« Le pipeau de Maillot : "délation" et présomption d’innocence »

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 27 février 2009

 

Objet :

« Le pipeau de Maillot : "délation" et  présomption d’innocence »

 

 

Monsieur Jacques Maillot

« Les Grandes Gueules »

RMC Info

12, rue d’Oradour sur Glane

75015 Paris

Fax : 01 71 19 11 90

Courriel : 

http://www.rmcinfo.fr/

 

 

[A l'attention d’Alain Weill, président du groupe NextRadioTV (RMC Info, BFM, BFMTV, La Tribune et Groupe Tests), de la Direction et de la rédaction de RMC Info, Jean-Jacques Bourdin et Guillaume Cahour en particulier, ainsi que les bien-pensants censeurs conformistes autoproclamés Grandes Gueules (Alain Marschall, Olivier Truchot, André Daguin, Anna Sallabi, Bernard Debré, Claire O’Petit, Christian Lehmann, Gaston Kelman, Karim Zéribi, Jacques Maillot, Patrice Gourrier, Sophie de Menthon, Sylvain Grandserre, etc.)], qui colportent les mensonges et les « croyances au miracle » de la pensée superstitieuse « politiquement correcte » du jour dans tous ses modes d’expression, sans avoir pour autant le courage intellectuel de débattre sur le fond]

 

Monsieur,

 

Je ne peux laisser passer sans réagir très vivement votre « pipeau » du 20 courant, qui avait pour objet les malversations présumées de Bernard Laporte ; et ce, très précisément en sa qualité de secrétaire d’Etat chargé des Sports, puisque vous avez suffisamment insisté sur ce point. L’animateur de service, Olivier Truchot, n’a d’ailleurs pas agi autrement pour introduire votre chronique, en déclarant sans autre forme de procès: « On va s’intéresser à un homme d’affaires, aujourd’hui dans le gouvernement, et je ne vous en dis pas plus. » [SIC !]

 

Son propos, par ailleurs, n’était pas sans faire pendant à la formule d’une humoriste célèbre du jour, rappelant sans cesse : « On ne nous dit pas tout ! », et c’était déjà largement suffisant pour juger et condamner par avance un « présumé coupable » - faute d'avoir déjà comparu en justice ! Des soupçons, certes, mais des soupçons ni plus ni moins fondés que ceux ayant envoyé en prison, pendant des années, d’autres présumés coupables, parmi lesquels ceux de l’affaire d’Outreau, et très certainement d’autres innocents qui croupissent encore dans les prisons de la République - comme il en fut de Roland Agret, en son temps, entre autre !

 

Olivier Truchot, moralisateur à plein temps comme la quasi-totalité des « Grandes Gueules », y compris un prêtre, livrait ainsi en pâture au tribunal de l’opinion un membre du gouvernement de Nicolas Sarkozy – ceci expliquant peut-être cela, comme j’y reviendrai ! -, en laissant largement à sous entendre, avant même votre intervention, qu’il y avait sûrement anguille sous roche quelque part.

 

Pour revenir à votre pipeau, je vous fais remarquer, tout d’abord, que votre chronique hebdomadaire entendait surtout dénoncer, habituellement, selon votre optique partisane anti-Sarkozy, l’inefficacité de telle ou telle mesure gouvernementale en préjugeant de conséquences effectives que personne ne maîtrise – sauf vous, évidemment ! Certes, vous n’en êtes pas à cela près aux « Grandes Gueules » dans votre certitude d’exprimer LA Vérité absolue – la preuve, vous êtes tellement persuadés de la détenir que vous refusez obstinément d’en débattre, depuis des années, alors que je vous accuse sans cesse de colporter les mensonges ainsi que les « croyances au miracle » de votre penser superstitieux, et je crois les avoir dénoncés plus qu’à mon tour !

 

Ainsi vous êtes-vous livré, dans votre pipeau du 20 courant, à une attaque en règle contre les agissements « quasi mafieux » de Bernard Laporte, comme le confirme, ci-après, la retranscription littérale de votre intervention. Et ce, exactement comme font les médias en général, voire les intellectuels, les politiques et nombre de soi-disant « vertueuses » associations droits-de-l'hommiste, qui jugent et condamnent publiquement avant même toute décision de justice – de surcroît, à l’image des « Grandes Gueules », sans jamais avoir ni le courage ni l’honnêteté intellectuelle de débattre sur le fond, comme je vous en ai fourni la preuve par le texte, Mensonges et lâcheté des élites !

