France Culture : «J'ACCUSE !» [BIS]

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 11 mai 2009


Objet :

J'ACCUSE [BIS] :

« Assez de mensonges, de manipulation, de lâcheté et de "débilité intellectuelle" ! »


Direction et Rédaction

France Culture

116, avenue du Président Kennedy

75016 PARIS

Courriel :

www.franceculture.com/

 

[A l'attention d'Alain Finkielkraut, Abdelwahab Meddeb, Alain-Gérard Slama, Alexandre Adler, Ali Baddou, Anthony Bellanger, Catherine Fourest, Clémentine Autain, Corinne Lepage, Marc Kravetz, Marcel Gauchet, Mireille Delmas-Marty, Olivier Duhamel, Pierre Rosanvallon et Ruth Stegassy]

 

 Mesdames, Messieurs,

 

Je vous ai transmis par courriel, le 11 dernier, une lettre d'une vingtaine de pages, qui avait pour objet, « Dieu, le Coran et l'obscurantisme sur France Culture », et qui était tout particulièrement destinée à l'attention des collaborateurs de France Culture rappelés en exergue ici.

 

Or, un mois plus tard, je suis au regret de constater que ce courrier, comprenant en annexe ma lettre du 18 septembre dernier à Nicolas Sarkozy, se trouve toujours sans réponse à ce jour. Votre silence confirme ainsi, conformément à ce qui figurait dans ma conclusion, votre intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » de la Superstition dans ses divers modes d'expression [Religion, métaphysique (Matérialisme et Idéalisme) et moralisme], que notre époque dite « moderne » continue de véhiculer comme aux pires temps obscurantistes.

 

Je retiens, toutefois, de votre obstination dans le silence et le refus de débattre qu'elle me suffit amplement pour justifier mon accusation de « lâcheté » intellectuelle à l'encontre de France Culture et des collaborateurs désignés, aussi longtemps que les uns et les autres refuseront de débattre ; et ce, d'autant plus que je tiens également à votre disposition ma lettre du 1er juillet 2007 ayant déjà pour objet, « J'ACCUSE : Assez de mensonges et de manipulation ! ». De plus, si j'ajoute à ce courrier la dizaine de lettres adressée aux uns et aux autres entre le 7 août 2006 et le 11 avril 2009, mais toujours sans réponse à ce jour, je pense avoir incontestablement prouvé votre lâcheté intellectuelle - sauf à établir le contraire, évidemment,  voire à démontrer la fausseté de mon argumentation sur des points très précis de ma lettre précédente, dont vous auriez pu arguer pour justifier votre silence en raison d'éventuelles contradictions ou d'une quelconque incohérence de fond !

 

Quant à votre « manipulation » de l'opinion, pour en donner un seul exemple manifeste, il me suffit de rappeler le débat surréaliste, un de plus, entre Michel Tubiana, président d'honneur de la Ligue des droits de l'Homme, et Stéphane Maugendre, président du GISTI, dans les « Matins » de France Culture du 13 dernier, à propos de l'immigration clandestine. En effet, organiser un débat, ou prétendu tel, entre deux personnes a priori d'accord sur tout en la matière, c'est une réelle « malhonnêteté » intellectuelle, car il ne doit pas manquer de personnes compétentes partageant un avis diamétralement opposé sur la question - forcément, dans un monde où tout est relatif et rien n'est absolu !

Cette malhonnêteté intellectuelle est d'autant plus avérée que le seul intervenant à émettre réellement quelques réticences de forme se trouvait être Olivier Duhamel, député socialiste européen ; un comble, puisque les trois débatteurs partageaient la même bienpensance sur cette question cruciale - sauf à établir le contraire, évidemment, au moyen d'éventuelles déclarations publiques condamnant la violation autorisée de nos frontières, - mais, je reparlerai de la « débilité intellectuelle » de l'époque ! ! !

 

Pour ce qui est des mensonges et des « croyances au miracle » du monde,  encore colportés aujourd'hui, je n'ai guère besoin de les établir sur le fond pour la énième fois, puisque tout mon courrier précédent a démontré qu'ils se fondaient uniquement sur l' « absolutisation du relatif ». Ce procédé, intellectuellement et philosophiquement malhonnête, est le critère fondamental de la Superstition sous toutes ses formes, à toutes les époques. Afin d'en juger à nouveau, je joins à cet envoi la copie de ma lettre du 11 dernier, de façon à vous permettre d'avancer vos éventuelles objections argumentées sur l'un ou l'autre des modes d'expression du penser superstitieux, tel que je le dénonce dans son mensonge fondamental consistant à faire passer pour absolu, pour vérité absolue, le contenu pensé seulement relatif de notre entendement pratique (penser en images et raison, ou imaginatio et ratio spinozistes)

 

Assurément, c'est très pratique pour les menteurs, et même très « juteux », de refuser obstinément le seul et unique véritable débat d'idées, maintes fois proposé. Il ne consiste pas à opposer entre eux - « à l'infini ! » - des points de vue relatifs partisans à d'autres, tout aussi relatifs et partisans, mais à les confronter, tous sans exception, à LA Vérité éternelle absolue qui suffit à tous les invalider dans leur prétention à exprimer l'absolu, LA Vérité absolue. Escamoter ce véritable débat permet notamment de soutenir « tout et son contraire » avec la même « FOI », et surtout de condamner moralement les Autres sur la seule base de croyances superstitieuses, à savoir les fictions du moralisme, de la superstition moraliste [Morale et condamnations moralisatrices des Autres au nom de LA Morale : LAQUELLE ?].

