« Philosophie, euthanasie et "débilité intellectuelle" » [SUITE]

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 18 septembre 2008

Objet :

« Philosophie, euthanasie et "débilité intellectuelle" » [SUITE] 

 

Monsieur Nicolas Sarkozy
Palais de l'Elysée
55, rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris


[A l'attention de François Fillon, de Jean-Louis Borloo et de Nathalie Kosciusko-Morizet]

 

Monsieur,

 

 

Elle seule, en effet, est en mesure de mettre un terme définitif, un arrêt indépassable, à la confrontation infinie de nos opinions relatives, en les invalidant, toutes sans exception, dans leur prétention à exprimer l’Absolu, ne serait-ce qu’en raison de l’opposition de multiples vérités relatives et des contradictions ou incohérences relevées. Brièvement dit, comment LA Vérité pourrait-elle être « absolument absolue », dès lors que « deux » vérités seulement se font face ?

 


Certes, le penser superstitieux n’en est pas à « ça » près, et il croit toujours en la coexistence possible de « deux » absolus, y compris de deux vérités opposées dites absolues. Or la coexistence de deux absolus est une impossibilité absolue par définition, car, si deux absolus coexistaient réellement, aucun des deux ne serait « absolument absolu » ; pas plus que deux entités ne sauraient être « absolument » infinies, illimitées, éternelles et parfaites, tandis que l’Absolu véritable est tout cela à la fois dans la plus totale cohérence, du seul fait d’être Unique, ainsi que Spinoza l’a démontré more geometrico dans la première partie de son Éthique.

 


Et ce n’est donc sûrement pas sans raison que la loi belge tant décriée ici, à en juger par des déclarations publiques d’opposants à l’euthanasie, s’est fondée sur la réflexion spinoziste. Spinoza, en effet, ne confondait pas éthique et morale, au point que vous ne rencontrerez pas le mot « morale », une seule fois, dans son Éthique. La morale juge et condamne sur le fondement superstitieux de fictions, d’illusions, dont je reparlerai, tandis que l’éthique établie sur LA Vérité UNE, Unique, s’en garde bien à juste titre, puisque, face à l’Idéal précisément, chacun
est forcément coupable, coupable de crime de lèse-Idéal !

 


Tout dualisme est superstitieux dans son absolutisation du relatif
, et il en va pourtant bien ainsi dans la religion, dans la métaphysique, dans l’idéologie, avec ses deux grandes visions opposées du monde, et dans le moralisme avec sa dualité de Bien et Mal prétendument absolus. Or même nos valeurs morales, républicaines et autres sont seulement relatives, ainsi que des pratiques différentes en matière d’euthanasie et d’IVG, voire de peine de mort, suffisent à en témoigner – et même pour les deux premières, dans des Etats faisant partie d’une Union dite commune !

 
Une drôle d’Union, d’ailleurs, puisque, depuis des années, y perdure le scandale économico-financier du maintien de monnaies nationales face à une monnaie soi-disant « commune » - un scandale, qu’aucun dirigeant européen ne semble disposé à remettre en question ! C’est pourquoi il perdurera aussi longtemps que des intérêts nationaux égoïstes ne pousseront pas les Etats visés à adopter la monnaie commune. D’ici-là, l’Union européenne est bien incapable de l‘imposer elle-même, mais ce n’est pas pour autant le seul domaine où la dysharmonie est de règle ! ! !

 
En matière de Vérité, dans tous les domaines, ma réponse servant à invalider toutes sortes d’arguments seulement relatifs ne varie pas et se limite à celle déjà donnée pour l’euthanasie à Jean Leonetti ainsi qu’au Comité consultatif national d’éthique, ce Tribunal moral de l’époque censé juger « absolument » de ce qui serait bien ou mal sur toute question sociétale qui lui est soumise. Face à des vérités relatives, mon argument principal se fonde précisément sur leur « relativité », et il me conduit à poser la question :

 

« Pourquoi – à un même moment de l’Histoire ! - ce qui, ici, est moralement considéré comme mal est-il jugé bien ailleurs, si la pensée contradictoire des uns et des autres est véritablement inspirée par l’Idéal en soi, un Idéal, que seuls de rares "initiés", bien entendu, seraient en mesure de connaître "en soi" ? »

 

Une preuve, s’il en est, qu’il s’agit toujours seulement de nos simples représentations relatives, individuelles ou collectives, de l’Idéal,  mais jamais de l'Idéal en soi, ainsi que l’exprime lucidement et sobrement ce mot sublime du Christ : « Mon royaume (l’Absolu ou Idéal en soi) n’est pas de ce monde. » : un mot, que les humains se devraient de méditer sans cesse, au lieu de continuer à se servir à charge de l’Idéal contre les Autres - deux mille ans après le Christ ! 