 

Assurément, je ne suis pas naïf au point de nier que des « coupables » passent aussi à travers les mailles du filet judiciaire, grâce à leurs relations - tout comme d’autres, d’ailleurs, se voient propulsés à la présidence d’une régie municipale sans avoir pour autant fait preuve d’autres compétences que le « grenouillage » politique, à savoir des « relations » tissées dans des cabines ministériels, voire dans des loges maçonniques ! Sur ce dernier point, j’attends toujours l’argumentation contraire de l’intéressé ainsi que les précisions demandées sur sa soi-disant « nouvelle gauche » - une formule politicienne bien commode pour faire élire ses amis, sans oublier de se servir soi-même !

 

Et ce sont de tels individus qui font aujourd’hui l’opinion, en lui donnant quasi quotidiennement des leçons de morale, pourtant uniquement fondées sur des fictions : celle de Bien et de Mal prétendument absolus, entre autre, résultant seulement de leur penser superstitieux ! ! ! Commencez donc à appliquer vos leçons à votre propre usage, car, comme déjà dit et redit, pour juger et condamner « moralement » les Autres, il faudrait être d’abord soi-même « irréprochable ». Et c’est pourquoi, loin de tomber dans ce travers envers vous, car je revendique haut et fort mon « égoïsme » inné, je me borne à mettre LA Vérité face à vos mensonges et vos « croyances au miracle » - toutefois, je n’y suis pour rien si vous êtes définitivement fermés à LA Vérité ! ! !

 

Pour revenir à votre pipeau, vous avez, d’abord, commencé par ressortir une vieille affaire, antérieure à la prise de fonction officielle de Bernard Laporte, lequel aurait réclamé à la gérante du casino de Gujan-Mestras 50% du capital pour une éventuelle intervention auprès de son « ami » Nicolas Sarkozy, afin de faciliter l’implantation de cet établissement. Ensuite, vous avez évoqué la prise de participation de Bernard Laporte dans la société LTB - également antérieure à son entrée au gouvernement -, dans laquelle il aurait détenu 30% des parts, auxquelles, à vous croire, il n’aurait pas renoncé après sa désignation comme secrétaire d’Etat.

 

Pour appuyer votre accusation calomnieuse, vous n’avez pas manqué de préciser, et pas innocemment, que Bernard Laporte était défendu par Maître Versini-Campinchi, portant le péché originel d’avoir défendu Jean-Christophe Mitterrand dans l’affaire de l’Angolagate – cet amalgame suffit à témoigner, non seulement de votre acharnement contre Bernard Laporte, mais aussi de vos propres contradictions, puisque vous dénoncez et utilisez l’amalgame au gré de la fluctuation de vos intérêts partisans !

 

Par chance, après vos accusations de procureur, sans aucune ambiguïté, Maître Versini-Campinchi, invité de l’émission ou intervenant spontanément, est venu réfuter vos deux principaux griefs, comme le confirme le document annexé – sauf à vous, évidemment d’apporter la preuve du contraire ! Il a ainsi récusé que Bernard Laporte aurait détenu 30% des parts de LTB, mais surtout qu’il les aurait conservés après son entrée au gouvernement, ce qui vous met gravement en cause, car comment appeler votre mensonge autrement que dénonciation calomnieuse, voire « délation » ? ! On fait nettement mieux en matière de « vertueux » donneur de leçons de morale aux Autres…

 

Je m’en tiens là, dans l’attente de vos objections et de vos arguments contraires. Toutefois si cela pouvait au moins servir de leçon aux « Grandes Gueules » pour éviter, à l’avenir, de dire « n’importe quoi », voire « tout et son contraire », je n’aurais pas perdu mon temps. Néanmoins, comme souvent rappelé dans mon courrier, vous ne devrez pas manquer de tenir compte, dans votre éventuelle réponse, de l’ensemble de mon argumentation antérieure dénonçant, sur fondement d’absolu, votre commun penser superstitieux.

