« Jean Leonetti : quelle légitimité? ! »

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 2 décembre 2008

 

Objet :

« Jean Leonetti : quelle légitimité? ! »

 

 

 

Monsieur Jean-Luc Romero

Président de l’A D M D

50, rue de Chabrol

75010 PARIS

Courriel :

infos@admd.net

 

Monsieur,

 

La remise de son nouveau rapport sur l’euthanasie à François Fillon par Jean Leonetti me conduit à poser la question suivante par votre intermédiaire :

 

« Quelle est la légitimité de Jean Leonetti à s’exprimer, au nom du peuple français, sur une question reposant essentiellement sur LA Morale, par quoi j’entends la superstition moraliste puisque celle-ci se fonde uniquement sur des fictions, comme je pense l’avoir établi, clairement et distinctement, dans ma lettre du 18 septembre dernier à Nicolas Sarkozy, dont vous avez pu prendre connaissance ? »

 

Jean Leonetti représente au mieux, en effet, les trente-sept mille deux cent quatre-vingt-un électeurs de la 7e circonscription  des Alpes Maritimes, qui se sont portés sur son nom au 1er tour du scrutin législatif du 10 juin 2007 - et point barre ! En quoi cela lui donne-t-il une quelconque légitimité pour priver les citoyens français d’un droit, dont disposent pleinement les citoyens belges, helvétiques et néerlandais, nonobstant de légères nuances ?

 

La réponse au problème de l’euthanasie, susceptible de concerner n’importe quel citoyen français à tout moment de sa vie, ne saurait dépendre du jugement d’un seul, voire de son diktat, fut-il élu d’une circonscription administrative représentant une fraction infinitésimale de la population  française avec ses  98.611 électeurs inscrits ! Et ce d’autant moins que Jean Leonetti n’a toujours pas eu, à ce jour, le courage et l’honnêteté intellectuelle de répondre à ma lettre du 5 octobre 2008 comprenant la copie intégrale de celle adressée au chef de l’Etat, le 18 septembre dernier ; pas plus, d’ailleurs, qu’il n’avait répondu à mes lettres des 7 juin 2005 et 13 mai 2007 proposant une solution alternative à son impôt de solidarité en faveur des personnes âgées.

 

Ma proposition entraînait de facto la suppression du lundi de Pentecôte comme journée nationale de solidarité, dont chacun a pu mesurer ce qu’il en est resté  - et ma lettre du 23 mai 2007 au nouveau chef de l’Etat n’a peut-être pas été sans effet, au vu de sa réponse d’alors et de la décision prise en définitive.

 

Pour revenir sur l’historique récent du traitement de l’euthanasie, en France, je me borne à vous rappeler les propos de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal, se montrant tous deux partisans de la légalisation de l’euthanasie dans leurs propos de campagne présidentielle – forcément !  Ainsi le candidat Sarkozy déclarait-il sur une estrade, le 11 février 2007 :

 

: « On ne peut pas rester les bras ballants face à la souffrance d’un de nos compatriotes qui en appelle à ce que ça se termine. »

 

Et la candidate socialiste, dans le même temps, vous faisait part d’une promesse identique dans sa lettre du 16 mars 2007 à votre intention :

 

« Je veux que nous allions courageusement au bout du débat pour pouvoir mettre en place, comme l’ont fait d’autres pays européens, une législation qui permette d’apaiser les souffrances les plus intolérables. »

 

Certes, ce n’est pas un scoop de souligner que les promesses s’envolent dès que les électeurs se sont laissés prendre à leur mirage, mais votre rôle de président de l’ADMD est précisément  de rappeler son engagement au plus chanceux des deux, et d’inciter la seconde à dénoncer le nouveau rapport Leonetti ; et ce, d’autant plus que Gaëtan Gorce, député socialiste de la Nièvre, a estimé que les propositions de Jean Leonetti n’allaient pas assez loin - forcément, encore ! Elles n’iront, d’ailleurs, jamais assez loin, tant que le Parlement français, voire les Français consultés par referendum, ne seront pas parvenus à une solution semblable à celle adoptée par nos voisins européens en la matière.

 

Pour terminer, je me dois de vous faire remarquer que j’attends toujours vos observations critiques sur les différents points de vue de mon courrier du 18 septembre dernier à Nicolas Sarkozy en vue de dénoncer la Superstition dans ses divers modes d’expression, comme vous vous y étiez engagé dans votre lettre du 22 septembre, dans laquelle vous écriviez :

 

« Soyez assuré que j’en prendrai connaissance avec intérêt et que je ne manquerai pas, le cas échéant, de vous faire part de mes points de désaccord. »

 

J’en accepte encore l’augure, d’autant plus que vous avez abandonné le terrain politique, mais la non-acceptation du débat de fond signifierait, malgré votre engagement en faveur de la légalisation de l’euthanasie, votre intention de voler au secours de la Superstition, en jouant ainsi un mauvais tour précisément à la cause que vous entendez défendre.

 

Soyez assuré, toutefois que je n’ai nulle intention de polémiquer avec vous, de façon malveillante, mais seulement celle de faire avancer la dénonciation des mensonges et des « croyances au miracle » du monde, en général, colportés par les soi-disant élites de l’époque, tous milieux confondus (médias, politiques, intelligentsia et associations droits-de-l’hommiste), et la cause de l’euthanasie en particulier.

 

Dans l’attente de vos objections, intellectuellement et philosophiquement étayées, je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

 

 P S : Copie de ce courrier sera adressée, entre autre, à Nicolas Sarkozy et à Jean Leonetti

 

 

 

Publié dans COURRIER "Divers"

Commenter cet article