« Dieu, le Coran et l'obscurantisme sur France Culture » [PARTIE II]

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 11 avril 2009


Objet :

« Dieu, le Coran et l'obscurantisme sur France Culture »

 

France Culture

116, avenue du Président Kennedy

75016 PARIS

Courriel :

www.franceculture.com/


[A l'attention d'Alain Finkielkraut, Abdelwahab Meddeb, Alain-Gérard Slama, Ali Baddou, Alexandre Adler, Anthony Bellanger, Corinne Lepage, Marc Kravetz, Mireille Delmas-Marty, Olivier Duhamel, Pierre Rosanvallon et Ruth Stegassy]

 

Mesdames, Messieurs,

 

Cette contre-vérité universelle, outre qu'elle tombe dans des pratiques allant à l'encontre des droits de l'homme, ne doit pas nous faire oublier pour autant que Robert Redeker, Salman Rushdie, Taslima Nasreen et Ayan Hirsi Ali, entre autres, sont toujours sous la menace d'une fatwa ad vitam aeternam, faute d'une autorité spirituelle musulmane planétaire agréée pour la lever. Et ce n'est sûrement pas l'article virulent, publié dans lemonde.fr du 6 octobre 2006 par l'animateur de Cultures d'islam ("symboliquement constitué dans la croyance d'islam", selon sa propre formule) contre Robert Redeker pour avoir dénoncé la superstition islamique et ses pratiques au quotidien, qui effacera le péché originel de la superstition religieuse en général, et de la superstition musulmane en particulier - sauf à l'intéressé ou à tout autre prétendu philosophe de démontrer le contraire !

 

En effet, si la religion et la philosophie disaient « une et la même chose », outre que cela se saurait depuis longtemps, Spinoza n'aurait pas été excommunié ni Giordano Bruno envoyé au bûcher. Je parle ici, évidemment, de la « vraie » philosophie à UN absolu, et non de la pseudo-philosophie spiritualiste à deux absolus, dont le Dieu est identique à celui des religions monothéistes avec son acte créateur de notre monde et son soi-disant « libre arbitre ». Et précisément sur cet amalgame entre le Dieu de Spinoza et le Dieu des religions monothéistes, notre époque ne saurait mieux attester sa « débilité intellectuelle », devant les générations futures, qu'en tenant réellement pour un philosophe, et même le plus médiatisé chez nous aujourd'hui, celui qui ne craint pas d'affirmer, voire de réaffirmer, à propos de l'islam et du Coran : « C'est une grande religion, c'est un grand Livre. » ! Un philosophe faisant l'apologie de la religion, c'est tout sauf un philosophe, c'est un « philosopheur », qui a tout à apprendre sur la philosophie - hormis la connaissance historique des philosophes !

 

Néanmoins, je ne récuse à personne son droit le plus légitime de croire aux pires aberrations religieuses, métaphysiques, idéologiques et moralistes ; mais, de là, à faire croire « n'importe quoi » sans le démontrer, c'est une autre affaire - a fortiori en refusant obstinément le seul et unique véritable débat d'idées, à savoir celui qui ne consiste pas à opposer des points de vue « relatifs partisans » à d'autres, tout aussi relatifs et partisans, mais à les confronter, TOUS sans exception, à LA Vérité éternelle absolue qui suffit à tous les invalider dans leur prétention à exprimer l'Absolu, la Vérité absolue !

