Manipulation de l'opinion

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 2 novembre 2006

Objet :
« Manipulation de l’opinion »


RMC Info
Emission « Les grandes gueules »
12 rue Oradour sur Glane 75015 Paris
Fax : 01 71 19 11 90

[A l'attention de la Direction, du Comité de rédaction, d’Alain Marschall, Olivier Truchot, Sophie de Menthon, Jacques Maillot, Karim Zéribi, Gaston Kelman et autres « G.G bien-pensantes »]

Mesdames, Messieurs,

L’émission « Les grandes gueules » du 1er novembre 2006 me donne l’occasion de rappeler l’abondant courrier détaillé en Annexe II, adressé à RMC Info et à certains collaborateurs entre le 28 novembre 2003 et le 18 octobre 2006 pour dénoncer les mensonges et les « croyances au miracle » de la superstition idéologique et moraliste, notamment, que les uns et les autres contribuent à colporter ; ce courrier, toujours sans réponse à ce jour, est à votre disposition ainsi qu’à celle de quiconque, justice comprise si vous le jugiez utile.

 
La teneur de l’émission évoquée me fournit, par ailleurs, une excellente occasion de mettre en évidence, par des exemples concrets, ce que j’entends ici par manipulation de l’opinion, comme je n’ai de cesse de la dénoncer depuis des années auprès des soi-disant « élites » du monde de l’information, de la politique, de l’intelligentsia et des associations « droits-de-l’hommiste » moralisatrices à sens unique et adeptes du « deux poids, deux mesures » ; leurs noms figurent en Annexe I en raison de leur « collaboration » avec la Superstition sous toutes ses formes : religion, toutes religions confondues - monothéistes ou non -, métaphysique [Doctrine matérialiste depuis Aristote jusqu’au scientisme contemporain, positivistes inclus, et scolastique idéaliste de Descartes ou de Kant, notamment], idéologie, toutes les idéologies sans exception – altermondialisme inclus -, et moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des « autres » au nom de LA morale], tous catéchismes réunis, y compris le catéchisme soi-disant universel contemporain ou Déclaration universelle des droits de l’homme, dont seule l « inobservation » est réellement universelle.

Comme mon point de vue dénonçant la Superstition sous toutes ses formes a déjà été amplement développé et démontré dans le courrier détaillé en Annexe II, je me borne à rappeler ici, de façon schématique, les mensonges et les « croyances au miracle » de la superstition idéologique et moraliste. Toutefois, je ne refuse pas pour autant de débattre de la superstition métaphysique et de la superstition religieuse, d’autant plus que cette dernière met aujourd’hui en péril la marche du monde, alors qu’elle se fonde seulement sur un procédé « mensonger », à savoir une véritable escroquerie intellectuelle consistant à travestir la vérité relative du contenu pensé dans et sur (= à propos de) notre monde en vérité absolue ; autrement dit, la Superstition en « absolutisant le relatif » ment et trompe l’opinion – pourtant, à ma connaissance, la « contrefaçon » est passible de condamnations pénales !

Ceci devrait être évident, d’abord, à propos de la superstition idéologique. Celle-ci accrédite, en effet, l’idée de parvenir à l’avènement d’un monde « parfait » avec des humains « imparfaits », c’est-à-dire tout simplement soucieux de leurs intérêts égoïstes dans leurs affaires d’amour, quel qu’en soit l’objet, de possession de biens et de personnes, d’où l’importance de l’argent comme moyen d’échange, et de gloire ou honneur-vanité, quels que soient les moyens de l’extérioriser.

Je souligne que cette « aberration » mensongère, aussi bien sur le plan intellectuel que philosophique, a été portée depuis longtemps à la connaissance des principaux candidats potentiels, de tous bords, à la prochaine élection présidentielle, et tout récemment à propos de la promesse d’instaurer un « ordre juste » : une « impossibilité absolue », philosophiquement parlant !

Je conclus sur ce point pour faire remarquer que, là comme dans les divers moyens d’expression de la Superstition, les marchands de rêve et autres vendeurs d’illusion profitent de la réalité de notre nature humaine, qui porte les individus davantage à « croire » qu’à penser vraiment

La superstition moraliste ou moralisme, telle que sommairement définie ci-dessus, se fonde également sur l’ « absolutisation du relatif », et plus précisément sur deux fictions présentées comme vérité absolue : la première consiste à faire passer respectivement des valeurs morales relatives de Bien et Mal pour le Bien absolu et le Mal absolu ; or, philosophiquement parlant, la coexistence de « deux » absolus est une « impossibilité absolue », comme cela est aisé à démontrer.

