« Journée de solidarité, euthanasie et superstition moraliste » [FIN]

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 26 mars 2008

 

Objet :

« Journée de solidarité, euthanasie et superstition moraliste »


FIN 

 

Monsieur Jean Léonetti

Député

Courriel :

jaleonetti@assemblee-nationale.fr

 

 

Monsieur,




Sur l’euthanasie, à en croire Patrice Pelloux, dont l’éthique médicale le conduit à en rejeter la pratique ici et maintenant, et qui va même jusqu’à chicaner un mot, auquel Emile Littré donnait déjà un sens identique, je dois en conclure que ses confrères belges, luxembourgeois et suisses, qui aident des patients à mourir, doivent sérieusement manquer de toute éthique médicale – à moins de prendre l’opinion pour ce qu’elle n’est pas ! Toutefois, Patrice Pelloux ne serait ni le premier ni le dernier, dont les propos illustrent à merveille l’expression « se moquer du monde », mais qui n’en confirment pas moins qu’aux yeux des « vertueux autoproclamés », il y a bien deux sortes d’humains : nous et eux – c’est précisément la seconde fiction du moralisme, dont il sera brièvement traité ci-après ! ! !

 

Au cas où, comme tant de « vertueux autoproclamés », vous n’auriez pas saisi la différence entre éthique et morale, si souvent confondues par les censeurs, si l’éthique n’est pas l’expression de l’ « Idéal en soi » à jamais inconnaissable, elle n’entend pas, contrairement à la morale, faire de commandements et d’interdits, forcément relatifs puisque simples représentions subjectives de l’Idéal en soi, des règles absolues pour régir la vie des humains : des lois y suffisent, comme l’a rappelé cette courageuse magistrate, dans un procès en sorcellerie pour « islamophobie » intenté à Michel Houellebecq, en déclarant : « La justice dicte le Droit, pas la Morale ! ! !

 

Certes, si la réalité oblige à constater que des groupes de pression, suffisamment puissants pour faire culpabiliser la France et les Français au nom d’un passé vieux de plusieurs décennie, et même de plusieurs siècles, parviennent à faire voter des lois fondées sur la morale partisane des communautarismes, c’est seulement la confirmation qu’il y a, et qu’il y aura toujours, bien loin de la théorie, l’Idéal, à la pratique, la réalité quotidienne de la planète ! Alors, Messieurs les censeurs et autres décideurs de notre vie et de notre mort, un peu de décence, et rappelez-vous ces vérités intemporelles, qui devraient suffire à vous dispenser de vos postures morales et de vos leçons aux Autres :

 

Pour juger et condamner « moralement » les Autres, il faudrait d’abord être soi-même « irréprochable » ! Or, il n’y a pas, il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais, d’individus ni de groupes d’individus, « TOUS » critères d’appartenance confondus, réellement irréprochables : pas de quoi faire culpabiliser les Autres, par conséquent ! Face à l’Idéal, en effet, chacun est forcément coupable, coupable de crime de lèse-Idéal ! De surcroît, s’il existait des individus et des groupes d’individus réellement irréprochables, ils se garderaient bien de donner des leçons de morale aux Autres, précisément parce qu’ils seraient, eux mêmes, « IRRÉPROCHABLES » ! ! !

 

Ceci devrait également vous dispenser d’appeler sans cesse LA Morale à la rescousse pour justifier des décisions dont la contradiction saute aux yeux, comme il en va notamment en matière d’euthanasie, et en tant d’autres cas. Vous n’êtes ni les juges, ni les justiciers, et pas davantage les gendarmes de l’Idéal, ainsi que vous le laissez pourtant croire à travers la pensée unique « politiquement correcte » du jour ! Vous n’êtes pas meilleurs que les Autres, en dépit de votre devise favorite : « Je suis vertueux, donc je condamne ! » - à moins que ce ne soit l’inverse ! ! !