 

Sommairement rappelé ici, puisque déjà amplement démontré ailleurs, j'affirme que la religion - sans oublier sa fille Idéologie -, la métaphysique et le moralisme ne sauraient exprimer LA Vérité absolue, du seul fait de se fonder sur la coexistence de deux absolus, ce qui est une totale impossibilité sur le plan philosophique. Toutefois, au vu de l'importance grandissante du moralisme ambiant sur la planète, où chacun se croit autorisé à juger et à condamner sans cesse moralement les Autres [États, groupes d'appartenance et individus], je me dois de rappeler que les condamnations moralisatrices, toutes sans exception, se fondent uniquement sur un Bien et un Mal prétendument absolus.

Or, Bien et Mal sont seulement des valeurs relatives, mais fictivement absolutisées, c'est-à-dire mensongèrement érigées en Absolu ou Idéal, et il en résulte que la planète « Morale » fonctionne sur une véritable imposture, sur une réelle « escroquerie intellectuelle », dont les censeurs autoproclamés n'ont cure, puisqu'ils refusent d'en débattre - sinon, ils se dispenseraient de leurs jugements moralisateurs, de surcroît à sens unique !

 

Je me borne à en fournir deux exemples pris dans l'actualité la plus brûlante, puisque quasi quotidienne. Il s'agit de l'accusation d' « islamophobie » et du fallacieux amalgame entre antisémitisme et antisionisme, qui se fondent sur un point commun : tous deux confondent critique des idées et attaques personnelles.

 

Sur le premier point, d'ailleurs, notre époque confirme bien l' « obscurantisme », dont je l'accuse, notamment en matière de religion - toutes religions confondues -, ne serait-ce qu'à en juger par la place grandissante de la croyance religieuse dans le devenir quotidien du monde - sauf à quiconque, évidemment, d'établir le contraire, au vu des conflits interreligieux en cours sur la planète !

Toutefois, ce n'est pas pour autant que je récuse à quiconque son droit le plus légitime de croire à l' « aberration » de son choix, qu'elle soit religieuse ou idéologique, dans la mesure où nombre d'humains, la quasi-totalité, ont besoin de « croire au miracle » pour mieux vivre : à la vie éternelle et à l'ordre juste, par exemple - où que se situe le paradis espéré ! Par contre, si je ne récuse » à personne son droit légitime d'opinion et d'expression, ils sont infiniment nombreux à leur refuser, y compris à France Culture, puisque les « vertueux », comme  c'est de notoriété publique, condamnent les Autres sur la base de leur devise favorite : « Je suis vertueux, donc je condamne. » - à moins que ce ne soit l'inverse ! En réalité, toutefois, celle qui leur convient le mieux est la suivante : « Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais. » - vous avez dit « hypocrisie » ? !

 

Pour revenir à l'« islamophobie », d'abord, si vous entendez par-là la critique des dogmes de l'islam sur le fond, non seulement je vous renvoie au courrier précédent pour consulter sa justification sur le plan philosophique, tout comme il en va pour les autres religions monothéistes, mais je vous rappelle également la condamnation sans ambiguïté de la superstition musulmane par Spinoza dans sa lettre d'adieu à Albert Burgh.

Assurément, il ne suffit pas de faire des déclarations sur le magazine Elle pour dire : « Je peux faire aussi un cours sur Spinoza », et, dans le même temps, consacrer deux heures matinales à ergoter sur la meilleure façon de « Penser le Coran » ; c'est précisément dire « tout et son contraire », comme c'est le cas dans l'amalgame entre Spinoza et la religion. La « vraie » philosophie, en effet, est totalement incompatible avec la religion - sauf à l'intéressé ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire ! ! !

 

Ensuite, si l' « islamophobie » consiste à condamner les pratiques spécifiques à l'l'islam (charia, djihad, fatwa, lapidation des femmes, châtiments corporels, etc.), il faudra établir qu'elles sont bien conformes au catéchisme soi-disant universel contemporain, ou Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948, en matière de liberté et d'égalité notamment, mais j'attends avec curiosité votre démonstration contraire.

 

Enfin, si vous entendez par « islamophobie » un racisme stricto sensu envers une ethnie particulière, les Arabes pour parler clair, il est facile d'objecter que la centaine de millions d'Indonésiens, entre autres, ne fait pas partie de cette communauté, tout en étant musulmans, alors que l'usage du terme « islamophobie tend ici à sous-entendre, voire à accréditer, de façon partisane, des attaques ad hominem ; mais nous reparlerons de la « discrimination » en général, quand vous voudrez. En effet, c'est à ce sujet précisément que l'époque manifeste le plus, ici et maintenant, sa malhonnêteté intellectuelle avec sa division artificielle des humains en deux catégories, les bons, les « vertueux », les antiracistes, et les mauvais, les « salauds », les racistes.

 

Néanmoins, elle ne semble pas remarquer que les victimes potentielles du racisme stricto sensu se distinguent, non seulement par leur sexisme et leur homophobie, entre autre, mais également par leur racisme stricto sensu envers une ethnie différente, comme un procès actuel en Cour d'assises ainsi que des actes et des propos avérés lors de récents défilés contre le conflit à Gaza l'illustrent à merveille. Mais, c'est également de notoriété publique que les « vertueux » reprochent toujours aux Autres ce qu'eux-mêmes ont fait hier, et referont demain à la première occasion où leurs intérêts égoïstes de toutes sortes l'exigeront, au point de s'entre-accuser de racisme - alors, BASTA, avec leurs leçons de morale !

 
A SUIVRE...

Publié dans COURRIER "Médias"

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