« Dieu, le Coran et l'obscurantisme sur France Culture » [PARTIE I]

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 11 avril 2009

Objet : « Dieu, le Coran et l'obscurantisme sur France Culture »

 

France Culture

116, avenue du Président Kennedy

75016 PARIS

Courriel :

www.franceculture.com/


[A l'attention d'Alain Finkielkraut, Abdelwahab Meddeb, Alain-Gérard Slama, Ali Baddou, Alexandre Adler, Anthony Bellanger, Corinne Lepage, Marc Kravetz, Mireille Delmas-Marty, Olivier Duhamel, Pierre Rosanvallon et Ruth Stegassy]

 

Mesdames, Messieurs,

Le débat surréaliste tenu au cours de l'émission « Les Matins » de France Culture du 24 février dernier, à propos du livre intitulé Penser le Coran, m'incite à rappeler l'abondant courrier adressé aux divers intervenants réguliers ou occasionnels mis en exergue ici, et visant à établir combien notre époque, qui se croit pourtant au comble du modernisme, en est encore au même stade d'obscurantisme que toutes celles qui l'ont précédée - sinon plus, comme je le démontrerai, et ainsi que la retranscription intégrale de l'émission incriminée permet d'en juger, ou tout au moins d'ouvrir un débat de fond sur la prétention de la religion à exprimer LA Vérité absolue.

 

Dans le courrier mentionné, toujours sans réponse à ce jour mais encore à votre disposition, j'ai dénoncé, et plus qu'amplement établi, les mensonges et les « croyances au miracle » du penser superstitieux humain, tel qu'il s'exprime sous différentes formes depuis la nuit des temps, à savoir la religion, toutes religions confondues, monothéistes ou non, la métaphysique [Doctrine matérialiste depuis Aristote, notamment, jusqu'au scientisme contemporain, positivistes inclus, et scolastique idéaliste, ou prétendue philosophie spiritualiste, des Descartes, Kant et autres « philosopheurs »], l'idéologie, toutes les idéologies sans exception (illusion altermondialiste incluse !) et le moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des Autres, au nom de LA Morale : LAQUELLE ? !], tous catéchismes réunis, y compris le catéchisme soi-disant universel contemporain, ou Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948, dont seule l'inobservation est réellement universelle - sauf, évidemment, à l'un ou l'autre d'entre vous, voire à quiconque, de démontrer le contraire, à l'aune du devenir du monde depuis six décennies, c'est-à-dire précisément depuis la date de promulgation de ladite déclaration.

 

Toutefois, je n'entends pas reprendre ici la totalité des démonstrations faites nommément à chacun des destinataires pour établir en quoi ses propos d'alors étaient l'expression de son seul penser superstitieux, et non celle de LA Vérité éternelle absolue, puisque vous trouverez en annexe la copie de ma lettre du 18 septembre dernier, adressée en envoi recommandé avec accusé de réception à Nicolas Sarkozy, et dont le récépissé officiel de l'Elysée est à votre disposition.


Ainsi, dans ce volumineux courrier, ayant pour objet « Philosophie, euthanasie et "débilité intellectuelle" », je pense avoir plus qu'amplement exposé mes arguments établissant les mensonges et les « croyances au miracle » du monde sur lesquels continue de fonctionner la société humaine universelle, à savoir les sornettes du penser superstitieux que de soi-disant « élites » de l'époque n'ont de cesse de colporter à longueur d'antenne et de colonnes, sans jamais accepter d'en débattre sur le fond - et pour cause ! Néanmoins, j'entends, non seulement montrer ici en quoi consiste la différence fondamentale entre le penser superstitieux mensonger et le véritable penser spirituel, unique source de LA Vérité absolue, mais également rappeler à certains destinataires mentionnés en exergue pourquoi leurs propos étaient superstitieux.

