Droit au logement opposable : un "pipo" déjà confirmé !

Publié le par Sylvain Saint-Martory

              
Dans un post du 7 janvier dernier, intitulé « Réchauffement et logement : même emballement et même « pipo ! », en faisant néanmoins ici l’impasse sur le réchauffement climatique, j’écrivais notamment :
 
« L’époque contemporaine confirme que l’esprit moutonnier des Français est loin d’être un fantasme. Ceci est mis en évidence aujourd’hui par le suivisme manifesté par le monde des médias, de la politique et de l’intelligentsia, tous quasi unanimes pour concorder sur la destruction inéluctable de la planète - sinon quoi ? -, et sur l’extinction définitive des "mal-logés", à partir de 2012. 
 
"Quid" du logement garanti sur promesse, d’ici cinq ans, à tous les "mal-logés", grâce, sûrement, à la baguette magique de la fée Ségolène ? Cinquante-deux ans pourtant déjà, qu’au cours de l’hiver 54, un brave abbé, précédemment député de surcroît, s’élevait pour dénoncer la misère des "mal-logés" et autres SDF de l’époque !
 
D’abord, je pourrais demander des comptes à Ségolène Royal, au même titre qu’à tous ceux qui ont gouverné la France depuis lors : « Qu’avez-vous fait de notre argent, de l’argent des Français, puisque vous n’avez pas réussi à régler ce problème soi-disant inhumain d’un logement décent pour tous, et vous aussi, Monsieur l’abbé, vous avez été aux affaires ?
 
Ecoutez les tous ces "vertueux" d’aujourd’hui, qui gouvernent la France depuis soixante ans, des socialistes de Vincent Auriol à ceux de François Mitterrand notamment, pleurer sur le sort des "mal-logés" du XXIème siècle, tout comme Jacques Chirac découvrant après quarante de vie politique la nécessité d’instaurer un droit au logement opposable, devant même figurer dans la Constitution pour accréditer cette chimère ! "Çà" ne leur suffit pas de voir les résultats du droit à l’éducation opposable pour tous, dès lors que tout le monde peut entrer en France comme dans un moulin, avec les injustices qui en découlent ensuite quand il d’agit de trancher sur le sort de résidents "illégaux" ?
 
Pour seuls arguments tangibles, aujourd’hui, contre cette nouvelle utopie collective conjoncturelle, campagne présidentielle oblige, je me fonde d’abord sur les premières déclarations de divers maires montrant le décalage énorme entre le stock de logements disponibles par an et le nombre de demandeurs de logements – à titre d’exemple concret, 200 contre 2500, dans le cas évoqué par un maire de la région parisienne.
 
Si l’on m’objecte la possibilité de construire en cinq ans les centaines de milliers de logements nécessaires, outre que Jean-Louis Borloo semble avoir fait réaliser, depuis 2002, plus de logements que les socialistes de Lionel Jospin, c’est oublier un peu vite que le flot des nouveaux arrivants est loin de se tarir : or, chacun sait ce qu’il faut entendre par "tonneau des Danaïdes" !
 
Mon deuxième argument d’ordre philosophique, fondé sur la distinction radicale entre relatif et absolu, repose sur l’ "impossibilité absolue" de transposer l’Idéal dans le quotidien - de "créer l’absolu dans le relatif", ainsi que je viens de l’entendre dire, à juste titre, pour dénoncer les Don Quichotte d’aujourd’hui qui se battent contre des moulins à vent comme leur illustre aïeul. Promettre un logement décent pour tous les "mal-logés" de France - et pourquoi pas aussi, tant qu'à y être, ceux de Navarre ou d'ailleurs, dans notre époque mondialisée ? – fait partie de ces chimères dont se gargarisent les "croyants au miracle", contre lesquels mon argument définitif est le suivant :
 
Vous ne serez pas là en 2100, ou alors en piteux état, donc vous ne pourrez pas vérifier la réalité, ou non, du catastrophisme climatique annoncé aujourd’hui. En revanche, vous pouvez vérifier, dans les archives de presse ou télévisées, la déclaration de l’abbé Pierre en 1954, et constater la situation des "mal-logés" d'ici, cinquante-deux ans plus tard ; il y a même encore des bidonvilles !
 
