« Taxe carbone et "débilité intellectuelle" »

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 4 septembre 2009

 

Objet :

« Taxe carbone et "débilité intellectuelle" » 

 

Madame Laurence Parisot

MEDEF

55, avenue Bosquet

75007 PARIS

Fax : 01 45 51 20 44

 

Madame,

 

Votre récente prise de position forcément intéressée contre la taxe carbone, pompeusement baptisée « contribution climat-énergie » - une opinion, qu’un égoïste comme moi ne peut manquer de comprendre et d’accepter -, m’incite à solliciter votre concours médiatique pour dénoncer publiquement l’ « arnaque » universelle se faisant fort aujourd’hui de remédier au réchauffement de la planète, car, au vu de nombre de vos déclarations, je crois avoir compris que vous n’aviez pas votre langue dans votre poche.

 

En l’occurrence, si l’on peut assurément débattre de la réalité ou non d’un réchauffement actuel de la planète, puisque ce qui est constaté dans l’hémisphère nord n’est pas avéré dans l’Antarctique, force est de constater que le climat n’a pas cessé de varier du chaud au froid, et vice-versa, au cours des millénaires, voire des millions d’années précédentes, tout comme il continuera à changer au fil des siècles et des millénaires à venir. Ainsi, même si nous parvenions « par miracle » à régler aujourd’hui le thermostat de la planète à la bonne température - laquelle, d’ailleurs, puisque les humains sont bien incapables à jamais de s’accorder uniment sur la pluie et le beau temps ? ! -, le climat de la Terre n’en serait pas stabilisé pour autant jusqu’à la fin des temps, et nos plus ou moins lointains descendants seraient donc mis à nouveau à contribution.

 

Nonobstant, l’arnaque contemporaine se manifeste par la « croyance au miracle » des humains du XXIe siècle, qui ne doutent nullement de leur toute-puissance à maîtriser à leur convenance les forces de la nature pour instaurer sur la planète un « climat sur mesure » pour l’éternité - et ce, en se fondant seulement sur leur prétendue volonté libre, telle qu’illustrée aujourd’hui par le « Yes, we can » de Barack Obama.

 

Or ce slogan de campagne n’est qu’une resucée de notre bonne vieille « méthode Coué » à la française, selon laquelle il suffirait de vouloir pour pouvoir, alors que les résultats sont toujours renvoyés à DEMAIN, et seulement DEMAIN, ainsi qu’il en va notamment de la liberté et de l’égalité, ou tout simplement des premières intentions de Barack Obama en Iran ou en matière de santé aux Etats-Unis – sauf concours favorable, évidemment, de l’enchaînement infini de l’infinité des causes et des effets, qui préside à la  production de TOUT ce qui survient dans notre monde : phénomènes naturels, évènements historiques, actions collectives et actes individuels.

  

Aussi, que les humains soient infiniment nombreux – la quasi-totalité de l’humanité, en fait ! - à ignorer la « nécessité » spinoziste, fondée sur l’ « inéluctabilité » de la chaîne causale infinie, est une chose, mais qu’ils fassent reposer le devenir du monde sur leur seule volonté soi-disant libre en est une autre ! En effet, croire que tous les évènements du monde, évoqués ci-dessus, dont le climat de la planète en particulier, dépendraient seulement de notre prétendu « libre arbitre », revient tout simplement à se prendre pour Dieu, ou à se croire la cause première dans toutes les circonstances de notre vie, puisque nous y serions, à tout instant, le premier maillon de la causalité infinie, en ignorant superbement les infinis déterminismes auxquels nous sommes « nécessairement » soumis, sans aucune échappatoire possible – vous avez dit « débilité intellectuelle » ? OUI, je persiste et je signe, mais il n’est interdit à quiconque ni à vous-même, évidemment, de démontrer le contraire !

