) relève-t-il seulement de l‘inné, ou bien l’acquis, à travers ses multiples déterminismes culturels, joue-t-il aussi un rôle dans nos désirs de toutes sortes ?
 
Incontestablement, l’acquis a un rôle, comme suffit à l’attester l’influence des médias, ne serait-ce qu’en matière d’idéal féminin d’aujourd’hui par rapport à celui de décennies antérieures, mais cela vaut aussi en matière d’idéologie et de moralisme, sans préjuger de ce que proposeront les décennies et les siècles à venir.
 
Tous nos comportements sont donc déterminés à la fois par l’inné, notre nature humaine commune aux six milliards et quelques humains, et par l’acquis, où le milieu avec ses lois et ses pratiques spécifiques conditionne des conduites et des mœurs, différentes, de sorte que ce qui est jugé bon ici, donc autorisé, est estimé mauvais ailleurs, et par conséquent interdit.
 
Ainsi en est-il en particulier de la pédophilie, où telle législation trouve mal ce qui est accepté ailleurs, ainsi que l’atteste la différence d’âge relative au mariage, ici et là. A l’aune de notre législation, le prophète Mahomet serait un « pédophile » notoire, ainsi que nombre de citoyens de pays musulmans, dans la mesure où il est permis d’épouser une petite fille de neuf ans, à en croire ce qu’écrit Chahdortt Djavann dans son livre, Bas les voiles !
 
Pour terminer, je veux régler aussi son compte à l’inné, pas à l’inné en tant que tel, dont la réalité est incontestable, mais à ce que nous en savons aujourd’hui à l’aune de l’état actuel de la connaissance scientifique.
 
Ceci me ramène, une fois de plus, à évoquer le problème de LA Vérité, dont je maintiens qu’elle est, demeure et demeurera à jamais seulement « relative » dans notre monde humain, y compris dans le domaine de la science. L’amoncellement d’hypothèses et de théories relatives, par ailleurs souvent contradictoires, ne livrera jamais LA Vérité absolue sur tout le contenu pensé dans et sur (à propos de) notre monde, à commencer par l’existence de notre monde avec son prétendu commencement absolu superstitieux des religions, du matérialisme et de l’idéalisme.
 
En conséquence, j’accuse Michel Onfray, co-débatteur, de mensonges et de manipulation, dans la mesure où, sur des bases aussi incertaines, lui le matérialiste prononce des condamnations moralisatrices absolues sans fondement.
 
[Je suis d’autant plus légitimé à l’écrire que Michel Onfray a préféré jeter l’éponge plutôt que de répondre à mes multiples lettres, que chacun peut consulter dans la partie « Documents » du groupe Philosophie contre Superstition, tant sur MSN que sur Yahoo.
 
Michel Onfray, prétendu philosophe, a prétexté le manque de temps pour débattre de LA Vérité, ce qui suffit pour moi à le considérer comme un « philosopheur » ; et ce d’autant plus qu’il a fait sienne cette pensée de Nietzsche : « La vérité est qu’il n’y a pas de vérité » !]
 
Sans poursuivre ici un débat scientifique sur les gênes, qui ne sont rien d’autre pour la science que la « première brique » du vivant, comme l’atome est censé être celle de notre monde, je renvoie les scientifiques aux connaissances des siècles futurs en la matière, et celles-ci à leur tour aux découvertes des millénaires à venir, qui ne feront que perpétuer, indéfiniment, le « relatif » qui a cours, et aura cours, dans notre monde jusqu’à la fin des temps…
 
Outre sa précédente déclaration, dans laquelle Claude Allègre confirmait mes propos sur la relativité de la science en disant sans ambiguïté : « La vérité officielle scientifique, ça n’existe pas », il écrit dans son article, Biologie, la grande oubliée de la campagne, publié dans Le Point (n°1807 du 3 mai 2007) :
 
« On utilise les tests ADN en criminologie. En fait, cette mesure n’est devenue fiable qu’après la découverte de la technique PCR (Cf. dans Wikipédia, Réaction en chaîne par polymérase), qui permet de multiplier les brins d’ADN. Avant cela, diverses affaires judiciaires ont été « troublées » par des tests ADN douteux, comme le fameux procès de la star de football-américain O.J Simpson….
 
Ce qui est demandé aux politiques, ce n’est pas d’anticiper les progrès de la science, c’est de dire comment ils comptent aborder ces problèmes en encourageant les recherches scientifiques et médicales, mais aussi en protégeant la société contre les déviances alors que les frontières entre le « bien » et le « mal » sont si ténues. » [Fin de citation]
 
En attendant, c’est sur des bases aussi incertaines que prospèrent les « censeurs », avec leurs anathèmes absolus, auxquels je dois être bien seul à répliquer. Mais c’est tellement pratique pour « diaboliser » quelqu’un, aux yeux des ignorants « négationnistes » de LA Vérité éternelle absolue ! ! !

Publié dans BILLET DU JOUR

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