Le Monde : "J'ACCUSE !" [Partie II]

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Deuxième partie



Dénoncer le dualisme des « pseudo-absolus » de la religion et de l’idéalisme ou spiritualisme me conduit à souligner que la « vraie » philosophie est également incompatible avec les « deux » absolus de la doctrine matérialiste scientiste. Ainsi les prétendus philosophes arabes, Avicenne et Averroès, même s’ils ont pris leurs distances avec Allah, n’ont pas échappé pour autant au dualisme des absolus d’Aristote (primus motor et monde) ; leur « premier Agent » n’est rien d’autre, en effet, que la prétendue cause première ou commencement soi-disant absolu du monde humain considéré à tort comme existant « absolument ». C’est pourquoi Avicenne et Averroès ne sont pas non plus de « vrais » philosophes, sauf à Roger-Pol Droit, dont j’attends toujours la réponse à ma lettre du 11 août 2003, de démontrer le contraire ! Telle philosophie dite chrétienne, juive ou musulmane, par exemple, ainsi que le matérialisme et l’idéalisme se prennent pour la philosophie, mais ils ne sont pas de la philosophie ! ! !


Le scientisme matérialiste contemporain, outre son commencement superstitieux du monde, à savoir un big bang déjà controversé, et sa théorie évolutionniste dont il ne sera pas question ici, se fonde également sur l’ « absolutisation du relatif », en l’occurrence celle des théories et des hypothèses de la science, pourtant seulement « à jamais » relatives ! Leur relativité ne saurait échapper à personne, dès lors qu’elles sont confrontées aux siècles passés, voire aux décennies antérieures, qui témoignent de leur incessante remise en question ; toutefois, d’une remise en question à l’autre, la science ne parviendra jamais à LA Vérité éternelle absolue ; le seul fait que celle-ci soit éternelle implique qu’elle ne reste pas à découvrir DEMAIN !

 
D’ailleurs, bien qu’ils ne semblent pas devoir être remis en cause par le futur, le mouvement universel des choses, l’indestructibilité de la matière et la conservation de l’énergie échappent tout autant à l’ « absoluité » stricto sensu pour des raisons qu’il serait trop long de développer ici, mais qui se fondent sur la relativité de notre monde lui-même, où rien n’est « absolument » absolu : à commencer par son existence elle-même seulement relative à notre entendement humain, comme je suis disposé à en débattre avec quiconque pour démontrer sa « non-absoluité ».


Compte tenu de ce qui précède sur la relativité de tout le contenu pensé dans et sur (à propos de) notre monde, mais sans entrer dans le débat philosophique exhaustif indispensable, la « débilité intellectuelle » de l’époque est manifeste aujourd’hui à propos du catastrophisme écologique ambiant. Elle conduit à « croire », et à faire croire, que les humains pourraient par leur seule volonté libre, leur prétendu « libre arbitre », maîtriser les forces de la nature pour lui imposer à terme un climat « sur mesure » - définitif, évidement !


Je ne détaille ici aucun des arguments allant à l’encontre de l’hypothèse catastrophiste actuelle, à savoir les incertitudes et les lacunes de la science sur de multiples points concernant le Soleil, les nuages, le cycle de l’eau, el Niňo ou ENSO, etc., mais je fais ressortir que la science n’en extrapole pas moins « absolument » à partir de prémices relatives servant à établir des modèles mathématiques qui sont tout sauf absolus. Je vous renvoie, d’ailleurs, à l’article du Monde 2 précisément (Cf. n°130 d’août 2006) sur le réchauffement climatique, où les multiples réserves évoquées à ce sujet ne font que confirmer mes propos sur la « relativité » de la science et de ses théories, exprimée autrement par ce mot de Claude Allègre : « La vérité officielle scientifique, çà n’existe pas ! » [France Inter, 11 octobre 2006]


Pour clore sur ce point, en cas de désaccord légitime de votre part, je réclame une éventuelle condamnation « sous sursis » - et non « avec sursis » ! J’entends par-là que votre possible condamnation intellectuelle de mes propos n’ait lieu qu’à terme, c’est-à-dire pas avant que les catastrophes planétaires annoncées n’aient eu réellement lieu. Cette perspective me laisse de la marge d’ici que le Groenland n’ait fondu au point de voir reverdir des prairies, comme il en fut aux IXe et Xe siècles, en un temps qui ne connaissait pourtant ni pollution automobile ni pollution industrielle !


La climatologie ne semble pas nier que la planète a connu des périodes à variation extrême, tandis que les prévisions actuelles se fondent, depuis l’annonce de la catastrophe, sur une durée qui doit représenter une fraction de temps infinitésimale à l’échelle des millions d’années de l’existence la Terre. Néanmoins, notre époque qui voudrait tout, tout de suite, n’a rien de plus pressé que de vouloir laisser à nos descendants un climat « parfait », dont ils jouiront ensuite pour l’éternité !

 
Pour y parvenir, rien de tel, paraît-il, que notre seule volonté, ce soi-disant « libre arbitre » en vertu duquel, là comme ailleurs, il suffirait de « vouloir pour pouvoir » : comme si cette pseudo-volonté libre, à la discrétion de chacun, prédisposait les humains à agir tous ensemble dans le même sens, au nom d’un prétendu « intérêt général planétaire » ! Cette proposition simpliste ne résiste pas à l’examen de la nature humaine égoïste, commune aux six milliards et quelques humains, telle qu’elle s’exprime en toutes circonstances par la constante confrontation, en chacun, des arguments « pour », des avantages, et des « contre », des inconvénients, que ce soit sur le plan personnel ou celui des Etats, voire de toute autre communauté humaine.

 
C’est pourquoi, à supposer même que ce catastrophisme ait un réel fondement, les clivages de toutes sortes concernant les solutions à apporter feraient agir le monde à hue et à dia ; certains parlent, ici, en effet, de solutions de gauche et de solutions de droite en matière d’environnement, sans détailler les dissensions au sein d’un même mouvement écologique : pas vraiment le meilleur moyen d’atteindre le but fixé ! Par ailleurs, la désignation d’une gouvernance mondiale, sœur jumelle de l’ONU, atteste par avance de son inefficacité, au vu des résultats de son aînée dans la résolution des conflits du monde - au Proche-Orient depuis plus de cinquante ans, et au Darfour aujourd’hui, par exemple. Etre incapable de régler des conflits locaux entre humains augure mal de la capacité à maîtriser la nature – DEMAIN, car pour la Superstition, c’est toujours DEMAIN, seulement DEMAIN, hélas !


Comme si, en outre, les humains, particuliers et Etats, allaient accepter de gaîté de cœur les restrictions nécessaires à venir, ainsi que chacun peut en juger en matière d’évolution de la consommation de pétrole depuis le premier choc pétrolier jusqu’à nos jours. Même une réglementation et une interdiction drastiques ne suffiraient pas à les y contraindre, en raison de la réalité de notre nature humaine. Chacun, en effet, réclame des mesures dans le souci de ses intérêts, mais s’empresse d’y déroger dès lors qu’elles les contrarient. Libre à vous, toutefois, de continuer à craindre jusqu’à la fin de vos jours pour une menace repoussée à cent ans. Là, a peut-être été la grande erreur, mais il est trop tard pour y revenir, et je m’en tiens donc là pour l’instant sur le scientisme matérialiste incapable de faire des prévisions climatiques « absolument » certaines - jusqu’à preuve du contraire ! ! !

                            [A SUIVRE] 


Publié dans COURRIER "Médias"

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