Le Pape de l'altermondialisme, "cocu" à son tour...

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le retrait annoncé de José Bové, Pape de l’altermondialisme hexagonal, à la candidature destinée à mener le combat « unitaire » du Front antilibéral à la prochaine élection présidentielle, témoigne qu’il est « cocu », comme tant d’autres hier, mais encore aujourd’hui et demain.

 
Je pense ici à ces dizaines de milliers d’intellectuels des années 20 à 80, et à ces centaines de millions de militants ou de « croyants » idéologiques à travers le monde, assez « naïfs » pour s’imaginer qu’avec des humains « imparfaits », c’est-à-dire tels que nous sommes tous sans exception, à savoir foncièrement « égoïstes », l’avènement d’un « autre monde » – sous-entendu parfait, sinon à quoi bon changer ? - est tout à fait possible.

Certes, il y a une similitude à être « cocu » idéologiquement ou par contrat, écrit ou tacite, en ce sens que, dans les deux cas, il a d’abord fallu être « naïf », autrement dit se faire des illusions sur un avenir de rêve, « croire au miracle » en somme ; or, similitude ne signifie pas identité des situations, et la différence est de taille ! C'est pourquoi il y a une indéniable malhonnêteté intellectuelle à faire mensongèrement l’amalgame, par « mauvaise foi », entre les deux situations ; et ce, dans la seule intention de nuire – pour la « cause » du Parti, aujourd'hui comme hier !


En effet, dans le cas de la tromperie idéologique, la « totalité » des « croyants » au miracle est forcément « cocue » par avance, puisque la naïveté va jusqu’à croire qu’une chose « impossible » peut devenir « possible » : comme l’affirmait sans rire Jacques Chirac lors de la dernière campagne présidentielle, en parlant de rendre possible l’impossible ! Personne ne saurait nier que, cinq ans plus tard, les croyants au miracle se retrouvent bel et bien « cocus », c’est-à-dire bernés, trompés, abusés, blousés, etc., etc. par de fallacieuses promesses; ceci ne les empêche pas toutefois de tomber aujourd'hui dans la croyance au miracle de l’ « ordre juste » promis par Ségolène ! ! !


Dans le deuxième cas au contraire, quel que soit le type de contrat conclus, tout le monde n’est pas forcément « cocu », et donc tout le monde ne trompe pas ! Il en va ainsi dans les contrats de type matrimonial, pacs inclus, qu’il s’agisse de couples hétéros ou homos. Nombre d’entre eux, en effet, pourraient témoigner que leur confiance initiale n’était pas mal placée - du moins à leurs yeux, car le voisin est parfois mieux informé !

 
En conséquence, pour rétablir la vérité - sauf à démontrer le contraire ! -, c’est une malhonnêteté intellectuelle de faire l’amalgame entre les deux situations sommairement décrites ci-dessus, et en particulier d’englober la totalité des femmes, comme la totalité des hommes d’ailleurs, dans l’accusation d’ « entorse au contrat » ; ceci est du reste une affaire relevant du domaine strictement privé, et n’a rien à voir avec mes propos antérieurs dénonçant seulement les "cocus" de la superstition idéologique.


Sur ce plan José Bové se retrouve aujourd’hui dans la position de l’arroseur arrosé. En effet, après avoir fait « cocus » ses fidèles, tout aussi superstitieux que les croyants religieux, il se retrouve maintenant « cocu » à son tour. Ou alors, devant la constatation d’un impossible accord à cinq ou six, il n’en serait encore que plus « TARÉ » de continuer à croire en l’avènement d’un « autre monde » - parfait évidemment -, et de surcroît intellectuellement malhonnête de persister à faire croire au monde entier en l’entente fraternelle universelle des humains : toutes couleurs de peau, toutes nationalités, toutes confessions, toutes croyances idéologiques, toutes classes sociales, toutes tranches d’âge, toutes pratiques sexuelles, etc. confondues : l’ « Internationale », quoi ! Vous avez dit « intérêt général » ou « baliverne », et donc « cocu »..? !

 
Certes, forcément José Bové ne diffère en rien ici de tous les marchands de rêve et autres vendeurs d’illusion qui vous promettent pour demain ce qu’ils n’ont pas pu réaliser hier, puisque ce qui prime chez lui comme chez les six milliards et quelques humains, ce sont d’abord ses intérêts égoïstes dans son souci primordial de mieux vivre ! En tout cas, si j’en crois la rumeur à son sujet, s’il est « cocu » sur le plan idéologique, il ne semble pas l’être dans sa vie de couple : NUANCE ! Moralité : toutes les femmes, pas plus que tous les hommes, ne sont infidèles, même si des propos de "TARÉ" m'accusent d'avoir prétendu le contraire !


Pour revenir à José Bové, il aurait pu éviter d’être « cocu » sur le plan idéologique, en acceptant de répondre à mon courriel du 15 octobre 2003, adressé à la Confédération paysanne, et de débattre; en effet, sauf à être déficient mental, il n’aurait pu que convenir des aberrations intellectuelles relevant de la croyance en un monde « parfait ». Je lui écrivais, en effet :


« Même si je n'ai aucun doute sur l'impossibilité absolue de remplacer notre monde et ses maux éternels par un « autre monde » parfait avec des humains imparfaits, je vous remercie de m'en avoir donné confirmation au cours de votre récent entretien sur France 2, dans le cadre de l’émission « Cent minutes pour convaincre ».