 

Certes, les propos « anti-philosophiques », publiés par Abdelwahab Meddeb dans le nouvel Observateur, anticipaient votre débat surréaliste autour du livre, Penser le Coran, du fait de mélanger l'unicité de l'Être, à savoir celle d'un Dieu immanentiste, l'Absolu, et le « relativisme religieux », le relatif, ce qui permet ainsi à deux anciens maoïstes, Adel Rifaat et Baghat Elnadi, reconvertis en théologiens musulmans, de tenir sur Dieu et son message des propos aussi « cohérents » (! ! !) que ceux-ci :

 

« Le Coran n'est pas la vérité absolue » (puisque chaque mot ne l'est pas selon Adel Rifaat)

 

« Dieu lui-même a révélé plusieurs textes », puisque le Coran reconnaît qu'il y a la Torah, qu'il y a les Evangiles, et reconnaît que ces livres-là sont des livres divins, des livres sacrés, des livres que Dieu a révélés aux hommes ; et ce n'est pas seulement ces deux livres ou ces trois livres, il y a, selon le prophète Muhammad, il y a plusieurs dizaines de livres qui ont été révélés et qui ont disparu...alors, être divin ou être sacré ne signifie pas nécessairement être éternel... c'est ça que nous essayons de dire. (Baghat Elnadi)

 

« Il y a dans le Coran comme livre fondamental, comme lieu fondamental de la psyché musulmane, ce problème de savoir si la parole de Dieu peut être discutée, et tout ce que nous disons par notre lecture du Coran, c'est qu'elle est à la fois transcendante et inscrite dans l'Histoire, donc qu'elle peut avoir des pans qui sont relatifs. » (Adel Rifaat):

 

« Si nous pouvons, à notre très modeste niveau, participer à quoi que ce soit d'utile pour faire face aux problèmes évoqués, nous le faisons en nous plaçant au point névralgique où se conjuguent tous les malaises de ceux qui se réfèrent au Coran sans vraiment savoir ce qu'il dit, et à qui on a interdit de penser que « la parole de Dieu peut être relative aussi bien qu'absolue. » (Adel Rifaat)

 

« Juste une chose très importante : « Dieu a dit des choses relatives », c'est inscrit dans le Coran, Dieu a reconnu qu'il pouvait changer des versets. » (Adel Rifaat)

 

« Donc, il y a des versets contradictoires dans le Coran ? (Ali Baddou) Exactement... il y a des versets qui annulent d'autres versets (Baghat Elnadi)

 

«  Et donc c'est, c'est capital, et donc Dieu peut dire des vérités relatives... c'est pas parce qu'il se trompe... quand il dit deux choses contradictoires, c'est tout simplement parce que la vérité a changé entre-temps... il a toujours raison, mais, en ce qui concerne ces questions, dans le relatif... mais c'est très important... (Adel Rifaat) [Fin de citation]

 

Si notre époque n'est pas capable de juger que ce triple Dieu, ce « Dieu trois en un », ne saurait exprimer LA Vérité absolue - Unique ! -, elle fait ainsi preuve, là aussi, de sa « débilité intellectuelle », en croyant à trois vérités dissemblables, dont chacune est néanmoins tenue pour absolue. Or, comme déjà dit et redit, plusieurs vérités absolues, ne serait-ce que deux d'ailleurs, c'est une « impossibilité absolue » par définition, comme il en va ainsi également de toutes les « croyances au miracle » de la Superstition, quels que soient ses modes d'expression, dès lors que l'on « absolutise le relatif » !

 

Tous les extraits reproduits ci-dessus suffisent à attester, selon le mot de Brunner, que, lorsque l'on pense mal, c'est-à-dire en mélangeant le relatif et l'absolu, autrement dit en absolutisant le relatif, on agit mal. En l'occurrence, avec un penser à « deux » absolus, on termine forcément dans la Superstition, et donc dans l'incohérence et les contradictions, tandis que le penser véritable se caractérise d'abord par la cohérence - sauf à vous-mêmes ou à quiconque, évidemment, de relever une incohérence dans la première partie de l'Éthique !

