Carla Bruni : une « intrigante » ?

Publié le par Sylvain Saint-Martory

                                     

Comme personne ne saurait valablement me reprocher, sauf à le prouver, de verser habituellement dans la « peopolisation », je fais une exception aujourd’hui : précisément, le jour où tous les médias du monde entier (télévision, radio et presse confondues, sans oublier internet), qui s’y complaisent plus que de mesure, à tout instant, vont s’en donner à cœur joie, en ce 20 janvier 2009.

 

Pendant des heures, en effet, tous vont vous narrer avec force détails, moult images et davantage de rêves encore, l’intronisation officielle du nouveau messie planétaire, en vous servant plus le « côté people » de Barack Obama, déjà maintes fois ressassé, que son réel programme et ses véritables intentions. Mais il faut bien conforter les « croyants au miracle » qu’il est l’homme providentiel, le sauveur de la planète attendu depuis le Christ, du moins à en juger par une « Obamania » démesurée, que la réalité de demain ramènera précisément à sa « juste mesure ».

 

Il faut entendre par là que « RIEN » n’autorise les humains, fut-il président de la plus grande puissance mondiale, à croire qu’ils seraient capables de « maîtriser » quoi que ce soit sur leur planète, a commencer par son climat – sinon, pourquoi ne pas stopper tout de suite la crise actuelle, au lieu de la laisser perdurer jusqu’à une échéance non connue, doper la croissance économique pour réduire le chômage à néant, et augmenter le pouvoir d’achat de tous selon les désirs de chacun ?

 

J’ai bien d’autres rêves à leur disposition, mais je ne doute pas que les « croyants au miracle » en regorgent. Pourtant, contrairement à eux, Barack Obama les a déjà mis en garde sur leurs illusions, même s’il a profité, un temps, de leurs « croyances au miracle » pour se faire élire. J’aurais bien aimé qu’il leur tienne ce discours de vérité pendant la campagne, mais avez-vous déjà entendu un candidat, fut-ce pour une élection communale, dire que toutes les promesses ne pourraient pas être tenues, car « tout n’est pas possible tout de suite » - n’est-ce pas, Nicolas, Ségolène ou François, en dépit de vos propos euphorisants ? !

 

La réalité est que, ne maîtrisant rien - « absolument rien » ! -, tous ces puissants, qui nous dirigent ou envisagent de le faire, avancent eux aussi « à l’aveugle » comme tout un chacun. En conséquence, leurs retournements d’opinion, leurs contradictions, dont les citoyens se gaussent, ne sont que le résultat de leur incapacité à prévoir la marche de la « nécessité », au sens spinoziste du terme, puisque celle-ci dépend de l’enchaînement infini de l’infinité des causes et des effets de « TOUT » ce qui se produit dans notre monde - et avec notre entendement fini, nous aurions la prétention de pouvoir connaître l’infini, l’infinité de notre monde ? ! Une « croyance au miracle », de plus…

 

Pour revenir à la « pipolisation » d’aujourd’hui, elle est devenue si juteuse que même les médias les plus sérieux y succombent, et c’est précisément l’article « Carla Bruni-Sarkozy - La conscience de gauche du président », publié par l’hebdomadaire Le Point dans son numéro 1894 du 15 janvier 2009, qui m’inspire ce billet. En effet, on peut y lire un entrefilet, intitulé « Carla n’a pas conquis le cœur des italiens », dans lequel j’ai relevé ce propos : «  La femme qui déclarait en 1993 au Corriere della sera que pour la séduire un homme devait avoir « de l’argent et du pouvoir » est davantage connue dans la péninsule pour ses caprices que pour son engagement politique. »

 

D’où mon interrogation, qui est tout sauf de parti pris contre elle, car j’avoue être sous le charme, non seulement esthétique, mais sur le plan du comportement et du bon sens de la première dame de France ; un point de vue généralement partagé partout où elle est passée. L’opinion particulière des Italiens, ou plus exactement de ce journaliste, semble témoigner simplement que, selon le dicton bien connu, nul n’est prophète en son pays.

 

Mais le questionnement est de mise : « Carla Bruni-Sarkozy est-elle une intrigante, et a-t-elle tout manigancé dès le début, c’est-à-dire avant ce fameux dîner chez Séguela ? » Assurément, son passé sulfureux plaide contre elle, car vous aurez beau chercher, vous ne trouverez guère d’inconnus parmi ses anciens prétendants, du moins à partir du moment où elle est devenue célèbre, ce qui n’est que le juste retour des choses.

 

Or, dans l’affaire, il se trouve que Carla Bruni est une amie de Séguela, lequel est également un ami de Nicolas, dès lors il est possible de se demander si la rencontre a été réellement fortuite, ou « inspirée » par la belle italienne ? ! En matière de pouvoir, en effet, à l'échelle nationale, il lui était difficile de rêver mieux. Toutefois, seul l’intéressé, l'initiateur du repas, est en mesure de répondre véritablement, c’est-à-dire de confirmer, ou non, si le propos tenu par Carla Bruni au Corriere della sera en 1993, a également joué en cette circonstance. Je me borne donc à poser la question sans pouvoir y répondre, et sans qu’elle puisse être considérée pour autant comme un « crime de lèse-majesté »...

 

En tout cas, ce n’est surtout pas moi qui vais reprocher à Carla Bruni ses intentions et son comportement, quels qu’ils aient pu être en la circonstance. En effet, je n’ai de cesse de dire et redire que notre «égoïsme » naturel, auquel aucun des six milliards et quelques humains d’aujourd’hui n’échappe, à des degrés divers selon les circonstances et l’intensité de ses désirs égoïstes du moment, n’est que le désir inné de tout individu de vivre le plus longtemps et le mieux possible.

 

Et pour cela, en se gratifiant, autant que faire se peut, dans ses affaires d’amour, quel qu’en soit l’objet,  de possession de biens et de personnes, d’où l’importance de l’argent comme instrument d’échange, et de gloire ou honneur-vanité, tel que ceci se manifeste à travers la recherche de titres et de distinctions les plus divers, (« Première dame de France », par exemple), ainsi que par celle de médailles de toutes sortes (civiles, militaires et sportives, entre autres)

 

Ségolène Royal vient d’ailleurs de l’illustrer à merveille : n’a-t-elle pas cherché une aura médiatique personnelle à travers son déplacement privé à Washington et sa déclaration « obamaniaque », prêtant à les confondre dans la même gloire ?

 

Que ceux qui échappent à l’une ou l’autre des manifestations de notre égoïsme inné,  lèvent le doigt ! ! !

Publié dans BILLET DU JOUR

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