Bien et Mal : "absolus ou relatifs" ? !

Publié le par Sylvain Saint-Martory

Le 10 octobre 2007
 
 
 
Objet :
 

« Bien et Mal : absolus ou relatifs ? ! »

 
 
 
 
 
Monsieur Patrick Devedjian
 
Secrétaire général
 
U.M.P
 
Courriel : ump@u-m-p.org
 
 
 

[A l’attention de Nicolas Sarkozy, de Brice Hortefeux, de Nadine Morano et de Fadela Amara]

 
 
 
 
 
Monsieur,
 
 
 
 
 

La controverse actuelle sur fondement moral, voire moralisateur, à propos du test ADN destiné à limiter les fraudes liées à l’immigration illégale, m’incite, non seulement à vous faire part du courriel adressé à Nicolas Sarkozy, le 2 novembre 2005, mais également à vous exposer l’argumentation implacable seule en mesure de désarmer « définitivement » toutes les positions moralisatrices partisanes basées sur les concepts de Bien et de Mal, tels que les colporte, de toute éternité, la superstition moraliste.

 
 
 

Dans le courriel mentionné toujours sans réponse à ce jour, mais dont le texte original est à votre disposition, j’avais déjà amplement dénoncé la « Superstition » dans ses divers modes d’expression, à savoir la religion, toutes les religions sans exception – monothéistes ou non -, la métaphysique [Doctrine matérialiste et scolastique idéaliste ou spiritualisme de Descartes ou de Kant, entre autre], l’idéologie, toutes les idéologies sans exception – altermondialisme inclus – et le moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des Autres au nom de LA Morale : laquelle ? !], tous catéchismes réunis, y compris le catéchisme soi-disant universel contemporain ou Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, dont seule l’ « inobservation » est réellement universelle – sauf à quiconque d’établir le contraire à l’aune du devenir du monde, durant près de soixante ans !

 

Certes, la société humaine universelle continue de plus belle à fonctionner sur les mensonges et les « croyances au miracle » de la « Superstition » dans ses divers modes d’expression, mais je ne traite ici ni de la religion ni de la métaphysique, et pas davantage je ne développe mon argumentation sur l’idée, intellectuellement et philosophiquement aberrante, de la superstition idéologique dans sa promesse de parvenir à l’avènement d’un monde « parfait » avec des humains « imparfaits » - cherchez l’erreur !

 
 
 

En l’occurrence, cette erreur mensongère ou illusion consiste dans la prétention insensée de tous les faiseurs d’opinion, ces soi-disant « élites » du monde de l’information, de la politique, de l’intelligentsia et d’associations « droits-de-l’hommiste » moralisatrices à sens unique et adeptes du « deux poids-deux mesures », dénoncées dans le texte ci-dessous, Mensonges et lâcheté des élites, de pouvoir transposer l’Idéal dans le quotidien, d’introduire l’absolu dans le relatif, ou plus simplement de passer effectivement de la théorie, l’Idéal, à la pratique, la réalité quotidienne du monde !

 
 
 

Face à cette aberration intellectuelle et philosophique, c’est à se demander pourquoi l’être humain se complaît tellement à demeurer « naïf, cocu et frustré » jusqu’à son dernier jour ! Il le sera toujours forcément, puisqu’avec la Superstition, c’est toujours DEMAIN, seulement DEMAIN, hélas : à la saint Glin-glin, sauf à quiconque d’établir le contraire ! ! !

 
 
 

J’en viens à la superstition moraliste qui, précisément, tombe dans le péché capital de notre entendement humain, consistant à « absolutiser le relatif », c’est-à-dire à faire passer pour réalité ou vérité absolue ce qui est seulement relatif, à savoir le Bien et le Mal, la liberté, l’égalité, la justice et la démocratie, entre autres. En leur nom pourtant, chacun croit alors exprimer un jugement absolu, voire une condamnation moralisatrice « sans appel » des Autres : ceux qui ont une vision différente du monde et de la France. Aucune, cependant, en raison de sa « relativité » incontestable, n’autorise personne à s’arroger le « monopole de la vertu » - peuple de gauche inclus !

 
 
 

Certes, en raison de notre constitution naturelle humaine, personne ne peut penser un seul concept sans y associer en même temps, plus ou moins consciemment, l’idéal du concept pensé : homme, femme, cheval, voiture, etc., etc., tout comme il en va des valeurs morales et républicaines. Or, c’est une chose d’être inspiré par l’Idéal en matière de Bien, de Beau et de Vrai, et une toute autre d’exprimer réellement l’Idéal « en soi », inconnaissable par ailleurs, dont chacun n’a par conséquent que sa conception personnelle « relative », comme la diversité infinie des concepts « idéaux » d’homme et de femme suffit à le mettre en lumière.

 
 
 

Dans cette affaire de test ADN, pourtant, les uns et les autres croient exprimer l’Idéal de ce qui est bien ou mal, alors qu’ils traduisent seulement par-là leurs préoccupations égoïstes partisanes, à l’exemple de Fadela Amara. Qui, en effet, combat le plus les mesures visant à limiter l’immigration illégale, sinon ceux qui y sont intéressés au premier chef par leurs aspirations égoïstes pour les raisons les plus variées, à savoir les immigrés déjà en place songeant égoïstement à leurs frères, cousins, etc., ainsi que divers partis politiques, incapables par ailleurs de s’entendre autrement qu’en étant « contre », et moultes associations « charitables » prospérant sur la misère et leur chimère de transposer l’Idéal dans le quotidien, voire l’espoir de mériter ainsi leur place au paradis céleste ? A contrario évidemment, les autochtones tout aussi égoïstes, c’est-à-dire pas plus disposés par nature que tous les autres humains à partager, sont favorables à des décisions qui tendent à protèger leurs avantages en différents domaines que je ne détaille pas ici.

