« "Garce de vérité" : Philosophie ou Superstition ? »

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 10 mai 2008

Objet :

« "Garce de vérité" : Philosophie ou Superstition ? »

 

 Monsieur François de Closets

 1, Villa George Sand

 75016 PARIS

 

Monsieur,

 

 

Je vous remercie de votre courrier manuscrit posté le 29 avril dernier, même si, en réalité, il n’exprime qu’une fin de non recevoir à ma lettre du 3 mars 2008 adressée par télécopie aux Editions Arthème Fayard à votre intention.

 

Dans ma lettre, qui avait pour objet « Garce de vérité et bonne conscience », j’avais repris deux expressions de votre livre, Le divorce français, pour attirer votre attention sur les mensonges et les « croyances au miracle » de la Superstition dans ses divers modes d’expression, idéologie et moralisme notamment, afin de les confronter à l’Absolu, à LA Vérité absolue.

 

Sans penser à mal contre vous, d’autant moins que je partage nombre de vos prises de position sociétales – néanmoins, en rien absolues ! -, je ne saurais toutefois accepter, d’un point de vue strictement  philosophique, que vous balayiez d’un revers de plume l’Absolu, LA Vérité éternelle absolue, en procédant par affirmations, non seulement gratuites mais contradictoires, sans le moindre argument d’ordre philosophique contre ce qui est « absolument vrai », autrement dit « vrai de toute éternité ».

 

Ce qui est « absolument vrai » est seulement exprimé par la « vraie » philosophie, au sens où l’entend Spinoza, et par la mystique authentique - celle du Bouddha et du Christ dans leur Parole non pervertie par la foule superstitieuse qui en a fait  les fondateurs d’une religion qu’ils n’ont pas voulu créer. Cet éternellement et absolument vrai est véritablement le seul et unique « invariant » : aujourd’hui comme hier et demain, puisque, même dans des millénaires, il n’aura toujours pas pris une ride – sauf à vous ou à quiconque de démontrer le contraire !

 

Si la totalité de notre « pensé », à savoir tout le contenu pensé par notre entendement pratique dans et sur (à propos de) notre monde, est à jamais relatif, l’Absolu ou Idéal n’est définitivement pas de ce monde et  demeure « en soi » inconnaissable jusqu'à la fin des temps. En conséquence, dans ses innombrables concepts idéalisés, notre penser humain n’a que de pâles reflets du Vrai, du Beau et du Bien absolus, ou idéaux du Vrai, du Beau et du Bien.

 

En effet, si nous ne pouvons pas penser le moindre de nos concepts sans être renvoyés en même temps à l’Idéal du concept pensé (par exemple : homme et homme idéal, femme et femme idéale, bijou et bijou idéal, liberté et liberté idéale ou absolue, égalité et égalité absolue ou idéale, etc., etc.), ces « idéalisations » subjectives, relatives, ne sont, et ne seront jamais, que des copies de l’original « en soi », c’est-à-dire seulement nos représentations « relatives » de l’Idéal ou Absolu - jamais l’Absolu ou Idéal « en soi » !


Il n’en demeure pas moins, cependant, qu'il est impossible d’avoir des représentations, quelles qu’elles soient, d’un « quid » qui n’aurait aucune réalité, aucune existence – d’un « néant » en somme ! Par conséquent, sauf à vous ou à quiconque de démontrer le contraire, nos représentations mêmes subjectives, relatives, attestent que l’Absolu ou Idéal n’est pas seulement une chimère, un quid sans réalité.

 

Pour distinguer celui-ci du Dieu superstitieux des religions et de la scolastique idéaliste, il suffit d’établir les contradictions et les impossibilités de ce dernier conduisant à la croyance en « deux » absolus et en un libre arbitre qui, théoriquement, laissait à ce Dieu le libre choix de créer, ou non, notre monde !  Nous avons donc bien de la chance d'être là  ! ! !

