« PARDON pour "ordre juste", autres mensonges, contradictions et "ma" lâcheté ? ! »

Publié le par Sylvain Saint-Martory

 Le 29 avril 2009

Objet :

« PARDON pour "ordre juste", autres mensonges, contradictions et "ma" lâcheté ? ! »

 

Madame Ségolène Royal

Parti Socialiste

10 rue de Solferino 
75007 PARIS

 Fax : 01 47 05 15 78

[A l’attention de Martine Aubry, Arnaud Montebourg, Bernard Kouchner, Bertrand Delanoë, Claude Allègre, Dominique Strauss-Kahn, Élisabeth Guigou, François Hollande, François Rebsamen, Henri Emmanuelli, Jack Lang, Jean Glavany, Jean-Marc Ayrault, Jean-Pierre Chevènement, Julien Dray, Karim Zéribi, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Malek Boutih, Manuel Valls, Michel Sapin, Olivier Duhamel, Robert Badinter et Vincent Peillon]
Madame,

Votre actuelle « croisade » politicienne partisane contre Nicolas Sarkozy, que vous poursuivez d'une rancune tenace de mauvaise perdante, vous a conduit à faire repentance au nom de la France, et éventuellement des Français, pour des propos jugés mal-pensants du chef de l'Etat envers l'Homme africain et José Luis Rodriguez Zapatero.

Or sans partager votre « mea culpa », tant sur la forme que sur le fond, comme je m'en expliquerai par la suite, il me procure une excellente occasion de vous rappeler l'abondante correspondance adressée depuis le 4 septembre 2006 jusqu'à ce jour, et en particulier ma lettre de synthèse du 2 mai 2007, expédiée en envoi recommandé avec accusé de réception, ainsi que l'atteste le récépissé postal daté du 6 du même mois constituant jusqu'ici votre unique réponse argumentée.

 

 

C'est pourquoi j'entends rappeler ici ce qui vous vaudrait également de « faire repentance », à titre personnel, en raison de propos mensongers de campagne, de fallacieuses promesses et d'évidentes contradictions entre les paroles et les actes, sans oublier votre « lâcheté intellectuelle » avérée, puisque j'attends encore, à ce jour, le début d'une réponse argumentée à ma synthèse d'une trentaine de pages dénonçant précisément les mensonges et les « croyances au miracle » du penser superstitieux dans ses différents modes d'expression, et en particulier dans l'idéologie et le moralisme.

 

Certes, je dois reconnaître, à votre décharge, que votre « lâcheté intellectuelle » est amplement partagée par la quasi-totalité des faiseurs d'opinion d'aujourd'hui, tous milieux confondus [Médias, politiciens, intelligentsia (soi-disant intellectuels ou pseudo-philosophes) et associations moralisatrices à sens unique), dénoncée dans un texte porté maintes fois à votre connaissance, Mensonges et lâcheté des élites, où vous figurez en bonne place.  

 

Si vous estimez toutefois que votre obstination dans le silence et le refus de débattre sur le fond, malgré une dizaine de lettres sans réponse, n'est pas une preuve de lâcheté intellectuelle, il faudra le justifier, ou, à défaut, démontrer que la fausseté de mes accusations, voire leur incohérence, étaient telles qu'elles ne méritaient pas une ligne de réponse sur le fond - d'ici-là, je pense avoir suffisamment établi votre « lâcheté intellectuelle », et je n'insiste donc pas davantage !

 

Pour ce qui est de votre « croisade » compassionnelle antisarkoziste sur la forme proprement dite, « je vous récuse totalement le droit de faire repentance en mon nom » pour des raisons précisées ci-après, et je doute fort par ailleurs que les 53% d'électeurs, qui n'ont pas voté pour vous, auraient un avis différent du mien sur votre actuelle repentance en leur nom - précisément, parce qu'ils n'ont pas voulu de vous pour les représenter à travers le monde !