 

Je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

 

Annexe : Reproduction intégrale du pipeau du 20 février 2009

 

 

        Bernard Laporte aurait escroqué 60 acheteurs dans l’immobilier

 

Comme chaque vendredi, le Président Maillot, nous dévoile son pipeau.

 

Cette semaine c’est celui de Bernard Laporte qui, une fois de pus, va devoir s’expliquer devant la Justice… :

 

Il est impliqué dans un contentieux immobilier et 60 acheteurs auraient été escroqués

 

Les explications de Jacques Maillot :

 

Mon propos concerne aujourd’hui le secrétaire d’Etat aux Sports, Bernard Laporte. On a parlé, plusieurs fois, dans les « G G » de Bernard Laporte, on en avait parlé surtout en 2007, lorsqu’il avait eu des affaires avec les casinotiers de la Gironde ; il faut savoir que Bernard Laporte, pour bien rappeler les faits, avait, le 5 août 2005, dans un dîner avec Frédérique Ruggieri, qui avait des difficultés pour l’implantation d’un casino à « Goujan »-Mestras…en Gironde, il y avait un dîner avec la députée-maire UMP... hésitation sur le nom… Marie-Hélène Des Esgaulx, qui n’est plus maintenant députée mais sénatrice, et alors là, au cours de ce dîner, Madame Ruggieri fait part de ses difficultés, et Laporte avait dit :

 

"J’ai d’excellents contacts avec Nicolas Sarkozy, avec le ministre de l'Intérieur, et je pense que Sarko peut vous arranger ça ; je peux vous obtenir un rendez-vous, mais pour obtenir le rendez-vous, vous me donnez 50% du capital du casino. Alors, là, la position de Bernard Laporte, ça a été toujours de dire que c'était tout à fait une plaisanterie. Et je dois dire que là-dessus il y a eu une enquête préliminaire, mais il faut être très clair, il n'a jamais été mis en examen, même il n'a jamais interrogé (? !), et ça a été classée sans suite. 

 

Maintenant, c'est une autre histoire, toujours Bernard Laporte, il faut préciser que ça le concernait, alors qu'il n'était pas secrétaire d'Etat aux Sport pour être précis ; ça le concerne, c'est une entreprise qui s'appelle LTB, qui s'occupe de promotion immobilière, c'est très facile, et de construction, et puis après de gestion de studios.

 

Alors, Bernard Laporte, en 2005, a pris 30% de cette opération, qui est dirigée par un certain Manuel Trigano. Cette entreprise a eu des difficultés, les travaux ont eu du mal à démarrer, et cette entreprise, surtout, a eu des difficultés financières, et elle a été liquidée. Elle a d'ailleurs, du coup, planté...euh… il y a eu opération, qui a été faite dans la Drôme, et donc cette entreprise a été reprise par une autre entreprise, qui s'appelle "Elite Premier" ; mais, chez LTB, il y avait déjà comme dirigeant Samuel Trigano, et on retrouve encore Monsieur Manuel Trigano… pardon… dans Elite Premier (cf. renseignements en annexe)

 

Les travaux ont été faits, après, par Elite Premier n'importe comment, il y a eu énormément de plaintes, il était donc impossible de louer, il y a eu donc toute une série de réclamations, en plus les travaux avaient été assurés par une entreprise britannique, une compagnie d'assurances qui n'était pas agréée, et d'ailleurs le ministère des Finances s'est ému, donc finalement il y a un grand litige, les soixante clients, qui ont été lésés, ont déposé une plainte et ont pris comme avocat Maître Portejoie, et ils demandent un dédommagement d'un million et demi d'euros.

 

Laporte est défendu par Versini-Campinchi, qui est d'ailleurs l'avocat de Jean-Christophe Mitterrand dans l'Angolagate, un avocat extrêmement combatif ; en un mot, Laporte dit qu'il n'est au courant de rien, et qu'il a été victime, je dirais, des différents associés, et qu'il va se retourner contre Trigano et contre la société.

 

Olivier Truchot : D'accord, donc le parquet de Clermont a ouvert une enquête… Maître Versini est en direct avec nous dans les "Grandes Gueules"

 

Jacques Maillot : Très bien…

 

Olivier Truchot : Bonjour Maître…une fois de plus, si je comprends votre position,  Bernard Laporte se retrouve mêle à un contentieux, à des problèmes... euh.., alors qu'il n'y ait pour rien ?

