« BON VENT, Manuel Valls ! »

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 15 décembre 2008

 

 

Objet :

« BON VENT, Manuel Valls !  »

 

 

Monsieur Manuel Valls

Député

Courriel :

mvalls@assemblee-nationale.fr

 

 

Monsieur,

 

 

Dans un communiqué publié sur « le Point.fr », le 02/12/2008 à 19:42, mais dont j’ai pris connaissance seulement hier soir, je découvre, avec une extrême satisfaction, votre intention de déposer une proposition de loi pour « encadrer l'aide active à mourir ».


Toutefois, comme il était précisé dans ce communiqué :
« Et Manuel Valls d'indiquer s'être appuyé sur "les propositions de l'Association Droit de mourir dans la dignité (ADMD)" », je me demande quelle influence a pu avoir, ou non, sur votre décision de saisir le Parlement, ma correspondance antérieure adressée tant à Jean-Luc Romero, président de l’ADMD, au cours de l’année 2008 (cf. lettres des 27 mars, 3 avril, 13 août, 18 septembre, 26 septembre et 2 décembre 2008) qu’à vous-même, le 23 novembre dernier.


Mon propos était essentiellement, en effet, de donner un certain écho à la correspondance, que j'avais notamment adressée à Jean Leonetti sur cette question, le 26 mars 2008, sous l'intitulé « Journée de solidarité, euthanasie et superstition moraliste », ainsi qu’à Nicolas Sarkozy, le 18 septembre, avec précisément pour objet « Philosophie, euthanasie et "débilité intellectuelle" » ; cette dernière lettre avait été transmise pour information au Conseil consultatif national d’éthique, le 20 septembre, sous le titre « Euthanasie et superstition moraliste ». Jean-Luc Romero avait été avisé de cette correspondance, tout comme vous avez été informé par ma lettre du 23 novembre dernier du courrier adressé au chef de l’Etat ; autrement dit, c’était, en tout cas, avant votre intention de déposer une proposition de loi en faveur de la légalisation de l’euthanasie.


Toutefois, il n’est absolument pas question pour moi de polémiquer avec vous sur ce détail, mais au contraire de vous féliciter et de vous remercier très vivement de votre intention, puisque vous donnez vie ainsi à la promesse de campagne de Ségolène Royal, telle que je l’avais rapportée dans cette correspondance – et c’est pourquoi, quel que soit le sort parlementaire réservé à votre décision, je me permets de vous souhaiter « BON VENT » pour la réussite de votre projet !


Je me dois néanmoins de rappeler que, tandis que les dramatiques cas de Chantal Sébire et de Rémy Salvat, fortement médiatisés au cours de l’année 2008, ne semblaient ni avoir beaucoup ému les élites hexagonales (médias, politiques et intellectuels confondus), censées débattre des problèmes de la société française, ni davantage fait avancer la cause de l’euthanasie, je n’ai eu de cesse, dans ma correspondance, de plaider pour sa légalisation. A cet effet, je pense avoir démonté les arguments fallacieux, voire superstitieux, mis en avant par ses opposants pour faire oublier leurs promesses de campagne aux deux principaux candidats, et les avoir remplacés par de solides démonstrations philosophiques, notamment à propos des absurdes Bien et Mal absolus sur lesquels continue de fonctionner la société humaine universelle, de nos jours comme aux pires époques obscurantistes, et la nôtre pour justifier l’interdiction de légaliser l’euthanasie.


C’est pourquoi, sans vouloir aucunement m’arroger une quelconque gloriole pour un combat, que j’ai toutefois mené très activement, je vous saurais gré de me faire connaître, hors prises de position circonstancielles de campagne, quelles actions publiques avaient été menées en ce sens au cours de l’année 2008, voire auparavant, tant par le Parti socialiste que par vous-même. Je suis bien obligé de constater que ma seule lettre du 23 novembre a été suffisante pour vous faire renoncer à des mensonges et à des « croyances au miracle,  perdurant depuis près de deux siècles et laissant entendre à l’opinion que la gauche en général, et le Parti socialiste en particulier, seraient en mesure de transposer l’idéal dans le quotidien.


Je ne peux, d’ailleurs, manquer de souligner que mon combat en faveur de la légalisation de l’euthanasie ne date pas de l’année 2008, puisqu’il remonte bien avant l’entrée en fonction de Jean-Luc Romero à la tête de l’ADMD, ainsi que l’atteste la lettre manuscrite du 3 février 2004, que m’avait adressée le sénateur Henri Callaivet, alors président de l’association, en réponse à mon courrier sur ce thème. 

En conclusion, soyez assuré que je souhaite très vivement la réussite totale et définitive de votre projet, et je vais même au-delà. En effet,  au vu de vos toutes dernières prises de position et intentions, montrant que le  sectarisme n'est pas votre caractéristique première, je pense que les socialistes ne pourraient pas présenter un meilleur candidat à l’élection présidentielle de 2012, avec en outre l’atout de votre jeunesse - à condition néanmoins que, d'ici-là, votre action pédagogique soit suffisante pour contrecarrer la malveillance de vos concurrents et la malignité des médias, dont vous payez aujourd'hui le prix dans les baromètres hebdomadaires d'opinion ! Certes, LA Vérité n'est guère payante, comme nombre de ses grands diseurs universels l'ont appris à leurs dépens...


Je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

                                                  

 

 

Publié dans COURRIER "Politiques"

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