 

En revanche, puisque vous vous êtes adressée devant un parterre de socialistes au Sénégal et en faveur d'un Premier ministre socialiste, la moindre honnêteté intellectuelle aurait voulu que vous exprimiez votre repentance seulement au nom des socialistes français - voire des électeurs du MoDem, entre autre, puisque leur leader est carrément passé « à gauche » par désamour de Sarkozy comme vous - après des décennies à droite ! -,  tout en s'avérant jusqu'à preuve du contraire, aussi « intellectuellement lâche » pour débattre sur le fond - il peut d'autant moins prétendre l'ignorer que mon courrier attendait également ses réponses argumentées sur le fond - en vain !

 

D'autre part, concernant seulement la forme de votre repentance, même les socialistes n'auraient pas forcément unanimement acquiescé à votre mea culpa en leur nom, du moins si j'en juge par ce propos de Jack Lang déclarant : « Comment peut-on à partir de rumeurs non vérifiées et même infirmées par les participants à ce déjeuner, s'adresser au chef du gouvernement espagnol au nom de la France ? », tandis que Jean-Marie Le Guen, député de Paris, estime également que la présidente de la région Poitou-Charentes n'a pas à s'exprimer au nom de la France - et ce d'autant moins, certainement, sur la base d'une information non vérifiée, et apparemment non vérifiable, sauf à vous ou à quiconque, évidemment, d'en établir l'authenticité absolue !

 

Analysée sur le fond, votre repentance pour les propos tenus par Nicolas Sarkozy, dans son discours à l'Université de Dakar, sur l' « Homme africain, pas assez entré dans l'Histoire », n'est pas véritablement justifiée, si on confronte votre opinion relative partisane à LA Vérité absolue. En effet, sur ce même discours, à quelques jours d'intervalle sur RMC Info, deux soi-disant philosophes, Bernard-Henri Lévy et Michel Onfray en l'occurrence, pourtant également peu suspects d'accointance politique avec le chef de l'Etat, ont jugé le discours de Dakar d'une manière diamétralement opposée : le premier l'estimant carrément RA...CIS...TE, tandis que le second déclarait que le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar n'était pas un discours raciste.

 

Pour en juger valablement, il suffit de voir la place accordée par le chef de l'Etat, sur les dix pages du discours, à faire « repentance » envers l'Afrique pour le passé colonial comme pour l'esclavage, tandis que les moralisateurs, les censeurs autoproclamés, passés maîtres dans l'art de dénicher la « phrase qui tue » pour  l'instrumentaliser, n'y ont vu qu'une mise en accusation de l'Homme africain - par ailleurs, en rien différent de tous les autres égoïstes de la planète dans ses affaires d'amour, d'argent et d'ego !

 

Néanmoins, les jugements diamétralement opposés de Bernard-Henri Lévy et de Michel Onfray en  disent long sur la « relativité » de toutes les opinions de notre monde et sur l'instrumentalisation politicienne partisane qui en est faite, en utilisant le procédé intellectuellement malhonnête consistant à « absolutiser le relatif », qui est la caractéristique fondamentale de toutes les formes de la Superstition. Et nous voici donc revenus à la source du penser superstitieux, qui mélange l'absolu et le relatif, autrement dit présente et fait passer fictivement - mensongèrement ! - comme absolu, comme réalité ou Vérité absolue, le contenu seulement « relatif » pensé dans et sur (à propos de) notre monde.

 

Ainsi vont les mensonges et les « croyances au miracle » du monde, au fil des siècles et des millénaires,  de sorte que notre époque superstitieuse n'est pas moins obscurantiste que toutes celles qui l'ont précédée. Elle l'est peut-être même davantage en matière d'idéologie et de moralisme, car chacun tend aujourd'hui à « absolutiser » ses opinions politiques et syndicales, par exemple, ainsi que ses jugements moralisateurs résultant seulement de la croyance superstitieuse en un Bien et un Mal prétendument absolus, sur lesquels se fondent toutes les condamnations moralisatrices d'aujourd'hui - mais j'y reviendrai !

