Révolution verte : de la théorie à la pratique !

Publié le par Sylvain Saint-Martory

                 
Dans sa chronique hebdomadaire du 29 courant, intitulée « Révolution verte », Corinne Lepage a confirmé ce que je ne cesse, depuis des mois, de dire aux soi-disant élites qui font l’opinion, à commencer par Nicolas Hulot, qu’il y a, et qu’il y aura, toujours très loin de la théorie, l’Idéal, à la pratique, la réalité quotidienne du monde - en somme, tout simplement ce qui sépare le relatif de l’Absolu !
 
Ainsi la conclusion du Grenelle de l’environnement lui a inspiré des réflexions qui, le moins qu’on puisse en dire, ne sont pas spécialement optimistes pour la planète - et encore cela ne concernait-il que 1% des Terriens ! Corinne Lepage a notamment déclaré :
 
« Le discours du président Sarkozy concluant les cinq mois de travaux du Grenelle de l’environnement constitue incontestablement un changement de cap par rapport à ce que nous connaissions de la Présidence de la République. C’est le moment de faire un premier constat de ce qui est acquis et de ce qui reste à acquérir.
 
Qu’est-ce qui est acquis ?
 
A mon sens, trois avancées majeures sont intervenues :
 
D’abord, un changement considérable dans la manière de travailler. Les groupes du Grenelle ont conduit les parties prenantes qui avaient davantage l’habitude de se regarder en chien de faïence plutôt qu’à travailler ensemble à trouver des consensus. C’est incontestablement une innovation dans le processus de fonctionnement d’une société qui était plutôt largement bloquée. Les ONG ne sont plus considérées comme des empêcheurs de danser en rond, mais bien comme des précurseurs et des partenaires indispensables pour opérer la révolution nécessaire.
 
Ensuite, le Président de la République, après l’allocution particulièrement convaincante d’Al Gore, il faut le reconnaître, a tenu à réaffirmer la responsabilité qui était la nôtre, et il a voulu tordre le cou au déni de réalité que certains avaient voulu mettre en place depuis quelques semaines. En soulignant l’intérêt du principe de précaution, en faisant sienne la thèse de l’internalisation et des coûts externes dans les prix par une taxe carbone, il a montré un cap radicalement différent de ce qui avait été tenu par le passé.
 
Enfin, son discours, dans son ensemble, constitue un projet mobilisateur majeur pour la France. L’écologie finalement devenue ce qu’elle aurait dû être depuis de longues années, c’est-à-dire un projet fondateur capable de mobiliser les acteurs économiques, de donner un sens à notre développement et de nous permettre d’assumer la responsabilité historique qui est la nôtre. Pour autant le pari n’est pas gagné, parce que les obstacles restent nombreux, non seulement pour que la France rattrape son retard au niveau de l’Europe, mais encore réponde au vœu du Président de devenir un leader dans le domaine politique du développement durable et des nouvelles technologies environnementales.
 
Qu’est-ce qui reste à acquérir ?
 
Premier obstacle : celui des moyens. Le discours du Président de la République reste assez vague sur les financements, et en particulier sur la possibilité d’instaurer dans des délais rapprochés une taxe carbone, quel que soit le nom qu’on lui donne, du reste. Le principe de flécher les crédits venant de l’environnement aux opérations de reconversion écologique, et plus largement aux opérations de développement durable, est excellent mais il se heurte au principe de spécialité budgétaire, et de toute façon, il conviendra de commencer par déterminer les crédits.
 
Au rang des outils, il convient également de citer les instruments juridiques qui devront se mettre en place et bouleverser très largement les procédures actuelles, comme les déclarations d’utilité publique, les règles de responsabilité ou encore l’information du public. De même, si le moratoire partiel sur les OGM est incontestablement une bonne nouvelle, l’essentiel est évidemment ce qu’il y aura dans la loi qui sera votée, que ce soit en ce qui concerne la responsabilité des producteurs d’OGM, des agriculteurs qui les planteront, et surtout des possesseurs de brevets, mais aussi l’obligation d’analyser les risques, et tout particulièrement ceux qui pèsent sur la santé. Ceci conduit à la deuxième difficulté, qui est celle de convaincre les élus, à commencer par les parlementaires.
 