 

Et si notre époque est encore plus obscurantiste que celles qui l'ont précédée, en matière de religion, c'est parce que nos prédécesseurs tombaient assurément dans la superstition religieuse, mais sans remettre en question la Parole sacrée de leur Dieu, tandis que les fidèles d'aujourd'hui « croient » en elle, sans la tenir pour autant comme étant une vérité absolue : aujourd'hui, même Dieu ne dirait plus la vérité absolue ! En effet, à en juger par les propos de ces deux intervenants sur le Dieu musulman et sa Parole, son message peut éventuellement être « non absolu », donc seulement relatif, et ainsi nous avons un Dieu, qui dit « tout et son contraire », ainsi que l'atteste la seule évocation de versets contradictoires.

 

Evidemment, ce n'est pas à un mécréant comme moi que l'on fera avaler une quelconque différence entre le message dit absolu de ce Dieu superstitieux et sa retranscription dans un Livre, à visée pratique, exprimant le relativisme religieux, c'est-à-dire un contenu pensé relatif, car l'incohérence est trop grande. « Revoir la copie de Dieu » dans des textes humains, c'est à se demander qui, de Dieu ou du Prophète, est « vraiment » Dieu, tant leurs messages se confondent entre absolu et relatif, de sorte que plus personne ne s'y retrouve !

 

A vouloir défendre à tout prix la superstition religieuse, donc la Foi, en usant d'arguments rationnels, voire pseudo-philosophiques, on tombe fatalement dans l'incohérence et les contradictions, comme il en va dans la polémique actuelle entre chrétiens sur l'interdiction papale d'utiliser le préservatif, même si le chef spirituel des catholiques s'exprimait là seulement dans le domaine temporel - c'est un argument de plus contre le penser superstitieux, religieux en l'occurrence, qui croit pouvoir impunément mélanger l'absolu et le relatif.

 

En conséquence, que les autorités religieuses et leurs fidèles, adeptes de la fausse spiritualité de transcendance, se débrouillent entre eux, c'est leur affaire, mais qu'un philosophe, ou prétendu tel, comme il en va de Bernard-Henri Lévy et d'Abdelwahab Meddeb (et de plus, régulièrement sur France Culture pour celui-ci), se mêle de religion autrement que pour en établir la fausseté sur le fond, à la manière de Spinoza précisément, demeure à jamais une « aberration » de notre époque obscurantiste - sauf à eux, évidemment, de démontrer que la véritable philosophie et la religion ne font qu'UN, en commençant par réaliser l'unité des dogmes des trois religions monothéistes - et pas seulement une unité de façade dans des circonstances fortuites exceptionnelles, où les intérêts religieux se conjuguent ! En effet, en dehors de l'UN, de l'Unicité, il n'y a pas de Vérité absolue ! ! !

 

Par ailleurs, même sur le seul plan temporel, je doute fort que nos prédécesseurs, acceptant sans rechigner le dogme de l' « infaillibilité » du pape sur la croyance chrétienne fondatrice, auraient apprécié de voir sa parole contestée, fut-ce sur des sujets de société, au point de réclamer sa démission, car eux n'y auraient même pas songé. A quand, donc, l'élection d'un pape par les fidèles, à la manière dont sont choisis les gouvernants en démocratie, puisqu'ils n'auraient plus qu'à s'en prendre à eux-mêmes en cas de désaccord ultérieur sur des sujets de société ? Dès lors, ce ne serait plus la parole du pape qui ferait autorité dans le monde catholique, mais celle des fidèles - vous avez dit « débilité intellectuelle » ? !

 

Assurément, dans la polémique actuelle envers le pape, la superstition religieuse montre son incohérence, car Dieu en personne, même dans sa constante intervention sur les affaires mondiales du haut de son message originel, paraît-il, ne saurait suivre l'évolution continue de la société humaine au fil de la « relativité » des opinions terrestres durant les siècles et les millénaires à venir, sauf à dire tout et son contraire comme pour les versets du Coran.