 

Notre penser humain est ainsi fait qu’il nous prédispose à prendre notre monde pour une réalité absolue, c'est-à-dire existant « absolument », alors qu’il n’a d’existence que « relativement » à notre penser spécifique, en dehors duquel il n’a aucune réalité, comme cela peut être démontré - et sauf à vous ou à quiconque d'établir le contraire ! A l'inverse, ce qui existe « absolument », puisque son essence implique nécessairement l’existence, est considéré comme « non existant » par ceux qui le nient – c’est le monde à l’envers !

 

Et ce n’est pas à force de soi-disant « petits pas en avant », comme le croient volontiers les humains, que l’abîme infranchissable entre le relatif, à savoir ce qui n’existe que relativement, et l’Absolu ou Idéal sera comblé. Même pas DEMAIN, à la saint Glin-glin, comme les découvertes successives, et souvent contradictoires, de la Science au cours des millénaires suffisent à l’illustrer. En effet, la vérité officielle scientifique, selon l’expression de Claude Allègre, c’est-à-dire la vérité scientifique absolue, ça n’existe pas – et « ça » n’existera jamais – sauf, encore une fois, à vous ou à quiconque de démontrer le contraire !

 

Nous avons l’illusion de pouvoir connaître, comprendre et expliquer « absolument » notre monde, mais, que vous l’admettiez ou non, dans notre monde humain tout est relatif, rien n’est absolu, à commencer par l'explication scientifique de notre monde – et c'est pourquoi les théories et hypothèses  de la Science ne constitueront jamais un « invariant ». La science est condamnée à la « relativité » jusqu’à la fin des temps, et Albert Einstein, spinoziste convaincu, ne s’y est pas trompé en baptisant ses théories sur l’univers ! ! !

 

Certes, refuser de poursuivre le débat de fond jusqu’à son terme ultime est le meilleur moyen d’avoir toujours raison - dans le « relatif » ! Se contenter seulement d’opposer « à l’infini » des points de vue relatifs partisans, en matière de religion, de métaphysique, d’idéologie et de moralisme, à d’autres tout aussi relatifs et partisans, sans jamais les confronter à l’Absolu, à LA Vérité éternelle absolue, ne leur confèrera jamais aucun caractère d’ « absoluité ». Seule LA Vérité absolue suffit à mettre un terme définitif à notre penser relatif, ou penser du « relatif », en l’invalidant dans sa prétention à exprimer l’Absolu, en dépit d’innombrables contradictions et incohérences. Comment le prétendu « vrai » pourrait-il être « absolument vrai », dès lors qu’il en comporterait une seule, ou que lui ferait face une vérité contraire ? !

 

Seul le penser de l’Esprit véritable, qui n’est pas celui de la superstition religieuse ou idéaliste à la Kant, à savoir le penser spirituel de la vraie philosophie et de la mystique authentique, est totalement exempt d’incohérence, de contradiction, car sa Vérité est UNE, unique - sauf à vous ou à quiconque d’établir le contraire, en commençant par démontrer une quelconque faille dans le raisonnement more geometrico de la première partie de l’Éthique sur ce que Spinoza nomme Dieu ou substance ! Jusqu’ici, en tout cas, aucune des élites dénoncées ne s’y est risquée - pas même un seul de nos prétendus intellectuels et pseudo-philosophes médiatisés, pourtant mis au pied du mur, à maintes reprises ! ! !

 

C’est pourquoi, en raison de leur malhonnêteté et lâcheté intellectuelles,  la Superstition, telle que précisée dans le courrier antérieur, peut continuer à colporter, au fil du temps et des civilisations, les mensonges et les « croyances au miracle » du pensé humain, à savoir le contenu pensé seulement « relatif » de notre entendement pratique [penser d’images représentatives en concepts, et penser des abstractions, notamment scientifiques], que notre penser superstitieux « absolutise fictivement » – mensongèrement, par refus de débattre ! Comme déjà dit, il en va ainsi dans la religion, toutes religions confondues – monothéistes ou non -, dans la métaphysique [Scientisme matérialiste contemporain comme chez Aristote, et pseudo-philosophie theologico-spiritualiste ou scolastique idéaliste des Descartes, Kant et autres « philosopheurs »], dans l’idéologie, toutes les idéologies sans exception – illusion altermondialiste incluse -, et dans le moralisme [Morale et condamnations moralisatrices partisanes des Autres, au nom de LA morale], tous catéchismes réunis, y compris le catéchisme soi-disant universel contemporain ou Déclaration universelle des droits de l’homme.