Après cet aperçu permettant de distinguer « radicalement » le relatif de l’absolu en raison de l’abîme à jamais infranchissable qui les sépare, comme vous avez également évoqué des raisons philosophiques pour justifier la décision signifiée à Rémy Salvat, l’opinion serait très certainement curieuse de les connaître, et il ne tient donc qu’à vous de les exposer publiquement - sauf à contrevenir délibérément au « principe de transparence » sans cesse exigé des Autres, mais plus rarement de soi-même ! Hormis le fait du prince, l’opinion pourrait ainsi juger de la pertinence du refus d’euthanasie, car même le pouvoir suprême ne confère aucune
légitimité à dire absolument le Bien et le Mal !

Analysé sur le fond, des raisons véritablement philosophiques ne sauraient être invoquées pour conforter à la fois les positions des partisans de l’euthanasie et celles de ses opposants - et ce, d’autant moins qu’il leur arrive de changer d’avis ! La philosophie, en tant que voix et voie du UN absolu, absolument Unique, ne saurait être partisane, contrairement au penser superstitieux dualiste de la religion, de la métaphysique matérialiste ou idéaliste, de l’idéologie et du moralisme.

 
Assurément, comme le dit Brunner : « L’être humain est davantage porté par nature à croire et à répéter qu’à penser vraiment. », et les êtres humains de notre époque dite moderne n’y échappent pas davantage que leurs plus lointains aïeux. Ils semblent même très fiers d’afficher, à travers les « croyances au miracle » colportées par de prétendues élites de toutes sortes, la « débilité intellectuelle » de notre pseudo-modernité – sauf aux élites dénoncées ou à quiconque de démontrer que la Foi serait le couronnement de la Raison, et la religion compatible avec la philosophie véritable, laquelle n’est à confondre ni avec le matérialisme scientiste ni avec l’idéalisme de la pseudo-philosophie spiritualiste !


Aucun
des modes d’expression du penser superstitieux ne peut prétendre être le porte-parole de LA Vérité absolue, et il en va ainsi tout particulièrement de la superstition moraliste, qui sert de fondement aux prises de position et aux condamnations moralisatrices officielles du jour en matière de droit d’expression, de discrimination et précisément d’euthanasie. Auparavant, j’entends toutefois établir sommairement, sans langue de bois, la « débilité intellectuelle » de l’époque à propos de la religion, du scientisme et de l’idéologie.


Sur la religion, dont je suis le dernier à nier l’utilité pour aider une très large fraction des humains à mieux vivre, j’ai déjà brièvement montré son aspect superstitieux en établissant l’ « impossibilité absolue » de la coexistence de deux absolus (en l’occurrence un créateur et sa création), à laquelle la philosophie de Brunner apporte une réponse cohérente, ni créationniste ni évolutionniste, qui convient donc aussi pour la même raison aux tenants de la pseudo-philosophie à « deux absolus » : le matérialisme et l’idéalisme. Je souligne, comme je m’y étais engagé plus haut, que la réponse véritablement philosophique de Brunner, puisque reposant sur UN
absolu, ne diffère en rien de ce mot du Christ, perverti par la superstition religieuse : « Le Père et moi ne faisons qu’UN. » - et pas « DEUX » ! ! !

 

Compte tenu de ce qui précède au sujet de la religion, et même si les propos suivants semblent de prime abord hors sujet, je fais seulement remarquer que l’époque manifeste au grand jour sa « débilité intellectuelle » - a fortiori philosophique ! -, en prenant Bernard-Henri Lévy pour un philosophe, voire pour un grand philosophe, alors qu’il a été capable de déclarer publiquement sur Europe 1, le 11 février 2008, à propos de l’islam et du Coran: « C’est une grande religion, c’est un grand Livre » - en clair, le « degré zéro » de la philosophie !