 

Pour terminer sur la religion, je fais remarquer aux philosophes autoproclamés que les propos superstitieux d'Adel Rifaat, tels que « la vérité a changé entre-temps », et « Dieu a toujours raison », semblent donner raison à Nietzsche contre Spinoza, puisque le premier affirme : « La vérité est qu'il n'y a pas de vérité » (formule reprise à son compte par le « philosopheur » matérialiste Michel Onfray), même si le second a démontré more geometrico l'existence de l'absolu UN, réalité ou Vérité absolue.

 

Toutefois, l'obscurantisme sur France Culture ne se manifeste pas seulement au sujet de la religion et du spiritualisme kantien, avec leur Dieu créateur identique, mais il se fait jour également dans le scientisme, ainsi que l'ont montré les propos de tel ou tel des intervenants, et en particulier ceux de Corinne Lepage sur le réchauffement climatique et la possibilité d'y remédier - ce n'est d'ailleurs sûrement pas sans raison que les réponses de Nicolas Hulot et de Corinne Lepage à mon courrier se font tellement attendre !

 

En effet, le scientisme obscurantiste, qui se manifeste aujourd'hui sur France Culture comme sur la quasi-totalité des autres médias d'ailleurs, consiste à colporter la soi-disant « vérité officielle scientifique », non seulement sur l'état climatique terrestre, dont même nos observations par la science du jour n'ont pas de validité absolue, mais surtout à propos de la « croyance au miracle » de l'époque, selon laquelle les humains d'aujourd'hui seraient capables d'établir sur la planète un « climat sur mesure » pour l'éternité. Or, sauf à quiconque de démontrer le contraire, « la vérité officielle scientifique, ça n'existe pas », ainsi que l'a déclaré, à juste titre, Claude Allègre sur France Inter, le 11 octobre 2007, et nous voici donc revenus avec le scientisme dans l' « absolutisation fictive du relatif », et par conséquent dans le penser superstitieux qui « croit aux miracles » pour DEMAIN, toujours DEMAIN, seulement DEMAIN - à la saint Glinglin ! Je souhaite donc bien du plaisir aux enfants d'aujourd'hui, conditionnés par l'écologisme ambiant, qui atteindront leurs cent ans sans avoir vu aboutir cette chimère actuelle...

 

Dire que la vérité officielle scientifique n'existe pas, ceci ne signifie rien d'autre qu'il n'y a pas, et qu'il n'y aura jamais, de « vérité absolue » dans les observations, les hypothèses et les théories de la science. Notre prétention insensée de parvenir à connaître et à comprendre « absolument » notre monde n'est qu'un leurre et fait partie de ces mensonges et de ces « croyances au miracle » du monde, que je n'ai de cesse de dénoncer comme étant le fruit de notre penser superstitieux. En effet, que vous l'admettiez, ou non, les vérités scientifiques sont à jamais relatives - mais il ne vous est pas interdit de démontrer le contraire !

 

Cependant, je n'entre pas ici dans les détails d'un débat, qui ne manquerait pas d'établir les lacunes scientifiques actuelles, notre ignorance en fait, les fausses vérités et les approximations de nos modèles mathématiques, à peu près aussi fiables en matière de mesure et de prévisions climatiques que nos radars pour la circulation routière. Ceci suffit à rendre d'autant plus problématique la solution d'un problème que l'on est précisément incapable d'évaluer à sa juste mesure. Aussi, en attendant que nos plus ou moins lointains successeurs, s'ils étaient d'aventure informés de notre chimère climatique contemporaine, en vérifient sur pièce le résultat, je tiens à votre disposition ma lettre du 20 décembre dernier à Nathalie Kosciusko-Morizet, alors secrétaire d'Etat à l'écologie, et celle du 19 janvier 2009 à Jean-Louis Borloo, dont j'attends toujours la réponse - s'ils estiment que j'ai raconté n'importe quoi, il leur reste à le démontrer !

