« "Dédiabolisation" et liberté d’expression »

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 15 février 2009


Objet :

« "Dédiabolisation" et liberté d’expression »

 

 

   Messieurs Alain Marschall et Olivier Truchot

 « Les Grandes Gueules »

 RMC Info

 12, rue d’Oradour sur Glane

 75015 Paris

 Fax : 01 71 19 11 90

 Courriel : 

 http://www.rmcinfo.fr/

 

 

[A l'attention d’Alain Weill, président du groupe NextRadioTV (RMC Info, BFM, BFMTV et Groupe Tests), de la Direction et de la rédaction de RMC Info, Jean-Jacques Bourdin et Guillaume Cahour en particulier, ainsi que les bien-pensants censeurs conformistes autoproclamés Grandes Gueules (André Daguin, Anna Sallabi, Bernard Debré, Claire O’Petit, Christian Lehmann, Gaston Kelman, Karim Zéribi, Jacques Maillot, Sophie de Menthon, Sylvain Grandserre, etc.)], qui colportent les mensonges et les « croyances au miracle » de la pensée superstitieuse « politiquement correcte » du jour dans tous ses modes d’expression, sans avoir pour autant le courage intellectuel de débattre sur le fond]

 

Messieurs,


J’ai suffisamment dénoncé depuis des années, arguments intellectuels et philosophiques à l’appui, votre prétention à vous présenter comme le « TGV de la liberté d’expression » pour ne pas rendre hommage aujourd’hui au grand pas en avant que vous avez franchi en recevant Marine Le Pen sur votre plateau, au cours de l’émission du 9 courant.

 

Néanmoins, il vous en reste bien d’autres à parcourir avant de libérer complètement le droit d’expression - en France, aujourd’hui ! -, et a fortiori avant de pouvoir prétendre dire LA Vérité, car ceci exige de vous débarrasser de vos mensonges, de vos « croyances au miracle » et de vos partis pris, tels qu’ils se manifestent constamment, entre autre, dans vos condamnations moralisatrices à sens unique.

 

Quoi qu’il en soit, la fille du « diable » invitée par les Grandes Gueules sur RMC Info, à défaut de Satan en personne car c’eût été trop « craignos » - même si Jean-Jacques Bourdin, sauf erreur, n’a pas eu votre pudeur de vierge effarouchée -, ça se salue quand même chapeau bas - sans prendre pour autant parti sur des idées, d’une manière ou d’une autre !

 

Même Spinoza, en son temps, comparaissant devant un tribunal moral à charge, et condamné d’avance pour « délit d’opinion », aurait assurément apprécié cette mince bouffée d’air pur encore si rare dans notre soi-disant démocratie, où de prétendues « élites », qui endoctrinent l’opinion, fixent arbitrairement ce qu’il est bien ou mal de penser et de dire, en triant entre les bonnes et mauvaises opinions – moralement parlant ! -, mais jamais entre les vraies et les fausses, philosophiquement parlant – sinon, sur cette dernière base, Spinoza n’aurait pas été excommunié ! ! !

 

Or, tous nos faiseurs d’opinion d’aujourd’hui agissent comme ces Messieurs du Mahamad, qui excommunièrent Spinoza sur fondement moral superstitieux. Ils se croient tellement « vertueux » pour juger et condamner « moralement » les Autres qu’ils semblent être dans le secret des dieux, c’est-à-dire qu’ils connaîtraient « en soi » l’Idéal du Bien et du Mal, à savoir leurs fameux, mais mensongers, Bien et Mal « absolus » - par ailleurs si juteux pour manipuler l’opinion !

 

Pourtant, si j’ajoute, au coup de chapeau donné, l’intervention de ce jeune tunisien de trente-quatre ans, Mohamed, naturalisé français et patriote prêt à s’engager aux côtés de Marine Le Pen, le tableau aurait été presque parfait. Dommage que l’Idéal, à jamais inconnaissable « en soi »,  demeure hors de portée de notre monde jusqu’à la fin des temps - hormis comme un « impossible rêve » pour l’éternité ! Ceci n’empêche pas pour autant le naturel moralisateur, celui des Grandes Gueules en particulier, de revenir au galop pour juger quand même en son  nom - vous avez dit « ARNAQUE » ? ! OUI, je persiste et je signe, sauf à tous les censeurs autoproclamés de France et de Navarre, dénoncés nommément dans le texte, Mensonges et lâcheté des élites,  de prouver qu’ils n’ont jamais reçu mon courrier explicatif sur l’Idéal, et sur les détournements partisans qu’ils en font !