 

Le penser superstitieux est le penser seulement « relatif » de notre entendement pratique (imaginatio et ratio chez Spinoza), dès lors que son contenu pensé dans et sur (à propos de) notre monde est fictivement érigé en absolu, c'est-à-dire élevé mensongèrement au rang de réalité ou Vérité absolue. Pour résumer d'une phrase, le penser superstitieux de l'époque, de toutes les époques, se caractérise, selon l'expression du philosophe juif allemand Constantin Brunner (1862-1937), héritier spirituel notamment de Spinoza, par l' « absolutisation du relatif », à laquelle vous n'échappez pas, et n'échapperez pas, aussi longtemps que vous cautionnerez les mensonges et les « croyances au miracle » du monde, faute de les dénoncer dans leurs divers modes d'expression. Et c'est précisément à leur propos que se manifeste l'obscurantisme de France Culture traduisant la « débilité intellectuelle » de l'époque, ainsi qu'il en va en toute circonstance, où la Foi prend le pas sur la Raison pour apporter une soi-disant vérité : LAQUELLE ? 


En effet, comme la religion et la métaphysique permettent de l'établir, l'« absolutisation du relatif » entraîne inéluctablement la « croyance superstitieuse » en la possible coexistence de deux absolus, dont l'un est de surcroît censé produire l'autre, à savoir un Dieu, ou un principe créateur, et leur création ou production, c'est-à-dire l'infinité des choses de notre monde. Or, philosophiquement parlant, la coexistence de deux absolus est une « impossibilité absolue » par définition, et il reste donc à déterminer lequel des deux n'est pas « absolument absolu », autrement dit quel prétendu absolu n'existe pas « absolument ».

 

Ainsi, sauf à récuser par avance l' « absoluité », le caractère absolu, l'existence éternelle, au Dieu religieux, c'est donc notre monde humain qui se trouve « fictivement absolutisé », c'est-à-dire faussement considéré comme existant « absolument », à savoir « indépendamment  de notre penser spécifique qui le pense ». Poussée à l'extrême, la conception anti-philosophique de la « chose en soi », ou chose absolue, du religieux Kant entraîne la croyance superstitieuse que notre monde, tel qu'il apparaît à notre perception sensorielle d'êtres vivants, continuerait à exister ainsi, même s'il ne restait plus un seul individu sur Terre pour le penser, c'est-à-dire se le représenter et accessoirement l'étudier.

 

En vérité, sauf à vous ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire, notre monde n'existe que relativement à notre penser spécifique humain, en dehors duquel il n'a aucune réalité. Exactement comme les mondes du chat, du chien, etc., etc. n'ont pas de réalité véritable pour nous humains, hormis la conception anthropomorphe que nous en formons. Ainsi, par exemple, le monde du chat n'est pas réellement celui que nous imaginons à notre façon humaine, avec notre entendement humain, mais tel qu'il est saisi « relativement » par l'entendement spécifique du chat - a fortiori n'est-il pas notre monde humain perçu par un penser de chat.

Chacun des infinis mondes n'existe que relativement, c'est-à-dire seulement en relation avec un entendement déterminé, qui le pense à sa manière spécifique. Ainsi l'existence de tout monde n'est-elle que relative à un entendement particulier : le monde humain relativement à l'entendement de l'être humain, celui du chat relativement au penser du chat, et il en va ainsi de l'infinité des mondes infinis relativement à l'infinité des entendements particuliers, qui les pense. C'est ce que Spinoza exprime, de façon moins concrète assurément, dans la proposition VII de Éthique II, où il écrit :
 

« L'ordre et la connexion des idées sont les mêmes que l'ordre et la connexion des choses. »


Même la Psychologie officielle pontifiante de l'époque, en tant que science dite humaine, n'échappe pas à la croyance superstitieuse du dualisme d'un corps et d'une âme séparés, et elle ferait donc bien de s'inspirer de la pensée spinoziste pour ne pas verser dans le scientisme. Méconnaître cette proposition de l'Éthique, a fortiori refuser d'en débattre, c'est tromper sciemment l'opinion, sauf à résoudre l'épineux problème de l'union de l'âme et du corps, toujours en suspens jusqu'ici. Toutefois, comme le dit Brunner, à juste titre : « Si vous ne voulez pas avoir à les réunir, ne commencez pas par les séparer ! »

 