 

Brièvement indiqué, la deuxième fiction du moralisme consiste à diviser artificiellement les humains en deux catégories, aux frontières censées être étanches : les bons, les « vertueux », les soi-disant antiracistes aujourd’hui, d’un côté, nous, et les mauvais, les « salauds », les racistes exclusifs, eux, de l’autre. Par chance, un grand diseur de LA Vérité éternelle était venu dénoncer cette fable, il y a bientôt deux mille ans, et pourtant sa Parole de vérité, pervertie par la foule superstitieuse, qui en a fait le fondateur d’une religion qu’il n’a pas voulu créer, est toujours impuissante contre les donneurs de leçons de morale : ils demeurent toujours prompts à juger et à condamner moralement, voire juridiquement, ceux qui dérangent leurs intérêts de toutes sortes - une preuve de plus de l’obscurantisme d’une époque, qui colporte toujours la même fable avec « deux mille ans » de retard sur le Christ !

 

La réalité suffit à attester, tout comme devrait y conduire la lucidité et l’honnêteté personnelle, que chacun se comporte, à titre individuel ou collectif, tantôt en « vertueux », tantôt en « salaud », au gré des circonstances et de l’intensité de ses désirs égoïstes dans ses affaires d’amour, quel qu’en soit l’objet, de possession de biens et de personnes, d’où l’importance de l’argent, et de gloire ou honneur vanité par la recherche de titres, de distinctions et de médailles (civiles, militaires, sportives, professionnelles, etc.), ou autres colifichets ! 

 

La troisième fiction du moralisme, qui arrange bien les affaires des « vertueux », est la croyance de la foule en un illusoire « libre arbitre », une prétendue volonté libre totalement détachée du déterminisme infini, ou nécessité spinoziste, en vertu de laquelle il suffirait de vouloir pour pouvoir. A se demander ce qu’attendent nos « élites » du monde entier pour éradiquer les sempiternels maux de l’humanité, solutionner les problèmes conjoncturels de croissance, de chômage et de pouvoir d’achat, voire pour instaurer, définitivement et universellement : paix, justice, liberté et égalité - idéales, bien entendu ! - sur toute la planète ? !

 

Sans développer ici, comme j’y suis tout disposé, la réalité est toute autre. Tous les phénomènes naturels et tous les évènements du monde, qu'ils soient historiques, collectifs ou personnels, dépendent seulement de l’enchaînement infini de l’infinité des causes et des effets de tout ce qui se produit dans notre monde. Ils se produisent « nécessairement », sans que personne ne maîtrise quoi que ce soit – sauf à vous de démontrer le contraire, à la lumière de la mondialisation d’aujourd’hui, ou de la crise financière mondiale actuelle, voire des Jeux olympiques de Pékin !

 

Pour simple preuve de bon sens, si les choses, les évènements, dépendaient « réellement » de notre seule volonté libre, pourquoi notre langue et tant d’autres auraient-elles besoin du « conditionnel » ? ! C’est le mensonge des « vertueux » en général, et des « politiques » en particulier, de faire et laisser croire que leurs promesses dépendent d’eux, et d’eux seuls ! C’est pourquoi ils ont tant besoin du « libre arbitre » pour s’accorder des mérites et des louanges, qui laissent néanmoins les humains « naïfs, cocus et frustrés » jusqu’à leur dernier jour – forcément !

 

Un seul responsable politique d’envergure, Mikhaïl Gorbatchev en l’occurrence, a eu l’honnêteté et le courage intellectuels de reconnaître la « nécessité » spinoziste, qui conduit forcément à l’humilité de l’ego, en ne s’attribuant pas des mérites usurpés. Par ce seul propos « Rien ne peut être fait hors d’une cadre d’une nécessité supérieure », il a rendu vivante la pensée de Spinoza, car la « nécessité supérieure » de Mikhaïl Gorbatchev n’est rien d’autre que la nécessité spinoziste, même si elle met en porte-à-faux toutes les promesses de tous les menteurs de la planète !

