« Moraliser le capitalisme ! »

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 26 janvier 2009


Objet :

« Moraliser le capitalisme ! »

 

Monsieur Jacques Maillot

 « Les Grandes Gueules »
RMC Info

12, rue d’Oradour sur Glane

75015 Paris

 Fax : 01 71 19 11 90

 Courriel : 

 http://www.rmcinfo.fr/

 

 

[A l'attention d’Alain Weill, président du groupe NextRadioTV (RMC Info, BFM, BFMTV et Groupe Tests), de la Direction et de la rédaction de RMC Info, Jean-Jacques Bourdin et Guillaume Cahour en particulier, ainsi que les bien-pensants censeurs conformistes autoproclamés Grandes Gueules (Alain Marschall, Olivier Truchot, André Daguin, Anna Sallabi, Bernard Debré, Claire O’Petit, Christian Lehmann, Gaston Kelman, Karim Zéribi, Jacques Maillot, Patrice Gourrier, Sophie de Menthon, Sylvain Grandserre, etc.)], qui colportent les mensonges et les « croyances au miracle » de la pensée superstitieuse « politiquement correcte » du jour dans tous ses modes d’expression, sans avoir pour autant le courage intellectuel de débattre sur le fond]

 

Monsieur,

 

A chaque jour et à chacun sa « bulle », au sens trivial actuel du terme, chez les prétendues « Grandes Gueules » qui n’ont effectivement que ça - une « grande gueule » ! - pour s’exprimer sur l’antenne de RMC Info ainsi que sur BFM TV, je suppose, car leur discours superstitieux ne doit guère changer entre le matin et le soir – sinon, ça se saurait !

 

Si, avant d’en venir au fond, je débute sans tambour ni trompette pour dénoncer votre récente « bulle morale », à l’exemple de celles d’un pape, c’est que, mis personnellement en exergue dans les nombreuses lettres adressées en vain aux Grandes Gueules de RMC Info depuis des années, vous ne pouvez donc pas prétendre ignorer les mensonges et les « croyances au miracle », habituellement colportés durant vos émissions, ni les fondements intellectuels et philosophiques, qui m’autorisent à les dénoncer sans cesse.

 

Alain Weill lui-même ne saurait contester en avoir eu connaissance à deux reprises : d’abord, par mon courrier du 16 juin dernier, ayant pour objet à l’encontre de tous, « "Moralisateurs", lâches, racistes et "faux-culs" », et adressé en envoi recommandé avec accusé de réception, puis par ma lettre du 18 septembre 2008 à Nicolas Sarkozy, transmise par télécopie, dans laquelle je dénonçai, une fois de plus, la « Superstition » dans ses divers modes d’expression, dont toutes les Grandes Gueules sans exception sont de fidèles porte-parole - au sens religieux du terme, du seul fait de privilégier la Foi sur la Raison sans jamais oser avancer un argument contraire sur le fond. Certes, si la Foi avait des arguments réellement convaincants pour démonter ceux de la Raison, « ça » se saurait depuis longtemps ! ! !

 

C’est pourquoi, faute à vous-même ou à n’importe lequel d’entre vous de démontrer la fausseté - sur le fond - de mes accusations sans ambiguïté contre votre penser superstitieux, vous confirmerez, les uns et les autres, votre intention délibérée de continuer à manipuler et à tromper l’opinion en toute connaissance de cause. Ainsi votre nouvelle « bulle morale » est-elle à compter au nombre de vos propositions sans lendemain, et n’exprime-t-elle rien d’autre qu’un mensonge et une « croyance au miracle » pour avoir seulement déclaré, au cours de l’émission du 23 courant : « Il faut moraliser le capitalisme ! »

 

La morale, assurément, c’est votre péché mignon aux « Grandes Gueules », et une occupation à plein temps pour tous les jours ouvrables de la semaine - mais c’est tellement « juteux » ! En effet, vous avez très bien saisi qu’il n’y a rien de tel, dans notre époque obscurantiste, pour paraître « vertueux », que donner constamment des leçons de morale aux Autres sur la seule base  de votre devise favorite : « Je condamne, donc je suis vertueux. » - à moins que ce ne soit l’inverse !