 Et c’est sur la même croyance dualiste superstitieuse de matière et esprit, que se fondent les pseudo-philosophies matérialiste et idéaliste, qui ne s’en prennent pas moins pour la philosophie véritable, en oubliant que l’absolu est UN, Unique. Comme l’idéalisme, ou spiritualisme, se fonde sur un Dieu identique à celui des religions monothéistes, je me borne à poser une question seulement aux tenants du matérialisme sur ses prétendus principes créateurs (primus motor, big-bang, théorie des cordes, etc., en attendant la suite…) : oseriez-vous leur accorder l’absoluité, à savoir l’éternité, au même titre que celle reconnue au Dieu religieux ou spiritualiste ? Sinon, outre que la pluralité des hypothèses scientistes ci-dessus exclut a priori la prétention d’être LA Vérité absolue, qu’y avait-il antérieurement au big-bang pour expliquer son existence, et ensuite sa production de notre monde ? En clair, qu’est-ce qui a produit le big-bang ? Oui, je sais, vous avez réponse à tout ! Mais avant « ça », et encore avant… avant encore …? !

 

Par ailleurs, comme notre monde n’a pas « commencé » du seul fait de la volonté libre d’un quelconque Dieu, et pas davantage grâce à l’action d’un providentiel et mystérieux « hasard », sans lesquels nous ne serions pas là – sauf à quiconque, évidemment, de démontrer la réalité de ces hypothèses ! - est-il pour autant une émanation ex-nihilo, ou bien une explication véritablement philosophique apporte-t-elle la solution ?

 

Par ailleurs, comme notre monde n'a pas « commencé » du seul fait de la volonté libre d'un quelconque Dieu, et pas davantage grâce à l'action d'un providentiel et mystérieux « hasard », sans lesquels nous ne serions pas là - sauf à quiconque, évidemment, de démontrer la réalité de ces hypothèses ! - est-il pour autant une émanation ex-nihilo, ou bien une explication véritablement philosophique apporte-t-elle la solution ?

 

J'emprunte la réponse à Brunner, dont la pensée ne dérive pas d'un iota de celle de Spinoza. Pour lui, chacun de ces mondes relatifs particuliers, coexistant avec l'infinité des autres mondes sans jamais se rencontrer ni se connaître, n'est pas sorti de « rien », mais se trouve dans une relation d'immanence avec l'Absolu, le réel absolu, quels que soient les noms qu'on lui donne : Idée des idées chez Platon, le Père pour le Christ, Dieu ou substance chez Spinoza, le Pensant pour Brunner, sans oublier les désignations propres à la philosophie de Lao-Tseu et à la mystique du Bouddha, entre autres.

 

Il en résulte que tout monde particulier est la manière spécifique dont la substance se manifeste, se révèle, à un entendement donné ; par exemple, notre monde humain est la manière spécifique dont l'absolu se révèle à notre entendement humain, et nous l'« inspire ». Notre monde humain et tout monde ne sont donc pas l'absolu « en soi », mais seulement l'apparence trompeuse de l'absolu, puisque nous ne le connaissons pas « en soi », mais seulement à travers cette réalité relative, comme il en va pour tout monde de chaque entendement particulier. C'est pourquoi Brunner est légitimé à affirmer : « Le monde, notre monde, nous ment », en nous faisant prendre pour une réalité absolue, ce qui est seulement une réalité relative pour nous humains.

 

En conclusion de cette partie, pour attester la « non-absoluité » de notre monde, étant donné que ce qui est absolument absolu (et non pas fictivement absolu, ou absolutisé) est à la fois infini, éternel, immuable et parfait; il faut donc établir si notre monde, tenu fictivement pour absolu, répond à ces exigences d'« absoluité ». Ma réponse est « NON », comme je pense l'avoir établi dans ce court extrait de ma lettre du 8 dernier à Régis Debray :

 