Qui, par ailleurs, fait partie des soi-disant « irréprochables » chargés de décréter ce qui serait le Bien et le Mal absolus, et de les imposer ensuite aux « autres » ? En connaissez-vous, vous les « vertueux », des individus des groupes d’individus, TOUS critères d’appartenance confondus, des peuples, des nations et des Etats « IRRÉPROCHABLES », à part vous évidemment ? Face à l’Idéal, chacun est forcément coupable, coupable de crime de lèse-Idéal ; ceci devrait suffire à vous dispenser de faire culpabiliser les autres, et vous inciter à garder vos leçons de morale pour vous.

 
Sur la base de cette fiction d’un prétendu Bien absolu et d’un soi-disant Mal absolu, continue pourtant à perdurer la division manichéenne des humains : d’un côté, les bons, les « vertueux », - chez nous aujourd‘hui, les antiracistes -, et de l’autre, les méchants, les « salauds », les racistes ; une division pourtant condamnée sans aucune ambiguïté, il y a bientôt deux mille ans !

En relation à notre égoïsme brièvement présenté ci-dessus, cette dichotomie n’est pas innocente, et les « vertueux », les bien-pensants du jour notamment, ont compris depuis longtemps que la « diabolisation » était juteuse, au prix d’une hypocrisie généralisée. En effet, le « salaud », c’est toujours l’autre, puisque je suis « le juste » ; la preuve : je condamne, donc je suis vertueux – à moins que ce ne soit l’inverse !

Il en va ainsi depuis l’aube de l’humanité, et les « censeurs autoproclamés » d’aujourd’hui, qu’ils soient « G.G » ou non, auraient fait partie, en d’autres temps, de ceux qui ont empoisonné Socrate, crucifié le Christ, brûlé Giordano Bruno et excommunié Spinoza, sans parler des innombrables anonymes ; Jean-Marie Le Pen a de la chance de vivre au XXIe siècle, puisque qu’aujourd’hui, on ne condamne plus qu’au bûcher médiatique !

J’en ai terminé avec la première partie annoncée, à laquelle je suis prêt à répondre sur vos éventuelles objections, et j’en viens aux exemples attestant votre manipulation de l’opinion, sur la base des considérations générales précédentes, notamment l’ « absolutisation du relatif ».

Tout d’abord, vous avez à qui mieux-mieux dénoncé l’imbécillité de George W. Bush, et ceci n’est guère flatteur pour le peuple américain, qui en a rajouté une couche en 2004 ; mais pourquoi, après tout, ne serait-il pas plus idiot que le peuple français..? ! Nos présidents successifs ont tellement démontré, depuis 1981, qu’ils étaient suprêmement intelligents pour diriger le pays…

Toutefois, la manipulation dénoncée ne réside pas là seulement, elle concerne la présentation d’une vérité relative, donc partielle et mutilée, dont vous ne détenez qu’une partie. Or, oublier l’autre, même par ignorance, c’est tromper l’opinion, dès lors que « sa » vérité relative est présentée comme étant la Vérité absolue. C’est le cas, à propos du déclenchement de la guerre en Irak, de la position de Jacques Chirac sur ce conflit, voire sur le rôle de l’ONU, dont il était question dans l'émission du 1er novembre.

 Jusqu’à preuve du contraire, Bush l’ « imbécile » porte l’entière responsabilité d’avoir attaqué l’Irak, au prix d’un mensonge. C’est une partie de la vérité, pas la Vérité absolue puisque celle-ci ne saurait être « partielle », a fortiori partisane ! L’autre partie avait pourtant été portée à la connaissance du public, puisque j’en ai été informé avant le déclenchement du conflit par la lecture d’un grand hebdomadaire national.

