Assez de mensonges !

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 10 octobre 2006 

Objet :
« Assez de mensonges ! »


Monsieur Malek Chebel
Le Point
Courriel : www.lepoint.fr/

 

Monsieur,


Votre nouvelle déclaration, parlant une fois de plus d’un « islam des Lumières » dans le numéro 1777 de l’hebdomadaire Le Point du 5 octobre 2006, m’incite à vous rappeler mon abondant courrier [Cf. lettres des 6 juillet et 6 octobre 2005, ainsi que celles des 15 mai et 6 août 2006], sans réponse à ce jour – et pour cause ! -, mais toujours à votre disposition.


Dans ce courrier, je dénonçais, arguments spinozistes et brunnériens à l’appui, le mensonge consistant à présenter la religion en général, et l’islam en particulier, comme l’expression de LA Vérité absolue ; une idée combattue notamment par Voltaire à propos du catholicisme. Toutefois, les religions monothéistes se rejoignent sur le plan du dogme avec leur « Dieu-Créateur », doté d’un prétendu « libre arbitre » lui permettant d’intervenir dans la vie des humains, selon sa soi-disant volonté libre précisément ; ce « Dieu-Créateur » trois en un, Dieu chrétien, Allah ou Yahvé, censé être le même pour tous – comme l’Histoire et l’actualité en témoignent ! -, ayant bien entendu un rôle spécifique, puisque s’occupant seulement de ses propres ouailles chrétiennes, musulmanes et juives ! On voit mal, en effet, comment Allah s’ingérerait dans la vie des chrétiens, par exemple, et ainsi en est-il du Dieu chrétien et juif vis à vis des fidèles des deux autres religions concurrentes : vous avez dit « un même Dieu » ou une sorte de « cartel religieux »..? !


Ce prétendu libre arbitre de l’un et l’autre Dieu est censé lui permettre de faire le tri, puisqu’il est Dieu, entre les bons et les mauvais fidèles, sinon il faudrait supprimer l’idée même de paradis et d’enfer, c’est-à-dire l’espoir et la crainte qui manipulent les fidèles. De même, lors des grandes catastrophes naturelles, dernier tsunami par exemple, ne devraient périr, en bonne logique conforme au libre arbitre du Dieu superstitieux, que les mauvais fidèles soumis au châtiment divin pour n’avoir pas obéi à ses commandements ou respecté ses interdits ; le tsunami dépendant, en effet, de la seule volonté libre de l'un ou l'autre Dieu. : quand je vous disais qu'il s'agissait d'un « cartel » ! Allah, Yahvé et le Dieu chrétien doivent se concerter avant de déclencher les catastrophes ! ! ! 

 

Ainsi, dans le cas du tsunami dévastateur du Sud-est asiatique, n'auraient donc dû périr pour les raisons précitées que les mauvais musulmans, à savoir les impies. Sinon, dans le cas contraire, serait établie l’inconséquence d’Allah - et de son Prophète -, puisqu’il punirait indistinctement pieux et impies, au mépris de son libre choix – choix juste, de surcroît, sinon c’est à désespérer de Dieu présenté comme infiniment juste !


Etes-vous donc si sûr pourtant que n’ont pas également péri, lors de ce tsunami, des musulmans très respectueux des cinq piliers de l’islam, parmi lesquels des imams par exemple ? Allah ferait-il donc périr indistinctement les pieux et les impies ? A quoi vous dégoûter de « croire » en lui, puisque, comme c’est bien connu :

« Si les hommes avaient le pouvoir d’organiser les circonstances de leur vie au gré de leurs intentions ou si le hasard leur était toujours favorable, ils ne seraient pas en proie à la superstition. [Spinoza, Traité de l’Autorité politique]


J’ai d’autres contradictions et incohérences à votre disposition pour démontrer que la religion, toutes religions monothéistes confondues, est tout sauf l’expression de la philosophie des Lumières, comme je l’ai amplement démontré précédemment avec des arguments philosophiques d’un autre ordre, dont vous refusez de débattre. En effet, j’attends toujours votre analyse critique du texte « Entendement pratique, Philosophie, Superstition », dans lequel j’oppose le « dualisme » superstitieux ou croyance en l’existence de « deux » absolus – une « impossibilité absolue » par définition ! -, des religions et de l’idéalisme de Descartes et de Kant - ainsi que celui du matérialisme, d’ailleurs ! -, au UN absolu de la philosophie véritable.


