Le pape... a dit... pas de préservatif après la prière du soir... pas de préservatif...

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Qu'elle est loin l'époque de l' « infaillibilité » papale, prônée dans le bon vieux catéchisme de l'Eglise apostolique romaine, au point que personne n'a cru bon de s'élever, en son temps, contre le silence, ou même pire, du pape Pie XII en des circonstances pourtant très sombres de l'Histoire de l'humanité.

Toutefois, comme juger le passé, fut-il révolu de plusieurs décennies, voire de plusieurs siècles,  semble particulièrement « juteux », pourquoi se refuser maintenant ce plaisir, des décennies après, même si la vérité des uns n'est pas, forcément, LA Vérité ?

 

Ainsi, aujourd'hui, tous, fidèles de la religion chrétienne ou non, s'acharnent à qui mieux mieux, dans les médias, contre la position de Benoît XVI sur le port du préservatif lors de rapports sexuels, et c'est pourquoi je demande, d'abord, aux infidèles : « En quoi son propos vous regarde-t-il ? »

 

Vous n'allez quand même pas reprocher au chef, démocratiquement élu, de l'Eglise catholique de faire entendre des opinions qui lui semblent aller à l'encontre de la doctrine chrétienne, sauf précisément à lui refuser le droit de s'exprimer librement, alors que vous n'avez de cesse de clamer le mot « liberté » ; un mot vide de sens par ailleurs, hormis en tant que « rêve », fut-il encensé dans un catéchisme prétendument universel - sauf à en établir sa réalité effective en un seul lieu de la planète !

Il demeure, assurément,  que les vertueux, autrement dit les « faux-culs », se complaisent, de toute éternité, dans les contradictions entre leurs paroles et leurs actes - ils sont pour la liberté d'opinion et d'expression, la « leur », mais ils n'ont de cesse de faire condamner, au nom de leur Idéal fantasmé, les « délits d'opinion » de ceux qui pensent différemment  !

 

En conséquence, de quoi vous mêlez-vous dans cette affaire, puisque le chef des chrétiens ne s'adresse pas à vous spécialement ? Qui ou Quoi vous empêche de passer outre à la parole d'un pape, qui ne représente rien pour vous, et donc de continuer à vous protéger, à votre guise, contre le sida ou une trop grande progéniture, quoique puisse dire le saint Père sur la question ? Et basta... sauf à vouloir vous ériger aussi en pasteurs des âmes, comme il en va dans votre catéchisme soi-disant universel, où mensonges et « croyances au miracle » sont manifestes, ainsi que cela peut être démontré - et comme je pense l'avoir établi en m'appuyant sur une contradiction flagrante entre les articles 19 et 29 de ce catéchisme !

 

Alors, si vous êtes des mécréants dans mon genre, merci de laisser les non-croyants agir selon ce que leur conscience leur dit de faire, ou non, d'après leur conception personnelle de La Morale, ou plutôt selon ce que leur dictent leurs intérêts égoïstes qui se contrefichent de toutes les morales, dès qu'il est question de leurs affaires d'amour - précisément ! -, d'argent et d'ego décliné en honneur, vanité, célébrité, notoriété, etc.

 

Ou alors, profitez de l'occasion, vous les non-croyants, et ayez au moins le courage et l'honnêteté intellectuelle de dénoncer publiquement la religion, toutes les religions sans exception (monothéistes ou non), comme étant l'un des modes d'expression de la « Superstition ». Vous rendriez ainsi un immense service à une humanité tremblante devant l'une de ses composantes, dont les bombes semblent avoir tari le courage de la dénoncer, au même titre que toutes les autres, à savoir « sur le fond ».

Spinoza n'a pas eu cette pudeur de vierge effarouchée en dénonçant la superstition musulmane en des termes sans ambiguïté :

 

« Je connais tout l'avantage de l'ordre politique qu'instaure l'Eglise romaine et que vous louez tant. Je n'en connaîtrais pas de plus apte à duper la foule et à dominer les âmes s'il n'existait l'Eglise musulmane qui, de ce point de vue, l'emporte de loin sur toutes les autres ; depuis l'origine de cette superstition, aucun schisme en effet ne s'est déclaré dans cette Eglise. » (Correspondance, Lettre LXXVI)

 

En revanche, je serai beaucoup plus sévère envers les fidèles de la chrétienté, et a fortiori contre les pasteurs qui dirigent leur âme, du plus humble curé de campagne jusqu'aux évêques et archevêques siégeant au Vatican, dans la mesure où ils contestent, non seulement la position prise par Benoît XVI, mais également sa personnalité, même si aucun d'entre eux n'a encore osé jusqu'ici mettre en doute ses capacités intellectuelles en raison de son grand âge...mais ça ne saurait tarder...