La fondation nationale des sciences politiques avait, voici quelques années, consacré une étude aux parlementaires et l’environnement. C’était une étude accablante, puisqu’elle montrait que seulement 3% des parlementaires considéraient que l’environnement était une priorité. Les premiers débats, qui ont encadré la présentation qu’a faite Jean-Louis Borloo sur le Grenelle, ont montré que, malheureusement, cette culture n’avait pas disparu. La révolution culturelle devra donc toucher les parlementaires pour que les textes puissent être modifiés.
 
De la même manière, il conviendra qu’au niveau local les propos du Président de la République soient suivis d’effet. Comment comprendre, en effet, que le président du Conseil général des Yvelines, par exemple, ait, le jour même de la déclaration du président Sarkozy, réaffirmé sa volonté de faire payer par le département les routes que l’Etat ne paierait pas, sans bilan carbone évidemment et sans considération pour la biodiversité ?
 
De la même manière, comment comprendre que les élus de la Côte d’Azur aient utilisé le Grenelle de l’environnement pour relancer le programme de ligne à très haute tension dans le Verdon, que le Conseil d’Etat a annulé voici six mois ?. Les Français ne seront convaincus de la volonté politique de l’Etat que quand elle aura une traduction au niveau local.
 
Or, et le Président de la République l’a dit mezza voce, et c’est mon troisième point, les pressions vont se faire très fortes de la part de toux ceux, conservateurs de tout poil, qui ne veulent surtout pas voir changer les choses. Des intérêts économiques extrêmement puissants vont s’efforcer dans les semaines qui viennent de réduire l’impact des changements pour pouvoir continuer à poursuivre des activités, sans évolution, avec l’urgence écologique. C’est donc dans la transformation des instruments de gouvernance, et dans le renforcement d’un contre-pouvoir environnemental réel, capable de dialoguer avec les lobbies en place, que l’essentiel va se jouer. Sans modification des rapports de force, il n’y aura pas de révolution verte, en France.
 
REMARQUE :
 
Déjà, le mot « révolution » n’est pas fait pour m’inspirer confiance, quand je vois où en est la planète en matière de liberté et d’égalité après deux révolutions de portée universelle, censées elles aussi dire au monde : « Vous allez voir ce que vous allez voir » !
 
Jusqu’ici, sauf à porter des lunettes roses, et hors « croyance au miracle », non seulement le monde n’a pas vu grand chose, mais liberté et égalité resteront des vœux pieux jusqu’à la fin des temps ; quant à la solidarité, nous en reparlerons lorsque les riches auront partagé leurs richesses avec les pauvres : DEMAIN, à la saint Glin-glin !
 
Il n’en ira pas autrement avec la révolution verte qu’avec la révolution rouge, et les humains comme dab auront été naïfs, puis cocus et finalement frustrés comme sœur Anne : mais ils semblent adorer « ça ». Alors grand bien leur fasse de rêver leur vie, puisqu’ils sont incapables de vivre sans rêver !
 
Sur le fond, non seulement tous les scientifiques ne sont pas d’accord sur le constat, comme déjà amplement précisé par ailleurs, prouvant ainsi que la vérité officielle scientifique, « ça » n’existe pas [Claude Allègre] ; dit autrement, la vérité à jamais relative de la science ne deviendra jamais LA Vérité absolue, même si les humains continuent à croire en sa possibilité absolue de comprendre et d’expliquer « absolument » notre monde et son origine : DEMAIN, à la saint Glin-glin ! C’est toujours DEMAIN avec la Superstition, quels que soient ses modes d’expression ! ! !
 
« Ça » leur faire une belle jambe aux humains, puisqu’ils ne seront plus là, pas plus qu’ils ne seront là pour voir comment la planète évoluera en leur absence, climatiquement parlant ! En tout cas, une chose est sûre et certaine : demain, l’égoïsme des humains n’aura pas disparu, et leurs contradictoires intérêts égoïstes, source des infinies querelles et divisions à propos du climat comme de tout, n’est pas la solution idéale, précisément pour transposer l’Idéal dans le quotidien !
 