Aussi longtemps que vous refuserez de débattre sur le fond, c’est-à-dire de confronter le « Dieu-Créateur » religieux ou idéaliste de Descartes et de Kant - avec son libre arbitre, ses contradictions et ses incohérences - au « Dieu » ou Substance de Spinoza, exempt de toute contradiction et de toute incohérence, vous continuerez à tromper l’opinion et pire, à entretenir le conflit interreligieux qui menace le monde . En effet, pour chacun des fidèles de chaque religion monothéiste, le seul Dieu, le vrai Dieu, est son propre Dieu, chrétien, musulman ou juif, comme l’exprimait, en d’autres temps, le sinistre « Gott mit uns » : un Dieu « partisan », en somme ! Vous avez dit « islam des Lumières »..? !


Je ne reviens pas ici en détail sur les pratiques obscurantistes spécifiques à l’islam [charia, fatwa, djihad, lapidation de femmes, etc.], dont j’ai largement parlé par ailleurs, puisque chacun, à notre époque ultra-médiatisée, peut voir encore à l’œuvre charia et fatwa, y compris en France au XXIe siècle – une époque dite pourtant moderniste !


Malgré ces réalités incontestables sur le fond et sur les pratiques, de soi-disant intellectuels musulmans, à l’exemple de Mohammed Arkoun et Abdelwahab Meddeb, n’hésitent pas à entretenir la confusion entre islam et philosophie ; le dernier nommé faisant même appel à Spinoza pour justifier ce que je dénonce comme étant « totalement incompatible » : le Dieu religieux et le « Dieu » spinoziste, au mépris de la démonstration more geometrico établissant que l’Absolu est UN et non « duel » !

L’Absolu ne peut être qu’UN, puisque l’Absolu est infini - entre autre -, « sans limite » ; or, si deux absolus coexistaient, chacun serait-il « sans limite », ou limité par l’autre..? ! Donc, aucun des deux n’étant plus sans limite, ni l’un ni l’autre ne serait plus « absolument absolu » l


En conclusion, je persiste et signe : « Vous mentez sur l’islam en parlant d’un « islam des Lumières » avec son Dieu fictif conduisant au dualisme des absolus ! Vous trompez l’opinion, et vous continuerez à la tromper, aussi longtemps que vous refuserez de confronter la religion, avec son « Dieu-créateur » et son libre arbitre, au « Dieu-Substance » de Spinoza guidé par la « nécessité » de sa nature, puisque le dualisme des absolus, socle de la religion et de l’idéalisme, voire du matérialisme, est une « impossibilité absolue » par définition, comme sommairement démontré ci-dessus !


Appeler à la rescousse de l’islam Ibn Rushd (Averroès) et Ibn Sinâ (Avicenne) n’est d’aucun secours, lorsque l’on sait que leur soi-disant philosophie se fonde sur Aristote, et que l’aristotélicisme n’est qu’un « dualisme » pré-religieux, avec son primus motor et sa matière prétendument absolue. Il ne sert donc à rien pour établir la compatibilité entre religion et philosophie : religion et « vraie » philosophie de l’UN sont « totalement incompatibles » ! En conséquence, l’islam n’aurait une chance de devenir « philosophique » qu’à la condition expresse de se débarrasser d’Allah : tout un programme ! Et c’est pourquoi la soi-disant réforme de l’islam attendra encore des siècles, voire des millénaires !


Je vous remercie néanmoins de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.











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