C’est pourquoi je vous prie de prendre connaissance des réflexions ci-après inspirées par vos propos, et publiées sur Internet. Je vous saurais gré de me faire connaître vos objections éventuelles, et également de préciser clairement ce que vous entendez par un « autre monde », voire de m'indiquer les solutions concrètes plus sérieuses que la réforme proposée de l’ONU ou de l’OMC devant permettre d'y parvenir ; ceci, après avoir pris connaissance de ma lettre adressée à Lionel Jospin le 14 octobre, figurant en annexe.


Je vous remercie de votre attention et vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.


Annexe : I - Texte, Propos de « charlatan », publié sur Internet le 13 octobre 2003


            Propos de « charlatan »

 
« Charlatan » désigne ici, selon la définition des dictionnaires Littré, Larousse, Hachette, etc., toute « personne qui exploite la crédulité d’autrui », et donc José Bové, n’en déplaise à ses zélateurs, est un « charlatan »

 
Exploiter la crédulité d’autrui, c’est vendre des illusions, des promesses, du « vent », et ceux qui auront suivi sa prestation télévisée dans l’émission « Cent minutes pour convaincre » sur France 2, le 25 septembre dernier, ont eu la preuve irréfutable que José Bové est un « charlatan » - sauf, évidemment, pour les dévots, indécrottables « croyants au miracle », toujours prêts à processionner ou à bivouaquer.


Depuis le temps où j’attendais sa prestation officielle, j’étais très impatient de l’entendre préciser ce que serait son « autre monde », pour me laisser convaincre. Hélas, je continuerai à attendre encore longtemps des précisions concrètes sur ce concept : aussi longtemps que les naïfs et les « imbéciles heureux » attendront l’avènement de leur « autre monde » !

 
Car parler de « se projeter dans l’avenir », de « changer les choses », de « projet de transformation de la société » relève des vieilles lunes idéologiques marxistes en particulier, qui n’ont rien changé à l’état de la société humaine, hormis pour ceux qui ne peuvent pas vivre sans rêver, et donc vivent dans leurs rêves.


J’ai néanmoins patienté, en espérant l’entendre proposer des moyens incontestables, susceptibles d’accréditer l’idée d’une société « parfaite » avec des humains « imparfaits » - sait-on jamais, comme doivent se dire les rêveurs ? Or, même les utopistes invétérés, à moins d’être réellement bornés par leur pensée inachevée, n’ont guère dû être convaincus par les solutions proposées : réforme de l’ONU, réforme de l’OMC, le recours à des règles, le droit, la société civile, doivent permettre de faire du rêve d’aujourd’hui la réalité de demain : pas de quoi faire croire au miracle ! Et ce, d’autant moins, qu’en matière de respect du droit, le « prophète » est loin d’être un modèle ! ! !


Même sur les organismes génétiquement modifiés, José Bové faisait moins le flambard devant le professeur Emile Baulieu et la porte-parole d’une association de malades de la mucoviscidose, puisqu’il réalisait enfin que le monde humain n’était pas manichéen : tout avantage ou tout inconvénient ; heureusement que Bové est là pour nous le dire, lorsque les inconvénients l’emportent sur les avantages !


Mais en paysan madré, ne comptez pas sur lui pour gérer cet « autre monde » : il n’est candidat à RIEN ! Evidemment, car, même s’il sait faire rêver les naïfs, il est bien plus réaliste qu’eux ; il a compris depuis longtemps que tant que l’action se limite à promettre, on ne risque pas de désenchanter les rêveurs ! Réaliser leurs rêves est une toute autre histoire ! ! ! Pour s’en convaincre, il suffit de penser aux espoirs précédant toute élection, et aux déceptions qui s’ensuivent ! Or, il n’a pas envie de voir s’effondrer sa cote de popularité.


Peu lui importe de mentir, de tromper l’opinion ou de n’avoir rien de concret à proposer, son égoïsme, sa vie, exigent la reconnaissance des autres, de centaines de milliers d’autres : il existe !

 
Que ceux qui croient à la société « zéro défaut » de José Bové et des altermondialistes, exposent leur conception de cet « autre monde », dont je leur donne un aperçu forcément limité et volontairement caricatural, présageant néanmoins ce que pourrait être ce monde parfait des utopistes.


Dans cet « autre monde », il n’y aura plus besoin d’armées, puisqu’il n’y aura plus de guerres, et « les soldats seront troubadours » : « mais nous, nous serons morts, mon frère » ! (Merci, Félix, pour ton réalisme...)


Dans cet « autre monde », plus besoin de policiers ni de juges, puisqu’il n’y aura plus de délinquants, les riches ayant partagé leurs richesses avec les pauvres ! Par ailleurs, chacun se contentant désormais de ce qu’il possède, plus de corruption possible...


Plus besoin de contrôleurs des impôts, du travail, de la Sécurité sociale, de douaniers, etc., puisque les humains ne frauderont plus ; plus besoin d’arbitres, car les sportifs ne tricheront plus ; et pas davantage besoin de surveillants aux examens ou concours. Et l’islam, enfin réformé, aura renoncé à sa volonté hégémonique expansionniste…

 
Oui, c’est bien « le temps des mystificateurs », mais ils ne sont pas seulement là où Lionel Jospin les dénonce !


II – Lettre du 14 octobre 2003 à Lionel Jospin

Publié dans COURRIER "Divers"

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