 

Et le comble, devant Ayaan Hirsi Ali précisément frappée d’une fatwa musulmane - sans oublier pour autant Robert Redeker : en France, dans un siècle qui se croit au summum du modernisme des idées, mais qui laisse une religion menacer la tranquillité du monde sans qu’aucune voix philosophique autorisée ne s’élève pour la dénoncer sur le fond ! ! !

 

La déclaration lapidaire de Bernard-Henri Lévy suffit à témoigner incontestablement qu’il est tout sauf un véritable philosophe, car la religion et la « vraie » philosophie sont totalement incompatibles pour la raison principale évoquée plus haut, mais j’attends toujours qu’il me fasse la démonstration du contraire, ainsi que je le lui ai souvent réclamé depuis déjà huit ans. Et il est pourtant l’une de ces soi-disant élites médiatisées, dont personne ne niera qu’elle contribue amplement à faire l’opinion aujourd’hui, c’est à dire, en réalité, à la tromper et à la manipuler – sauf à lui, évidemment, de démontrer le contraire, notamment en matière de discrimination, comme je l’établirai par la suite à propos de son jugement radical sur votre discours controversé de Dakar !

 

La « débilité intellectuelle » de l’époque se manifeste également dans ses « croyances au miracle » scientistes. Par « scientisme », j’entends la Science devenue superstitieuse, dès lors qu’elle absolutise également le relatif, c’est-à-dire qu’elle fait ou laisse passer ses théories et hypothèses relatives pour absolues, pour réalité ou Vérité absolue, alors que la Science est à jamais relative – l’évolution de son savoir fluctuant au fil du temps, y compris de façon contradictoire, suffit à l’attester !

 

Croire – encore et toujours « croire » ! – que notre penser relatif, ou penser du relatif, celui qui nous sert à vivre et à nous orienter dans notre monde des choses, serait en mesure de connaître et de comprendre absolument notre monde, c’est l’une des récentes « croyances au miracle » de l’humanité. Ainsi, sans entrer ici dans le débat de fond sur le réchauffement climatique, à propos duquel j’attends toujours les objections de Nicolas Hulot à ma lettre du 29 juin 2007, la « croyance au miracle » scientiste du jour se manifeste dans la prétention insensée des humains du 21e siècle de croire pouvoir maîtriser à leur guise les forces de la Nature, afin d’établir sur la planète un « climat sur mesure » pour l’éternité – certes, DEMAIN, toujours DEMAIN, seulement DEMAIN, à la saint Glin-glin : cette sempiternelle échéance du penser superstitieux !

 

Comme ni vous ni moi (et bien peu des Terriens d’aujourd’hui) ne verrons le terme annoncé de cette nouvelle chimère, à savoir la fin du siècle, je me borne à fournir deux arguments non scientifiques pour la dénoncer, sans oublier pour autant les contrevérités et les lacunes de notre savoir scientifique actuel sur « tout un tas de choses » (selon l’expression de Claude Allègre), dont ne manqueront pas de sourire nos lointains descendants !

 

Mon premier argument se fonde, encore et toujours, sur l’impossibilité absolue de transposer l’Idéal dans le quotidien, mais appuyé par la constatation scientifique indiscutable suivante : notre monde est en perpétuel mouvement - ou incessant changement ! Il en résulte que la configuration de notre monde des choses est - à tout instant ! - différente de ce qu’elle était au moment précédent, et ceci devrait suffire à réduire à néant le « rêve fou » des humains d’aujourd’hui, devenu de facto sans intérêt puisque tout serait à recommencer sans cesse – sauf à vous-même ou à quiconque d’établir que les humains seraient en mesure d’arrêter, de figer, le mouvement universel, mais là, précisément, ils apportent la preuve qu’ils ne doutent de rien, forts qu’ils sont de leur prétendue « libre volonté » !

 

Mon second argument contre cette prétention scientiste obscurantiste, et qui vaut également pour invalider les « croyances au miracle » de la superstition idéologique, tient à la réalité de notre nature humaine. Celle-ci se caractérise par son égoïsme inné et effréné, auquel personne n’échappe : ni vous ni « moi », et pas davantage les six milliards d’humains d’aujourd’hui, voire les milliards supplémentaires de demain et d’après-demain (hypocrites et inconscients inclus !) 