« Dans l'hypothèse superstitieuse du dualisme des absolus, je vous laisse le soin d'imaginer la coexistence éventuelle de « deux » perfections. Elle donnerait à penser que, sauf à être rigoureusement identiques, l'une de ces deux perfections serait plus parfaite que l'autre - et inversement ! Par ailleurs, si les deux entités sont réellement infinies sans se limiter mutuellement, il faudra m'expliquer comment cela est possible, et d'autre part, si les deux sont immuables, d'où viendrait le mouvement dans un monde, le nôtre, décrété absolu, puisqu'il serait de facto en même temps immuable puisque absolu ? Pour forcer le trait, un « quid immuable » en mouvement, ce serait une monstruosité de la Nature, au sens spinoziste du terme, à la substance qui se serait dédoublée pour se mouvoir ! Certes, les fidèles des religions ainsi que les « philosopheurs » matérialistes et idéalistes ne craignent pas de déchirer le UN, et c'est précisément pourquoi, avec leur « dualisme », ils ne sont pas des philosophes !

 

Quant à l'éventualité de deux entités éternelles qui coexisteraient, c'est le mystère le plus complet, d'autant que notre Raison peine déjà suffisamment à admettre l'idée de l'éternité d'une seule entité, à savoir Dieu ou la substance existant absolument, c'est-à-dire sans commencement ni fin. Mais il est vrai que la Raison n'est pas la faculté, ou genre de connaissance, particulièrement appropriée pour appréhender l'Absolu - sauf d'une manière superstitieuse, précisément  en « absolutisant le relatif », à savoir notre monde !

 

LA Vérité absolue, elle, est exempte de contradictions ou d'incohérence, et c'est ce qui permet à Spinoza de dire qu'elle contient « en  soi » la certitude du Vrai. En effet, le Vrai, à savoir ce qui est « absolument vrai », pourrait-il être LA Vérité absolue, dès lors qu'il comporte contradictions, incohérence et d'autres vérités qui lui font face ? Ma réponse est NON, puisque l'Absolu, la réalité ou vérité absolue, est UN, Unique - sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire ! 

 

Je m'en tiens là, provisoirement, sur la méprise du penser superstitieux, qui se prend pour le véritable penser spirituel, dans l'attente de vos éventuelles objections philosophiquement étayées, c'est-à-dire ne mélangeant pas le relatif et l'absolu. » [Fin de citation] 

 

Certes, l' « absolutisation du relatif », c'est-à-dire celle d'un monde créé par un Dieu transcendant, est très pratique pour les religions en vue d'obtenir la soumission des masses, mais elle est également très « juteuse » pour tous les censeurs communautaristes superstitieux, voire ignares, d'ici et maintenant, dans leurs condamnations moralisatrices des Autres afin de les réduire au silence. Et vous ne vous en privez pas sur France Culture, en vous fondant seulement sur un catéchisme prétendument universel, malgré ses contradictions et ses incohérences théoriques et pratiques, dont l' « absoluité » se limite à celle que vous lui accordez, ainsi que je pense l'avoir déjà établi dans ma lettre du 15 janvier dernier, toujours sans réponse à ce jour, qui avait pour objet : « "Religion des droits de l'homme" et autres "croyances au miracle" » !

 

Ainsi, sauf à l'un d'entre vous, voire à quiconque, de démontrer le contraire sur ce plan, l'Inquisition moralisatrice du jour se fonde, encore et seulement, sur la fiction d'un Bien et d'un Mal soi-disant absolus, dont les censeurs sont à la fois juges et parties, puisque fixant eux-mêmes, grâce à leur pouvoir financier, politique et médiatique, voire faussement philosophique, les contours de ce qu'il est, paraît-il, bien ou mal de penser et de dire, ici et maintenant - néanmoins, leur dualisme superstitieux, à but moralisateur, n'en est pas moins une « impossibilité absolue » par définition - donc une « imposture », en somme !