 

Or, comme le texte annexé, Mensonges et lâcheté des élites, l’établira, j’attends toujours, depuis plus de dix ans, que l’une ou l’autre des soi-disant « élites » d’aujourd’hui nommément dénoncées - preuves matérielles à l’appui -, tous milieux confondus [Médias, responsables politiques, intelligentsia (prétendus intellectuels ou pseudo-philosophes) et associations moralisatrices à sens unique], fassent la moindre objection sur le fond à ma constante dénonciation de leurs mensonges et de leurs « croyances au miracle » résultant seulement de leur penser superstitieux dans ses divers modes d’expression, tel qu’il est mis en évidence dans ce document – sauf à vous-même, évidemment, d’établir le contraire !

 

Pour revenir concrètement à la question controversée, à savoir l’illusion climatique des humains du XXIe siècle, je n’entends pas reprendre ici l’intégralité des arguments dénonçant les mensonges et les « croyances au miracle » du scientisme contemporain, puisque vous les trouverez amplement développés dans ma lettre du 29 juin 2007 à Nicolas Hulot, transmise notamment au quotidien Le Monde, mais superbement ignorée, ainsi que dans celle du 1er juillet dernier à Daniel Cohn-Bendit, accompagnée de mon courrier du 20 janvier dernier, adressé en envoi recommandé avec accusé de réception à Jean-Louis Borloo, auquel était jointe ma lettre du 20 décembre dernier à Nathalie Kosciusko-Morizet.

 

Je  tiens également à votre disposition ma lettre du 18 septembre dernier à Nicolas Sarkozy, dénonçant la Superstition dans ses divers modes d’expression, et notamment sur la question climatique - une lettre également expédiée en envoi recommandé avec accusé de réception, mais dont seul le récépissé officiel de l’Elysée tient lieu d’argumentation contraire ! Comme tous les autres destinataires se sont bien gardés aussi de répondre, ceci laisse supposer que, sur cette question et sur bien autres, ils sont également dépourvus de solides arguments. Et ainsi le monde continue-t-il à mentir et les élites à colporter les mensonges du monde - donc à manipuler et à tromper l’opinion !

 

J’en veux pour preuve ce propos de Xavier Bertrand, déclarant ce matin même sur France Culture :

 

« Le réchauffement climatique n’est pas une fatalité contre laquelle on ne pourrait rien faire. »

 

Faute d’apporter la preuve évidente du contraire, que seuls nos plus ou moins lointains descendants seront en mesure d’établir au vu de leur constat du jour, avec un recul suffisant, je suis bien obligé de constater toutefois que les atermoiements sur le montant de la taxe carbone témoignent que chacun, ou presque, veut sauver la planète d’un danger mortel présumé, mais à condition que cela ne lui coûte pas trop - comme si l’on pouvait rechigner sur les moyens pour l’accomplissement d’une tâche bien au-delà des douze travaux d’Hercule réunis !

 

Pour terminer, je résume mon opinion sur l’impossibilité « à jamais » de réguler le climat de la planète, à notre seule convenance, par cette question posée au GIEC dans ma lettre du 2 courant, et qui se fonde sur un argument à validité éternelle :

 

« In an universe, where EVERYTHING is in a perpetual movement, which is the  UNIQUE cause of the unceasing transformation of all the things of our world, human beings included,  HOW it would be possible to definitively stabilize anything, and thus to establish on the planet a custom-made climate for the eternity, excepted, precisely, by stopping this movement itself ? »

 

Dans l’attente de vos éventuelles objections scientifiquement et philosophiquement étayées, j’espère que votre facilité d’accès aux médias permettra de faire revenir l’humanité sur cette « arnaque » planétaire, à classer, chronologiquement parlant, après l’ « invention » de la religion et celle du catéchisme soi-disant universel contemporain, ou Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, dont seule l’inobservation est réellement universelle – sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, d’établir le contraire !

 

Je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Madame, mes salutations distinguées.

 

Annexe : I - Lettre du 29 juin 2009 à Nicolas Hulot
              II  Lettre du 1er juillet 2009 à Daniel Cohn-Bendit

             III - Mensonges et lâcheté des élites

 

 

                                                                                   

 

 

 

 

Publié dans COURRIER "Divers"

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