 

Il n'en va pas autrement de votre repentance à propos de l'Homme africain, dont vous jugez avec votre penser superstitieux à propos du Bien et du Mal, et d'où les bien-pensants, essentiellement de gauche s j'en crois Jacques Vergès, tirent profit en faisant culpabiliser les Autres au nom d'un passé révolu de plusieurs siècles Ils auraient tort de se gêner, puisque la culpabilisation à sens unique s'avère très « juteuse » sur le plan électoral et financier - quitte à mentir et à manipuler l'opinion ! Cette instrumentalisation partisane sera forcément de plus en plus juteuse, électoralement et financièrement parlant, compte tenu de la physionomie nouvelle de la France du XXlème siècle, a fortiori des suivants. Toutefois, il serait très intéressant de connaître l'opinion de votre nouvel allié François Bayrou sur cette période révolue, car, précisément là-dessus, « on ne nous dit pas tout ! ».

 

Et notamment personne ne nous dit publiquement, c'est même plutôt le contraire, que, dans notre monde humain où tout est relatif et rien n'est absolu, « TOUT », fut-ce la période coloniale, comporte, à la fois, du "contre", du négatif, des inconvénients, et du "pour", du positif, des avantages, entre lesquels tranchent seulement les aspirations et les intérêts égoïstes des uns et des autres, à titre individuel et collectif, voire communautariste aujourd'hui ; et ceci suffit à établir que Bien et Mal absolus n'ont aucune réalité dans notre monde - sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire sur le fond !

 

D'abord, en effet, le dualisme des Bien et Mal absolus exclut leur « absoluité », puisque la coexistence de deux absolus est une impossibilité absolue par définition, philosophiquement parlant, comme il est possible de le démontrer more geometrico, à la manière de Spinoza. Ensuite, sur le seul plan rationnel, si le Bien « absolument absolu » existait absolument, il comporterait « exclusivement » du "pour", du positif, des avantages, et inversement le Mal absolu ne présenterait que du "contre", du négatif, des inconvénients - c'est pourquoi il ne vous est pas interdit d'en proposer un seul exemple réel dans notre monde ! D'ici-là, vous aurez apporté la preuve manifeste que toutes vos condamnations moralisatrices partisanes ne se fondent que sur cette imposture de valeurs relatives pourtant censées décréter ce qu'il serait absolument bien ou mal de penser et de dire !

 

Néanmoins, cette Vérité n'a pas empêché la « débilité intellectuelle » de l'époque, à moins que ce ne soit plutôt sa « malhonnêteté intellectuelle », de faire croire jusqu'au plus haut sommet de l'Etat et de ses institutions, président de la République et Parlement, entre autre, que la période coloniale aurait comporté « exclusivement » du "contre", du négatif, des inconvénients, comme la confirme encore aujourd'hui un récent propos de Yazid Sabeg déclarant : « Le colonialisme n'a rien de positif. ».

 

Sa nomination au poste de Commissaire à la Diversité et à l'égalité des chances, qui en a résulté, témoigne, une fois de plus, que les prétendus « vertueux » de l'époque prospèrent sur des mensonges, à l'exemple de François Hollande, entre autre, parlant, en son temps, de « cette gauche qui veut changer le monde et qui sait comment le changer. » [LCI, 21 novembre 2004]. Au cas où vous contesteriez mes propos sur le fond, ce qui est votre droit le plus légitime, je tiens à votre disposition ma lettre du 22 novembre 2004 à François Hollande ainsi que celle du 22 courant à Yazid Sabeg, ayant pour objet « Apartheid, égalité et "débilité intellectuelle" », mais la réponse sur le fond de l'un et de l'autre se feront encore attendre bien longtemps - et pour cause !.

 

D'ici-là, vérifions à l'aune des réalités constatées aujourd'hui même sur le terrain, si l'Homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire, c'est-à-dire pas encore sorti, en 2009, de pratiques ancestrales contraires à la Raison et au catéchisme soi-disant universel contemporain, ou Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948. Pour cela, au-delà de tous les discours moralisateurs à sens unique et des condamnations moralisatrices émanant de ressortissants du continent africain, voire des Caraïbes, qui n'ont ici de cesse de faire culpabiliser la France et les Français au nom d'un passé révolu, je vous invite à établir, voire à démontrer, que l'Afrique toute entière, du nord au sud du continent, ne ferait pas mieux de balayer devant sa porte - au lieu de condamner moralement les Autres, qui n'en peuvent mais !