Les deux interrogations minimes de Corinne Lepage dans sa chronique ne sont même pas une goutte d’eau comparées aux intérêts divergents chinois, indiens, américains, européens, etc., etc., lesquels, hors croyance au miracle, n’iront jamais linéairement vers un hypothétique « intérêt général » qui relève seulement du domaine de l’Idéal ; or chacun sait, ou devrait savoir, que l’Idéal n’est pas de ce monde à jamais « relatif » ! ! !
 
Si j’ajoute que les conseilleurs, genre Al Gore, ne sont pas les payeurs, c’est à prendre au sens figuré, puisque, au sens propre il a été épinglé pour son énorme consommation d’électricité dans son domaine du Tennessee ! Quant aux mesures concrètes consistant à faire payer des écotaxes aux nantis, possesseurs de 4x4, et aux routiers traversant la France et l‘Europe, en quoi cela diminuera le CO2 sauf à ne plus rouler ?
 
Par ailleurs, les prévisions déjà établies en matière de desserte aérienne étant nettement à la hausse, je vois mal comment les touristes du monde entier renonceront, de gaîté de cœur, à leurs voyages aux quatre coins de la planète pour ne pas la polluer davantage : entre une satisfaction immédiate certaine et un danger potentiel repoussé à demain, leur égoïsme aura vite tranché ! Là, en égoïste digne de ce nom, je leur fais une entière confiance ! ! !
 
Comment comprendre aussi, pour parodier Corinne Lepage, que, quelques jours seulement après un discours écologiste fondateur presqu’unanimement encensé, Nicolas Sarkozy a jugé bon de délocaliser un conseil des ministres en Corse, ce qui est loin d’être bon pour la planète, comme nous le serine sans cesse une présentatrice de la météo. S’il est vrai que l’exemple vient d’en haut, « c’est mal barré »,  comme je pense vraiment que cette « révolution verte » ne sera, au vu de ses résultats, en rien différente des révolutions idéologiques – et là, même mes éventuels contradicteurs sont dans l’impossibilité de m’apporter la preuve du contraire ! ! !
 
Compte tenu de ce qui précède, je conclus donc, une fois de plus, en recopiant ici ce qui a été communiqué sans résultat à nombre de responsables politiques, de médias nationaux et même au pape de l’écologisme national, en l’occurrence Nicolas Hulot :
 
« C’est pourquoi, à supposer même que ce catastrophisme ait un réel fondement, les clivages de toutes sortes concernant les solutions à apporter feraient agir le monde à hue et à dia. Comme déjà dit, certains parlent de solutions de gauche et de solutions de droite en matière d’environnement, sans s’appesantir ici sur les dissensions constatées au sein d’un même mouvement écologique : pas vraiment le meilleur moyen d’atteindre le but fixé !
 
Par ailleurs, la désignation d’une éventuelle gouvernance mondiale, sœur jumelle de l’ONU, pour régler les problèmes planétaires atteste par avance de son inefficacité, au seul vu des résultats de son aînée dans la résolution des conflits du monde - au Proche-Orient depuis bientôt soixante ans, et au Darfour aujourd’hui, par exemple. Etre incapable de régler des conflits locaux entre humains augure mal de la capacité à maîtriser la nature – DEMAIN !
 
Comme si, en outre, les humains, particuliers et Etats, allaient accepter de gaîté de cœur les restrictions nécessaires à venir, ainsi que chacun peut en juger en matière d’évolution de la consommation de pétrole depuis le premier choc pétrolier jusqu’à nos jours. Même une réglementation et une interdiction drastiques ne suffiraient pas à les y contraindre, en raison de la réalité de notre nature humaine. Chacun, en effet, réclame des mesures dans le souci de ses intérêts, mais s’empresse d’y déroger dès lors qu’elles les contrarient, comme cela est manifeste pour l’application des réformes.
 
Libre à vous, toutefois, de continuer à craindre jusqu’à la fin de vos jours pour une menace repoussée à cent ans. Là, a peut-être été la grande erreur, mais il est trop tard pour y revenir, et je m’en tiens donc là pour l’instant sur le scientisme matérialiste incapable à jamais de faire des prévisions climatiques « absolument » certaines - jusqu’à preuve du contraire ! ! ! »
 
 

Publié dans TEXTES

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