 

En vérité, moralement parlant, bien et mal ne sont pas des réalités « absolument absolues », mais des jugements de valeur seulement relatifs «  fictivement absolutisés », c'est-à-dire mensongèrement érigés en absolu, en vérité absolue, ainsi que suffisent à l'établir des dispositions sociétales contraires dans divers Etats de la planète, voire de l'Union européenne. Il en va ainsi en matière d'interruption volontaire de grossesse, de peine de mort, d'euthanasie, de gestation par mères porteuses et de discrimination sous toutes ses formes, entre autre, où les uns trouvent mal ce que les autres jugent bien, et c'est pourquoi les premiers interdisent, là où les seconds légalisent. Faute d'arguments opposables jusqu'ici, sauf à elles de démontrer le contraire, il n'y a rien d'étonnant pour moi à ce que nos soi-disant « élites », dont vous êtes, refusent de confronter leurs vérités « relatives partisanes » à LA Vérité éternelle absolue, quitte à manipuler sciemment l'opinion. Toutefois, garder le silence et refuser de débattre malgré des invitations réitérées, voire des mises en garde rabâchées, ne fait qu'aggraver votre cas de « faiseurs d'opinion » colportant les mensonges et les « croyances au miracle » du monde !

 

Après ce long préambule, j'en viens au silence assourdissant des divers intervenants de France Culture, dont je pense avoir établi la « collaboration » à l'œuvre funeste de la Superstition sous l'une ou l'autre de ses formes.

 

Tout d'abord, en matière de religion, je ne peux manquer de rappeler les propos surréalistes d'Abdelwahab Meddeb, écrivant dans le nouvel Observateur (cf. n°2156 du 2 mars 2006) :

 
« L'akbarisme était la théorie métaphysique et morale extraite des textes écrits par le "théosophe" andalou Ibn Arabi (1165-1240), lequel a diffusé sa conception de l'unicité de l'Être, qui réoriente la croyance islamique vers une forme de "déisme immanentiste" (sic) doublé de relativisme religieux, rendant encore plus systématique le relativisme coranique, en allant jusqu'à accorder crédit et "part de vérité" à toute forme de croyance, fût-elle des plus païennes. Du reste, "le voisinage de ce déisme avec la philosophie de Spinoza" a aidé nombre de ces musulmans éclairés à recevoir le message maçonnique. » [Fin de citation]

 

D'abord, j'attire votre attention sur ce monstre à deux têtes, en l'occurrence le « dualisme » dissimulé sous la formule prétendument philosophique, mais réellement superstitieuse, d'un Être unique qui, de surcroît, aurait besoin d'un « double », à savoir le relativisme religieux - c'est tomber, on ne peut mieux, dans la superstition dualiste au vu de la première partie de ce courrier, sauf à croire que la Parole absolue de Dieu puisse être mise à toutes les sauces relatives l'accommodant à son goût !

 

Ensuite, appeler Spinoza à la rescousse de l'islam, ou éventuellement de quelque autre religion établie que ce soit, ainsi que l'avait fait également Rachid Benzine sur un plateau télévisé, c'est carrément « se moquer du monde » ! C'est tout simplement ignorer ou volontairement passer sous silence les propos sans ambiguïté de Spinoza contre la superstition musulmane dans sa lettre d'adieu à Albert Burgh. C'est surtout méconnaître que le Dieu, ou substance, de Spinoza est véritablement immanentiste, puisqu'il ne fait qu'UN avec le monde, tout comme il en va du Père pour le Christ, tandis qu'Allah, le Dieu des musulmans, est en relation de transcendance avec notre monde pour l'avoir créé ex-nihilo, entraînant de facto le dualisme superstitieux « créateur et création » - sauf à l'intéressé, évidemment, de démontrer qu'il n'y a ni contradiction ni incohérence à faire un amalgame entre le dieu philosophique de l'un et le Dieu créateur superstitieux des religions et du spiritualisme des autres - y compris Descartes et Kant, notamment !

 

D'ici l'arrivée de la démonstration sollicitée, attendue avec beaucoup de curiosité, vouloir assouplir les commandements et les interdits du Coran - mais seulement ici et maintenant, car quid dans les pays musulmans ? - pour l'adapter à la modernité droit-de-l'hommiste de l'époque en atténuant l'importance de la charia et du djihad dans le monde en général, et dans le monde musulman en particulier, ne change rien au dogme de la création ex-nihilo de notre monde par Allah. Et ceci est, et demeurera jusqu'à la fin des temps, une « croyance superstitieuse », du seul fait de terminer dans la coexistence de « deux » absolus.


A SUIVRE... 


[Les éventuels défauts de présentation constatés sont indépendants de ma volonté]
 

Publié dans COURRIER "Médias"

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