 

En effet, sauf à nier la réalité, l'esclavage s'y perpétue comme aux époques révolues, de même que s'y trouvent toujours d'actualité : les guerres interethniques (sans oublier le génocide rwandais) et les conflits interreligieux avec leurs millions de victimes, les atrocités des cavaliers jenjawis musulmans au Darfour, les récents massacres entre ethnies au Kenya pour une banale fraude électorale, la chasse aux homosexuels en Egypte, aux albinos en Zambie, aux réfugiés zimbabwéens en Afrique australe - par ailleurs semblable à celle des clandestins haïtiens en Guadeloupe ! -, la corruption généralisée, l'absence quasi totale de démocratie, les enfants soldats et ceux exploités dans les plantations de cacao en Côte d'Ivoire, les inégalités sexistes envers les femmes (excision, polygamie, mariages forcés, etc.), tout comme je ne saurais passer sous silence le renvoi « respectif » de plusieurs centaines de milliers d'Algériens et de Marocains lors de la guerre du Polisario à propos du Sahara occidental, alors que vous poussez des cris d'orfraie dès qu'on touche ici à un seul immigré clandestin : vous avez dit « continent vertueux » ? !La seule dilapidation par des dictateurs africains des richesses produites par l'abondance des ressources naturelles, qui en fait le continent le plus pauvre de la planète, suffirait à établir le contraire - mais il ne vous est pas interdit de nier les évidences établies ci-dessus !

 

Toutefois, ainsi que je le préciserai par la suite à propos du moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des Autres au nom de LA Morale : LAQUELLE ? !], je n'affirme pas pour autant qu'il existerait sur Terre des individus et des groupes d'individus, « TOUS » critères d'appartenance confondus, réellement « irréprochables », au point de s'autoriser à donner des leçons de morale, voire d'égalité, aux Autres - même pas vous, d'ailleurs, comme en témoignent un certain propos gouvernemental ainsi qu'une toute récente décision de la Cour de cassation !

 

Pour donner des leçons de morale aux Autres, il faudrait commencer par être soi-même « irréprochable », sans confondre pour autant la critique des idées et les attaques ad hominem. En effet, face à l'Idéal, chacun - à commencer par moi ! - est forcément coupable, coupable de crime de lèse-Idéal ! Il n'y a donc pas, et il n'y aura jamais, d'individus ni de groupes d'individus, « TOUS » critères d'appartenance confondus, réellement irréprochables. Aussi, que tous ces donneurs de leçons de morale médiatisés (journalistes, politiciens, pseudo-philosophes ou prétendus intellectuels, associations moralisatrices à sens unique), pas plus irréprochables que tous les autres humains se gardent de polluer superstitieusement le devenir du monde - la crise a aujourd'hui d'autres chats à fouetter !

 

Comme j'ai déjà amplement analysé sur le fond la superstition idéologique dans le volumineux courrier antérieur, je n'entends donc pas reprendre ici l'abondante argumentation avancée, et c'est pourquoi je vous renvoie en la matière  à ma synthèse du 2 mai 2007. Je me borne à vous rappeler que j'y avais dénoncé votre « ordre juste », absolument juste, comme étant une « aberration intellectuelle et philosophique mensongère », et vous aurez donc encore tout loisir de démontrer le contraire. Il vous suffira seulement pour cela d'établir que, dans un monde en perpétuel mouvement, il serait possible d'instaurer un « ordre juste idéal », sachant toutefois que ce qui est absolu, idéal et parfait est également immuable, ce qui rend à jamais impossible de transposer l'idéal dans le quotidien - sauf à votre philosophe préféré, Bernard-Henri Lévy en l'occurrence, ou à quiconque, évidemment, de démentir philosophiquement mon propos sur le fond !

 

D'ici-là, assurément, vous continuerez à faire « croire au miracle » par le seul recours à la « méthode Coué », celle qui a vraisemblablement inspiré le « Yes we can » de Barack Obama : « Nous pouvons, parce que nous le voulons » ! Toutefois, il faudra d'abord m'expliquer comment changer le monde sans changer d'abord la nature égoïste de l'Homme, et donc comment modifier l'égoïsme inné de chacun, puisqu'il interdit à jamais de parvenir à un monde parfait, idéal, à un « ordre absolument juste ». Par ailleurs, un monde « plus juste », selon la formule de Martine Aubry lors de la récente réunion électorale de Toulouse, serait encore un « monde injuste », mais il n'est interdit à personne de rêver, de « croire au miracle » - faute de pouvoir penser vraiment ! ! !