 

Puisque vous trouverez dans ma lettre à Nicolas Sarkozy l'argument fondamental sur lequel je me base pour dénoncer l' « arnaque » planétaire d'aujourd'hui, orchestrée universellement par le GIEC, je me borne à résumer mon point de vue contre cette prétention scientiste, en posant à la cantonade la question suivante :

 

« Dans un monde en perpétuel mouvement, sauf à vous-mêmes ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire, comment peut-on espérer "stabiliser" quoi que ce soit, et donc en particulier le climat, hormis, précisément, en arrêtant le mouvement universel ? »


Si vous avez une réponse « crédible » à cette question, c'est-à-dire une solution scientifiquement et philosophiquement étayée, je suis preneur !

 

Pour terminer mon exposé dénonçant la Superstition en général, je voudrais également établir que la « débilité intellectuelle » de l'époque est à son apogée  en matière d'idéologie et de moralisme - une débilité intellectuelle, qui ne s'exprime pas seulement par un total mépris de LA Vérité, mais par les infinies contradictions pratiques de notre monde, et notamment celles de tous les donneurs de leçons de morale aux Autres !


Idéologie et moralisme ont en commun, non seulement d' « absolutiser le relatif » comme il en va dans la religion et la métaphysique (scientisme et spiritualisme), mais surtout de se fonder sur la croyance la plus fumeuse de toutes, trivialement parlant, qui consiste à envisager comme une « possibilité à portée de main » de transposer l'Idéal dans tous les domaines de la réalité quotidienne du monde. C'est au nom de l'Idéal de liberté et d'égalité, en effet, que sont tout d'abord dénoncés les sempiternels maux de l'humanité, et ensuite esquissées des solutions « contradictoires » de toutes sortes pour y remédier, visant ainsi à faire de notre monde : un monde meilleur, un monde juste, un autre monde (? !) - en définitive, un monde parfait ou idéal, mais DEMAIN assurément, toujours DEMAIN et seulement DEMAIN, à la saint Glinglin comme dab, ainsi que pourront en jugeront nos descendants de l'an 2359, par exemple, comme nous pouvons évaluer les rêves d'égalité de 1789 !

 

La réflexion la plus élémentaire, confrontée à la Foi superstitieuse, devrait pourtant suffire à faire taire les bavardages oiseux des manipulateurs d'espoir en tout genre : sauf à eux, évidemment, d'avancer des arguments visant à m'indiquer concrètement, comme j'en lance le défi à tous ceux qui colportent les mensonges et les « croyances au miracle » du monde (médias, responsables politiques, prétendus intellectuels, pseudo-philosophes et associations moralisatrices à sens unique, adeptes du « deux poids, deux mesures), comment éradiquer, de manière universelle et définitive, tous les maux sempiternels de l'humanité (violence, pauvreté, inégalités, divisions à l'infini, discriminations, corruption, mensonges, etc., etc.), et comment instaurer, tout aussi universellement et définitivement : paix éternelle, liberté idéale, égalité absolue et démocratie parfaite, entre autre - mais France Culture peut toujours essayer !

 

Comme déjà dit, je ne reprends pas ici mon argumentation in extenso, puisque je vous renvoie à ma lettre du 18 septembre dernier à Nicolas Sarkozy, où mes arguments dénonçant l'idéologie et le moralisme sont également amplement développés. Je reste néanmoins tout disposé à répondre à vos éventuelles objections, dès lors qu'elles seraient intellectuellement et philosophiquement étayées sur le fond, et je me borne donc à rappeler sommairement, en matière de superstition idéologique et moraliste, ce qui relève de LA Vérité absolue dans son opposition au penser superstitieux.