 

Que voudraient-il donc tous ces vertueux fidèles catholiques, qui dénoncent Benoît XVI ? Que la parole de leur Eglise, exprimée par son chef en exercice, s'adapte en permanence à l'évolution de la société au fil des siècles et des millénaires pour satisfaire leur position inconfortable tenant à leurs croyances et à leurs intérêts égoïstes, qui font tout sauf bon ménage. Je laisse chacun imaginer des papes se contredisant constamment, d'un siècle à l'autre,  voire d'une décennie à une autre puisque Vatican II remonte seulement à 1964, pour s'adapter à la modernité de l'instant.

 

Ceci n'est pas sans me rappeler la parole de penseurs musulmans autoproclamés, Adel Rifaat et Baghat Elnadi en l'occurrence, déclarant sans rire, à défaut de la parole d'une autorité musulmane universelle pour dicter une loi commune :

 

« Dieu dit des vérités relatives - c'est-à-dire susceptibles d'être infirmées à tout moment comme dans la science !

 

La parole de Dieu peut être discutée, et tout ce que nous disons par notre lecture du Coran, c'est qu'elle est à la fois transcendante et inscrite dans l'Histoire, donc qu'elle peut avoir des pans qui sont relatifs.

 

La parole de Dieu peut être relative aussi bien qu'absolue.

 

Dieu a dit des choses relatives », c'est inscrit dans le Coran, Dieu a reconnu qu'il pouvait changer des versets...

 

Donc, il y a des versets contradictoires dans le Coran ?

 

Exactement... il y a des versets qui annulent d'autres versets...


Quand le Coran dit deux choses contradictoires, c'est tout simplement parce que la vérité a changé entre-temps... il a toujours raison, mais, en ce qui concerne ces questions, dans le relatif » [Fin de citation]

 

Ceci revient pour les fidèles musulmans à croire « tout et son contraire », et donc à faire de l'islam une véritable « auberge espagnole », comme le confirment les propos suivants :

 

« J'aimerais comprendre comment, dans les temps modernes, on peut parler de lecture littérale du Coran, surtout si on regarde l'islam sur une mappemonde, ce sont des islams, en vérité, qui cohabitent. Quoi de commun entre l'islam qui est pratiqué au Maroc, traditionnellement, et celui qui a cours dans l'Iran chiite ? Quoi de commun entre l'islam qui est pratiqué en Indonésie et celui qu'on peut vivre au sud du Yémen ? Il y a des manières très différentes de se rapporter à ce texte, et lorsqu'on parle même de l'intégrisme, on n'a pas tout dit, Adel Rifaat, parce que même ceux qui prétendent lire le Coran et le prendre au pied de la lettre, en vérité ils ne sont pas d'accord entre eux, selon les régions où l'on cohabite.

 

Evidemment, et d'un village à l'autre, vous avez l'impression que vous détenez la vérité, et c'est ça le fond du problème ; ils ne savent pas qu'il y a tous ces islams, il y a toutes ces divergences, ils n'en prennent pas conscience » [Fin de citation]

 

Vous seriez le chef spirituel d'une Eglise, seriez-vous plutôt enclin à tenir une ligne directrice de pensée, quitte à entraîner des schismes et des contestations, ou à la modifier en permanence pour « être dans le vent » ? !

 

En conclusion, devant la non pensée des religions, à savoir leur penser superstitieux,  je suis d'autant plus à l'aise pour me sortir de ce piège qu'en rappelant ce propos de Brunner : « Quand on pense mal, on agit mal », ce qui signifie terminer toujours dans les contradictions et l'incohérence...


N B : J'invite les visiteurs de passage à consulter sur le site Internet de Rue 89 l'article, Quand un rabbin réhabilite Pie XII, prétendu "pape d'Hitler"

Publié dans BILLET DU JOUR

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