 

Parmi les « autres mensonges » évoqués en objet, je retiens vos propos sur l'euthanasie et sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Sur le premier point, en effet, durant la campagne présidentielle, vous avez adressé, le 16 mars 2007, une lettre à Jean-Luc Romero, président de l'ADMD, dans laquelle vous écriviez :

 

« Je veux que nous allions courageusement au bout du débat pour pouvoir mettre en place, comme l'ont fait d'autres pays européens, une législation qui permette d'apaiser les souffrances les plus intolérables. »

 

Or, malgré cet engagement solennel de campagne, devenu depuis lettre morte, je suis au regret de constater que personne ne vous a entendu protester publiquement contre la nouvelle mouture de la loi Leonetti, qui n'est rien d'autre qu'une resucée de la précédente, à savoir le refus formel de légaliser l'euthanasie - sauf à vous-même d'avancer un argument prouvant votre intervention depuis lors, ne serait qu'un courrier adressé à Jean Leonetti dans le sens de votre promesse de campagne, comme je suis en mesure de le faire En effet, mes lettres des 26 mars et 5 octobre 2008 à son intention sont à votre disposition, même si l'intéressé n'a pas jugé utile de répondre - faute d'arguments valables jusqu'à preuve du contraire tout au moins ! Pour être tout à fait intellectuellement honnête sur cette même question, je me dois de rappeler que le candidat Sarkozy avait fait une promesse similaire en déclarant, le 11 février 2007 :

 

« On ne peut pas rester les bras ballants face à la souffrance d'un de nos compatriotes qui en appelle à ce que ça se termine. »

 

Or, peu après son élection, il invoquait de vagues raisons personnelles et philosophiques - puisque non précisées - pour refuser d'accéder à la demande d'euthanasie de Rémy Salvat, l'empêchant ainsi de vivre quelques années de plus, tout comme Chantal Sébire, sans prendre la peine pour autant de préciser les dites raisons, personnelles et philosophiques, de son opposition à la légalisation de l'euthanasie, ainsi que je les sollicitai dans ma lettre du 18 septembre dernier, dont le récépissé officiel de l'Elysée est à votre disposition. La nouvelle loi Leonetti est donc un « enterrement de première classe » de la promesse de campagne présidentielle des deux candidats avec leur accord tacite - mais il ne vous est pas interdit de reprendre le flambeau, à l'exemple de Manuel Valls, s'engageant, le 2 décembre dernier, à déposer une proposition de loi légalisant l'euthanasie : A SUIVRE !

 

Sur le second point concernant l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, votre position est à géométrie variable, selon qu'elle risque de vous nuire, ou non, sur le plan électoral. Ainsi, durant la dernière campagne présidentielle, avez-vous préféré réserver votre réponse sur la question, sachant pertinemment que vous risquiez forcément de mécontenter une partie de l'électorat, selon votre réponse favorable ou défavorable à l'Etat turc. Or, également après l'élection présidentielle, sur le plateau de l'émission, « On a tout essayé », vous vous êtes pourtant clairement prononcée « POUR » l'entrée de la Turquie - mais rassurez-vous les électeurs de 2012 l'auront sûrement oublié dans le cas de votre éventuelle nouvelle candidature, car heureusement pour les politiciens, les citoyens ont la mémoire courte et changent d'avis aussi souvent qu'eux !

 

Pour en terminer avec la superstition moraliste, dont j'ai déjà amplement dénoncé les fictions sur lesquelles elle se fonde, à commencer par l'imposture, l'escroquerie intellectuelle planétaire, d'un Bien et d'un Mal prétendument absolus, je ne peux manquer d'évoquer une énorme contradiction entre vos paroles et vos actes - la même qui sert précisément à définir au mieux les soi-disant « vertueux » de toutes les époques, autrement dit les hypocrites, donneurs de leçons de morale aux Autres, puisqu'ils croient être les porte-parole du Bien absolu !