 

Vous appliquez à merveille la maxime du jour, « Culpabilisez, culpabilisez, il en restera bien toujours quelque chose » - de juteux pour vous, précisément ! Pour ce faire, le catéchisme soi-disant universel contemporain est pain bénit pour vous, même si vous jugez et condamnez moralement les Autres sur sa seule base superstitieuse, maintes fois démontrée par ailleurs. Vous « auto-encenser » en permanence, en allant même jusqu’à vous qualifier, mensongèrement, de « TGV de la liberté d’expression », suffit assurément à passer pour les bons, aux yeux d’une opinion pas trop regardante.

 

Celle-ci est, en effet, conditionnée par le discours politiquement correct du jour, que vous contribuez à colporter au même titre que la quasi-totalité des soi-disant « élites » de l’époque, dont les noms vous sont rappelés dans le document annexé, Mensonges et lâcheté des élites; ou alors elle est réduite au silence par des procès staliniens pour éviter d’ébruiter LA Vérité, éternelle et absolue, si dérangeante pour des intérêts de toutes sortes, communautaristes notamment.

 

A propos de Morale, de vos leçons de morale, vous semblez oublier ce que je n’ai de cesse de vous rappeler, en vain, depuis des années : « Pour juger et condamner moralement les Autres, il faudrait commencer par être soi-même « irréprochable ». Or, non seulement vous n’êtes pas, les uns et les autres, plus irréprochables que quiconque, à commencer par moi, mais vous avez même été pris en flagrant délit de racisme, à deux reprises. Certes, vous vous en exonérez à bon compte, en distinguant le racisme stricto sensu, sur critère spécifiquement ethnique, de la discrimination sous toutes ses autres formes, auxquelles même les antiracistes autoproclamés n’échappent pas, en matière de sexisme, voire d’esclavage, en terre d’islam, par exemple.

 

Le comble est que ces prétendus antiracistes autoproclamés s’avèrent publiquement racistes, comme les Grandes Gueules, et vous-même en particulier, en terme d’âge des sénateurs, du candidat républicain US et de diverses personnalités du monde télévisuel. Il s’agit même, parfois, de racisme ordinaire, quand il se manifeste publiquement  entre Noirs d’Afrique et des Caraïbes, entre Noirs et arabes, entre juifs et arabes, entre Guadeloupéens et Haïtiens, entre Africains du Sud et Zimbabwéens, etc., etc., tant la diversité est grande dans notre monde, et en conséquence les conflits d’intérêt.

 

Toutefois, dans ce discours manichéen, il est beaucoup moins fréquent de souligner. la discrimination la plus répandue et la plus criante au niveau mondial, à savoir celle entre les riches et les pauvres, pourtant condamnée à perdurer jusqu’à la fin des temps - comme toutes les autres formes de discrimination d’ailleurs – nature humaine oblige ! Si vous en doutez, nous reparlerons d’égalité, lorsque les riches auront partagé leurs richesses avec les pauvres – donc, à la saint Glinglin ! ! !

 

Dénoncer quasi exclusivement le racisme stricto sensu, ce n’est ni plus ni moins que favoriser une forme spécifique de discrimination par rapport aux nombreuses autres, comme c’est effectivement le cas dans la société française d’aujourd’hui – vous avez dit « égalité » ? ! C’est aujourd’hui la plus « juteuse » discrimination à dénoncer au nom d’un passé révolu de plusieurs décennies, voire de plusieurs siècles, en  ignorant sciemment que les condamnations moralisatrices et partisanes d’ici servent surtout à faire oublier les turpitudes de là-bas : conflits interethniques ou interreligieux au Proche et Moyen-Orient, au Darfour, en République « démocratique » du Congo, en Côte d’Ivoire, au Kenya, ainsi que la totale absence de démocratie sur l’ensemble du continent africain, Maghreb compris, tout comme la survivance de l’esclavage en terre d’islam (Mauritanie, Zanzibar, etc.).