 


Brièvement défini, notre égoïsme naturel n’est que le désir premier de chacun
de vivre le plus longtemps et le mieux possible, en se gratifiant autant que faire se peut dans ses affaires d’amour, quel qu’en soit l’objet, d’argent, en tant qu’instrument de possession des biens les plus divers, voire de personnes, et de gloire ou honneur-vanité, d’ego tout simplement pour les plus modestes - s’il en existe !

 

Alors, s’imaginer que les six milliards d’humains différemment concernés par l’inquiétude climatique actuelle, et par ailleurs légitimement soucieux de leurs intérêts égoïstes immédiats, individuels ou collectifs, vont se mettre à marcher comme un seul homme pour le bien de la planète, un hypothétique bien qu’ils ne verront même pas, cela fait partie de la « croyance au miracle » actuelle orchestrée à l’unisson par les scientifiques, les médias, les politiques et les intellectuels d’aujourd’hui, à l’exception de quelques rares contradicteurs, parmi lesquels Claude Allègre.


Les chances de réussite de cet improbable accord unanime - et même s’il le devenait par miracle - sont d’autant moins assurées que l’Organisation internationale représentative des humains n’est pas parvenue, en soixante ans, à faire vivre en paix deux Etats lilliputiens voisins de la planète, ou que l’on voit les difficultés rencontrées aujourd’hui dans le Caucase pour résoudre un conflit concernant, en superficie et en population, l’équivalent de deux départements français – sans oublier la retenue à l’égard de la Russie pour des raisons fondamentalement égoïstes d’approvisionnement en énergie. Mais, il n’est pas interdit de rêver ! ! !


Sans entrer ici dans les détails, comme une infinité d’autres exemples atteste la multiplicité des intérêts égoïstes contradictoires à travers la planète, il faudrait peut-être commencer à réfléchir sur l’opportunité, ou non, de s’engager dans cette galère climatique par rapport à laquelle les douze travaux d'Hercule ne sont qu'une modeste illustration – ne serait ce que pour une banale question de financement des mesures envisagées et théoriquement envisageables.


Toutefois, je fais confiance à l’avenir plus ou moins lointain pour juger de la pertinence de mes propos en les confrontant à la réalité du climat terrestre de demain et d’après-demain. Le Groenland a déjà connu un réchauffement climatique très important aux IXe et Xe siècles sans souffrir pourtant de pollution industrielle ou inhérente aux moyens de transport, à une époque où l’hypocrite compassion publique ne s’attendrissait pas sur le devenir des ours blancs – et pour cause !


Je dis « hypocrite », dans la mesure où une très large fraction de l’opinion compassionnelle d’aujourd’hui se préoccupe davantage du sort des animaux en général, et des ours blancs en particulier, que de celui de ses proches, comme suffisent à l’illustrer les luttes intestines entre camarades de gauche, et entre camarades socialistes. C’est aussi l’une des caractéristiques des « vertueux » d’afficher leur amour universel, rappelé fort mal à propos par Ségolène Royal reprenant à son compte le mot du Christ : « Aimez-vous les uns, les autres », alors que les uns et les autres s’entredéchirent à qui mieux mieux – pas seulement à gauche, d’ailleurs, et pas seulement en politique ! l !


Pour ce qui est de la superstition idéologique, « croire au miracle » de pouvoir instaurer sur la planète un monde « parfait » avec des humains « imparfaits », donc se croire capable de transposer l’Idéal dans le quotidien, devrait suffire à tout individu sensé pour établir la « débilité intellectuelle » de l’époque. Il en va ainsi particulièrement des slogans de campagne fondés sur l’idéalisation fictive du réel de DEMAIN, et promettant d’établir, qui un « ordre juste » planétaire, qui un « monde nouveau », qui un « autre monde », sans oublier Jacques Chirac parlant, dans l’un de ses grands discours de la campagne présidentielle 2002, de rendre possible l’impossible, alors que TOUT
change en permanence dans notre univers, au point que le cours incessant des réformes a toujours un train de retard sur la marche sans cesse changeante du monde, à laquelle nous ne pouvons que nous soumettre en nous adaptant constamment.


