DE MAL EN PIS...

Publié le par Sylvain Saint-Martory

                                           

Jusqu’au bout, l’on aura espéré - ON, la plupart des socialistes évidemment, et au-delà tous les gens de gauche bien sûr, et au-delà  tous les démocrates qui s’intéressent encore à la politique - que le congrès de Reims permette un vrai débat, dans lequel des personnalités aussi éminentes que le maire de Paris, la présidente de Poitou–Charentes, la maire de Lille, s’adressent à tous les socialistes, à toute la gauche, à tous les Français : chacun ne s’adressa qu’aux siens.

 

 

On aurait espéré qu’en tout cas la brève campagne de la semaine dernière en soit une, puisqu’elle opposait des personnalités si différentes, aux vues si opposées sur la manière de faire de la politique au XXIe siècle, et que ces conceptions impliquent des différences dan le comportement personnel, dans le type de parti, dans les priorités pour les politiques publiques, dans le rapport à la vidéocratie ; ce débat n’a pas eu lieu, chacun préférant se cantonner dans les petites phrases et grandes vacheries, ou l’inverse selon le moment et le lieu ; espéré qu’en dernier ressort les électeurs trancheraient.

 

 

C’était la première fois dans l’histoire de notre vie politique que le chef d’un grand parti était choisi par la base, pas venu d’en haut comme Mitterrand à gauche, Chirac à droite, pas adoubé par le chef en place comme Jospin jadis, Hollande naguère, pas choisi, certes contre le monarque régnant, mais sur un mode bonapartiste et sans véritable compétition comme Sarkozy à l’U.M.P, il y a quatre ans.

 

C’était la première fois qu’il serait élu dans une élection concurrentielle, ouverte, supposée honnête, avec plusieurs vrais candidats, des bulletins de vote, des scrutateurs, une recension des votes, des isoloirs, etc., tout ce qu’on a si difficilement appris à faire dans notre démocratie nationale, et ce dernier ressort s’est brisé : les électeurs n’ont malheureusement pas tranché nettement, quelques dizaines de voix seulement, quarante-deux, nous dit-on, ou cinquante-huit, ou soixante-trois, ou vingt-six donneraient la victoire à l’une sur l’autre, l’une s’en réjouit, l’autre la conteste.

 

 

On se croirait, toutes proportions gardées, en Floride il y a huit ans ; pire, puisque chacun dénonce des manœuvres chez l’autre, les élections au PS évoquent d’autres temps, où des communistes trichaient à Aubagne et des gaullistes manipulaient les votes de l’Outre-mer ; en accusant l’autre, chacun s’accable Dans une institution légitime, et composée de responsables qui sauraient se tenir, une victoire aussi étriquée ne poserait pas de problème, la perdante accepterait la victoire de la gagnante, sauf à exercer un recours par les voies statutairement prévues.

 

Après tout, en 1974, François Mitterrand perdit de 0,8 % et se garda de contester la victoire de Giscard ; sept ans après, il fut récompensé de son fair-play. Force est de constater que François Mitterrand et la gauche respectaient plus la cinquième République, par eux si longtemps honnie, que les responsables socialistes d’aujourd’hui ne respectent leur propre parti.

 

Ils se soupçonnent tous de pratiques frauduleuses, bien placés pour en connaître l’existence ; ils les exhibent en public, ils s’attaquent en justice pour faux en écriture, d’un côté, diffamation, de l’autre. Loin de laver leur linge sale en famille, comme ils le faisaient auparavant, ou d’ailleurs de nettoyer un peu mieux le linge, ils l’étalent désormais sur la Grand-place. Les deux candidates nous avaient promis, avant le vote, qu’après elles se rassembleraient à cinquante-cinquante.

 

La chose s’imposait plus que jamais, au lieu de quoi l’une et l’autre nous ont sorti la langue de bois du rassemblement dans la paix pour mieux poursuivre la division dans la guerre. Jamais l’écart entre les mots et les actes ne fut plus flagrant et consternant ; jamais la haine entre dirigeants ne fut plus aiguisée et étalée ; et s’ils continuent, nous passerons de l’amertume au dégoût !

 

[France Culture, 24 novembre 2008, Chronique d’Olivier Duhamel, député européen PS, « De mal en pis »]

 

MORALITÉ

 

 

Tous ceux et celles, qui persistent à « croire au miracle » qu’avec des humains tels que nous sommes réellement, et à jamais incapables de changer notre nature égoïste innée, l’avènement d’un monde meilleur, d’un autre monde, d’un monde juste, d’un monde idéal ou parfait, est tout à fait possible, sont des « TARÉS, du seul fait de privilégier la FOI sur LA RAISON, exprimée dans la « nécessité » spinoziste - sauf à eux, bien entendu, d’apporter la preuve du contraire !

 

Ils resteront donc, jusqu’à leur dernier jour, des  « NAÏFS, COCUS ET FRUSTRÉS », à l’image de leur chef de file, dont l’aveu pitoyable traduit l’impuissance humaine de réaliser sa croyance au miracle, ni demain ni jamais. Son cri de désespoir l’exprime à merveille :

 

« Craignons de ne plus être là pour assister à l’arrivée de ces heures radieuses »

 

Qu’il se rassure, toutefois, il ne manquera rien : PERSONNE n’y assistera JAMAIS ! Néanmoins, si certains préfèrent « croire » et être pris pour des « CONS », c’est leur affaire d'être COCUS mais CONTENTS...

 

Publié dans BILLET DU JOUR

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