 

Ainsi l’animateur de service n’a-t-il pas perdu de temps pour évoquer les récents propos, dits négationnistes ou révisionnistes - deux néologismes contemporains très pratiques pour condamner moralement les Autres -, de cet évêque britannique niant « absurdement » la réalité des chambres à gaz, et donc, compte tenu de l’identité de l’invitée, pour faire un parallèle avec d’autres propos jugés chez nous dans des procès staliniens, ce qui revenait à mettre à bas la bonne initiative saluée ci-dessus.

 

Or, comme je n’ai pas peur de mettre les pieds dans le plat, puisque je tiens à votre disposition mes lettres des 6 avril et 16 mai 2005, adressées respectivement au CRIF et à la LICRA - lettres par ailleurs toujours sans réponse à ce jour, et pour cause ! -, mettons les pieds dans le plat  de la Shoah ! Au préalable, toutefois, pour vous éviter de pousser par avance des cris d’orfraie, je vous rappelle, au cas où vous l’auriez oublié, que c’est un juif, Alain Finkielkraut en l’occurrence, qui a parlé de « catéchisme » de la Shoah, mais également de « religion » des droits de l’homme, dans un entretien avec Alain Duhamel sur France 2 en mars 2001.

 

Toutefois, si je mets les pieds dans le plat de la Shoah, ce n'est sûrement pas pour voler au secours de Monseigneur Williamson - et ce, d'autant moins que, contrairement à ce que Patrice Gourrier a pu dire de son Dieu,  pour le coup, l’évêque et moi n'avons vraiment pas le même Dieu - le mien, pour mémoire, étant celui de Spinoza ! J'attends d'ailleurs avec curiosité que monsieur le curé nous montre, voire démontre, en quoi son Dieu se démarque de celui de l'évêque, puisque Benoît XVI a réintégré le prélat dans la même Eglise !

 

Il y avait déjà un « Dieu trois en un », celui des juifs, des chrétiens et des musulmans, voici désormais « deux » dieux pour les fidèles d’une seule et même religion, et ils appellent cela « monothéisme » - un Dieu unique, peut-être puisqu’ils le disent, mais « à géométrie variable », assurément, dans ses infinies contradictions.

 

Or la moindre contradiction, fut-elle en Dieu, suffit à retirer l « absoluité », c’est-à-dire à récuser toute réalité absolue, et donc la prétention d’être LA Vérité absolue, ainsi que cela peut-être démontré, et a été démontré more geometrico par Spinoza. Il en va d’ailleurs de même lorsque plusieurs vérités se font face, et ainsi dans la pluralité des religions, des idéologies et des catéchismes, aucune de ces vérités relatives ne saurait prétendre s’ériger en absolu, en Vérité absolue – sauf à vous-mêmes ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire !

 

Comme il est question de la Shoah dans ce courrier, pour donner un seul exemple des contradictions du Dieu religieux, j’emprunte ce qui suit à l’invité d’une émission religieuse du jour sur France Culture, en sa qualité de. juif croyant en Yahvé. Ainsi, après avoir rappelé que Dieu, selon la Torah et le Talmud, est omniscient, omnipotent et infiniment bon, il a quasiment établi que la Shoah suffit à invalider ces trois propriétés attribuées à Dieu - fut-il le « Dieu trois en un » ! En effet, si Dieu a laissé faire la Shoah, d’après l’intervenant, c’est qu’il n’est pas infiniment bon, s’il n’a pas pu l’empêcher, il n’est donc pas tout-puissant, et s’il ne connaissait pas l’ampleur du drame, en quoi est-il omniscient ?

 

Pour revenir à mon propos, catéchisme et morale, ça va de pair, mais LA Morale ce n’est pas l’éthique, comme je l’ai rappelé récemment dans ma lettre du 26 dernier à Jacques Maillot, un de ces « rêveurs », qui croit pouvoir moraliser le « capitalisme planétaire ». Si le ridicule ne tue pas, c’est que vous serez tous déjà morts, lorsque nos plus ou moins lointains descendants auront vent de vos « chimères » actuelles, dont la moindre n’est assurément pas de « croire » pouvoir régler à notre convenance le climat de la planète pour l’éternité !

 

Quant à Jacques Maillot, que ses « croyances au miracle » semblent autoriser à donner des leçons de morale à la France entière, puisque c’est un « vertueux » - de gauche comme dab, évidemment ! -, s’il n’est pas d’accord avec le contenu de mon courrier sur un quelconque point très précis, il ne lui reste qu’à en démontrer la fausseté sur le fond - jusqu’ici, toutefois, il ne s’est pas encore manifesté ! ! !

