« Retraite dorée, langue de bois, contradictions et autres mensonges ! »

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 28 mai 2009


Objet :

« Retraite dorée, langue de bois, contradictions et autres mensonges ! »

 

Monsieur Jean-François Kahn

Marianne

32, rue René Boulanger

75010 PARIS

Fax : 01 53 72 29 72

 Courriel :

 s.marty@journal-marianne.com

 

 

Monsieur,

 

La conjonction de différents faits vous concernant, tant à titre public que privé, me donne l'occasion, non seulement de vous rappeler l'abondante correspondance adressée entre le 15 juillet 1997 et le 13 juillet 2007, soit près d'une vingtaine de lettres, mais aussi d'établir des contradictions dans vos propos, voire une certaine incohérence entre vos propos et vos actes, sur différents sujets d'hier et d'aujourd'hui, notamment en matière de Vérité.

 

A titre public, je me réfère à votre candidature pour les prochaines élections européennes sur la liste du MoDem ainsi qu'à votre récente intervention sur Canal + dans l'émission de Thierry Ardisson, « Salut les Terriens ! », et à titre privé, je me fonde sur la relecture de vos réponses sans jamais une objection argumentée sur le fond. Et forcément, refuser obstinément de débattre sur les idées donne la « certitude » d'avoir toujours raison - du moins le croit-on, comme c'est votre cas, encore faut-il le démontrer !

 

Sur ce plan, toutefois, s'il y a une chose que je vous mets au défi d'établir à mon encontre, c'est bien précisément mon « refus de débattre », puisque je n'ai eu de cesse, durant plus de dix ans, d'inviter la quasi-totalité des soi-disant « élites » de l'époque, dont vous-même, à confronter tous leurs points de vue relatifs partisans à LA Vérité éternelle absolue - mais, toujours en vain jusqu'ici !

 

Pourtant, refuser de répondre sur le fond à cette correspondance visant précisément à dénoncer les mensonges et les « croyances au miracle » du penser superstitieux humain dans ses divers modes d'expression [Religion, métaphysique (scientisme matérialiste et pseudo-philosophie idéaliste), idéologie et moralisme], c'est d'abord les cautionner implicitement, puis laisser à jamais la société humaine universelle, donc également la nôtre, continuer à fonctionner comme aux pires temps obscurantistes, sans aucun espoir de changement dans ses sempiternelles promesses mensongères sans lendemain et ses jugements superstitieux moralisateurs partisans - les millénaires passés témoignent amplement en ma faveur, de Socrate à Spinoza notamment, sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire !

 

Certes, au vu de la longue liste des soi-disant « élites » d'aujourd'hui, tous milieux confondus [Médias, politiciens, intelligentsia (prétendus intellectuels ou pseudo-philosophes) et associations moralisatrices à sens unique), qui figurent dans le document annexé, Mensonges et lâcheté des élites, votre mentor, François Bayrou, et vous-même êtes en très bonne compagnie - deux présidents de la République en exercice, voire un potentiel troisième, excusez du peu ! En effet, comme tous ces faiseurs d'opinion d'aujourd'hui, vous préférez ne jamais répondre sur le fond, faute sûrement d'en avoir les arguments intellectuels et philosophiques nécessaires - mais il ne vous est pas interdit d'apporter la preuve du contraire, comme je l'attends depuis plus de dix ans !

 

Jusqu'ici, en effet, toutes vos réponses se sont bornées à des attaques personnelles, quitte à mentir en m'accusant de prétendues insultes à votre égard, et quant aux idées, vous n'avez su que railler « ma certitude » sans jamais renoncer pour autant à votre propre certitude en des croyances superstitieuses : celle de « changer le monde », ou celle en un soi-disant « libre arbitre », par exemple - c'est précisément ce que j'appelle colporter les mensonges du monde, sur lesquels les menteurs refusent obstinément de s'expliquer !