 

Pour établir la contradiction entre vos paroles et vos actes, je tiens à votre disposition ma lettre du 20 novembre 2006, dans laquelle je dénonçai votre condamnation moralisatrice de Georges Frêche suite à ses propos sur la composition de l'équipe de France de football, jugée trop colorée à son goût personnel, et je vous reprochai donc de porter atteinte à la liberté d'expression - un droit, à propos duquel même le catéchisme soi-disant universel contemporain, ou Déclaration universelle des droits de l'Homme, recèle une énorme contradiction sur le fond !

 

Et ce, précisément parce que ses rédacteurs ont cru pouvoir mélanger impunément l'Absolu ou Idéal, et le relatif : la liberté d'expression absolue ou idéale, et la liberté d'expression relative, autrement dit « arbitraire ». C'est, en réalité, celle qui est dévolue à divers groupes de pression, notamment communautaristes aujourd'hui en France, quoique le Bien et le Mal sur lesquels ils se fondent n'aient aucune réalité absolue. En conséquence, ces groupes moralisateurs qui font l'opinion, faute d'exprimer l' « Idéal en soi » à jamais inconnaissable, ne font connaître que leur propre conception idéalisée des Bien et Mal seulement relatifs, qu'ils érigent « fictivement » en absolu, ou élèvent mensongèrement à l'Idéal - toujours pour le plus grand profit de leurs intérêts égoïstes, individuels et collectifs,  de toutes sortes ! Forcément, puisqu'ils ont le pouvoir, QUI donc va les empêcher de se prendre pour Dieu et décréter ce qui est absolument bien et absolument mal ? ! 

 

Même le catéchisme universel contemporain, la référence soi-disant planétaire du Bien et du Mal, n'exprime donc, comme tout autre catéchisme - religieux, idéologique, ou autre - rien d'absolument absolu, ou « en soi », c'est-à-dire indépendamment d'un penser relatif qui le pense. Tout catéchisme exprime seulement la conception idéalisée que chaque groupe humain se fait du Bien et du Mal, conformément aux commandements et aux interdits des puissants du jour qui les dirigent, ainsi que suffisent à le prouver d'innombrables exemples contradictoires de « relativité » en matière d'euthanasie, d'interruption volontaire de grossesse, d'abolition de la peine de mort, de gestation par mère porteuse, de mariage entre homosexuels, etc., etc., à travers la planète, voire seulement dans l'Union européenne - en clair, les uns interdisent ici ce que les autres autorisent ailleurs !

 

Et ainsi les articles 19 et 29 du catéchisme universel contemporain, dont seule l'inobservation est réellement universelle - sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, d'établir le contraire, à l'aune du devenir de la planète depuis six décennies ! - n'échappent-ils pas à la contradiction résultant de la confusion entre absolu et relatif, entre la théorie et la pratique, entre l'Idéal « en soi » et la réalité quotidienne. Cette confusion des genres vous concerne au premier chef en raison de la « perle » de votre ex-directeur de campagne, Jean-Louis Bianco en l'occurrence,  déclarant « sans rire » sur RMC Info : « On peut TOUT dire, mais il y a des limites. » (SIC !)

 

Certes, au royaume d'Ubu, on peut dire « tout et son contraire », voire « n'importe quoi », sans même y remarquer une quelconque contradiction - or, le Vrai ne saurait être absolument vrai, dès lors qu'il comporte une seule contradiction, ou une seule autre  idée lui faisant face ! En tout cas, aussi longtemps que les humains continueront à croire pouvoir transposer l'Idéal dans tous les domaines de la réalité quotidienne, comme il en va en matière de liberté, d'égalité, de fraternité, voire de logement, d'emploi, d'école, d'hôpital, de prison, etc., etc., forcément ces soi-disant élites, qui font l'opinion et les dirigent, perpétueront les mensonges et les « croyances au miracle » du monde jusqu'à la saint Glinglin - sempiternelle échéance de tous les manipulateurs d'espoir !

 

Après cette longue digression, j'en reviens à votre contradiction manifeste consécutive à votre condamnation moralisatrice de Georges Frêche, puisqu'il se trouve que j'ai aussi à ma disposition votre lettre du 19 décembre 2006 - réf : 20 -sté/nm -, dans laquelle vous écriviez notamment :

 

« Je condamne très fermement tout propos raciste et n'admettrai aucune exception. La liberté d'expression est, en France, encadrée par la loi qui interdit notamment tout propos à caractère raciste, xénophobe et homophobe.

