La loi fondamentale du penser [FIN]

Publié le par Sylvain Saint-Martory


Pour résumer, je veux dire de la loi fondamentale des choses en mouvement, ou mouvement des choses,  ce qu’elle est, ce que nous savons des choses grâce à elle, et indiquer la raison pour laquelle nous ne pouvons pas faire autrement que penser le monde des choses en mouvement – je prouverai que la loi fondamentale est le principe de penser nécessaire de l’entendement pratique.
 
Nous devons être très clairs sur la loi fondamentale, afin de penser véritablement de manière scientifique et de pouvoir être sûrs ainsi de tout ce qui doit être exposé plus tard sur la nature et la signification de l’entendement pratique, et de tout ce qui suivra. Nous ne pouvons nous tenir à rien d’autre qu’à cette seule loi fondamentale et à ce qui en résulte pour la doctrine du mouvement. La loi fondamentale est le principe scientifique supérieur, elle contient les idées abstraites fondamentales de toute scientificité, et la doctrine du mouvement est la science servant de fondement à toutes les sciences, car ce qui est véritablement scientifique dans toute science relève du penser abstrait. Toute recherche et travail scientifique particuliers ne sont rien d’autre que l’accomplissement, la confirmation empirique et l’application de l’abstraction du mouvement des choses, la transformation de cette abstraction en préoccupation de vivre.

Bien entendu, nous ne considérons ici que la loi fondamentale du penser,  mais pas tous les détails de l’application empirique. Ceci demeure l’affaire des physiciens. La nôtre est de justifier l’existence de la loi nécessaire fondamentale du penser, par laquelle toutes les représentations de l’expérience première peuvent et doivent trouver effectivement leur explication, c’est-à-dire que la manière d’expliquer doit avoir pour principe, une fois pour toutes, cette abstraction. Pour cette loi fondamentale, dans toutes les explications de la science empirique doit être trouvée la confirmation conforme à l’expérience ; pour cela, aucune explication scientifique empirique n’est encore sûre et il faut pourtant déjà établir qu’elle ne peut, en aucun cas, être trouvée autrement que par le retour à cette loi fondamentale. Malgré l’imperfection et les lacunes qui demeurent, et demeureront toujours, dans l’application empirique de la loi fondamentale, la perfection du penser doit pourtant apparaître, et la vérité de l’abstraction ultime de l’entendement pratique doit s’avérer la seule et unique possibilité d’explication ; en tout et en détail, elle doit provenir de l’entendement pratique, et il n’y aura plus d’arbitraire d’aucune sorte concernant l’hypothèse d’une autre façon d’expliquer.
 
Je peux néanmoins parler de tout ceci, parce que tout ceci est sûr ; nous avons seulement besoin de le saisir dans les yeux. L’abstraction de la loi fondamentale est fermement établie, ainsi que l’est la science fondamentale de la doctrine du mouvement, c’est-à-dire que tout ce qui peut être appelé science au sens véritable, existe dans son entière perfection, ne nécessite plus aucun perfectionnement et n’en est pas capable, aussi peu que l’entendement humain est capable de perfectionnement et il n’est même pas nécessaire s’il est seulement établi véritablement sur lui-même, dans son entière authenticité.
 
Çà vaut la peine de reconnaître l’existant et le stable, et de ne saisir dans la science de l’entendement pratique rien d’autre que ce qui se trouve dans tout le reste des pensées. Ce serait déplorable et à désespérer des humains, si nous étions tous des sots paresseux d’esprit, tels ceux qui veulent attendre patiemment avec la théorie de l’évolution jusqu’à ce qu’elle nous fasse évoluer en « surhomme ». Nos admirables fils, les surhommes, ne sauraient nous consoler, nous les sous-hommes, pas plus que notre père, le singe, ne saurait se consoler que nous soyons les admirables spécimens de « sur-singes » ; puis derrière le surhomme viendra le « sur-surhomme », et comment devrions-nous faire pour durer et guetter jusqu’à ce que l’évolution complète ait évolué au point de créer Dieu ? Nous voulons penser pour ne pas vivre et mourir comme des imbéciles, et nous voulons laisser la consolation de l’évolution à ceux qui en ont besoin parce qu’ils ne pensent pas, et qui peuvent se consoler avec elle, à savoir les maladifs qui affectionnent se réconforter avec elle. Nous voulons penser et vivre, nous voulons, en débiteurs redevables, utiliser du passé tout ce qu’il peut nous offrir, mais nous voulons nous abstenir de toute divagation sur l’avenir dont, jamais de la vie, nous ne pourrions mendier quelque chose – nous voulons penser et vivre : penser la Vérité UNE existant de tout temps et éternellement constante, et la vivre comme invités joyeux et forts de la vie, de présent en présent.      
 
 
 
           
 
 
 
 
 
         
    
 
 
 
 
 
 
                                     
 
 
 
 
 

 

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