Des objections, Président ? !

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 15 décembre 2008


Objet :

« Lettre du 15 décembre 2008 à Manuel Valls »

 

 

Monsieur Jean-Luc Romero

Président de l’A. D. M. D

50, rue de Chabrol

 75010 PARIS

 Fax : 01 48 00 05 72

 

 

 Monsieur,


Je suis au regret de constater que ma lettre du 2 courant reste à ce jour sans réponse.


Je vous y invitai, comme vous vous y étiez engagé dans votre lettre du 22 septembre dernier, à me faire part de vos objections « de fond » sur le contenu de mon courrier du 18 septembre dernier à Nicolas Sarkozy, qui avait précisément pour objet « Philosophie, euthanasie et "débilité intellectuelle" ».


Je comprends fort bien que vous soyez très occupé par la gestion de l’association, et préoccupé par le devenir de la légalisation de l’euthanasie. C'est, d'ailleurs, sûrement pourquoi vous n’avez pas répondu non plus à ma demande, présentée à votre secrétariat, d’analyser, de vive voix, les arguments « minables » exposés par Jean
Leonetti dans les journaux télévisés de France 3 et France 2 - précisément, le jour de l’ « enterrement de première classe » de l’euthanasie à la belge, à l’entendre tout au moins !


Il a pu ainsi ressasser tout à loisir ses arguments éculés contre la légalisation de l’euthanasie, au point de parler, encore et toujours, de « risques de dérive » ; autant d’arguments, dont on se demandecomment peuvent s’en accommoder nos voisins belges, helvétiques et néerlandais, au point où ils en sont dans leur pratique de l’euthanasie, puisqu’ils remettent même en cause l’exception française de la soi-disant éthique médicale - en clair, leurs médecins passeraient leur temps devant des prétoires, s’ils avaient la malchance d'exercer en France ! Vous avez dit « relativité » ? !


J’ai déjà eu l’occasion de vous dire que mon intention n’était pas de polémiquer avec vous à tout prix, mais bien de vous apporter des arguments démontant ceux des opposants à la légalisation de l’euthanasie, parmi lesquels, en particulier, le Comité consultatif national d’éthique, qui fonctionne toujours sur le vieux schéma superstitieux du Bien et du Mal prétendument « absolus » - tellement « absolus », d’ailleurs, qu’il s’autorise à en donner son avis « relatif» !


On vit réellement dans un monde de « TARÉS », dont je laisse le soin à la postérité de juger si notre époque était, ou non, « obscurantiste », ainsi que je pense l’avoir établi dans mon courrier adressé au chef de l’Etat – sauf à vous, évidemment, ou à quiconque, Nicolas Sarkozy par exemple,  de démontrer le contraire ! ! !

C’est pour cette raison, d’ailleurs, que je tenais tellement à connaître vos objections de fond, intellectuellement et philosophiquement argumentées, puisque j’avais amplement développé mes points de vue philosophiques contre la Superstition dans ses divers modes d’expression (religion, métaphysique, idéologie et moralisme), et même suffisamment développé pour qu’il ne soit pas utile d’y revenir – sauf à votre demande.

Or, précisément, c’est là que le bât blesse, au niveau de mes arguments ; en effet, ce sont surtout les tenants de la superstition religieuse, ou du Dieu de Descartes et de Kant, qui s’opposent à ce que de simples mortels puissent défaire ce que la volonté de Dieu a voulu – bien entendu, je parle ici du Dieu des religions et de l’idéalisme, ou spiritualisme des « philosopheurs » (Descartes,Kant, Brunschvicg et les autres) entre autres, mais nullement de ce que Spinoza nomme « Dieu » ou substance.


Si vous avez lu attentivement mon courrier à Nicolas Sarkozy, vous aurez sûrement remarqué, puisque vous êtes concerné, que le fait d’être un disciple du Christ, à savoir le mystique authentique dans sa Parole non pervertie par la foule superstitieuse, n’entraînait pas ipso facto d’être un adepte de la superstition chrétienne; c’est un débat que je ne poursuis pas ici, tout en y étant totalement disposé.


Lui, en tout cas, ne parlait ni de Bien ni de Mal absolus, pas davantage qu’il ne jugeait les humains, comme étant bons ou mauvais par nature. Hélas pour lui, LA Vérité dérange trop d’intérêts de toutes sortes, ainsi qu’il a pu en juger à ses dépens - notre époque « obscurantiste » en est encore là dans ses procès pour « délit d’opinion », deux mille ans après sa parabole de Vérité éternelle !


Pour conclure brièvement sur ce rappel de fond, vous êtes assurément un « technicien » de l’euthanasie et de ses pratiques, pas moi. Par contre, je reste tout disposé à écouter vos objections sur le plan philosophique, car je ne confonds pas, à l’exemple de notre époque obscurantiste, les philosophes ignorés et les «philosopheurs» encensés à longueur de temps dans les médias.


Vous en avez eu un long aperçu dans le courrier à Nicolas Sarkozy, et croyez bien que je ne suis pas un « demeuré », au point d’adresser une si longue lettre à un chef d’Etat pour raconter des balivernes. C’est lui, qui n’entend sûrement pas débattre sur le fond - pas moi ! ! !


Je termine en évoquant la déclaration de Manuel Valls, publiée précisément le 2 décembre sur le Point.fr, dans laquelle il fait part, à ma très grande satisfaction, de son intention de déposer une proposition de loi pour « encadrer l’aide active à mourir ». J’ai notamment relevé dans son communiqué le passage suivant, où il était précisé :
« Et Manuel Valls d'indiquer s'être appuyé sur "les propositions de l'Association Droit de mourir dans la dignité (ADMD)" ».

C’est pourquoi, même sans en savoir plus sur ses propositions concrètes - et pour cause -, je vous fais néanmoins parvenir la copie du courrier, que je lui ai adressé ce matin.
 

Je vous en souhaite bonne réception, et en vous remerciant de votre attention, je vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées. 
 

  Annexe : Lettre du 15 décembre 2008 à Manuel Valls

[Les éventuels défauts de présentation sont indépendants de ma volonté]

 

Publié dans COURRIER "Divers"

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