 

Après ces quelques considérations générales, dont je suis tout disposé à débattre avec quiconque, comment appeler autrement qu’hypocrisie le discours « faux-cul » consistant à reprocher aux Autres ce que chacun d’entre nous a pu faire hier, sur la route par exemple, et refera, demain, à la première occasion où des intérêts égoïstes de toutes sortes l’exigeront ? Assurément, je ne vais pas reprendre ici, pour la énième fois, mes arguments dénonçant la superstition moraliste, qui se fonde uniquement sur des fictions, à savoir sur trois croyances superstitieuses : celles d’un Bien et d’un Mal prétendument absolus, de la division naturelle et manichéenne des humains, les bons, nous, et les mauvais, eux, ainsi celle en un illusoire « libre arbitre », une pseudo-volonté libre en vertu de laquelle il suffirait de vouloir pour pouvoir.

 

D’après cette dernière illusion, nous pourrions même choisir « librement » entre le Bien et le Mal, en toutes circonstances évidemment - fut-ce en situation de danger de mort ! Ce prétendu libre choix est d’autant plus absurde que bien et mal sont des valeurs seulement relatives, et non absolues, ainsi que largement démontré par ailleurs. La marche du monde le confirme constamment, et tout particulièrement le conflit au Proche-Orient depuis soixante ans, date précisément de la Déclaration soi-disant universelle – de quel côté, en effet, s’y trouvent le Bien et le Mal absolus dans les comportements respectifs ? !

 

Pour conclure ce bref exposé sur la morale en général, dont de très amples précisions figurent dans les deux lettres mentionnées ci-dessus, ainsi que dans l’ensemble du courrier vainement adressé à RMC Info et à la quasi-totalité des soi-disant « élites » françaises, lequel est toujours à votre disposition, j’affirme que vous n’avez toujours rien compris, et que vous êtes apparemment incapables d’y parvenir, à la distinction radicale entre éthique et morale, puisque ces deux termes sont sans cesse confondus - dans le penser superstitieux, précisément !

 

Alors, brièvement dit pour votre gouverne, sachez que : « L’éthique, c’est la morale « sans » ses croyances superstitieuses (cf. ci-dessus) et ses condamnations moralisatrices relatives partisanes. La preuve : vous ne rencontrerez pas une seule fois le mot « morale » dans l’Éthique de Spinoza, et ce n’est sûrement pas sans raison – exactement, celle que je viens de vous donner ! Ceci devrait vous dispenser à jamais de vos leçons de morale aux Autres, mais votre cupidité humaine commune, dans nos affaires d’amour, d’argent et d’honneur-vanité, vous l’interdit pour encore longtemps  - si, d’aventure, vous y échappiez, merci de m’en faire part ! ! !

 

Si, après cet exposé dont j’attends vos éventuelles objections, intellectuellement et philosophiquement étayées, vous persistiez à croire qu’il est possible de « moraliser le capitalisme », c’est que vous êtes à jamais un indécrottable « croyant au miracle » incapable de comprendre ce qui précède - sinon, à vous de me montrer, voire démontrer, comment moraliser le capitalisme, compte tenu de notre nature humaine égoïste ! Et d’abord, votre propos entendait-il le moraliser en France seulement, ou sous-entendait-il d’y parvenir également au niveau mondial ?

 

S’il s’agissait uniquement de la France, pourquoi moraliser seulement le monde capitaliste de la finance et des affaires ? Pourquoi pas également le monde politique et le milieu sportif, dont les comportements sont loin d’être irréprochables, pourquoi pas aussi le monde des médias, qui colporte mensonges et « croyances au miracle », et donc pourquoi pas moraliser les « Grandes Gueules » de RMC Info, qui y collaborent allègrement à longueur d’antenne ? Ainsi, de fil en aiguille, faudrait-il aussi « moraliser » chacun des humains pour faire de chaque égoïste par nature un individu idéal.

