"Les Grandes Gueules" : J'ACCUSE ! [Partie I]

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 17 avril 2007
Objet :
 
J’ACCUSE :
« Assez de mensonges et de manipulation »
 
 RMC Info
 Emission « Les Grandes Gueules »
 12 rue d’Oradour sur Glane
 75015 Paris                                                           
 Fax : 01 71 19 11 90
 
 
[A l'attention de la Direction et de la Rédaction ainsi que de Jean-Jacques Bourdin, Alain Marschall, Olivier Truchot, Sophie de Menthon, Jacques Maillot, Karim Zéribi, Gaston Kelman et autres « G.G bien-pensantes »]
 
 Mesdames, Messieurs,
 
La teneur contradictoire de vos propos au cours de deux émissions successives (cf. 12 et 13 avril 2007) m’incite à vous rappeler l’abondant courrier adressé à RMC Info entre le 28 novembre 2003 et le 25 février dernier.
 
Dans ce courrier détaillé en annexe, toujours sans réponse à ce jour - mais encore à votre disposition -, je n’ai eu de cesse de porter contre vous l’accusation sans ambiguïté de colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde, tels qu’ils sont exprimés dans les diverses formes de la Superstition : religion, toutes religions confondues - monothéistes ou non - , métaphysique [Doctrine matérialiste, depuis Aristote jusqu’au scientisme contemporain, positivistes inclus, et scolastique idéaliste de Descartes, Kant et autres « philosopheurs »], idéologie, toutes les idéologies sans exception – altermondialisme compris – et moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des « Autres » au nom de LA Morale], tous catéchismes inclus, et notamment le catéchisme soi-disant universel contemporain ou Déclaration universelle des droits de l’homme, dont seule l’ « inobservation est réellement universelle – sauf à vous d’établir le contraire, à l’aune de l’actualité internationale et nationale !
 
En fait de soi-disant « Grandes gueules », vous êtes en réalité des suppôts conformistes de la Superstition sous toutes ses formes, qui n’ont pas le courage intellectuel, voire les idées nécessaires, pour dénoncer et remettre en cause les mensonges et les « croyances au miracle » du monde sur lesquels continue à fonctionner la société humaine universelle. C’est sûrement pourquoi mon courrier attend toujours une réponse…
 
Ainsi, en matière de superstition religieuse, dans sa rubrique « Le pipo de Maillot », l’intéressé, sans nullement lui contester sa liberté d’opinion et d’expression – encore moins le juger moralement, contrairement à lui envers d’autres opinions ! – devrait-il placer en tête son Dieu superstitieux avec ses contradictions et ses incohérences, qui suffisent à lui ôter toute réalité « véritable » ou absolue : le « Vrai », en effet, peut-il être « absolument vrai », dès lors qu’il comporte une seule contradiction ou la moindre opposition de fond, comme il en va pour les dogmes des trois grandes religions monothéistes..? !
 
Toutefois, comme le courrier mentionné est à votre disposition, je n’entends pas reprendre ici l’abondante argumentation, maintes fois exposée, pour dénoncer la superstition idéologique et moraliste, encore moins me lancer dans un débat philosophique exhaustif pour démontrer la fausseté de tous les dogmes religieux ainsi que du Dieu idéaliste de Descartes ou de Kant, en tout point identique à celui des religions monothéistes, à savoir un Dieu-Créateur, Yahvé, Allah ou le Dieu chrétien, opposable au « Dieu-Substance » de Spinoza.
 
Je m’en tiens ici à la superstition moraliste ou moralisme avec ses jugements moralisateurs dans lesquels les uns et les autres excellez, même dans vos contradictions dont le recensement au fil des jours s’avère mission impossible, puisque vous pratiquez à merveille l’art de penser « tout et son contraire », comme les émissions mentionnées me suffisent à l’attester.
 
Au préalable toutefois, je vous rappelle brièvement, pour la clarté du propos, le fondement commun aux divers modes d’expression de la Superstition. Celle-ci se fonde sur l’« absolutisation du relatif », aussi bien en ce qui concerne le fond que la forme, c’est-à-dire la méthode de présentation toujours partisane, puisque cette dernière occulte toujours, intentionnellement ou non, une partie de la réalité : celle qui contrarie des intérêts de toutes sortes, comme il en va notamment sur la question de l’immigration ou de l’islam, thèmes essentiels des deux émissions incriminées.
 
L’ « absolutisation du relatif », procédé intellectuellement malhonnête, consiste à faire passer sciemment pour « vérité absolue » tout ou partie du contenu « relatif » pensé dans et sur (à propos de) notre monde, et il en va ainsi précisément pour la superstition moraliste à laquelle je me cantonne ici.
 
Le moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des « Autres », au nom de LA morale] se fonde sur des fictions que je me borne à énumérer « sans argumentaire », alors que j’ai amplement développé la question dans ma lettre du 27 janvier dernier à Ségolène Royal, suite à sa condamnation moralisatrice de propos de Georges Frêche, ainsi que dans mon courrier recommandé avec accusé de réception du 2 courant à Bernard-Henri Lévy après son jugement moralisateur partisan contre Raymond Barre – ces deux lettres sont à votre disposition ainsi qu’à celle de quiconque, Justice comprise !
 
