Euthanasie et philosophie

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 13 août 2008

 

 

Objet :

« Euthanasie et philosophie »

 

 

Monsieur Jean-Luc Romero

Président de l’A. D. M. D

50, rue de Chabrol

Fax : 01 48 00 05 72
Courriel :

infos@admd.net

 

 

Monsieur,

 

 

L'annonce du suicide de Rémy Salvat, âgé de 23 ans et atteint d'une maladie dégénérative, ainsi que les arguments du chef de l’Etat contre l’euthanasie et votre commentaire personnel me donnent l’occasion de vous rappeler mes lettres des 27 mars et 3 avril derniers sur cette question.

 

Sauf à quiconque de démontrer le contraire, elles vous exposaient les seuls arguments « philosophiquement » opposables aux adversaires de la mort assistée, tels que je les avais développés dans une lettre à Jean Leonetti, rapporteur d’un proposition de loi sur la question, et dans celle adressée au Comité consultatif national d’éthique, le Tribunal moral d’exception de l’époque, et c’est pourquoi je ne peux que déplorer la faiblesse de votre commentaire.

 

Vous vous êtes contenté, en effet, de renvoyer le législateur français à la position prise par la Belgique et les Pays-Bas, en oubliant la Confédération helvétique au passage, sans oser vous à en prendre à la fiction moralisatrice de Bien et de Mal absolus, la seule qui fonde la position des opposants à l’euthanasie, alors que l’occasion vous était pourtant offerte sur un plateau d’engager l'unique véritable débat de fond en matière de Vérité

 

J’espère que ce n’est que partie remise, mais je m’en tiens là pour l’instant, avant de vous faire parvenir la copie de la lettre que je compte adresser, dès demain, à Nicolas Sarkozy pour dénoncer l’insuffisance de ses arguments anti-euthanasie, qui se résument à des « raisons philosophiques et personnelles », comme il le dit sans autre précision dans sa réponse négative du 6 août à Rémy Salvat.

 

Vous pouvez néanmoins compter sur moi pour le souligner sans langue de bois à Nicolas Sarkozy, et sans chercher nullement à polémiquer avec vous je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

 

                                           

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                

 

 

  

 

 

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