 

En clair, dans ses divers modes d’expression, la Superstition conduit au « dualisme » des absolus, à la croyance en la coexistence de deux absolus : un créateur ou un principe créateur (primus motor, big bang, théorie des cordes, ainsi que la suite à venir) et sa création, un Bien et un Mal absolus, etc.] Le problème insurmontable est que la coexistence de deux absolus, c’est une « impossibilité absolue » par définition, comme Spinoza l’a démontré more geometrico dans Éthique I – mais il ne vous est pas interdit d’établir le contraire !  

 

En raison des évènements actuels occasionnés par les Jeux olympiques de Pékin sur fondement de « droits de l’homme », considérés, ou plutôt imposés, comme une réalité absolue, je tiens à dénoncer tout particulièrement, une fois de plus, le catéchisme soi-disant universel contemporain dans sa prétention à exprimer l’absolu. Comme l’a dit trivialement le député Jérôme Chartier, chacun « se gave » des droits de l’homme, de liberté, d’égalité, etc. sans les respecter réellement pour autant dans son quotidien - sauf les « vertueux » évidemment, censeurs autoproclamés et donneurs de leçons de morale aux Autres, puisque leur devise favorite est toujours la même : « Je suis vertueux, donc je condamne ! » - à moins que ce ne soit l’inverse !

 

Quitte à me répéter jusqu’à provoquer vos objections de fond, je maintiens que ce catéchisme universel, fondé seulement sur l’ « absolutisation fictive du relatif », se caractérise, non seulement par son inobservation universelle – sauf à vous ou à quiconque d’établir le contraire à l’aune de l’actualité internationale quotidienne et du devenir du monde depuis bientôt soixante ans ! -, mais surtout par son incohérence et les contradictions résultant précisément du penser superstitieux, qui prend ses désirs pour la réalité ou vérité absolue.

 

Le nier, sans démonstration contraire, c’est manifester l’intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde en faisant croire au père Noël, à savoir qu’il serait possible de transposer l’Idéal dans le quotidienDEMAIN, toujours DEMAIN, seulement DEMAIN, hélas ! -, à l’exemple du droit au logement opposable pour tous, ou du soi-disant « ordre juste » de Ségolène Royal – une aberration intellectuelle et philosophique mensongère, dont l’ex-candidate socialiste refuse toujours aussi obstinément de débattre.

 

Toutes les belles mais fallacieuses promesses ont pour seule conséquence de laisser les humains « naïfs, cocus et frustrés » jusqu’à leur dernier jour, puisqu’ils attendront en vain comme sœur Anne jusqu’à la fin des temps sans jamais rien voir venir des heures radieuses promises par les marchands de rêve, et escomptées par les « croyants au miracle » - libre à ceux-ci, toutefois, de continuer à se laisser berner, ou non ! Ils n’ont que ce qu’ils méritent ! ! !

 

Comme déjà dit, le pompon en matière d’incohérence revient incontestablement à ce propos croquignolet de Jean-Louis Bianco, alors directeur de campagne de Ségolène Royal, déclarant « sans rire » sur RMC Info : « On a le droit de tout dire, mais il y a des limites. » ! ! ! Sans rien comprendre à l’absolu, voire en le niant comme vous, le catéchisme universel contemporain apporte au moins la preuve qu’il exprime tout sauf l’absolu, LA Vérité absolue, puisque ses articles 19 et 29 se contredisent. Le premier, en effet, prône une liberté d’opinion et d’expression absolue, que le second s’empresse de « relativiser ». Mais il est vrai que les « croyants au miracle », soit la quasi-totalité de l’humanité en somme, prennent pour argent comptant ce qui est simplement affirmé sans démonstration dans des catéchismes de toutes sortes ! ! !


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