Edito du Monde [R.Redeker - Annexe 2]

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Dans son éditorial du 1er octobre 2006 "Pour Robert Redeker", le quotidien Le Monde a écrit :

Aux yeux de Robert Redeker, "Mahomet est un maître de haine". Pour l'avoir écrit dans les pages "Débats" du Figaro, ce professeur de philosophie de la région toulousaine a déclenché une vague moyenâgeuse d'intolérance. Menacé de mort par courriels, cloué au pilori sur des forums djihadistes où figurent sa photo et son adresse, il a dû quitter son domicile et se cache aujourd'hui, protégé par la police.

Membre du comité de rédaction de la revue Les Temps modernes, fondée par Jean-Paul Sartre, Robert Redeker est, à 52 ans, un auteur prolifique, un pamphlétaire au long cours dont les "papiers" publiés dans de nombreux organes de presse ne sont pas faits pour plaire. Celui qu'il a donné au Figaro le 19 septembre lui ressemble : excessif, approximatif et pour tout dire provocateur. Il y explique que l'interdiction du string cet été à Paris-Plages "traduit une islamisation des esprits". Il y soutient qu'"à l'identique de feu le communisme, l'islam tient la générosité, l'ouverture d'esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques pour des marques de décadence". Et il y traite Mahomet de "chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame".


Le philosophe qu'est Robert Redeker fait certainement la distinction entre l'islam, la religion, et l'islamisme, une idéologie. Mais ce n'est pas le registre qu'il a choisi. Libre à lui. Libre, comme liberté de penser et liberté d'expression.


Le numéro du Figaro où figurait son brûlot a été interdit en Tunisie et en Egypte. Et sur la chaîne Al-Jazira, un prédicateur islamiste connu s'en était pris, au lendemain de sa parution, à l'article litigieux, faisant retentir le tocsin dans tout le cyberespace.
Telle la tribune de Robert Redeker, les écrits et les dires se propagent aujourd'hui à la vitesse de l'éclair. Qui croit être lu par les seuls habitués du Figaro heurte au même instant des millions de sensibilités dans le monde. Le retour de bâton suit le même chemin, avec la même célérité : courriels assassins ou vengeurs, menaces et mobilisation générale contre les "impies".


Ce changement d'échelle ne justifie aucune autocensure, mais prouve une fois de plus que chacun est écouté sinon entendu partout, jusqu'aux confins du village planétaire. Comme le montre l'affaire Redeker, on ne parle pas à sa paroisse comme à la multitude. C'est ce qu'a voulu dire Dominique de Villepin, le premier ministre, qui a pris fermement la défense du professeur de philosophie : "Nous sommes dans une démocratie, chacun doit pouvoir s'exprimer librement, dans le respect, bien sûr, des autres. C'est la seule limite qui doit être acceptée à cette liberté." Pointe extrême de la liberté d'expression, le blasphème ne saurait être lancé sans risque. Mais il ne saurait, en aucun cas, justifier les "fatwas" lancées contre son auteur.

 

N B : A remarquer le propos de "couille molle" de Dominique de Villepin. Il se borne à suivre fidèlement le catéchisme universel contemporain ou Déclaration universelle des droits de l'homme dans ses contradictions ! Celui-ci, en effet, proclame la liberté d'expression absolue dans son article 19, et de l'autre, la livre à l'arbitraire [Cf : "dans le respect", mais qui en décide de facto ?] dans son article 29 !


Voilà ce qu'il advient quand on veut "transposer l'Idéal dans le quotidien" !



Publié dans PHILOSOPHIE

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