 

Mais revenons à Monseigneur Williamson, cet évêque intégriste négationniste précédemment excommunié, à ses propos et aux réactions suscitées, en examinant une autre manière de traiter sa déclaration, lorsque l’on n’a pas réellement l’intention de l’« instrumentaliser », autrement dit d’en tirer un quelconque profit, communautariste ou autre. Pour ce, je fais un parallèle avec les propos d’un quidam, qui ont en commun avec les siens de « nier l’évidence », et auquel serait venue la lubie de déclarer le plus sérieusement du monde, en plein midi, qu’il est en réalité minuit : la première réaction serait-elle réellement de lui donner une leçon de morale pour déni de la réalité ?

 

Assurément non, puisque ses propos ne sembleraient pas - a priori - porter atteinte à quelque intérêt que ce soit. Et donc toute personne sensée, et non intéressée à un titre quelconque par son propos négationniste, s’en garderait bien, voire n’y songerait même pas, et n’épiloguerait donc pas sur le fond. Ainsi ce quidam, loin d’être jugé et condamné moralement pour déni de la réalité, serait surtout jugé bon à conduire au centre psychiatrique le plus proche, puisque nier la réalité peut être assimilé à la folie.

 

Or qu’en est-il d’autre de Monseigneur Williamson, auquel sont opposables de nombreuses preuves de la réalité infirmant sa déclaration, et notamment des traces tangibles de toutes sortes - lieux de mémoire, archives cinématographiques, multiplicité de témoignages, etc.-, que ses yeux et ses oreilles ne sauraient nier sans attester une grave altération mentale ? Si, face à ces évidences indéniables - sauf pour lui -, le prélat continue à contester la réalité des chambres à gaz, des soins appropriés s’imposent, et il revient à Benoît XVI de décider des mesures à prendre. En pareil cas, néanmoins, ne se justifie d’opposer a priori LA Morale à des propos absurdes, voire déments - la Raison, certes, pas LA Morale ! ! !

 

Cependant, puisqu’il est raisonnable de penser que l’état mental de cet évêque ne présente pas de signe particulier d’inquiétude, sinon ses ouailles l’auraient constaté, il faut s’interroger sur les mobiles de sa déclaration publique, et en particulier sur l’intérêt caché qui aurait inspiré des propos incontestablement négationnistes, niant l’évidence, mais sans agiter pour autant le chiffon rouge de LA Morale. En effet, jusqu’à preuve du contraire, personne ne connaît exactement ces motivations, et le débat tourne donc « par avance » à l’avantage de la Morale sur la Raison, de la Superstition sur LA Vérité, ainsi qu’il en va à toutes les époques.

 

Sinon Socrate n’aurait pas été empoisonné, le Christ crucifié, et Giordano Bruno brûlé, pour avoir annoncé au monde LA Vérité – sauf, bien entendu, à vous-mêmes ou à quiconque de démontrer la fausseté de leur Parole : celle qui n’a pas été pervertie par la foule superstitieuse ou par de pseudo-élites décidant « arbitrairement » d’un Bien et d’un Mal soi-disant absolus, qui, à l’examen philosophique, s’avèrent n’être que des fictions ! Et ainsi notre monde, dit moderne, continue-t-il, comme aux pires époques obscurantistes, à juger et à condamner sur des fictions, sur des « croyances superstitieuses » ! ! !

 

Je vous fais remarquer par ailleurs que Monseigneur Williamson s’est proposé de revenir sur sa déclaration, si on lui apportait des preuves infirmant ses propos - et assurément elles ne manquent pas ! D’autre part, je serais très curieux de savoir si ces mêmes propos ont fait également un tel pataquès dans un autre Etat européen, voire mondial. Sauf preuve contraire, j’en doute, et il faudrait donc cesser de considérer la France comme le centre du monde en matière de morale, et de s’autoriser à juger et à condamner moralement pour des crimes commis au cours des décennies et des siècles antérieurs. Je voudrais bien savoir aussi dans quels autres Etats du monde a été gravée dans le marbre leur « imprescriptibilité », alors que ces mêmes crimes perdurent à notre époque, ainsi qu’il en va notamment de l’esclavage - si morale et catéchisme vont de pair, morale et réflexion philosophique ne font pas bon ménage, mais c’est tellement « juteux » de faire culpabiliser les Autres, en se croyant « irréprochable » !

 

A suivre cette voie de constants jugements moralisateurs partisans, le monde est condamné à perpétuité à la culpabilisation généralisée et à la repentance, donnant lieu à cette situation ubuesque dénoncée pourtant sans ambiguïté, voici bientôt deux mille ans : les bons, ceux qui jugent et condamnent les Autres, à savoir les censeurs autoproclamés prédestinés par élection divine, ou autre, à se comporter toujours en « vertueux », c’est-à-dire à agir exclusivement en conformité au Bien absolu, et les mauvais, les éternels pécheurs, à qui ne reste que la repentance pour réparer leurs fautes… et c’est à un tel catéchisme que vous donnez la vocation de régir la marche morale du monde jusqu’à la fin des temps ? Vous avez dit « débilité intellectuelle » ? !

