« Vous disiez : "Big bang intellectuel" ? »

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 23 novembre 2008

 

Objet :

« Vous disiez: "Big bang intellectuel" ? »

 

 

Monsieur Manuel Valls

Député

Courriel :

mvalls@assemblee-nationale.fr

 

[A l’attention de : François Hollande, Arnaud Montebourg, Bertrand Delanoë, Dominique Strauss-Kahn, Elisabeth Guigou, Henri Emmanuelli, Jack Lang, Jean Glavany, Jean-Marc Ayrault, Jean-Pierre Chevènement, Julien Dray, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Malek Boutih, Martine Aubry, Michel Sapin, Olivier Duhamel, Robert Badinter, Ségolène Royal et Vincent Peillon]

 

Monsieur,

 

 

L'affligeant spectacle de division, donné à Reims par les divers courants socialistes, ainsi que votre entretien d’aujourd’hui sur Canal + m'incitent à vous rappeler ma lettre du 16 juillet 2007 consécutive à votre intervention du 15 sur Europe 1, également publiée sur votre site Internet.

 

Au cours de celle-ci, en effet, vous aviez parlé de la nécessité d’un « Big bang intellectuel » pour rénover le Parti socialiste, dont on voit le piteux résultat aujourd’hui malgré dix-huit mois de cogitation, ponctuée d’un assourdissant silence sur le fond et interrompu seulement pour se refaire une unité de façade au détriment de Nicolas Sarkozy, le seul ciment encore susceptible de vous unir. La perspective offerte à vos électeurs est vraiment à très, très court terme, voire au ras des pâquerettes, au vu des décennies qui attendent encore nombre de nos concitoyens, livrés à des motions qui, de surcroît, se déchirent !

 

Je vous rappelle néanmoins ma prophétie d’alors, encore valable à long terme, et pire à très long terme J’avais notamment écrit en substance :

 

« Après la cinquantaine de lettres adressée en vain, durant plusieurs années, aux leaders socialistes mis en exergue ici, je peux vous  assurer que le Big bang annoncé, et espéré, ne se produira pas aussi longtemps que le Parti socialiste n’aura pas renoncé à ses dogmes ni cessé de colporter les mensonges et les « croyances au miracle » de la superstition idéologique et moraliste, en trompant ainsi l’opinion. 

 

Sur le plan idéologique, le discours superstitieux de gauche se fonde toujours sur la promesse de l’avènement d’un monde « parfait » avec des humains « imparfaits », c’est-à-dire tout simplement égoïstes, mais renvoyé à DEMAIN, toujours DEMAIN, seulement DEMAIN, hélas ! En clair, votre parti ne désespère toujours pas de « transposer l’Idéal dans le quotidien » : un jour, à la saint Glin-glin ! Au cas où vous contesteriez que des caciques socialistes aient tenu de tels propos, je vous renvoie à la déclaration de François Hollande sur LCI, le 21 novembre 2004, parlant de « cette gauche, qui veut changer le monde et qui sait comment le changer » [Sic !]

 

C’est la Foi, la « croyance au miracle », contre la Raison avec ses arguments intellectuels et philosophiques, mais par chance pour vous, ils sont encore des dizaines de millions, ici, et des centaines de millions, voire des milliards ailleurs, à « croire » plutôt qu’à penser « vraiment » ; c’est aussi le cas des dirigeants socialistes, à l’exemple de Ségolène Royal parlant d’instaurer un « ordre juste » : une « aberration intellectuelle et philosophique » mensongère, que je n’ai eu de cesse de dénoncer durant sa campagne, sans jamais recevoir pour autant d’objections ni de propositions concrètes visant à relever mon défi, lancé à tous les penseurs, politiques » et autres du monde entier, de m’indiquer concrètement comment éradiquer les sempiternels maux de l’humanité et instaurer, universellement et définitivement : paix, justice, liberté, égalité, démocratie et fraternité idéales – c’est pourquoi nous reparlerons d’égalité seulement lorsque les riches auront partagé leurs richesses avec les pauvres, à la saint Glin-glin par conséquent !

 

Sur le plan de la superstition moraliste ou moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des Autres, au nom de LA Morale], le Big bang annoncé, et espéré, est tout aussi impossible, sinon plus, car vos jugements moralisateurs confortent trop d’intérêts égoïstes, individuels et collectifs, bien qu’ils se fondent seulement sur trois fictions simplement mentionnées ici, mais très largement précisées dans ma lettre d’une trentaine de pages à Ségolène Royal. » [Fin de citation]

 

Comme vous les trouverez également exposées dans ma lettre du 18 septembre dernier à Nicolas Sarkozy, où je développe plus qu’amplement mes accusations, intellectuellement et philosophiquement étayées, contre la Superstition dans ses divers modes d’expression [Religion, métaphysique (matérialisme et idéalisme), idéologie et moralisme], je me borne ici à relever l’énormité du mensonge de gauche en général, et des socialistes en particulier.

 

Il conduit de soi-disant « responsables » politiques, incapables de s’accorder entre eux, fut-ce seulement sur le papier, à prétendre et à promettre être en mesure de changer le monde ! Ils n’ont toujours pas compris que le monde change constamment, à tout instant, sans eux et sans leur demander leur avis ni tenir compte de leurs velléités « contradictoires », malgré leur prétention à le figer, c’est-à-dire à arrêter le mouvement universel : l’unique cause au fond, philosophiquement parlant, de l’incessant changement du monde !

 

C’est pourquoi la promesse d’un ordre juste, d’un autre monde, d’un monde meilleur, etc., qui ne tient pas compte de ce constant et perpétuel changement, est « inconsistante » - les siècles et les millénaires à venir le confirmeront, comme 1789 et 1917 devraient y suffire, si les vendeurs d’illusion et les croyants au miracle n’étaient pas de toutes les époques ! Je vous laisse imaginer la tête de Robespierre, passant seulement une journée dans le « paradis terrestre », qu'il s'imaginait nous avoir légué ! ! !

 

Je m’en tiens, là, dans l’attente de vos objections intellectuellement et philosophiquement argumentées, sans lesquelles vous manifesteriez votre intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde, donc à tromper et à manipuler l’opinion pour vos seuls intérêts de toutes sortes, à titre individuel et collectif.

 

Je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

 

Annexe : Lettre du 18 septembre 2008 à Nicolas Sarkozy

 

 

 

Publié dans COURRIER "Politiques"

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