Le premier « couac » de l’Obamania providentielle

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Plus d’un mois avant même l’entrée officielle en fonction du nouveau président des Etats-Unis, l’homme « providentiel », le Messie attendu par la planète entière, Barack Obama lui-même, vient de connaître son premier revers politique, son premier « couac ».

 

Même s’il ne peut en être nullement tenu pour seul responsable, j’espère que ce premier revers politique cinglant lui aura tout au moins servi à mesurer l’abîme infranchissable qui sépare à jamais le rêve de la réalité, les promesses, de leur concrétisation, la théorie, de la pratique, et l’Idéal, de la réalité quotidienne.

 

Ne croyez pas pour autant qu’il se gardera désormais de toute nouvelle promesse, tenable comme intenable, durant les quatre ans de son mandat. Comme ses prédécesseurs depuis soixante ans, présidents démocrates et républicains confondus, il vous assurera sans hésiter qu’il mettra fin à l’interminable conflit entre Israël et la Palestine, mais aussi au terrorisme islamiste en Afghanistan, et que l’Irak deviendra enfin une démocratie apaisée - entre autres problèmes planétaires et maux sempiternels de l’humanité, qui renvoient à la saint Glinglin la liberté et l’égalité, ces piliers du catéchisme universel contemporain !

 

Certes, son intention louable, récente décision de campagne liée à la crise économico-financière, de venir le plus tôt possible au secours de l’industrie automobile américaine en injectant vingt-cinq milliards de dollars pour soulager la trésorerie des trois grandes firmes US, amoindrie par la chute des ventes, était sans nul doute une bonne initiative économique, mais là est le « couac » :

Il oubliait, ou plus sûrement ignorait, que RIEN, dans notre monde, ne dépend réellement de notre seul prétendu « libre arbitre », de notre volonté soi-disant « libre », en vertu de laquelle il suffirait de vouloir pour pouvoir, comme l’a déclaré sans ambiguïté sur un plateau télévisé cet autre rêveur patenté, Jack Lang en l’occurrence, à propos du gouvernement Raffarin : « Quand un gouvernement veut, il peut » ! C'est tès commode pour accuser ensuite les Autres de tous les maux, voire d'incapacité - dommage qu'il faille également faire ses preuves, à son tour !

 

Demandez donc aux socialistes pourquoi ils n’arrivent pas à se mettre d’accord entre eux sur un programme unique, s’il leur suffit seulement de le vouloir ! A la vérité, leur « libre arbitre » doit également se préoccuper, comme pour chacun des humains, de leurs autres intérêts égoïstes en matière de pouvoir et d’argent, voire d’amour et d’ego. Et ceux-ci, précisément, sont loin d’être toujours en harmonie avec une autre chimère appelée « intérêt général », lequel n’est jamais, en réalité, que le conglomérat de multiples intérêts égoïstes disparates, par ailleurs éventuellement contradictoires : vous avez dit « UNITÉ » ? OUI, mais à la saint Glinglin !

 

Et c’était donc de bonne guerre que les sénateurs républicains US, majoritaires au Sénat, disent NIET à un président, qui venait de battre leur candidat : demandez donc à Martine et à Ségolène, entre autres, si elles ne sont pas capables d’agir pareillement, de façon  mesquine et partisane, uniquement pour se mettre mutuellement des bâtons dans les roues ! ! !

 

Obama ne pouvait pas faire grand-chose d’autre que prendre la décision de renflouer les trois grandes firmes automobiles US, puisqu’il s’y était engagé, mais j’espère, au moins, qu’il n’est pas surpris de voir les intérêts revanchards partisans des uns prendre le pas sur l’ « intérêt général » des Etats-Unis – sinon, il ne mériterait pas d’être président avec si peu de réalisme politique, d’autant que les affrontements de campagne entre Hillary Clinton et lui ont largement dépassé la mesquinerie politicienne des sénateurs républicains, qui devaient avoir, par ailleurs, de bonnes raisons de ne pas voter la mesure !

 

La morale à tirer de ce couac, qui sera forcément suivi de bien d’autres, est la suivante : «TOUT» ce qui se produit dans notre monde (phénomènes naturels, évènements historiques, actions de groupes et faits personnels de la vie de chacun) ne dépend nullement de la seule décision de notre « libre arbitre », mais de la « nécessité », au sens spinoziste du terme, au point même que le Dieu, ou substance, de Spinoza produit et agit « nécessairement », et non pas à sa guise, « librement », comme il pourrait le souhaiter, puisqu’il est Dieu !

 

Concrètement, la « nécessité » spinoziste se manifeste dans notre monde par l’enchaînement infini de l’infinité des causes et des effets du mouvement universel perpétuel, source de l’incessant changement, de la transformation constante de la configuration de notre monde des choses, laquelle, d’un instant à l’autre, n’est plus exactement la même – d’où l’obligation de s’adapter en permanence, ainsi que l'atteste la volonté de réforme de tout gouvernement - hélas, quel qu'il soit, celui-ci a toujours un train de retard sur le changement du monde ! Toutefois, si vous estimez que ce mouvement n'est pas « nécessaire », par quoi il faut entendre inéluctable, essayez donc de l'arrêter ! ! !

 

Je précise, sur le plan philosophique, que la « nécessité » du Dieu-Substance spinoziste de produire et d’agir ne l’empêche pas d’être « libre », puisqu’il n’est pas contraint de l’extérieur à exister et à produire. Néanmoins, c’est quand même une chance pour nous qu’il produise nécessairement, c’est-à-dire qu'il soit contraint par la seule réalité de sa nature à exister et à produire.

 

Imaginez, en effet, la problématique pour ce Dieu superstitieux des religions dans sa relation à notre monde. Il a dû se trouver face à un choix cornélien: étant « absolument libre », comme le croient ses fidèles,  il a eu, forcément, à choisir entre deux possibilités, ainsi qu'il en va dans toute décision à prendre ; il était donc libre, soit de créer notre monde, soit ne pas le créer. Il y avait donc une chance sur deux, pour nous humains, d’être là aujourd’hui, ou pas ! Finalement, notre grande chance a sûrement été que Dieu s’ennuyait tout seul dans son paradis, et voilà pourquoi nous sommes là…

 

Si certains s'imaginent que j’affabule, qu’ils se détrompent, au vu de ce qui suit ! Non seulement ce Dieu religieux superstitieux a créé notre monde, mais il paraît qu'il aurait aussi la possibilité de créer d’ « autres univers » - sinon ce serait sûrement une limitation de sa liberté pleine et entière !

Pour illustrer mon propos sur cette prétendue liberté infinie de création du Dieu superstitieux, j’invite chacun à visionner la vidéo, trop longue à retranscrire littéralement, publiée sur OmegaTV, sous le titre «Dieu peut-il créer d’autres univers ?» et précédée du texte de présentation suivant :

 

« René Berthier est théologien. Selon lui, Dieu peut créer d’autres univers que le nôtre. Dieu crée pour permettre à des êtres de partager son amour. Alors il est possible que Dieu désire partager cet amour avec d’autres êtres ». [SIC !]

 

Vous allez me dire que tout ceci nous a beaucoup éloigné d’Obama et du « couac » initial.  Pas du tout, religion et idéologie  même combat : nous apporter le paradis sur un plateau, qu'il soit ici ou ailleurs !  René Berthier est théologien. Selon lui, Dieu peut créer d’autres univers que le nôtre. Dieu crée pour permettre à des êtres de partager son amour. Alors il est possible que Dieu désire partager cet amour avec d’autres êtres.

 

 

Publié dans BILLET DU JOUR

Commenter cet article