 

OUI, je persiste et je signe, car « TOUTES » les condamnations moralisatrices s’avèrent, encore et toujours, fondées seulement sur des fictions, c’est-à-dire sur les mensonges et les « croyances au miracle » du penser superstitieux : celui qui « absolutise le relatif », en faisant passer malhonnêtement pour absolu ce qui n’est que relatif. C’est essentiellement le cas du Bien et du Mal soi-disant « absolus », dont décident pourtant différemment – relativement ! - les puissants décideurs, d’ici et d’ailleurs, sur des sujets de société : abolition de la peine de mort, euthanasie, interruption volontaire de grossesse, etc. - sauf à vous-mêmes ou à quiconque, évidemment, d’établir l’ « absoluité » absolue du Bien et du Mal !

 

C’est pourquoi, dans l’hypothèse où les intérêts propres, et encore mystérieux, de Monseigneur Williamson, probablement fondés sur un antique ressentiment entre religions, affronteraient des positions contraires intéressées, il est légitime de se poser la question : « Comment se fait-il que des faits, assurément inhumains et indiscutables, reviennent quasi quotidiennement, plus de soixante ans après leur occurrence, comme un leitmotiv moralisant, comme un catéchisme censé régir la marche morale du monde jusqu’à la fin des temps ? »

 

Pour votre gouverne, je vous rappelle, une fois de plus, que, pour faire la morale aux « Autres », il faudrait commencer par être soi-même « irréprochable » - sauf à être indécent ! Or, comme déjà dit et redit, il n’y a pas, il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais, d’individus ni de groupes d’individus, « TOUS » critères d’appartenance confondus, réellement « IRRÉPROCHABLES ». Face à l’Idéal, en effet, chacun est forcément coupable, coupable de « crime de lèse-Idéal », ainsi que le devenir du monde le confirme quotidiennement. Alors, que tous ces professionnels de LA Morale, dont les Grandes Gueules et autres groupes moralisateurs que vous soutenez, commencent à balayer devant leur porte, et sauf impudeur notoire, renoncent ainsi à leurs leçons de morale aux Autres pour les appliquer à leur propre usage, car vous n’êtes pas « crédibles » en justiciers de l’Idéal !

 

Si, pour reprendre le credo habituel, ces donneurs de leçons aux Autres comptent sur un quelconque devoir de mémoire pour éviter le retour de la barbarie, c’est déjà « râpé », ainsi que les génocides cambodgien et rwandais, voire le Darfour, en témoignent ! Faut-il donc vraiment que les uns soient puissants, et les autres « bornés », pour qu’un tel discours superstitieux puisse faire encore autorité et réduire de facto tout le monde au silence ! ! !

 

Toutefois, si je n’ai pas été encore assez clair et précis pour dénoncer votre penser moralisateur superstitieux, tel qu’amplement établi dans une trentaine de lettres, je ne peux mieux faire que reproduire ci-après ce court extrait de circonstance prélevé sur un blog :

 

« Deux mille ans de culpabilité chrétienne relayée par les droits de l'homme se sont réinvestis, au nom de la défense des individus, dans la mise en accusation et la disqualification radicale de la France. Et l'école publique s'est engouffrée dans la brèche avec d'autant plus d'ardeur qu'à la faveur du multiculturalisme elle a trouvé dans cette repentance et ce masochisme national une nouvelle mission. Après avoir été le vaisseau pilote de l'humanité, la France est devenue ainsi l'avant-garde de la mauvaise conscience universelle. Lourde rançon. Singulier privilège. » Pierre Nora, historien et membre de l’Académie française.

 

En conclusion, je vous invite, pour la énième fois, à présenter vos objections intellectuellement et philosophiquement étayées, à défaut de quoi je vous accuse, une fois de plus, de manifester votre intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde, donc de manipuler sciemment l’opinion. Bien entendu, votre éventuelle réponse ne saurait se limiter à ce courrier, mais elle devrait également tenir compte du contenu de toute la correspondance antérieure, en particulier  de mes lettres du 16 juin dernier à Alain Weill et du 18 septembre 2008 à Nicolas Sarkozy, adressées en envoi recommandé avec accusé de réception.  La question de LA Vérité, en effet, ne se traite, ni au  plan de l’affectif, de l’émotionnel, ni au ras des pâquerettes, mais au niveau supérieur des facultés, ou genres de connaissance, de notre entendement humain.

 

Je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Messieurs, mes salutations distinguées.

 

Annexe : Mensonges et lâcheté des élites


[Les éventuels défauts de présentation, constatés après la mise en ligne, sont indépendants de ma volonté] 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

Publié dans COURRIER "Médias"

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