"Climat de panique"

Publié le par Sylvain Saint-Martory

                                    
 
Derrière ce titre de l’article publié dans Le Point du 15 février 2007, Claude Allègre dénonce le catastrophisme ambiant et la culpabilisation pesant sur les humains de la planète :
 
 
« Halte-là, braves gens ! Vous qui souffrez, vous qui êtes malades, vous qui n’avez pas de toit, vous qui êtes menacés par le chômage, n’espérez pas d’améliorations ! La température de la planète va augmenter ! Vous serez cuits ou ratatinés par les canicules à répétition, si vous ne mourez pas de soif par suite de la sècheresse, la mer va monter et envahir les lieux où vous passez vos vacances, les tempêtes détruiront vos habitations, à moins qu’elles ne soient emportées par les inondations !
 
Et de tout cela vous êtes responsables. Vos émissions inconsidérées de gaz carbonique ont détraqué le climat. Alors, il va falloir payer, et vite ! »
 
[Après ce constat dramatique, que pouvons et devons-nous faire pour réduire les émissions de CO2 ?]
 
« Si on suit Monsieur Hulot, il faudra réduire les émissions de gaz carbonique de trois quarts en dix ans ! Cela a une traduction pratique !
 
Fini, les voyages en avion. La voiture devra se contenter de 2.000 kilomètres par an à 30 kilomètres à l’heure. Le chauffage sera réduit [« ça » tombe bien !], les industries émettrices de gaz carbonique devront s’arrêter. On créera des centaines de millions de chômeurs dans les transports, dans l’automobile, dans l’industrie ? Peu importe, la planète est en danger, il faut agir vite, à n‘importe quel prix !
 
Voilà le message que vous avez entendu, lu ou vu pendant quinze jours, pendant que le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) s’est réuni à Paris et nous a informés sur ses travaux.
 
Nous avons eu droit comme jamais à ce que le philosophe Dominique Lecourt appelle « le catastrophisme technophobe et son sous-produit le journalisme d’épouvante ».
 
Le rapport du GIEC est plus modéré que les précédents, et il a d’ailleurs été critiqué pour cela. On nous prédit pour dans un siècle [C’est moi qui souligne, car les prévisions « à un siècle », qu’est-ce que « ça » vaut réellement..? !] une augmentation de la température de 2 C° (sachez que la température de Paris a précisément augmenté de 2 C° depuis 1900 !) et une élévation du niveau de la mer de 30 centimètres. Il n’y a pas de quoi paniquer.
 
L’amplification médiatique a donc transformé en vision d’apocalypse une prédiction incertaine et modérée. Incertaine, bien sûr, car comment pourrait-on être sûr de modèles de simulation par ordinateur qui sont incapables de prévoir le temps à plus de quatre jours mais qui préfèrent le faire à l’échelle du siècle ? [Il me semble avoir déjà lu « ça » quelque part dans un post antérieur !] Et lorsque, comme argument principal, on évoque l’accord de six cents scientifique travaillant ensemble, ça ne rend pas le résultat plus sûr ! [Je rappelle que l’article du Monde2 parlait de 5000 scientifiques participant à l’élaboration des données du GIEC, sans rendre plus sûres ses conclusions] Modérée, car les prévisions nous invitent à regarder calmement la situation : 2 C° en un siècle, ce n’est pas le diable.
 
Il y a certes un changement climatique (naturel ou non) [Comme c’est le lot de la planète depuis des millions d’années, pollution industrielle et automobile, ou non, pour répondre ici au doute de Claude Allègre] dont le caractère le plus inquiétant est constitué par la multiplication des phénomènes extrêmes (ce que je dis depuis dix ans, et qui est aujourd’hui enfin souligné par le GIEC)
 
Il y a aussi des émissions croissantes de gaz carbonique d’origine humaine qui jouent peut-être un rôle dans le changement climatique, mais qui, à coup sûr, ont un rôle néfaste dans l’acidification des océans.
 
[Certes, mais Claude Allègre vous a ouvert des pistes pour les réduire, votre égoïsme consumériste à tout crin est-il prêt à renoncer à votre confort.. ? !]
 
Face à cela, il y a lieu de prendre des mesures simples et efficaces :
 
1. Il faut nous adapter au changement climatique en prenant des mesures de prévention contre les effets des tempêtes, des inondations, des sécheresses… Ce qui est urgent et que l’on ne fait pas. [Certes, mais dites nous lesquelles..!]
 
2. Il faut réduire, certes, les émissions de CO2, mais à un rythme qui ne détruise pas nos économies et qui surtout ne soit pas unilatéral : 20% en trente ans, comme le propose la Commission européenne, c’est raisonnable, ça contribue à économiser le pétrole et encourage le passage aux voitures hybrides. Mais faut-il faire plus ?
 
Nous, Français, qui représentons 5% des émissions de CO2, devons-nous handicaper notre activité économique et amplifier le chômage, alors que l’Amérique du Nord, l’Inde, la Chine et la Russie ne feraient aucun effort ? Pourquoi nous tirerions-nous une balle dans le pied ?
 
[Moralité : Messieurs les Anglais (Américains, Chinois, Hindous, Russes, etc.), tirez les premiers !]
 
Oui, je sais. Depuis le péché originel, l’homme est coupable, l’homme a croqué le fruit défendu. Il doit être puni, sanctionné pour tous les péchés qu’il a commis. Et parmi les hommes, les Européens ont péché plus que les autres et doivent donc transformer la croissance en frugalité. Adhérez-vous à ce catastrophisme millénariste ? » [Fin de citation]
 
[Merci à Claude Allègre de nous avoir montré, en sa qualité d’ancien responsable politique confronté aux réalités, ce qui fait la différence entre « vouloir » et « pouvoir » : les « Il faut », par exemple, et autres « on doit », ou « yaka » !]

Publié dans BILLET DU JOUR

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