 

Quelle pire accusation puis-je porter contre eux, donc aussi contre vous, sans les décider pour autant à démontrer la fausseté de mes propos ? Il faut croire, comme je n'en ai aucun doute, que leurs intérêts égoïstes spécifiques de toutes sortes, individuels et collectifs, sont plus importants pour eux que LA Vérité, au point même d'avoir peur d'en débattre - mais je ne suis pas naïf, et la véritable raison du refus de l'affronter, outre les intérêts soulignés, est tout simplement que les menteurs n'ont rien à objecter à LA Vérité absolue ! ! !

 

Sur le premier point évoqué, j'attends toujours la preuve tangible de mes prétendues insultes, puisque vous n'avez jamais répondu à mon courrier du 18 décembre 2005 en réponse à votre lettre du 15, où vous écriviez : « Toutefois, je dois vous faire savoir que si vous en retiriez les insultes, je prendrai volontiers connaissance de votre lettre avec le plus grand intérêt... d'autant que j'en partage certaines des idées ». Certes, vous prouviez ainsi  seulement que « lorsque l'on n'a rien à dire sur le fond, on s'en prend à la forme ou au costume ! », comme disait Lionel Jospin, en son temps. 

 

Assurément, outre votre attaque personnelle injustifiée, puisque non encore établie à ce jour, vous pouvez m'accuser d'avoir dénoncé votre lâcheté et votre malhonnêteté intellectuelles, et je le reconnais bien volontiers - pire, je m'en glorifie ! Cependant, il ne tient qu'à vous de démontrer que votre obstination dans le refus de débattre sur le fond, malgré de multiples invitations en ce sens, n'en est pas une preuve manifeste.

C'est d'autant plus facile ensuite, faute de faire valoir des objections intellectuellement et philosophiquement étayées sur le fond, de dénigrer « ma certitude », alors que je vous ai toujours immanquablement renvoyé aux grands diseurs universels de LA Vérité éternelle absolue sur laquelle elle se fonde.

 

Selon Spinoza, en effet, le « Vrai », ce qui est absolument vrai, contient « en soi » la certitude de LA Vérité (absolue) : celle qui ne comporte pas de contradictions, pas d'incohérence, pas d'autres vérités lui faisant face, et qui suffit donc à invalider toutes les vérités relatives de notre monde dans leur prétention à exprimer l'Absolu, à dire LA Vérité absolue. Toutefois, en ricanant sur « ma » certitude du Vrai - exactement celle de Spinoza pourtant ! -, peut-être ignorez-vous encore aujourd'hui qu'il n'avait pas pour habitude, dans le véritable domaine philosophique (celui de voie et voix de l'Absolu), d'affirmer quoi que ce soit sans le démontrer more geometrico.

 

En tout cas, vous l'ignoriez, lorsque vous avez écrit un ouvrage intitulé, « Esquisse d'une philosophie du mensonge », où vous n'hésitiez pas à compter Spinoza au nombre des menteurs - d'où ma lettre d'alors, dont je n'ai conservé que votre réponse prouvant son envoi. Toutefois, je suis moins étonné, aujourd'hui, de votre persistance dans la méconnaissance de LA Vérité, car je viens de me procurer à nouveau votre livre - merci eBay ! -, dans lequel vous écriviez dès la première ligne de la première page du premier chapitre « PRÉAMBULE » :

 

« La nature de la vérité, son statut, son caractère accessible ou non accessible constituent l'objet que la philosophie, depuis des lustres, se propose d'atteindre. Mais sans y être encore parvenue. » - ite missa est !

 

Il faut croire qu'à l'époque je n'avais pas dû dépasser ce bref extrait pour me faire une idée de votre pseudo-connaissance et de votre amour de LA Vérité, précisément parce que vous ignoriez que l'Absolu, réalité ou Vérité absolue, « EST », de toute éternité - contrairement à toutes les vérités relatives de notre monde, variant, ici et là, au fil du temps et des contrées ! 