 
 
 

Sans développer non plus la question de notre égoïsme humain, auquel personne n’échappe – ni vous ni « moi » et pas davantage les six milliards d’individus sur la planète, sinon par quel miracle de la Nature en sa faveur ? -, je souligne que notre égoïsme fondamental commun n’est que le désir premier, inné, de tout individu de vivre le plus longtemps et le mieux possible, en se gratifiant autant que faire se peut dans ses affaires d’amour, quel qu’en soit l’objet, de possession de biens et de personnes et de gloire ou honneur-vanité. RIEN - sauf à vous d’établir le contraire ! -n’est en mesure, compte tenu de notre nature égoïste « inchangeable », de faire de l’homme, tel qu’il est, l’homme tel qu’il devrait être pour transformer ses rêves, ses « croyances au miracle » en réalité de DEMAIN. La Culture sous toutes ses formes est à jamais impuissante contre notre nature…

 
 
 

Ainsi la superstition moraliste se fonde-t-elle seulement sur trois fictions, et notamment celle de la prétendue coexistence d’un Bien et d’un Mal soi-disant absolus. Or, ceci est une « impossibilité absolue » par définition, puisque ce qui est absolument absolu ne peut être qu’UN, unique, sauf à ne plus être absolu, comme cela est aisé à démontrer, Spinoza l’ayant fait avant moi.

 
 
 

Bien et mal, bon ou mauvais, sont donc seulement le résultat de la confrontation égoïste, plus ou moins consciente en chacun de nous, des sentiments et des arguments « pour », les avantages, le positif de toute situation donnée, et du « contre », les inconvénients, le négatif, entre lesquels tranchent seulement nos désirs et nos intérêts égoïstes, individuels et collectifs. Les multiples visions relatives personnelles et collectives,« fictivement idéalisées », de l’histoire et de l’actualité, voire de l’avenir, n’autorisent donc personne à parler au nom de l’Idéal « en soi », et encore moins à lancer des anathèmes contre les Autres !

 
 
 

Dans notre monde, en effet, tout est relatif et rien n’et absolu – sauf à quiconque de démontrer l’inverse ! -, et donc contrairement à ce que la « débilité intellectuelle » de l’époque est parvenue à faire croire jusqu’au plus haut sommet de l’Etat et de ses institutions, à savoir qu’une quelconque chose humaine (période coloniale en l’occurrence) pourrait contenir « exclusivement » des inconvénients, du négatif, TOUT comporte à la fois du « pour » et du « contre », des avantages et des inconvénients, du positif et du négatif, dont chacun juge à l’aune de ses intérêts égoïstes individuels ou communautaires.

 
 
 

Il n’y a donc pas de choses bonnes ou mauvaises « en soi » ou absolues, c’est-à-dire indépendantes d’un penser qui les pense, et comme l’écrit Spinoza : « Nous ne désirons pas une chose parce qu’elle est bonne (« en soi »), mais c’est parce que nous la désirons que nous la jugeons bonne. » ; il suffit pour en juger de confronter la position prise par sept pays européens sur le test ADN et la controverse moralisatrice  partisane intéressée qui a cours chez nous !

 
 
 

En dépit de cette vérité éternelle que Bien et Mal absolus n’ont aucune réalité, la deuxième fiction du moralisme, pourtant déjà dénoncée sans ambiguïté voilà près de deux mille ans par l’un des grands diseurs de la Vérité éternelle absolue, consiste toujours à distinguer artificiellement, fictivement, deux catégories d’humains par nature : les bons, les « vertueux », les altruistes, les soi-disant antiracistes aujourd’hui, nous, et les méchants, les « salauds », les égoïstes, les racistes, eux, comme l’a si bien illustré Daniel Vaillant, ancien ministre de l’Intérieur du gouvernement Jospin, en déclarant : « Eux (la droite), se battent pour leurs intérêts, nous (la gauche », nous nous battons pour des valeurs » (Sic !) ; peut-on trouver meilleure formule pour illustrer l’expression « se moquer du monde » ? !

 
 
 

Ainsi seulement sur des fictions, de prétendus « vertueux », dont la caractéristique principale est de reprocher aux Autres ce qu’eux-mêmes ont fait hier (cf. recours à l’article 49-3) condamnent moralement les Autres dans le seul souci de leurs intérêts égoïstes de toutes sortes.

 
 
 

Je ne développe pas davantage ici la troisième fiction du moralisme, à savoir la croyance en un illusoire « libre arbitre », en vertu duquel il suffirait de vouloir pour pouvoir,  car la marche du monde, tant en ce qui concerne les phénomènes naturels que les évènements historiques, collectifs et personnels, atteste que nous faisons seulement ce que nous pouvons, pas ce que nous voulons : pas la meilleure manière, en somme, de transposer l’Idéal dans le quotidien, fut-ce à propos de la maîtrise des forces de la nature en matière de climat !

 
 
 

Je m’en tiens là pout l’instant dans l’attente de vos objections, même si je sais par expérience que les « élites » redoutent par-dessus tout de confronter leurs « vérités relatives » partisanes à LA Vérité absolue qui suffit à les invalider toutes sans exception - sinon, « ça » se saurait depuis longtemps, mais j’en appelle néanmoins vos intellectuels à débattre. Ne pensez-vous pas que renvoyer tous les vertueux « censeurs autoproclamés » à leurs études philosophiques sur l’Absolu, LA Vérité absolue, serait un immense bienfait pour vous, pour la France et pour l’humanité ? ! Certes, pas pour les donneurs de leçons de morale aux « autres »…

 
 
 

Je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

 
 
 

Annexe : Mensonges et lâcheté des élites

 
 

Publié dans COURRIER "Politiques"

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