Censeur "exemplaire tout court" ? ! [FIN]

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 7 janvier 2008


Objet :
 « Censeur "exemplaire tout court" ? ! »
 
 
Monsieur Karim Zéribi
RMC Info
« Les Grandes Gueules »
12, rue d’Oradour sur Glane
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Courriel :
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[A l'attention d’Alain Weill, président du groupe NextRadioTV (RMC Info, BFM, BFMTV et Groupe Tests), de la Direction et de la rédaction de RMC Info, de Jean-Jacques Bourdin, de Guillaume Cahour ainsi que des bien-pensants « censeurs conformistes »  autoproclamés Grandes Gueules [Alain Marschall, Olivier Truchot, Anna Salabi, Claire O’Petit, Gaston Kelman Jacques Maillot, Sophie de Menthon, etc.], qui colportent les mensonges et les « croyances au miracle » de la pensée superstitieuse « politiquement correcte » dans tous ses modes d’expression, sans avoir pour autant le courage intellectuel de débattre sur le fond.]
 
 
Monsieur,
 


Pour mémoire, les trois fictions du moralisme sur lesquelles continue de fonctionner la société humaine universelle, sans jamais accepter d’en débattre, consistent à décréter la coexistence d’un Bien et d’un Mal soi-disant absolus, en fixant notamment ce qu’il serait « absolument » bien ou mal de penser et de dire, à diviser les humains, de façon manichéenne - les bons, nous, et les mauvais, eux -, sans oublier la croyance en un prétendu « libre arbitre » : une soi-disant volonté libre, qui devrait suffire, non seulement à pouvoir selon son libre vouloir, mais surtout à opter tout aussi librement entre le Bien et le Mal - en toutes circonstances, évidemment !
 
Ceci est d’autant plus absurde que bien et mal ne sont que des concepts « relatifs », et en aucun cas « absolus », ainsi que cela a été maintes fois établi ! Mais vous avez tellement peur de perdre votre raison de faire culpabiliser les Autres, et vos avantages en même temps, que vous préférez éviter de confronter vos points de vue relatifs partisans à LA Vérité absolue ! ! !
 
J’ai déjà plus qu’amplement développé ces divers points superstitieux, notamment pour démontrer que la coexistence de « deux » absolus est une impossibilité absolue par définition, puisque ce dualisme suffit à récuser à chacun des deux sa prétendue « absoluité ». Il en va de même pour réfuter l’illusion de notre « libre arbitre », puisque RIEN de ce qui se produit dans notre monde (phénomènes naturels et évènements historiques, collectifs ou personnels) ne dépend de notre seule pseudo-volonté libre, en dépit des apparences.
 
Le déficit d’analyse conduit à confondre la conscience (l’impression primaire subjective) d’être libre et la réalité de cette liberté – demandez donc aux fumeurs, entre autres, ce qu’ils en pensent ! En réalité dans notre monde, TOUT, relève entièrement de la « nécessité » éternelle, au sens spinoziste du terme, par quoi il faut entendre l’enchaînement infini de l’infinité des causes et des effets de tout phénomène ou événement – sauf à vous ou à quiconque d’établir la fausseté de cette affirmation en démontrant le contraire !
 
D’ici là, je n’insiste pas davantage sur ces deux fictions, préférant me cantonner à votre remarque superstitieuse évoquée initialement. Elle renvoie directement à la fable des bons et des mauvais, dénoncée pourtant sans ambiguïté dans la parabole devenue célèbre de la paille et de la poutre – célèbre, certes, mais constamment bafouée depuis deux millénaires, comme vous en apportez précisément la preuve en parlant d’hommes politiques « exemplaires tout court », renchérissant ainsi sur l’animateur réclamant des hommes politiques « plus exemplaires » - en matière de vœux pieux, votre émission a vraiment le pompon, comme suffit à l’illustrer Jacques Maillot avec ses multiples propositions sans lendemain !
 
QUI êtes-vous pour exiger des responsables politiques, ou de qui que ce soit d’ailleurs, d’être « exemplaires tout court » ? QUI a fait de vous des justiciers de l’Idéal, voire de simples gendarmes de la pensée unique « politiquement correcte », pour lancer des condamnations moralisatrices absolues contre les Autres sur des fondements relatifs partisans ? Que signifie, d’ailleurs, des responsables politiques « exemplaires tout court » ? « Plus exemplaires », à la rigueur, ça pourrait théoriquement se concevoir dans un monde où la relativité est la règle, à condition de pouvoir réellement comparer entre eux différents comportements critiquables rendus publics. Or, en pratique, qui peut se targuer de connaître réellement l’intérieur des Autres, des hypocrites en particulier, lesquels ne sont finalement que des égoïstes cachant leurs propres turpitudes par intérêt, évidemment ?
 