C’est pourquoi je ne prends pas un grand risque en affirmant que, au rythme des pas de tango du monde, DEMAIN sera comme AUJOURD’HUI au royaume des humains - sauf à vous-même ou à quiconque d’établir le contraire en oubliant la Foi, la foi du charbonnier, et il suffit pour cela de relever concrètement le défi lancé ! Toutefois, nous reparlerons d’égalité, entre autre, seulement lorsque les riches auront partagé leurs richesses avec les pauvres ! ! !


Le pompon de la « débilité intellectuelle » de l’époque semble néanmoins revenir incontestablement à la superstition moraliste, telle que brièvement définie plus haut. Celle-ci se fonde uniquement, en effet, sur trois fictions, trois croyances illusoires ayant pour principale conséquence que de simples mortels, voire des groupes humains, se prennent pour Dieu en prétendant incarner l’Idéal, puisqu’ils s’autorisent à condamner les Autres en son nom l


La première fiction du moralisme est très précisément fondée sur la caractéristique fondamentale du penser superstitieux, à savoir l’ « absolutisation fictive du relatif ». Elle consiste à faire croire en la coexistence d’un Bien et d’un Mal prétendument absolus dans un monde où TOUT
est relatif - y compris nos conceptions morales fictivement idéalisées ! Néanmoins, à la fois juges et parties, les uns et les autres censeurs décident de ce qu’il est absolument bien ou mal de penser et de dire, et c’est sur cette fiction confortée par leur seul pouvoir financier, politique et médiatique qu’ils condamnent « absolument » les Autres, sans avoir pour autant le courage intellectuel de débattre sur le fond, à savoir LA Vérité UNE sans contradictions ni incohérence, telles qu’il s’en manifeste au quotidien entre le discours et la pratique, entre les paroles et les actes.


Sauf à eux de me démentir sur le fond, qui sont-ils donc les Jean Leonetti et autres membres du Comité consultatif national d’éthique, voire cette influente conseillère élyséenne, entre autres, pour dicter le Bien et le Mal absolus en matière d‘euthanasie, alors qu’ils expriment seulement, en réalité, leurs conceptions relatives personnelles « fictivement absolutisées » de l’Idéal en soi ? ! Par chance pour eux, les Eglises et d’autres groupes bien-pensants sont suffisamment influents au plus haut sommet de l’Etat pour faire prévaloir leur penser superstitieux, qui fait obstacle – ici ! - à la pratique de l’euthanasie sur le seul fondement d’un Dieu religieux superstitieux, voire de quelque autre absolu fictif, tel le « Dieu-Morale » du catéchisme universel.


Plus précisément, dans une république dite laïque, où, de surcroît, tout est relatif, ce n’est pas à la religion, fondée sur le penser superstitieux, de dicter à la société civile ce qui serait « absolument » bien ou mal en matière d’euthanasie. Nos voisins belges, helvétiques et néerlandais ont su dépasser leur penser superstitieux en se fondant précisément sur des raisons véritablement philosophiques distinguant le relatif de l’absolu – en matière de Bien et de Mal ! – pour parvenir à une décision exactement inverse de la nôtre.


Et ce, d’autant plus à juste titre que Bien et Mal absolus sont une impossibilité absolue dans notre monde, non seulement en raison du dualisme déjà philosophiquement dénoncé, mais aussi d’un simple point de vue intellectuel ou rationnel. En effet, pour respecter le principe d’unicité attaché indissolublement à ce qui est absolu, le Bien absolument absolu, s’il existait réellement, devrait comporter « exclusivement » du pour, du positif, des avantages, tandis que le Mal absolument absolu ne présenterait que du contre, du négatif, des inconvénients - tout l’opposé de ce qui se rencontre dans la réalité quotidienne du monde, sauf à vous-même ou à quiconque
de démontrer le contraire !


Dans notre monde, en effet, TOUT
présente, à la fois, du positif, des avantages, et du négatif, des inconvénients, entre lesquels tranchent seulement les désirs et les intérêts égoïstes, individuels ou collectifs, des uns et des autres, ainsi que l’exprime à merveille ce mot concis de Spinoza :


« Nous ne désirons pas une chose parce qu’elle est bonne (absolument bonne, ou bonne « en soi »), mais c’est parce que nous la désirons que nous la jugeons bonne. »


A SUIVRE...

Publié dans COURRIER "Politiques"

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