 

A défaut, devant cette totale impossibilité, croire en l’avènement d’un monde parfait avec des individus imparfaits – cherchez l’erreur ! –, sans changer d’abord la nature de l’être humain, c’est indéniablement croire au miracle. Mais il est vrai que c’est votre fonds de commerce aux Grandes Gueules, puisque vos constantes leçons de morale aux Autres visent précisément à changer ceux qui vous écoutent. Aussi, si je peux vous donner un conseil, ainsi qu’à tous les professionnels de LA Morale, tous milieux confondus (médias, responsables politiques, prétendus intellectuels ou pseudo-philosophes et vertueuses associations droits-de-l’hommiste),  réservez donc vos leçons de morale à votre propre usage, et le monde ne se portera que mieux sans cette « hypocrisie » planétaire ! Certes, au vu des avantages des uns, voire de la promotion « scandaleuse » des autres, vous auriez tort de vous gêner, quitte à continuer de colporter, sciemment, les mensonges et les « croyances au miracle » du monde.  

 

Pour terminer sur votre remarque, si votre propos entendait moraliser le capitalisme au niveau mondial, je vous souhaite bien du plaisir, à en juger seulement par l’incapacité de la plus grande organisation internationale, l’ONU en l’occurrence, impuissante à régler un conflit entre deux Etats lilliputiens de la planète, qui dure déjà depuis soixante ans, et s’achemine vers une nouvelle guerre de Cent ans – sauf à vous, évidemment, ou à quiconque de m’indiquer concrètement comment éradiquer, de manière universelle et définitive, les innombrables maux sempiternels de l’humanité, et comment instaurer, tout aussi universellement et définitivement : paix, justice, démocratie, liberté et égalité !

 

Comme vous serez aussi incapable d’y parvenir que tous les menteurs dénoncés dans le texte annexé, vous manifesterez ainsi votre intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde, donc à manipuler et à tromper l’opinion – sauf à renoncer, éventuellement, à votre « collaboration » à l’œuvre funeste de désinformation du penser superstitieux humain.

 

Ne croyez surtout pas que je vise ici, d’une quelconque manière, votre droit le plus légitime à vous exprimer. En effet, contrairement à vous, « Grandes Gueules », je suis un réel partisan de la liberté d’expression la plus totale en matière d’idées, à la seule condition de pouvoir débattre de toutes, sans les condamner par avance en les jugeant bien ou mal sur le plan moral superstitieux, puisqu’il n’y a rien d’« absolument » bien ou mal, d’ « absolument » vrai ou faux dans notre monde, où tout est relatif  - sauf à vous ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire !

 

Si des idées dérangent nos intérêts de toutes sortes, à titre individuel ou collectif, il faut les combattre sur le fond pour établir leur fausseté, et je ne m’en prive pas avec vous. Sinon, c’est prendre parti de façon sectaire, comme il en va pour le passé de la France coloniale ou celle de Vichy, mais c’est tellement plus facile d’ouvrir des procès staliniens contre des idées et leurs auteurs, comme vous le faites personnellement, tout en refusant  de débattre - et là se pose la question de votre légitimité à faire l’opinion ! ! !

 

Faire de l’information, de façon partisane, ce n’est plus informer, mais « endoctriner ». Or, de l’endoctrinement à la « débilité intellectuelle », le pas est vite franchi, comme l’a illustré indéniablement Gaston Kelman, en osant prétendre qu’une quelconque chose humaine, fut-ce la période coloniale, pourrait comporter « exclusivement » du contre, du négatif, des inconvénients. C’est une « aberration » intellectuelle et philosophique mensongère, ainsi que largement démontré dans le courrier antérieur. Je pose donc clairement la question de déontologie : un « journaliste », ou prétendu tel, est-il légitimé à continuer à faire l’opinion en tenant des propos, non seulement absurdes, mais contraires à LA Vérité éternelle absolue, sans établir leur véracité, ou reconnaître publiquement un mensonge qui a, néanmoins, déjà fait son œuvre malfaisante dans l’opinion, en la « désinformant » ?  

 

Dans l’attente de vos éventuelles objections, intellectuellement et philosophiquement étayées, qui me démentiraient au vu des deux lettres mentionnées, je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

 

Annexe : Mensonges et lâcheté des élites

 

Publié dans COURRIER "Médias"

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