Qui aurait pu soupçonner tel enseignant, tel ecclésiastique, voire tel amuseur public célèbre en son temps, d’avoir eu des comportements pédophiles, avant qu’ils ne soient portés sur la place publique ? Face à l’impossibilité factuelle de visionner la cassette ou le DVD de la vie quotidienne de quiconque, depuis sa prime enfance, qui pourrait dire d’un autre qu’il est « exemplaire tout court », voire tout simplement exemplaire, hormis en se basant sur des suppositions ou des données partielles et partiales, par ailleurs invérifiables ? Certes, Alain Marschall lui-même ne s’en prive pas, comme l’a établi ma lettre du 25 dernier, à la suite d’un « ragot » sur Xavier de Fontenay, mais il ne lui est pas interdit de se défendre !
 
Sur le fond, « exemplaire tout court », c’est la « pire aberration » de la superstition moraliste, car cela consiste rien moins qu’à décréter que certains individus seraient le modèle idéal du genre humain, les représentants, sûrement élus par Dieu, du Bien absolu sur la Terre – sinon, ils ne seraient pas « exemplaires tout court » ! ! ! C’est superstitieux, parce que cela consiste à « absolutiser le relatif », à idéaliser, et c’est donc conforter au plus haut point la fable dénoncée par l’un des grands diseurs de LA Vérité éternelle, dont la foule superstitieuse a néanmoins perverti la Parole pour en faire le fondateur d’une religion qui a usurpé son nom.
 
Mais c’est tellement pratique pour faire culpabiliser les uns, au nom de l’Idéal, tout en en dédouanant les autres - responsables politiques ou non ! En tout cas, une chose est sûre : si ne devaient se présenter au suffrage des citoyens pour exercer des fonctions électives que des personnes « exemplaires tout court », nous serions encore dans un régime monarchique. Vous pouvez d’ailleurs en juger mieux que moi, du seul fait que vous avez été candidat à la députation, sans pourtant faire la preuve que vous êtes « exemplaire tout court », voire simplement exemplaire. A l’aune des mensonges et des croyances au miracle colportés sans oser débattre sur le fond, ce serait plutôt le contraire - je vous l’accorde, toutefois : chacun est porté à se regarder avec beaucoup de complaisance, aussi longtemps que son miroir ne lui renvoie pas l’image de l’égoïste qu’il est, que nous sommes, tous sans aucune exception ! ! !
 
En fait, il reste à examiner si les « faiseurs d’opinion », que vous êtes sans aucune légitimité autre que celle de « brailleurs » professionnels, sont exemplaires ou non, ne serait qu’en matière de vérité, donc d’honnêteté intellectuelle ? Au vu de la seule émission du 3 janvier 2007, dans sa deuxième partie sur les émeutes du Kenya notamment, il semblerait que vous en êtes bien loin. Vous y avez exprimé avec Gaston Kelman vos positions relatives communautaristes, battues en brèche, quelques minutes plus tard, par les propos, passés à la trappe, de Thierry de Montbrial, affirmant exactement le contraire, voire par André Dagain rappelant les massacres de 1955 entre deux ethnies kényanes.
 
Qui pourrait nier par ailleurs, en toute objectivité, le génocide rwandais d’hier, les massacres d’aujourd’hui par des cavaliers musulmans et la purification ethnique au Darfour, ainsi que la non-réalité de véritables démocraties à l’occidentale sur le continent africain avec ses dictatures, ses régimes corrompus et le sort des femmes africaines, sans oublier la perpétuation de l’esclavage en terre d’islam, tout en étant constamment reproché à l’Occident pour les siècles passés, durant lesquels, par ailleurs, les autochtones, noirs et musulmans confondus, ne se gênaient pas pour le pratiquer ?
 
Qui pourrait prétendre, en toute bonne foi, que l’Afrique pourrait se passer de l’aide internationale, fut-elle intéressée surtout par l’accès à ses richesses minières et pétrolières ? Pourquoi l’O.U.A, rempart contre le soi-disant colonialisme, a-t-elle accepté le renfort d’une force internationale, si elle était en mesure de balayer toute seule devant sa porte, alors que le contraire est établi depuis des années ? Rassurez-vous cependant, l’actualité internationale témoigne que les Occidentaux en général, et les Européens en particulier, ne montrent pas beaucoup d’empressement pour aller se fourvoyer dans le guêpier africain, qu’il soit tchadien ou soudanais ! Ou bien faut-il examiner, un à un, le cas des différents pays africains pour tenter d’y déceler une once de démocratie, voire l’absence de tout conflit interethnique ou interreligieux ? Certes, le continent africain n’a pas l’exclusivité, mais ce n’est pas une raison pour autant de nier les réalités du terrain…
 
Sans intervention de l’ONU, jusqu’à preuve du contraire, aucune solution éventuelle favorable aux populations décimées n’était envisageable, mais votre désinformation est aussi partisane, là, que dans l’affaire de l’Arche de Zoé. Certes, je ne suis pas le dernier à dénoncer les pratiques juridiquement contestables de cette association, mais l’intervention téléphonique intempestive de Gaston Kelman pour opposer le Blanc et le Noir, au cours d’une émission à laquelle il n’était pas convié, a suffi à établir son racisme anti-Blanc – sinon, pourquoi aurait-il opposé une race à une autre dans un conflit juridique, en ressassant son statut de victime coloniale ?
 