Et surtout, comme il vous reste, du moins à la plupart, plusieurs décennies à vivre, vous aurez ainsi l’opportunité de vérifier si le droit au logement opposable pour tous, voté unanimement – je suppose ! – en 2007, aura une réalité effective ou non ; ce sera votre punition permanente de "croyant au miracle" de ne jamais voir venir la concrétisation des "pipos" attendus, en général, et de celui-ci en particulier ! C'est pourquoi j'attendrai attendre longtemps "en enfer" votre courriel contradictoire de victoire pour dénoncer mes propos… » [Fin de citation]
 
A ce stade, je rappelle que le post ci-dessus remonte seulement au 7 janvier 2007, mais le fond en est déjà confirmé par Augustin Legrand, le fils spirituel de Monsieur Trigano, ce matin même du 2 novembre 2007, sur France Culture. Ainsi, moins d’un an après l’engagement solennel de loger tous ceux qui ne disposent pas d’un toit, mes propos sont avérés, comme chacun en jugera d‘après l'intégralité ci-après de la déclaration du président de l’association « Les enfants de Don Quichotte » :
 
« On est face à un gouvernement qui nous a promis des choses, mais il n’y a pas de politique du logement. Maintenant, l’indignation des familles, qui sont ici à l’hôtel, qui sont hébergées depuis 5, 6, 7 ans dans des conditions épouvantables, est née de "ça", est née de cette communication qui a été forte, qui a été faite l'an dernier avec le DALO. On nous a promis monts et merveilles avec le droit au logement opposable, mais il faut une politique du logement à côté et en parallèle, sinon elle ne sert à rien cette loi !
 
Pour l'instant, concrètement, il y a un public éligible de 800.000 personnes, qui vont pouvoir attaquer l'Etat pour obtenir du logement, de l'hébergement, en face il y a 60.000 logements, donc voilà il y a une inadéquation qui est terrible : entre 800.000 demandeurs et 60.000 logements ! C'est un bilan, on leur a fait des promesses fortes, mais on ne va pas les tenir, la politique du logement, elle n'a pas lieu, c'est ce qui a été dénoncé et c'est un acte de désespoir de se mettre dehors au lieu d'être hébergé dans des hôtels et dans des taudis » [Fin de citation]
 
A cette déclaration sans ambiguïté quant aux suites à espérer de l’application du droit au logement opposable, je voudrais ajouter un coup de gueule contre toux ceux dont la devise favorite est : « Plus charitable que moi, tu meurs ! »
 
Outre ces ONG, ces saint Vincent de Paul de notre époque, ce sont toutes ces célébrités percevant, chaque année, voire pour chaque prestation cinématographique, sportive ou autre, des centaines de millions d’euros, et qui viennent pleurnicher publiquement sur le sort des sans-logis et autres miséreux. Qu’ils ne s’unissent donc, les Depardieu, les Balasko, les Guy Bedos, j’en passe et des meilleurs, pour faire construire avec leurs centaines milliards d’euros placés en Bourse des logements privés dont ils seraient propriétaires, ce pour quoi ils seraient évidemment dans la situation de n’importe quel bailleur privé percevant le prix de la location !
 
Certes, ce serait très insuffisant pour établir l’adéquation entre l’offre et la demande, mais au moins ils donneraient l’exemple, au lieu de verser des larmes de crocodile, et cela soulagerait un tantinet des finances publiques qui n’en peuvent mais ! ! !
 
Je voudrais également dénoncer ici tous ces « marchands de sommeil », avec quoi la bien-pensance contemporaine fait culpabiliser les citoyens, au premier incendie venu, alors que nombre d’entre eux sont originaires des pays de ceux qu’ils exploitent et font vivre dans les conditions déplorables dénoncées par Augustin Legrand : à son crédit, toutefois, réclamer une véritable politique du logement, quand on connaît les sommes astronomiques dépensées pour héberger tant de sans-logis dans des hôtels miteux, ce ne serait pas un luxe ! ! !
 
Pour enfoncer le clou, un argument non négligeable confortant le « pipo » du droit au logement opposable : ce n’est pas en laissant entrer illégalement des milliers, voire des dizaines de milliers, de personnes par an, avec la caution des « bien-pensants », que l’inadéquation constatée a la moindre chance de se résorber ; de même que la surnatalité, dont chacun se félicite ici, n’est pas le meilleur moyen de donner un toit à chacun ! ! !
 
Assurément, ces objections n’empêcheront pas les « rêveurs » de continuer à « croire au miracle », mais au moins j’aurai déjà eu l’aval public de l’un d’entre eux, et pas des moindres. Quant aux indécrottables « croyants au miracle », rendez-vous en 2012, terme fixé officiellement pour ne plus voir de problèmes de logement ! C’est long cinq ans, très long même, surtout quand on est déjà candidat autoproclamé à la prochaine élection présidentielle, mais pour une politique du logement « zéro défaut », c’est une autre histoire !  
 
  
 
  
 
 

 

Publié dans BILLET DU JOUR

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