 

C’est pourquoi, quitte à déborder le cadre initialement fixé ici, j’entends montrer que l’humanité devrait commencer à réfléchir « vraiment », au lieu de se contenter de « croire au miracle », ainsi qu’il en va, non seulement dans la superstition idéologique, mais aussi dans la superstition scientiste, qui agite aujourd’hui l’opinion mondiale et les dirigeants de la planète.

 

D’emblée, je fais mienne cette remarque entendu hier sur France Info : « L’écologie est devenue la nouvelle religion occidentale ». En effet, le scientisme contemporain, tout comme chacun des autres modes d’expression de la Superstition, ne vise rien moins qu’à transposer l’Idéal dans le quotidien ! En l’occurrence, l’objectif dévolu au scientisme matérialiste et à ses « fidèles » est de parvenir à terme – DEMAIN, car c’est toujours DEMAIN avec le penser superstitieux – à établir sur la planète un climat « sur mesure », idéal, pour l’éternité – sauf mauvaise interprétation de ma part !

 

C’est oublier seulement - une paille ! - que notre univers est en mouvement perpétuel, c’est-à-dire en constant changement : en conséquence, l’état de l’univers, d’un instant à l’autre, n’est déjà plus tout à fait le même. Alors, tant d’efforts demandés et tant de sacrifices consentis par les Terriens : pour RIEN ? Assurément, sauf à arrêter le mouvement perpétuel…

 

Je ne développe pas ici l’intégralité de l’argumentation permettant d’invalider cette nouvelle chimère, mais ma lettre du 29 juin dernier à Nicolas Hulot, communiquée aux principaux médias nationaux toujours aussi intellectuellement courageux pour débattre, est à votre disposition. Il demeure que cette nouvelle « croyance au miracle », ou nouvelle religion écologique, qui envisage de maîtriser, à notre guise, les forces de la Nature, est à comparer avec ce propos de Montand pour dénoncer la superstition idéologique : « Ils croient au socialisme, d’une manière religieuse, comme j ‘y ai cru moi-même, d’une manière religieuse. »

 

Chacun a pu constater, depuis lors, ce qu’il est advenu du communisme, mais la « croyance au miracle » demeure toujours aussi vivace chez des citoyens-électeurs pas encore revenus des illusions socialistes de 1981, tant l’être humain est davantage porté par nature à « croire » qu’à réfléchir ! Avec le même recul, nos lointains descendants des siècles à venir se gausseront, s'ils en ont vent, de nos foutaises scientistes d’aujourd’hui, comme nous le faisons des médecins de Molière.

 

La science, à savoir « toutes » nos théories et hypothèses scientifiques, ne sort pas davantage du cadre de la vérité « relative » que tout le reste du « pensé » de notre monde, ainsi que l’a exprimé, à sa manière, Claude Allègre sur France Inter : « La vérité officielle scientifique, ça n’existe pas. » Ce propos ne traduit rien d’autre, et à juste titre, que la négation de l’ « absoluité » de la Science – les vérités de la Science ne seront jamais absolues, mais seulement relatives jusqu’à la fin des temps - dans une époque, qui se croit au comble du modernisme, il serait temps d’en informer les humains ! ! ! 

 

Dans l’attente de vos éventuelles objections sur tous les points évoqués - sauf à vouloir continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde ! -, je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

 

Annexe : I – Accusé de réception de la Présidence de la République

 

De : Présidence de la République courrier.president@elysee.fr

Date : lundi 3 septembre 2007 13:05

Á :    

Objet : RE: Présidence de la République

 

 

PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE

 

SCP/CdO/A017139

 

 Cher Monsieur,


Vous avez bien voulu appeler l'attention du Président de la République sur le financement de la prise en charge de la dépendance organisé par la loi du 30 juin 2004.

 

Chargé de vous répondre, je puis vous assurer qu'il a été pris connaissance de vos préoccupations avant de les signaler au Ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité.