En effet, dans le n°2001 du 13 mars 2003, le nouvel Observateur publiait un article intitulé « Zulu time pour George Bush », dans lequel son correspondant aux Etats-Unis, Philippe Boulet-Gercourt, écrivait notamment, à propos d’une loi dite « loi de libération de l‘Irak », votée en 1998 sous l’ère Clinton :

« Derrière le danger Saddam se cache une volonté de changer le régime, d'abord niée, aujourd'hui avouée. Pour être juste avec Bush, ce projet remonte à l'ère Clinton. Dès 1998, le Congrès avait voté une loi de libération de l'Irak sans ambiguïté. La politique des Etats-Unis devrait consister à soutenir les efforts visant à chasser du pouvoir le régime conduit par Saddam Hussein, et à promouvoir l'émergence d'un gouvernement démocratique pour remplacer ce régime. La loi avait été adoptée par 360 voix (dont 157 démocrates) contre 38 à la Chambre de Représentants, avant d'être votée à l'unanimité des sénateurs. » [Fin de citation]

Dans ce même numéro de l'hebdomadaire, Norman Mailer, écrivain américain pourtant très critique à l'égard de George Bush, puisque son article s'intitulait "Bush, le cauchemar de l'Amérique", avait néanmoins l'honnêteté intellectuelle d'écrire :

« Certains médias libéraux, le New Yorker, le Washington Post, et une partie du New York Times sont d'accord avec Hillary Clinton, Diane Feinstein, le sénateur Joe Liebermann et le sénateur Kerry pour accepter l'idée qu'après tout nous pouvons peut-être apporter la démocratie en Irak. » [Fin de citation]

Voilà de quoi « relativiser », me semble-t-il, votre présentation d’une vérité seulement relative, mais « fictivement » absolutisée ! C’est en cela que consiste précisément la pensée superstitieuse, quels que soient ses moyens d’expression…

Le deuxième exemple concerne la position encensée de Jacques Chirac, lors des prémices du déclenchement du conflit irakien. Sans contester votre présentation, elle oublie seulement de rappeler que, dans les années 70, Saddam Hussein et Jacques Chirac étaient des « potes », et Jacques Chirac a comme qualité principale de ne pas laisser tomber ses amis, fidèle en cela à François Mitterrand, justifiant ses amitiés douteuses, avec René Bousquet en particulier, par ce mot savoureux : « Un ami reste un ami en toutes circonstances, et quoiqu’il ait fait. » ; par chance, Hitler ne faisait pas partie de ses amis, mais il s’en est fallu de « très, très » peu » ! Une visite ou une cure à Vichy, par exemple…

Cette amitié entre Saddam et Jacques n’a sûrement pas été sans effet sur la livraison à l’Irak de la centrale nucléaire Ozirak que, par chance, Israël a bombardée, sinon, pour le coup, l’Irak d’hier aurait peut-être été l’Iran d’Ahmadinhejad, aujourd’hui.

Je termine par votre « solution toute faite » - comme d’habitude ! -, à propos de l’ONU. Ce n’est pas une raison, parce que Jacques Maillot a une plus grande gueule que les autres « G.G », pour oublier dans votre proposition de renforcer les pouvoirs de l’ONU, une « croyance au miracle » de plus – mais, vous êtes si friands de vœux pieux ! – que l’ONU dépend financièrement aujourd’hui, essentiellement, de la contribution des Etats-Unis ! Alors, de même que les pollueurs sont censés être les payeurs, les « payeurs » s’autorisent à être les « conseilleurs » : en acte, du moins !

En conclusion, sauf à vous d’établir la fausseté de mes affirmations, dont je rappelle que les détails figurent dans l’ensemble du courrier déjà adressé, et que vous ne devez pas ignorer dans vos analyses, je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Mesdames, Messieurs, mes salutations distinguées.

Annexe I – Texte « La lâcheté des élites »

[Cf. Texte, page 1 de ce blog]

Annexe II – Rappel du courrier antérieur

Direction - Lettres des 28 novembre 2003, 25 janvier, 21 novembre et 2 décembre 2004, 12 mai 2005

Alain Marschall et Olivier Truchot – Lettres des 6 août, 9 décembre 2005 et 9 février 2006

Karim Zéribi – Lettres des 9 septembre et 8 novembre 2005

Gaston Kelman – Lettres des 18 janvier et 12 octobre 2006, plus complément par fax du 12 octobre 2006






























 

Publié dans COURRIER "Médias"

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