Ceci avait déjà été avéré par l’absurdité intellectuelle le conduisant, au nom de ce ressentiment plus que racial, à prétendre qu’une quelconque chose humaine, fut-ce la période coloniale, pouvait comporter « exclusivement » du négatif, des inconvénients – mais la « débilité intellectuelle » n’interdit, apparemment pas, de « faire l’opinion », ni d’être président de la République, d’ailleurs, comme Jacques Chirac l’avait illustré sur ce point !
 
D’autre part, affirmer, sans autre preuve qu’un « ragot » invérifiable, que Manuel Valls avait souffert de xénophobie antiespagnole dans les années 70, c’est un mensonge éhonté puisque cette communauté était quasi-parfaitement intégrée depuis des décennies, sans avoir jamais posé de problèmes à la France ni mis en danger la République, contrairement à des vagues d’immigration plus récentes. Cette forme de racisme, déguisée en bien-pensance moralisatrice, ainsi que cette expression de la « débilité intellectuelle » de l’époque suffisent largement à vous décrédibiliser, en tant que faiseurs d’opinion, aussi longtemps du moins que vous n’aurez rien à objecter sur le fond ! Dans le cas contraire, ne vous gênez surtout pas ! ! !
 
Votre seule légitimité est la loi du plus fort, financièrement, politiquement et médiatiquement parlant, qui vous autorise, non seulement à dire n’importe quoi, mais même à restreindre la liberté d’expression – vous avez dit « exemplaires tout court » ? ! Dire n’importe quoi, c’est, comme chacun pourra le vérifier en téléchargeant la deuxième partie de l’émission incriminée, commencer une diatribe contre l’Occident, pour terminer piteusement en citant comme exemples seulement le Bangladesh et la Birmanie (cf. propos de Gaston Kelman) : vous avez dit « racisme » antioccidental, c’est-à-dire anti-Blanc ? !
 
Pour en terminer provisoirement avec vos leçons de morale sur l’Afrique, si vous estimez que le continent africain est le lieu de quiétude, de démocratie et de prospérité, auxquelles vous voudriez nous faire croire, on se demande bien pourquoi ses ressortissants s’empressent de le quitter par centaines de milliers pour trouver refuge en Occident - chez les Blancs tant honnis ! Ceci n’est pas sans rappeler l’empressement des peuples soumis au régime marxiste se précipitant à qui mieux-mieux dans le giron capitaliste occidental, à la première occasion : donneurs de morale, certes, mais néanmoins profiteurs de multiples avantages ! ! !
 
En conclusion, devant vos multiples et incessantes leçons de morale aux « AUTRES », je me borne à rappeler ces vérités intemporelles fondamentales, maintes fois évoquées, parce qu’elles sont seules en mesure de remplacer LA Morale par l’éthique, puisque le mot « morale », précisément, ne se rencontre pas une seule fois dans l’Éthique :
 
Face à l’Idéal, chacun est forcément coupable, coupable de crime de lèse-Idéal ! Il n’y a pas, de même qu’il n’y a jamais eu et qu’il n’y aura jamais, d’individus ni de groupes d’individus, TOUS critères d’appartenance confondus, réellement « irréprochables ». Si des individus réellement irréprochables existaient vraiment, ils se garderaient bien de faire culpabiliser les « Autres », précisément parce qu’eux-mêmes seraient « IRRÉPROCHABLES » ! ! !
 
Si ceci ne suffit pas à vous dispenser désormais de vos leçons de morale, comme vous en fournissez la preuve jusqu’ici, c’est à douter de vos capacités intellectuelles, donc de votre légitimité à faire l’opinion ! ! !  
 
Jusque là, devant votre silence obstiné et votre refus constant de confronter vos points de vue relatifs partisans, forcément contradictoires, à LA Vérité absolue, je vous accuse « collectivement » de colporter intentionnellement les mensonges et les « croyances au miracle » des diverses formes de la Superstition, aussi longtemps que vous refuserez le seul et unique véritable débat d’idées, a fortiori tant que vous n’aurez pas démontré sur le fond, pas sur quelques exemples relatifs, la fausseté de mes affirmations dénonçant la Superstition dans ses divers modes d’expression.
 
Dans l’attente d’objections éventuelles, qui ne devraient pas manquer de prendre en compte la totalité de l’argumentation antérieure, je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.
 
Annexe : Mensonges et lâcheté des élites
 
 
 
 
 

Publié dans COURRIER "Médias"

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