 

Vous voudrez bien excuser le retard mis à vous répondre, en raison du très grand nombre de courriers reçus par le Chef de l'Etat.

 

Bien cordialement.

 

 

Le Chef de Cabinet

Cédric GOUBET

 

II – Copie de la lettre du 23 mai 2007 à Nicolas Sarkozy

 

 

Le 23 mai 2007

 

Objet :

« Journée de solidarité »                                                                           

 

 
Monsieur Nicolas Sarkozy

Palais de l'Elysée

55, rue du Faubourg Saint-Honoré

75008 Paris

 

[A l’attention de Xavier Bertrand, ministre de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement]

 

 

Monsieur,

 

 

La polémique soulevée encore aujourd’hui par des centrales syndicales contre la Journée de solidarité, instaurée en 2005 par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, au prétexte qu’elle oblige des salariés à travailler gratuitement, fut-ce une seule journée dans l’année, m’incite à vous faire part d’une proposition alternative transmise sans résultat, le 2 mai 2005, au Cabinet du Premier ministre d’alors.

 

Cette mesure avait pour principaux avantages, entre autre, de réparer une injustice en n’obligeant personne à travailler un jour férié, de faire porter l’effort de solidarité sur la quasi-totalité des citoyens de la République, et pas sur les seuls salariés, ainsi que de mettre fin à une « journée de pagaille » annoncée et constatée.

 

Outre le Premier ministre, cette proposition, dont les détails sont sommairement exposés ci-après, avait été transmise également aux principales organisations syndicales, à de grands médias nationaux (Télévision, radio, presse) ainsi qu’à divers responsables politiques, dont les noms sont à votre disposition, mais avec aussi peu de résultat. Leur silence permet encore aujourd’hui aux leaders syndicaux de continuer leurs jérémiades, devenues pourtant sans objet dès lors que le principal grief adressé à la mesure gouvernementale disparaissait de lui-même.

 

La mesure envisagée ne toucherait pas les seuls salariés, mais elle s’étendrait, à due contribution, aux retraités, aux chômeurs, aux entreprises et autres professions libérales, à tous ceux qui perçoivent un revenu aussi minime soit-il. Ainsi, quasiment tout le monde ferait preuve de solidarité à juste proportion de ses moyens, puisque même un Rmiste contribuerait pour 0,28% de son allocation annuelle sur la base d’une personne seule.

 

A ce jour, force est de constater, selon le mot de feu Edouard Zarifian, psychiatre, que « chacun veut être bon et généreux, à condition que cela ne lui coûte pas trop ». Ainsi assiste-t-on aux solutions égoïstes les plus ingénieuses pour échapper à cette contribution de solidarité, allant de la mesure « ridicule » adoptée à la SNCF, au recours aux RTT, à la prise en charge par les entreprises, etc. Dans ma solution, non seulement les salariés ne travailleraient pas sans rémunération, mais de surcroît ils pourraient utiliser cette journée de RTT à leur guise, et non de façon contrainte. 

 

Sur le plan pratique, cette proposition consisterait à retenir selon les cas, soit 1/30ème du salaire du mois choisi au titre de la journée de solidarité pour les allocations et revenus mensuels, soit 1/360ème des bénéfices annuels pour les entreprises et autres revenus estimés annuellement. Il reste aux services du Ministère de l ‘emploi, de la cohésion sociale et du logement à jauger cette mesure par comparaison aux deux milliards d’euros rapportés par la solution actuelle, selon le chiffre récent communiqué par Xavier Bertrand. Toutefois, ces services ne devraient pas manquer de prendre en compte la réparation d’une immense injustice et la suppression d’une journée de pagaille, profitables à la cohésion sociale.

 

Je vous remercie de votre attention et vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

 

A R :

Merci de votre message

Celui-ci a bien été envoyé à la Présidence de la République.

Le 23 mai 2007

 

III – Mensonges et lâcheté des élites

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans COURRIER "Politiques"

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article