Dans ces cas particuliers comme dans tous les autres sans exception, les fictions du moralisme, servant précisément vos condamnations moralisatrices « sans appel », n’ont pour seul but que de conforter des intérêts individuels et collectifs de toutes sortes. C’est tellement plus facile de juger moralement, en brandissant LA Morale comme une arme contre l‘Autre, que de risquer d’être contredit, voire invalidé, sur le plan intellectuel. Or, une vérité partielle et mutilée, donc partisane, ne saurait être tout à fait la vérité, à savoir LA Vérité absolue ! 
 
Vous illustrez à merveille le comportement des soi-disant « vertueux » de toutes les époques, à savoir ceux qui reprochent aux Autres ce qu’ils ont fait hier, eux-mêmes, et qu’ils referont demain, à la première occasion lorsque leurs intérêts de toutes sortes, individuels et collectifs, le réclameront, comme une infinité d’exemples de l’Histoire universelle et de l’actualité internationale ou nationale servirait à l’illustrer.
 
Comme vos lointains devanciers, vous invoquez les fictions de tous les catéchismes, catéchisme droit-de-l’hommiste inclus, avec leur « croyance » en un Bien et un Mal soi-disant absolus ainsi que la division artificielle manichéenne - mais primaire ! - des humains, sans oublier l’argument principal sur lequel s’appuient les « censeurs autoproclamés » : un prétendu « libre arbitre », pourtant simple illusion de l’entendement humain, censé permettre de choisir librement entre le Bien ou le Mal !
 
Ce n’est pourtant pas faute d’avoir exposé sans cesse, pendant des années, la réalité de notre nature humaine égoïste commune aux six milliards et quelques humains agissant constamment au gré de leurs intérêts, si vous continuez à vous présenter publiquement comme les bons, les « vertueux », les antiracistes. Certes, c’est tellement jouissif pour son ego de se regarder dans sa glace avec suffisance, en se répétant à satiété : « Je suis vertueux, donc je condamne. » - à moins que ce ne soit l’inverse ! La méthode Coué a encore de beaux jours devant elle…
 
Sur les seules fictions du moralisme, dénoncées nommément auprès des soi-disant « élites » du monde de l’information, de la politique, de l’intelligentsia et des associations droits-de-l’hommiste figurant dans le texte annexé, Mensonges et lâcheté des élites, vous vous autorisez à juger et à condamner moralement plusieurs millions de citoyens-électeurs en raison de leurs opinions, comme en ont été victimes, en leur temps, Socrate, le Christ, Giordano Bruno et Spinoza notamment, parce que coupables, eux aussi, de délit d’opinion.
 
Certes, comme vous réalisez la lourdeur - dans tous les sens du mot - de votre entreprise moralisatrice, vous prenez grand soin de distinguer ces millions de citoyens-électeurs, de leur leader condamné aujourd’hui au bûcher médiatique, c’est-à-dire « diabolisé ». Le seul recours au « diable » témoigne de la croyance au Mal soi-disant absolu qu’il est censé symboliser, et atteste donc a contrario la fiction d’un prétendu Bien absolu, dont vous vous « autoproclamez » les représentants sur Terre ! Vous avez dit « Superstition ». ? ! Oui, je persiste et je signe, même si vous n’avez ni l’honnêteté ni le courage intellectuels d’en débattre, seul votre penser superstitieux vous permet de continuer à mentir et à tromper l’opinion…
 
Bernard Tapie, un vertueux lui aussi pourtant, mais peut-être moins hypocrite que vous, n’a eu cure de votre artifice consistant à distinguer le leader et ceux qui le suivent. En effet, il n’a pas hésité, en son temps, à faire l’amalgame entre eux en déclarant publiquement : « Si Le Pen est un « salaud », les électeurs du Front national sont des salauds » ! Voilà qui a au moins le mérite de la franchise, préférable à votre hypocrisie ! ! !
Sur le fond, vos jugements moralisateurs ne volent pas bien haut, intellectuellement et philosophiquement parlant. Sur le plan strictement philosophique, la coexistence d’un Bien et d’un Mal absolus est une « impossibilité absolue » par définition. En effet, ce qui est « absolument absolu » ne peut être qu’UN, unique, alors que ce dualisme prive l'un et l'autre d’une véritable réalité absolue ! Bien et Mal sont, en effet, des valeurs seulement « relatives » fictivement absolutisées par le penser superstitieux qui les présente comme étant réellement absolues ; et ce, toujours dans le seul souci des intérêts égoïstes, individuels et collectifs, des uns et des autres !
Sur le plan intellectuel, pour déclarer une chose favorable ou défavorabledans la pratique de notre vie, donc bonne ou mauvaise, les valeurs relatives de bien et mal se ramènent toujours, dans tous nos jugements, à la confrontation plus ou moins consciente du positif, les avantages, et du négatif, les inconvénients, de la chose examinée ; et cela concerne chacun des humains sans exception. Seule la « débilité intellectuelle » de l’époque a pu faire croire qu’une quelconque chose humaine, fut-ce la colonisation, pouvait comporter « exclusivement » des inconvénients, du négatif, alors que, dans un monde où tout est relatif, TOUT comporte à la fois du positif et du négatif.
A SUIVRE...
P S : Les éventuels défauts de présentation constatés après la mise en ligne de l'article sont totalement indépendants de ma volonté !
 
 

Publié dans COURRIER "Médias"

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