A - 9 : Concordance entre pensée et choses [FIN]

Publié le par Sylvain Saint-Martory

En ce qui concerne le premier élément, c'est-à-dire le mouvement lui-même, il se présente au penser premier sous la forme des choses, ce qui est précisément la nature de cette expérience sensible fondamentale d’avoir, face au penser, des représentations ou choses objectives, à quoi il n’est plus nécessaire d’ajouter un seul mot.
 
A propos du second élément, à savoir la transition entre eux des divers degrés de vitesse du mouvement, le penser de l’expérience fondamentale doit être reconnu comme pensant déjà formellement le mouvement. En effet, dans le penser causal, s’il y a aussi des choses, évidemment, les choses sont pensées dans l’expérience fondamentale en tant que causes et effets. Toutefois, ce penser causal qui, dans le fond, fait déjà apparaître toutes les choses en mouvement entre elles, est déjà contenu dans le penser primaire, comme étant tout à fait essentiel. Après tout, les représentations de choses ne sont rien d’autre que ce à quoi, précisément, les sensations sont causalement rattachées.
 
Le troisième, l’unité du mouvement, apparaît au penser premier de l’expérience fondamentale, du fait que celui-ci, comme nous le savons, ne peut pas penser une seule chose à l’état isolé, mais plutôt dans l’espace et dans le temps, c’est-à-dire, d’après les explications déjà données, qu’il est obligé de penser dans l’enchaînement toutes les choses et tous les processus de choses, et finalement la totalité des choses.
 
Et finalement nous reconnaissons aussi le quatrième et dernier élément, à savoir la méthode d’analyse simplement quantitative de ce penser abstrait, dans la mesure où, dans le penser des représentations, il opère essentiellement avec les données mathématiques non qualitatives de forme et de grandeur  - non qualitatif veut toujours dire : non qualitatif autant que possible. Il y a davantage de mathématique de ce genre dans tout penser ordinaire, aussi rudimentaire soit-il, qu’on ne l’envisage ordinairement.
 
Tous ces éléments, clairement développés dans le penser scientifique abstrait, où, en outre, est invalidée l’illusion de l’existence des choses, se rencontrent seulement obscurcis et erronés dans le penser premier de l’expérience fondamentale. Or ceci est précisément ce que j’affirme,  à savoir qu’ils s’y trouvent obscurcis et erronés seulement en relation à l’illusion, et que le penser abstrait est le penser achevé, le penser de vérité clair et juste, de ce pensé fut-il imparfait.
 
Cet exposé rendra assez clairement compréhensible l’unité du penser et en même temps la relation entre penséee et chose sur fond de diversité, de parallélisme et d’identité, dont je dois encore dire pour résumer :
 
Les choses (notre penser de sensations reliées à des images représentatives) sont absolument différentes du penser (du penser scientifique abstrait), car les choses sont la tromperie des sens, auxquels les mouvements apparaissent comme des choses ;
 
mais c’est pourquoi il reste pourtant le mouvement en vérité, ce que les sens saisissent, et puisque tout ce qui est conscient aux perceptions des sens, ne devient conscient que du fait d’être pensé par le penser, ce que pense le penser élaboré du mouvement doit donc cheminer parallèlement à ce qui apparaît comme chose au penser non élaboré de l’expérience des sens ;
 
car le penser est Un et identique à soi-même, et qu’il n’est plus question de la concordance du penser avec des choses, en tant qu'unité de l’Un avec un Autre, et où il n’est plus question de pensée et de choses, mais seulement où on peut encore parler de l’Un, à savoir de notre penser du mouvement.
 
 
  
 

 

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