 

Il vous reste donc toujours à démontrer la fausseté de la Parole des grands diseurs universels de l'Absolu, de LA Vérité absolue, à savoir celle des mystiques authentiques, parmi lesquels Lao-Tseu, le Bouddha et le Christ, entre autres, et des « vrais » philosophes du UN absolu, tels Socrate, Giordano Bruno, Spinoza et Brunner, leur héritier spirituel. C'est d'eux, en effet, que je tiens ma certitude du « Vrai » absolu, celui qui permet d'invalider toutes les croyances superstitieuses des religions, des pseudo-philosophies matérialistes ou spiritualistes,  des idéologies et des morales, précisément parce que toutes se fondent sur le « dualisme » des absolus, ce qui, philosophiquement parlant, est une « impossibilité absolue » par définition - sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire !

 

Mais vous avez peur de LA Vérité absolue, à l'exemple des superstitieux « censeurs » d'hier, ceux qui ont empoisonné Socrate, crucifié le Christ, envoyé Giordano Bruno au bûcher et excommunié Spinoza, entre autres, tout comme il en va encore des censeurs communautaristes d'aujourd'hui envers des idées qui contrarient leurs intérêts partisans  - et assurément ceux de demain aussi !

Ils sont superstitieux, parce qu'ils jugent et condamnent moralement les Autres au nom des soi-disant Bien et Mal absolus, alors que, en réalité, La Vérité éternelle absolue dérange précisément leurs intérêts individuels et collectifs de toutes sortes - financiers et électoraux, par exemple, de nos jours. Toutefois, si vous tenez vraiment à démonter la propre « certitude » des diseurs universels de LA Vérité en matière d'absolu, de réalité ou Vérité absolue, il vous suffit d'établir une seule contradiction ou une quelconque incohérence dans leurs écrits ou leurs propos, sachant néanmoins qu'aucun des soi-disant intellectuels et pseudo-philosophes médiatisés d'aujourd'hui n'a encore osé essayer jusqu'ici, malgré mes multiples invitations en ce sens !

 

Commencez donc par Spinoza, d'ailleurs, puisque son Éthique dénonce la religion, donc aussi le spiritualisme et le matérialisme fondés pareillement sur le dualisme superstitieux des absolus, mais également le moralisme, puisque celui-ci a d'autant moins à voir avec la « morale » que ce mot ne se rencontre pas une seule fois dans l'Éthique. Quant à son Tractatus politicus, il condamne également sans appel l'idéologie, source des infinies oppositions politiciennes d'aujourd'hui, à travers la planète, entre deux visions superstitieuses du monde, dont chacune prétend pouvoir transposer l'Idéal dans le quotidien - un Idéal et son contraire, en somme !

 

Et ce seul vœu pieux, forcément, pour ne pas dire « absurde », suffit à nous ramener au concret quotidien d'aujourd'hui, tel qu'il est illustré, à longueur de temps, par les politiciens ou ceux qui aspirent à en être, qu'il s'agisse de l'Europe ou de la première réforme venue, quel qu'en soit le domaine (environnement, réchauffement climatique, nucléaire, université, lycée, emploi, hôpital, logement, prisons, transports, ,justice, etc.). Chaque camp, en effet, conteste par principe, c'est-à-dire au nom de « sa » vérité relative, la réforme proposée par les Autres, au prétexte qu'elle ne correspond pas à sa propre conception idéalisée, laquelle est mensongèrement présentée comme si elle était réellement l'Idéal, bien que celui-ci demeure à jamais inconnaissable « en soi »  pour nous les humains.

 

Là, réside l'incontestable supercherie, la véritable imposture, la réelle « escroquerie intellectuelle » planétaire, qui agit de manière identique dans toutes les idéologies et toutes les morales de notre monde, puisque toutes tombent dans le péché capital de l'entendement humain, qui consiste à « absolutiser le relatif », croyant ainsi pouvoir faire de notre monde un monde idéal ! Cette croyance superstitieuse est la source fondatrice de tous les mensonges et de toutes les « croyances au miracle » du monde, dès lors qu'ils entendent « élever à l'Idéal » quoi que ce soit de notre monde, à commencer par notre monde lui-même. C'est en cela que notre monde ment, et que nos prétendues « élites » colportent les mensonges du monde - déjà,  du seul fait de refuser d'en débattre !


A SUIVRE... 

Publié dans COURRIER "Médias"

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