De l'expérience des sens aux "lois du penser"

Publié le par Sylvain Saint-Martory

                 
Avec la doctrine du mouvement nous suivons l’Abstraction du penser, même quand ce dernier n’admet pas la validité de l’expérience première, et ne reconnaît que son seul contenu spécifique comme véritable contenu du penser. Mais quid de cette Abstraction ? Qu’en est-il de sa relation à l’expérience des sens et de la manière dont elle incorpore cette expérience dans son penser ? Quid de ce qu’elle absorbe de cette expérience et de ce qu’elle ajoute en propre ? C’est une affaire à la fois tout à fait remarquable et la plus importante de toutes.
 
D’ailleurs, nous ne parlons plus ici de l’abstrait en général, des concepts génériques par exemple, mais seulement de l’abstrait  scientifique, à distinguer radicalement des concepts génériques,  c’est-à-dire essentiellement les abstractions des lois du penser. Ces lois du penser sont, par exemple, la loi de l’indestructibilité de la matière et la loi de la conservation de l’énergie.
 
Ce n’est pas la moindre des choses pour les lois du penser d’établir ce qui, dans notre expérience, doit être accepté comme valide, et ce qui ne doit pas l’être. Le premier penser simple en images représentatives n’est pas cru, puisque le résultat empirique de l’Abstraction est tout à fait différent de ce qui parvient à la conscience de l’expérience première. Dans nulle abstraction conceptuelle –  nous appellerons désormais Abstraction les lois du penser scientifique –, l’expérience des choses ne forme le contenu du penser, de la manière dont elle se présente au penser simple  de l’expérience première. Confrontée au jugement du penser abstrait, l’expérience première se présente comme une expérience confuse, comme une simple experientia vaga qui, seulement dans l’Abstraction conceptuelle, est  raffinée en expérience réellement scientifique.
 
Les Abstractions des lois du penser contredisent l’expérience première, elles l’inversent, et le contraire de ce que montre l’expérience première est l’expérience scientifique véritable. L’expérience première montre que la matière se détruit : la loi de l’indestructibilité de la matière montre exactement le contraire ; l’expérience première montre que l’énergie se perd : la loi de la conservation de l’énergie montre exactement le contraire. Qu’une chose ou l’énergie disparaisse dans l’experientia vaga : dans ces deux lois du penser, l’expérience scientifique ne connaît que la transformation des choses et la transformation de l‘énergie.  Pour toute classe des expériences il y a une Abstraction des lois du penser, qui se comporte ainsi avec elles, et pour la classe de l’expérience la plus universelle de l’existence des choses et des processus de choses il y a l’Abstraction des abstractions la plus universelle, et je l’appelle la « loi fondamentale du penser »
 
 
 
 
 
 
 
 
           
 
 
 

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