« Scientisme versus "Vérité" »

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 17 janvier 2009

 

 

Objet :

« Scientisme versus "Vérité" »

 

Monsieur Jean-Borloo

Ministre de l’Ecologie et du Développement durable
Hôtel de Roquelaure 
246, boulevard Saint-Germain 
75700 Paris

 

[A l’attention de Nicolas Sarkozy et de François Fillon]

 

Monsieur,


Comme il est fort peu probable, en raison de la cessation de fonctions de Nathalie Kosciusko-Morizet, que je reçoive une réponse, de surcroît argumentée, à la lettre adressée à la secrétaire d’Etat à l’Ecologie le 20 décembre dernier, je me dois d’autant plus de vous en faire part, en votre qualité de ministre de l’Ecologie et du Développement durable, que vous en étiez déjà destinataire ainsi que François Fillon.

 

Cette lettre, portant comme objet « Scientisme et "débilité intellectuelle" », avait pour but de dénoncer les mensonges et les « croyances au miracle » du scientisme contemporain, notamment sur la grande affaire planétaire d’aujourd’hui visant à établir sur la planète, à terme, un climat sur mesure pour l’éternité. Elle faisait suite au courrier adressé à Nicolas Sarkozy, le 18 septembre dernier, dans lequel je dénonçai la Superstition dans ses divers modes d’expression, et en particulier le scientisme matérialiste contemporain dans sa prétention à connaître et à comprendre « absolument » notre univers et son présumé commencement - sans oublier, évidemment, la « croyance au miracle » actuelle en notre toute-puissance de maîtriser, à notre guise, les phénomènes naturels, et tout particulièrement les évènements climatiques !

 

Je n’avance pas ici mes arguments, puisque toutes les précisions utiles et leur justification sont amplement présentées dans le courrier annexé, notamment pour la partie qui vous concerne dans votre fonction ministérielle, mais en revanche, je mets au défi n’importe quel scientifique, fut-il de renommée internationale, de contester, arguments intellectuels et philosophiques à l’appui, que les théories et hypothèses de la science, toutes sans exception, sont à jamais relatives, et donc susceptibles d’être infirmées par les siècles et les millénaires à venir – sauf à vous-même ou à quiconque de démontrer le contraire ! Pour vous aider à vous forger, si besoin était, une opinion solide sur la relativité du savoir scientifique, qui n’est pas à confondre avec une « connaissance », je livre à votre méditation ce propos d’un scientifique intellectuellement honnête, Bernard d’Espagnat en l’occurrence, écrivant dans son ouvrage, A la recherche du réel :

 

« Le réel par excellence, ce ne sont pas les contradictoires entités sur lesquelles travaillent les hommes de science contemporains, mais ce que Spinoza nomme la substance. »

 

Que les hommes de science contestent également, s’ils le peuvent, la réalité du mouvement universel et perpétuel, dans l’infinité de ses mutuelles transformations et de ses degrés de vitesse, en tant que l’unique cause de tous les changements survenant sans cesse dans notre monde des choses ! Seulement le jour, où ils auront démontré la fausseté - voire la non-réalité - de ces deux principes (relativité de la science et mouvement perpétuel), la chimère de maîtriser le climat de la planète aura une quelconque crédibilité ! ! !

 

D’ici-là, nos plus ou moins lointains descendants, s’ils sont informés de notre fantasme contemporain – une utopie parmi tant d’autres ! -, auront eu tout loisir de vérifier si le climat de leur époque est véritablement « stabilisé ». En ce cas, c’est que nos contemporains auraient réussi à arrêter le mouvement perpétuel de toutes les choses, qui constituent notre monde – vous avez dit « croyance au miracle » ? !  OUI, et jusqu’à preuve du contraire, les croyances au miracle, qu’elles soient scientistes, religieuses, idéologiques ou moralistes, ne pourront jamais faire bon ménage avec LA Vérité éternelle absolue, ainsi que vous le trouverez démontré dans le courrier annexé – sauf à vous-même ou à quiconque d’établir le contraire ! ! ! 

 

Je m’en tiens là, en vous renvoyant néanmoins au courrier joint, et dans l’attente de vos objections rationnellement et philosophiquement, argumentées, ainsi que celles d’intellectuels médiatisés, voire de scientifiques de grand renom, à défaut de quoi vous manifesteriez, tous sans exception, votre intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde, donc à manipuler et à tromper l’opinion en lui dissimulant « LA Vérité », je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

 


Annexe : I - Lettre du 20 décembre 2008 à Nathalie Kosciusko-Morizet

               II – Accusé de réception par la Présidence de la République de la lettre du 18 septembre 2008 à Nicolas Sarkozy

 

 

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Publié dans COURRIER "Politiques"

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