 

Il en va ainsi de l'Idéal, à propos duquel l'usage médiatique courant tend à toujours confondre l' « Idéal en soi », à jamais inconnaissable pour nous humains, et les infinies conceptions idéalisées que chacun se forge au nom de l'Idéal, à propos du moindre concept pensé : femme et femme idéale, égalité et égalité idéale, par exemple. Mais, qui peut prétendre connaître « en soi » l'Idéal du Beau, du Bien et du Vrai, et être ainsi légitimé à s'exprimer en son nom ? Personne, hormis les vertueux « censeurs » bien-pensants d'aujourd'hui, puisque toutes nos conceptions idéalisées ne sont à jamais, en réalité, que de pâles reflets de l' « Idéal en soi ». Et c'est pourtant sur cette seule confusion grossière que prospèrent les prêcheurs de révolution d'aujourd'hui, à commencer par Olivier Besancenot, ce qui en dit long sur le niveau intellectuel de notre époque, quand on en juge d'après sa cote de popularité dans l'opinion, laquelle croit sûrement qu'il détient la clé de l'Idéal !

 

Outre l'hypocrite posture mensongère sur l'Idéal, l'illusion du « libre arbitre », fut-il pris pour une réalité par de soi-disant philosophes comme Descartes et Kant, est également une atteinte à LA Vérité absolue. En vertu de cette soi-disant volonté libre, il suffirait de vouloir pour pouvoir, paraît-il, ainsi que Jack Lang l'a déclaré publiquement, en son temps,  sur un plateau télévisé pour nuire à Jean-Pierre Raffarin. Or le seul exemple, parmi une infinité d'autres, de notre incapacité planétaire à maîtriser, à notre guise et immédiatement, la crise financière et économique actuelle démontre le contraire de la toute-puissance de notre volonté pour diriger la marche de notre planète selon notre vouloir. En vérité, très loin de faire ce que nous voulons à notre guise, nous faisons seulement ce que nous pouvons, à savoir uniquement nous « adapter » en permanence au devenir nécessaire, autrement dit inéluctable, du monde.

 

Cette vérité éternelle, sauf à quiconque de démontrer le contraire, me permet de rappeler ma lettre du 19 avril 2006 à Ruth Stegassy, toujours sans réponse à ce jour - et pour cause ! Dans ce courrier, encore à sa disposition et à la vôtre, je dénonçai son propos superstitieux d'alors, qui confortait celui de José Bové déclarant que « rien n'est inéluctable » dans notre monde. Or, c'est exactement le contraire, sauf aux intéressés ou à quiconque, évidemment, de démontrer la validité de leur opinion !

 

En réalité, tout est inéluctable dans notre monde, c'est-à-dire que tout s'y produit nécessairement. TOUT ce qui arrive sur notre planète (phénomènes naturels, évènements historiques, actions collectives et actes individuels) dépend seulement de la « nécessité », au sens spinoziste du terme. Elle se manifeste par l'enchaînement infini de l'infinité des causes et des effets de tout phénomène, résultant du mouvement universel perpétuel, mouvement, qui est l'unique et réelle explication des infinis et incessants changements dans notre monde des choses - et, l'on voudrait maîtriser quoi que ce soit dans cette infinité de continuelles transformations, comme il en va de la chimère climatique ? !

 

Ali Baddou lui-même ne semble pas douter qu'il est possible de maîtriser la marche du monde, du moins à en juger par sa question sans ambiguïté à l'adresse d'Alastair Campbell, son invité britannique du 2 courant, auquel il demandait ingénument à propos de Gordon Brown : « Qu'est-ce qu'il ne réussit pas à maîtriser ? » Ma réponse est « RIEN » : Gordon Brown ne maîtrise RIEN par sa seule volonté libre, son libre choix, tant dans sa vie personnelle que politique - pas plus qu'un simple quidam dans la sienne, sauf à Gordon Brown, éventuellement, ainsi qu'à Ali Baddou ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire !

 

Et Alain-Gérard Slama, d'habitude plus avisé, a renchéri dans ce sens en déclarant, au cours de sa chronique du 18 mars dernier : « Le hasard, plutôt que le destin d'ailleurs... », et c'est pourquoi je lui lance le même défi sur la question philosophique par excellence : « Hasard ou nécessité, libre arbitre ou déterminisme ? »

 

A SUIVRE...

Publié dans COURRIER "Médias"

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