 

Maître Versini : Il se retrouve mêlé publiquement à des problèmes, parce qu'il est secrétaire d'Etat ; je dirais même que le dernier problème en date n'aurait probablement pas fait l'objet d'une plainte pénale, et donc pas d'une enquête préliminaire, si Bernard Laporte n'était pas secrétaire d'Etat. Nous sommes dans une manœuvre de pression caractérisée, vous dites…

 

Olivier Truchot : Attendez, attendez, c'est fort ce que vous dites, c'est-à-dire que le parquet a ouvert une enquête, parce que Bernard Laporte est secrétaire d'Etat… il y a eu un règlement de compte ?

 

Maître Versini : Je ne dis pas ça, je dis que la plainte qui a été déposée, qui est une plainte de nature pénale, n'aurait probablement pas été déposée, si Bernard Laporte n'était pas secrétaire d'Etat..

 

Olivier Truchot : Le parquet a ouvert une enquête quand même...

 

Maître Versini : Il a ouvert une enquête parce qu'on a déposé une plainte, dès qu'un citoyen français dépose une plainte, le parquet ouvre une enquête, mais je m'explique… s'il n'était pas Bernard Laporte, et s'il n'était pas, aujourd'hui, secrétaire d'Etat aux Sports, les plaignants seraient probablement allés au civil et non pas au pénal… premier point.

 

Le deuxième point, c'est qu'on mélange un peu trois dossiers différents... la société LTB, dans laquelle Bernard Laporte, à l'origine, avait, et a toujours eu 15%, et non pas 30% du capital… mais c'est pas très grave…

 

Olivier Truchot : Il a toujours 15%...?

 

Jacques Maillot : Pardon, je m'excuse, ma source est Le Figaro, et le Figaro avait dit 30…

 

Olivier Truchot : Il a toujours 15% ?

 

Maître Versini : Je vous précise que c'est 15… maintenant cette société a été dissoute…

 

Olivier Truchot, bras tendus : On va pas refaire toute l'histoire… non, non, simplement j'ai une question à vous poser… est-ce que le problème simplement est que Bernard Laporte ait toujours 15% dans cette affaire? Il est secrétaire d'Etat, il aurait dû se retirer pour qu'il n'y ait plus de problème…

 

Maître Versini : Il n'a plus 15%, depuis qu'il est secrétaire d'Etat, il n'est plus du tout dans ces affaires-là, et cette société a fait l'objet d'une liquidation judiciaire, donc elle n'existe plus…le problème c'est que l'on mélange trois dossiers…un dossier de promotion immobilière, qui n'a absolument rien à voir, un problème d'assurance qui n'a absolument rien à voir, et une société de gestion, qui est LTB et qui a fait de très mauvaises affaires, et lorsqu'il a indiqué, par la voie de son avocat, qu'il allait se retourner contre Monsieur Trigano, c'est parce qu'il est aussi victime que les clients, et je ne vais pas dire des malversations, parce je n'en sais rien, mais tout au moins des très, très mauvaises affaires de monsieur Trigano..

 

Olivier Truchot : En résumé, on veut la peau de Bernard Laporte, parce qu'il est secrétaire d'Etat ? !

 

Sophie de Menthon : En résumé, circulez, y a rien à voir…

 

Olivier Truchot : C'est en tout cas,  ce que dit son avocat, mais affaire à suivre…

 

Jacques Maillot : Affaire à suivre, circulez, y a rien à voir là… à suivre… à suivre…

 

Sophie de Menthon : S'il n'a même plus de participation, et même s'il est secrétaire d'Etat, je ne vois pas où et le problème… SI ?

 

 

Renseignements juridiques

 

Activité

Autres activités auxiliaires de services financiers, hors assurance et caisses de retraite, n.c.a. - 6619B

 

Siège social

45 Rue Madier de Montjau - 26000 VALENCE

 

SIRET

49266870200011

 

Forme juridique

société par actions simplifiée

 

Capital social

200.000,00 EURO

 

Immatriculation

14-11-2006

 

Nationalité

France

 

 

Publié dans COURRIER "Médias"

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