 

Les instances compétentes du Parti socialiste ont été saisies. Les valeurs de la famille socialiste sont celles du respect, de la tolérance et du refus du racisme, et si les propos se révèlent avérés, la commission nationale des conflits prendra alors une décision conforme à nos statuts » [Fin de citation]

 

Outre que le récent Congrès socialiste de Reims a largement fourni à la France entière la preuve de ce que tolérance et respect signifient pour de prétendus camarades entre eux, quand leurs intérêts de toutes sortes sont en jeu, et le fait que vous passez plus facilement sous silence le sexisme qui sévit en France, ne serait-ce que par la pratique de l'excision, de la polygamie et des mariages forcés, voire des crimes d'honneur, la conclusion de votre contradiction, cerise sur le gâteau, est que « le » Georges Frêche vilipendé dans votre déclaration et dans votre lettre a, en fin de compte, bel et bien fait partie de votre « comité de soutien » durant la campagne présidentielle - une manière très socialiste de condamner le racisme et la xénophobie, sûrement ! ! !

Je m'en tiens là dans l'attente de vos éventuelles objections intellectuellement et philosophiquement étayées. Toutefois, pour vous prouver que je ne réserve pas simplement mes flèches à la gauche modérée ou révolutionnaire, je tiens à votre disposition ma lettre du 18 septembre dernier à Nicolas Sarkozy, ayant pour objet « Philosophie, euthanasie et "débilité intellectuelle" », ainsi que celle du 11 courant à France Culture, intitulée « Dieu, le Coran et l'obscurantisme sur France Culture », dans lesquelles j'ai dénoncé, et pense avoir démontré, la réalité des mensonges et des croyances au miracle » du monde colportés par la Superstition dans ses divers modes d'expression, à savoir la: religion, la métaphysique (scientisme matérialiste et pseudo-philosophie idéaliste), l'idéologie et le moralisme – un penser superstitieux, auquel, jusqu'à preuve du contraire, aucun camp et aucun milieu n'échappe !

En conclusion, au cas où vous vous poseriez la question de savoir d'où un illustre inconnu tient une telle certitude de comprendre la « vraie » philosophie, celle qui permet d'accéder à LA Vérité absolue, il vous suffit, pour avoir la réponse, de prendre part au seul et unique véritable débat d'idées, auquel je vous ai maintes fois conviée. Il n'est pas celui qui a cours à longueur de temps, d'antenne ou de colonnes, et qui consiste à opposer entre elles, à l'infini, des vérités relatives partisanes « fictivement érigées en absolu », en pseudo-vérité absolue, qu'ils s'agissent des religions, des catéchismes, des idéologies ou des doctrines métaphysiques du matérialisme et de l'idéalisme, mais à les confronter, toutes sans exception, à LA Vérité absolue. Elle seule, en effet, est en mesure de mettre un terme définitif, un arrêt indépassable, à notre penser relatif, ou penser du « relatif », et d'invalider toutes les vérités relatives dans leur prétention à exprimer l'Absolu, LA Vérité absolue. 

Aussi longtemps que vous refuserez de prendre part au véritable débat d’idées, ou tout au moins d’avancer vos objections contraires démontrées sur le fond, vous manifesterez votre intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde, tels qu’établis ci-dessus, et donc à tromper et à manipuler l’opinion. Ainsi, en effet, pour plagier Hervé Gattegno parlant de Bernard Tapie dans le numéro 1910 de l’hebdomadaire Le Point, « vos relations avec la vérité resteront empreintes de relativité. », au même titre, d’ailleurs, que les soi-disant élites mentionnées dans le document annexé.

Je vous remercie de votre attention et vous prie d'agréer, Madame, mes salutations distinguées.

Annexe : Mensonges et lâcheté des élites


[Les éventuels défauts de présentation constatés sont indépendants de ma volonté et seront corrigés le plus rapidement possible]                           

 

 

 

 

 

 

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Publié dans COURRIER "Politiques"

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